PRISE DE CONSTANTINE
e 5 octobre, l’armée avait pris position à deux petites lieues de Constantine, sur les bords du Bou-Merzoug. Le lendemain de bonne heure elle couronnait les hauteurs de Sata-Mansourah, et un peu plus tard celles de Coudiat-Aty, sans que l’ennemi eût opposé une résistance sérieuse à sa marche. L’emplacement des batteries à établir sur l’un et sur l’autre point étant reconnu , on se mit à l’ouvrage; mais à peine l’armée s’établissait-elle, qu’un temps alTreux vint l’assaillir. Ce temps dura presque sans interruption jusqu’au 10, et les bivouacs furent changés en des mares boueuses dans lesquelles les chevaux enfonçaient jusqu’au ventre et où les soldats ne pouvaient trouver aucun repos. Cependant, après des efforts admirables, l’artillerie parvint à armer trois batteries à Sata- Mansourah et à en préparer une à Coudiat-Aty. Le feu contre la place, commencé le 9, fut soutenu une partie du 1 0. Les défenses de l’ennemi étant alors détruites en partie, la batterie de brèche put ouvrir son feu le 11 à 400 mètres de la place, sur le front de Coudiat-Aty. La brèche était faite le soir, mais n’était pas encore praticable. Avant d’aller plus loin, le général Danrémont adressa aux habitants de Constantine une proclamation qui fut accueillie par une réponse injurieuse, et le 12, quelques heures après la mort du gouverneur général, qui venait d’être frappé par un boulet, le bey Achmet cherchait à gagner du temps par des négociations; mais le général Yalée , qui avait succédé au brave Danrémont, comprit qu’il y avait plus à craindre du temps et de la faim que des Arabes. Dans la soirée la brèche parut assez avancée pour que le lendemain matin elle fût complètement praticable : les ordres nécessaires furent donnés pour la formation des colonnes d’assaut, que dirigeait le duc de Nemours, commandant les troupes du siège; les batteries continuèrent à tirer pendant toute la nuit ; enfin au point du jour tout fut disposé pour pénétrer dans la place. La victoire devait nous coûter cher.