‹ Musée de Versailles, ou, Tableux de l'histoire de FranceChapitre 36 sur 112 · FRANÇOIS I" ET CH ARLES- QUI NT · texte numérisé non relu

FRANÇOIS I" ET CH ARLES- QUI NT

sorte le sanctuaire de la monarchie. On était alors trop loin des comtes de Paris, abbés de Saint-Martin et de Saint-Denis, pour avoir conservé les traditions de Robert le Fort et de Hugues le Grand; l’oriflamme elle-même, l’ancienne bannière nationale, avait disparu des camps, et les tristes innovations du concordat venaient de porter le dernier coup à la vieille abbaye de Suger. Tout humilié qu’il était dans cette position nouvelle , le monastère gardait encore cependant, et même dans l’esprit des étrangers, le prestige du souvenir. Les tombeaux des rois de France, qui jonchaient le sol des caveaux, n’attirèrent pas seuls l’attention de l’illustre visiteur. Les moines empressés le menèrent dans la grande salle, où cinq armoires gigantesques contenaient le trésor de Saint-Denis. Là étaient enfouis l’or, l’argent, les pierreries, les reliques, pêlemêle avec les antiquités les plus curieuses. On y montrait un bâton d’or émaillé, qui avait été le sceptre de Dagobert, la couronne et l’épée de Charlemagne, celle que Louis IX avait rapportée de la Terre Sainte , et à côté une petite tasse en bois de tamaris, dans laquelle le saint roi buvait pour se garantir du mal de rate. On remarquait aussi deux petits vases donnés par Suger. Les châsses, les croix, les reliquaires d’or massif, les crosses de vermeil, les mitres, les couronnes de pierreries s’y comptaient par douzaines : toutes ces richesses furent étalées sous les yeux de Charles-Quint. Il partit le lendemain et alla s’arrêter à Chantilly, où Montmorency avait tout préparé pour le recevoir magnifiquement.

Quatre ans après, des orfèvres, appelés en toute hâte de Paris, vidaient précipitamment les armoires du trésor et entassaient crosses, couronnes, croix et reliquaires dans de grands tonneaux, qui furent transportés sous escorte au collège de Saint-Denis, à Paris, où quatre arquebusiers les gardaient nuit et jour. C’était Charles-Quint qui revenait à la tête de son armée.

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