DAVOUST
Davoust (Louis-Nicolas), duc d'Auerstaedt, prince d'Eckmûhl, pair et maréchal de France, né à Aunoux (Yonne), le i ornai 1770, d'une famille noble, entra très jeune à Fécole d'Auxerre, puis à celle de Paris, où il devint le camarade de Bonaparte , et fut créé sous-lieutenant en 1787. Quand la révolution eut éclaté, il partit comme volontaire, malgré les principes monarchiques de ses parents , se trouva des premiers au camp de Maulde en qualité de chef de bataillon, et fit la campagne de Belgique avec Dumouriez ,' qui lui conféra le grade d'adjudant - général , après la bataille de Nerwinde. Destitué comme gentilhomme en 1 793, et jeté dans une prison, il fut remis en activité au 9 thermidor avec le titre de général de brigade ; puis il passa à l'armée de la Moselle, contribua à la prise de Luxembourg , y refusa le brevet de général de division, alla servir sous les ordres de Pichegru, et fut obligé de capituler dans Manheim dont on lui avait donné le commandement. Échangé l'année suivante, il assista à la défense de Kehl et au passage du Rhin , en 1 797, d'où le brave Desaix l'emmena avec lui en Egypte. Chargé de poursuivre les Mamelucks dans les déserts de la Haute-Egypte avec sa brigade , il les battit à Souaqui , à Tata , à Byr^l-Bar, à Samanhout, à Bardys, à Thème; revenant ensuite vers les bouches du Nil, il prit une part brillante à la journée d'Aboukir ( i4 juillet 1799), où il enleva d'assaut im fort dans lequel s'étaient retranchés cinq mille musulmans.
Nommé général de division à son retour, il descendit en Italie avec le premier consul, et se distingua au passage du Mincio. En 1804, à trente-cinq ans, il fut de la première promotion des maréchaux de France ; le bâton lui fut envoyé à Ostende , où il commandait de grandes manœuvres , dans l'attente d'une invasion en Angleterre, Quatre-vingts voiles ennemies tenaient la mer et interceptaient le passage k l'amiral Werhuell , qui résolut de le forcer à tout prix. Davoust s'embarqua dans une chaloupe canonnière, et, doublant le cap Griney, entra avec l'escadre franco-batave dans le port d'Ambleteuse , sous le feu d'une terrible canonnade ; bientôt transporté en Allemagne avec le 3« corps, il traversa
le Necker, rinn, les gorges de Marienzell , le Danube, et arriva à Presbourg, d'où, rebroussant chemin sur Vienne , il culbuta la gauche de l'armée austrorusse, et ne s'arrêta que sur le champ de bataille d'Âusterlitz.£n 1806, chargé de la défense des défilés de Kœsen et du passage de laSaale,ilgagna la terrible bataille d'Âuerstaedt : vingt mille morts, cent quinze pièces de canon , et cinq mille prisonniers ; c'était le jour de la victoire d'Iéna. Les jours suivants, il traversa le pont de Wittemberg, prit Berlin, Custrin, Posen, Varsovie, franchit la Vistule et le Bug, battit la cavalerie russe à Czamowo, à Pultusk, à Heilsberg, et décida le gain de la sanglante journée d'Eylau , qui fut suivie de celle de Friedland. Dans la campagne de 1 809 , il attaqua , à Taun en Bavière, les deux cent mille hommes de l'arcbidtic Charles , et en renversa plusieurs divisions; mêmes succès à Ëckmiihl où il préludait aux glorieux résultats de la bataille de Wagram.
La paix conclue, il resta en Allemagne poiu' gouverner les provinces conquises; et quand la guerre fut déclarée à la Russie, il pénétra le premier dans la Polt^e, où les habitants le reçurent avec de grandes démonstrations de joie. A Smolensk, à la Moskowa, pendant ta désastreuse retraite, le maréchal fut admirable de sang-fixiid et de dévouement ; arrivé à grand'peine jusqu'à Thor, il se replia de là sur Magdeboui^, puis sur Hambourg, où il organisa un système de défense formidable, et résista pendant dix mois aux quatre-vingt mille Russes de Beningsen. Après la djéchéance de Napioléon, le général Gérard vint le remplacer par ordre royal. Le maréchal Davoust revint à Paris, où l'avait devancé une accusation de détournement de fonds portée par des actionnaires de la banque de Hambout^ , à laquelle il répondit victorieusement en 1 8 14- Pendant les Cent Jours, nommé ministre delà guerre, il contribua puissamment à l'organisation de cette belle armée qui fut écrasée à Waterloo.
Au retour de Louis XVIII, il eut une mission pénible à remplir, celle de licencierles centvingt mille hommes de la Loire. Sa vie militaire était terminée. Dès ce moment, il ne fut plus question de lui jusqu'au jour de sa mort qui arriva le 4 juin 1 82 3, à l'âge de cinquante-trois ans.
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