RÉVOLUTION DE
’était le 31 juillet 1830. La liberté, fort embarrassée d’ellemême, cherchait, du haut des ruines de l’ancienne monarchie, à qui se donner pour rester belle et pure. Ses meneurs avaient hâte de déposer leur tutelle de quatre jours; le royaume demandait un lieutenant général en attendant un roi, et le duc d’Orléans n’hésitait pas à accepter ce hardi protectorat. Il avait été décidé que le bill des droits de la France lui serait porté par tous les députés présents. La lecture terminée , M. le duc d’Orléans s’exprima tout à la fois avec une émotion et une franchise qui produisirent le plus vif enthousiasme : « Messieurs, « dit-il , les principes salutaires que vous proclamez ont toujours été les miens. « Vous me rappelez tous les souvenirs de ma jeunesse, et mes dernières « années en seront la continuation. Je travaillerai au bonheur de la France « par vous et avec vous comme un bon, comme un vrai père de famille. Tou- « tefois, les députés de la nation me comprennent aisément lorsque je leur « déclare que je gémis profondément sur les déplorables circonstances qui me « forcent à accepter la haute mission qu’ils me confient et dont j’espère me « rendre digne. » Ces paroles, ou plutôt cette cordiale et franche acceptation des grands principes du gouvernement constitutionnel, furent accueillies par MM. les députés avec les témoignages de la plus vive satisfaction. Le prince ajouta : « Messieurs, au moment où vous arriviez, j’allais me rendre à l’Hôtel « de Ville; je serais bien heureux si je traversais Paris au milieu des députés « de la nation. »
Tous les députés s’empressèrent de suivre le lieutenant général du royaume, qui monta à cheval dans la cour du palais, sans état major, sans autre garde que le peuple, sans autre cortège que celui des députés du pays. Le prince était en habit d’officier général , ne portant d’autre décoration que le ruban de la Légion d’honneur et la cocarde tricolore.
Peindre les cris d’enthousiasme du peuple serait aussi difficile que d’exprimer