RETOUR DES CENDRES DE NAPOLÉON
première pierre en 1 81 0, et que la France de Juillet a su achever, on voit douze grands mâts de couleur bronzée ; leur base, enrichie de peintures d’or, portail à chaque panneau le chiffre de l’Empereur. Partout des inscriptions rappelant les plus grandes actions de guerre de Napoléon. Sur le sommet de l’arc se déploie une vaste composition représentant l’apothéose du héros : l’Empereur, revêtu du grand costume impérial, comme au jour de son sacre, se tient debout devant son trône.
Depuis l’arc de triomphe de l’Étoile jusqu’à la place de la Concorde régnaient deux longues files de piédestaux, supportant alternativement des colonnes, des statues, des candélabres antiques et de grands vases en forme de lampes funèbres.
Traversons la place de la Concorde dans la direction du quai. A chaque angle du pont s’élève une colonne triomphale couronnée d’un aigle d’or et ornée à sa base d’un bas-relief représentant des génies. Puis sur les piédestaux du milieu sont dressées huit statues allégoriques en regard l’une de l’autre. A droite, en regardant le fronton de la Chambre des Députés , l’Éloquence , le Commerce, la Guerre et la Justice ; à gauche, les Beaux-Arts, l’Agriculture, la Force et la Prudence.
En face, et sur le milieu des degrés qui conduisent au péristyle de la Chambre , s’élève une statue gigantesque de l’Immortalité : son front est ceint d’un diadème, et de sa main droite, qui s’avance, elle tient une couronne d’étoiles d’or, qu’elle semble prête à déposer sur le cercueil de l’illustre mort. Cette statue est l’œuvre de M. Cortot. Le grand bas-relief, ouvrage du même artiste, qui règne sur l’immense fronton du palais de la Chambre, a été également découvert: c’est la France appuyée sur la Charte, ayant à ses côtés la Force et la Paix.
Plus loin, sur le quai des Invalides, la statue colossale de l’Empereur, en grand costume impérial , tenant dans la main droite le grand cordon de la Légion d’honneur, la main gauche appuyée sur un sceptre surmonté d’un aigle ; enfin, trente-deux statues représentant les grands rois et les grands capitaines qui ont le plus illustré la France.
Le cortège , parti vers dix heures du matin du pont de Neuilly , débouchait à une heure et demie sur la place de la Concorde. Des cris de : Vive l’Empereur! vive le Roi! vive le prince de Joinville! avaient presque constamment accompagné la marche triomphale , pendant le long défilé sur la route des Cliamps- É lysées.