‹ Musée de Versailles: avec un texte historiqueChapitre 57 sur 57 · DES CENDRES DE NAPOLÉON · texte numérisé non relu

DES CENDRES DE NAPOLÉON

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ce Depuis le matin, et sous un ciel bleu qui pouvait rappeler à la fois et la bataille d'Austerlitz et la triste campagne de i8i'i, la population de Paris s'écoulait k flots pressés dans les grandes rues , sur les quais et le long des boulevards, toute cette foule se dirigeant vers les lieux que devait parcourir le convoi de l'Empereur. Les troupes défilaient, musique et tambours en tête; les légions arrivaient de tous les points de la capitale et de la banlieue, manoeuvrant de leur mieux, malgré le froid , car c'est la dernière revue que va passer la grande ombre de Napoléon. Les soldats d autrefois ne manquent pas à l'appel : grenadiers et chasseurs de la vieille garde, dragons de Fimpératrice , hussards de la mort , chambor^ns , vélites , guides , lanciers rouges ; mais le temps a passé sur les hommes et les uniformes, et cette députation manque son effet , malgré le bon vouloir de respect qui s'attache à de glorieux souvenirs.

a Le grand homme dont la population de Paris vient célébrer, après vingt ans, les tardives et religieuses obsèques , la mort l'avait purifié, on peut le dire , de tous les passions politiques qui avaient essayé d'exploiter sa mémoire, de toutes les prétentions dynastiques qui bourdonnaient encore autour de son cercueil. Napoléon a été ramené en France seul de son nom , seul de sa race, seul dans sa popularité, seul dans sa gloire ; et c'est Napoléon tout seul que la France a reçu sur ses rivages et dans ses villes; c'est pour lui seul qu'elle a élevé des statues , tr«ssé des couronnes et ranimé pour un instant l'aigle de l'Empire au sommet des colonnes triomphales.

« Depuis Courbevoie jusqu'à Tare de triomphe ce n'était partout que décorations funéraires et triomphales. Autour de l'arc gigantesque dont Napoléon

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