BATAILLE DE NAVARIN
la frégate anglaise le Darmouth accostait un des brûlots auprès desquels elle avait mouillé quelques minutes avant, lorsqu’un coup de fusil parti de ce brûlot tua l’officier anglais qui commandait le canot. La Sirène était si près du brûlot, qu’elle aurait pu le couler s’il n’y avait pas eu de danger pour le canot anglais; le Darmouth fit alors une fusillade sur le brûlot pour dégager ses embarcations. Presque à la même minute , la Sirène étant vergue à vergue de la frégate égyptienne à deux batteries YEsnina, l’amiral de Rigny héla celle-ci au porte-voix en disant que si elle ne tirait pas il ne tirerait pas sur elle : au même instant deux coups de canon partirent d’un des bâtiments qui étaient dans la poupe de la Sirène, sur laquelle un homme fut tué, l’autre parut dirigé sur le Darmouth. Dès lors le combat s’engagea. Presque en même temps que cela se passait à l’entrée , l’amiral Codrington envoyait une embarcation vers le vaisseau portant pavillon amiral, et le pilote anglais fut tué d’un coup de fusil dans le canot parlementaire.
L’engagement devint bientôt général. Qu’on se figure cent cinquante bâtiments de guerre de tous rangs, faisant feu dans un bassin resserré sur une triple ligne. A cinq heures du soir la première ligne des Turcs était détruite, les vaisseaux et frégates rasés, coulés , incendiés, le reste s’en allait à la côte ou ils se brûlaient eux-mêmes. De cet armement formidable il ne restait plus à flot qu’une vingtaine de corvettes et de bricks abandonnés.
Ainsi avait été accomplie la menace faite à Ibrahim, que si un coup de canon était tiré sur les pavillons alliés, il y allait du sort de la flotte entière.
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