Atria Phyllis. N° 634; ins., pl. XLV, 9 üg., marhre
Le cippe funéraire qui porte cette inscription a été consacré à atria PHYLLIS, sainte épouse (conjvgi sanct.) et très-tendre mère (matri pientissimæ) par son mari flavivs lychas et sa fille flavia successa. Ce Lychas, dont le nom indique assez un esclave, en était probablement un, ou peutêtre un affranchi de la famille consulaire Flavia, dont était l’empereur Vespasien. Osann donne cette inscription, Syll. , p. 374, n® 45. [Haut. 0™,460 1 pi. 5 po. — Larg. 0"',28 1 = 10 po. 5 li. ]
515. Attia Qüintilla. N“ 296, pl. 249; ins., pl. xvi, 10 ïig.
Cippe sépulcral d’une jeune fille romaine qui s’appelait attia qvintilla, consacré par son père titvs attivs phlegon, sa mère attia uvinta, et son frère attivs qvintianvs, de la tribu palatina, établie sur les monts Palatin et Capitolin et au Forum. Ce monument était dans un jardin avec un édifice entouré d’une haie, et il était destiné à la sépulture de la famille d’Attius et à ses affranchis des deux sexes. Il est même à croire que Phlégon en était un de la famille Attia, que quelques numismates placent parmi les consulaires, mais que M. Mionnet n’y admet pas. Un grand nombre d’aflfanchis faisaient partie de la tribu Palatine, l’une des tribus urbaines beaucoup moins estimées que les rustiques, en raison de la quantité d’affranchis qu’on y avait fait entrer. Le nom de la famille Attia est très-fréquent dans les inscriptions latines. On peut faire remarquer que notre Attius avait épousé une des ses parentes paternelles qui porte le même nom que lui, auquel on ajouta celui de Quinta, qui indiquait probablement ou qu’elle était le cinquième enfant ou la cinquième fille de sa famille. Les noms de la fille d’Attius et d’Attia Quinta se composent de leurs noms, et ce fut sans doute par sa tendresse pour sa mère ou par celle de sa mère pour elle, qu’elle reçut le nom diminutif de Qüintilla, de même
LATINES
que son frère, qui prit pour surnom celui de Quintianus. Gruter donne notre inscription, p. 671, n“ 6, d’après Smet, mais inexactement, et pal. manque à la 5® ligne. De son temps, ce cippe funéraire était à Rome dans le jardin d’Euryale Rufini, derrière le temple de la Paix, près des busta GalUca, bûchers des Gaulois. Nous retrouvons les personnages de notre monument dans une autre inscription de Gruter, p. 759^ n“ 12, que Mazochi avait copiée à Rome dans l’église de Sainte-Croix-de-Jérusalem. Elle nous apprend que Titus Attius Phlegon a consacré un monument à son excellente femme Attia Quinta, et que leur fils Titus Attius Quintinus, de la tribu Palatine, l’a aussi dédié à son père et à sa mère, les plus indulgens des parens. D’après notre inscription, il paraîtrait que Mazochi a lu dans la sienne qvintinvs pour qvintianvs. Il est encore question de notre inscription dans Gruter, p. 858, n° 3.
Notre cippe est orné aux angles de colonnes à cannelures en spirales et de sculptures que l’on dirait avoir été déti’uites ou changées à dessein. Dans ce qui ressemble à présent à des coquilles, on reconnaît des têtes et des masques tragiques et comiques, entre lesquels quatre amours soutiennent une guirlande; à la partie inférieure, qui est très-fruste, on retrouve les traces d’un autel à parfums, thxjmiatèrion , et de chaque cote des fleurons et un monstre marin, sur la queue duquel se joue, avec beaucoup de grâce, un petit amour. Sur les faces latérales on voit deux lauriers, des colombes, des cigognes, dont une pique un serpent qui rampe autour du laurier, emblèmes trop fréquens sur les monumens funèbres pour n’être dus qu’au caprice du sculpteur, et qui cachaient quelque allégorie qui avait rapport aux tombeaux et au culte qu’on rendait aux morts.. — Notre cippe était à la Villa Borglîèse. — Montelatici , p. 159; — Manilli, p. 50, à la 2® ligne, met QVINTILIÆ pour aviNTiLLÆ. [Haut. 0“,906 = 2 pi. 9 po. 6 li. — Larg. 0'“,731 = 2 pi. 3 po.]
Les colombes étaient des emblèmes de tendresse et d’une douce union; et d’ailleurs n’était-ce pas l’oiseau de Vénus, et cette déesse, sous le nom de lÂbitina, Vénus.infernale, n’était-elle pas une des divinités du sombre séjour, et la protectrice des tombeaux qu’elle peuplait, puisque, comme Proserpine, elle présidait à la mort et aux funérailles. Très-anciennement, du temps du roi Tullus Hostilius, Libitina, antique divinité italique, et dont on a fait une Vénus, avait un bois sacré à Rome : et c’était là qu’on achetait ou qu’on louait ce dont on avait besoin pour les cérémonies funèbres.
On respectait la cigogne comme un oiseau de bon augure et symbole de la piété filiale. Aussi sur les médailles cet oiseau se voit-il à côté de la déesse Pietas , et comme son attribut. On disait que la cigogne nourrissait ses parens lorsqu’ils étaient vieux. Cet oiseau portait bonheur aux maisons où il plaçait son nid. Dans bien des pays il jouit encore de beaucoup de crédit, et on se ferait un scrupule de troubler le ménage qui a choisi votre toit pour son asile. La cigogne, ennemie mortelle des serpens, d’autres reptiles et des insectes, et en débarrassant les habitations, méritait par ce service une sorte de vénération. Si elle protégeait ainsi les demeures des vivans, elle devait de même se rendre utile à celles des morts et en éloigner des animaux qui pouvaient leur nuire et dont elle se nourrissait. Aussi sur notre cippe en voyons-nous une qui attaque un serpent; et ces représentations sont fréquentes sur les tombeaux. Les peintures, de même que les bronzes et les pien-es gravées, nous offrent souvent de
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ces petites scènes très-variées de composition et très-propres à figurer comme élégantes et spirituelles allégories sur les monumens funèbres.