JANVIER
es barons anglais, las de voir leur pays exploité par des étrangers, par les agents du pape, par les favoris poitevins, gascons, provençaux, savoyards; las d’être obligés à une défensive perpétuelle contre un roi fourbe et faible, avaient résolu de s’emparer du gouvernement et de l’organiser au profit de l’aristocratie , en ne laissant guère au roi que son titre et sa couronne. Henri III fut réduit à bannir ses quatre frères, les Lusignan de la Marche, et les autres étrangers, et à sanctionner, en 1258, l’établissement d’une commission de vingt-quatre seigneurs chargés de réformer l’état du royaume. Les règlements adoptés par les vingt-quatre portèrent le titre de Provisions d’Oxford. Ils attribuaient aux barons le choix des grands oflîciers de la couronne, la garde des châteaux du roi, et aux francs-tenanciers des comtés le choix de leurs shérifs (qui correspondaient aux baillis français) : les délégués des barons devaient se réunir au parlement tous les quatre mois, pour régler toutes les affaires générales avec le conseil du roi. Un Français avait dirigé cette grande entreprise; c’était Montfort, comte de Leicester, fils du fameux Simon de Montfort. Lui et les autres membres des vingt-quatre ne songèrent qu’à se perpétuer dans le pouvoir, et se rendirent bientôt aussi à charge à une grande partie de la nation que l’avait été le roi lui-même. Henri III se fit absoudre de ses serments par le pape. Le parti du roi se releva, et la guerre civile recommença. Enfin, les deux partis, las de s’entre-déchirer, et ne pouvant s’entendre, convinrent de chercher un arbitre au dehors : autrefois cet arbitre eût été le pape, mais le pape ne savait plus qu’attiser la discorde au lieu de l’éteindre; l’arbitre élu fut le roi de France.
« Henri III, la reine sa femme, l’archevêque de Cantorbérv, Pierre de