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DÉBARQUEMENT DE L’ARMÉE FRANÇAISE EN AFRIQUE

heures et demie du matin, nos batteries, démasquées simultanément, commencèrent à bombarder le fort.

« La nuit était belle, l’air agité seulement par une légère brise. Tout à coup la détonation de quelques fusées à la Congrève donne le signal de l’attaque. Toutes nos batteries éclatent à la fois; le fort répond par le feu des siennes. Des nuages de fumée s’élèvent au-dessus de la forteresse et l’environnent de toutes parts, mais à chaque instant des masses de feu viennent en percer l’obscurité. De tous les points du cercle formé par notre artillerie partent des éclairs et des détonations dont la force égale celle de la foudre. Des lignes de feu paraboliques marquent le passage de nos bombes et vont toutes converger vers le même point. Mais le soleil se lève; alors la scène change, et bientôt on ne peut plus distinguer que la fumée qui s’élève et se condense.

« A dix heures, une épouvantable explosion se fait entendre, et, en jetant les yeux du côté du fort, on voit un nuage immense de fumée et de poussière poussé lentement vers le sud. C’était le fort l’Empereur, que les Turcs ne pouvaient défendre et qu’ils avaient eux-mêmes fait sauter. »

Hussein-Dey, n’attendant plus rien de la résistance, conclut une capitulation par laquelle il consentait à livrer aux Français, dans la même matinée, la citadelle de la Casauba, les autres forts et le port d’Alger, et à se retirer, avec son trésor particulier, dans la résidence qu’il choisirait. Il stipula que les propriétés des habitants et des soldats turcs seraient respectées, ainsi que la liberté de tous les individus et l’exercice du culte musulman. Peu d’heures après, les Français étaient maîtres de la ville et comptaient un maréchal de plus, dont le nom, placé entre deux grands souvenirs, ne fit point oublier Waterloo par la prise d’Alger.

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