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ENTRÉE DE HENRI IV A PARIS

Luc. Les deux portes s’ouvrirent. Quatre corps de troupes furent introduits successivement par la porte Neuve et se dirigèrent, le premier, sur le carrefour de la Croix du Trahoir (au coin de la rue Saint-Honoré et de la rue de l’ Arbre- Sec); le second, sur la Cité et le pont Saint-Michel ; le troisième alla, le long des murs, occuper la porte Saint-Honoré; le dernier défda le long des quais et fut le seul qui rencontra quelque résistance : un corps de garde de lansquenets, posté au quai de l’École, ayant refusé de mettre bas les armes, fut taillé en pièces ou jeté à la rivière par les soldats de Matignon.

Pendant ce temps, Brissac et le prévôt l’Huillier recevaient le roi au pied des murs de Paris. Henri embrassa Brissac et le salua du titre de maréchal de France, en lui passant au cou sa propre écharpe blanche. Il reçut de l’Huillier les clefs de la ville et entra dans Paris par la porte Neuve. Cette même porte, six ans auparavant, s’était refermée sur le dernier des Valois fuyant devant ce même Brissac, qui la rouvrait au premier des Bourbons.

Le Béarnais, tout intrépide qu’il était, ne pénétra pas sans émotion dans la redoutable cité de la Saint-Barthélemy et des Barricades : au bruit de l’escarmouche qui se passait au quai de l’École, il se fit revêtir de ses armes; il hésitait à s’engager dans le dédale des rues; il alla s’assurer, par ses propres yeux, si la porte Saint-Honoré était ouverte et gardée par ses gens. Les nouvelles de l’intérieur de Paris dissipèrent promptement ses anxiétés. Le Louvre, le Palais, les deux Châtelets étaient au pouvoir, soit des troupes, soit des bourgeois royalistes.

Henri, suivant la parole donnée à Brissac, envoya offrir aux ambassadeurs espagnols la permission de se retirer, avec armes et bagages, eux et leurs soldats. Ils durent s’estimer fort heureux d’accepter. Pendant ce temps, Henri marchait droit à Notre-Dame : le clergé de la cathédrale, averti, l’attendait avec la croix sous le grand portail. Les cloches lancèrent dans les airs leurs joyeuses volées. Le Te Deum retentit sous les voûtes de la grande basilique. Le peuple, qui encombrait déjà les quais, les ponts, la place du Parvis, la nef et les galeries de Notre-Dame, comme en un jour de paix et de fête, le peuple contempla d’abord le royal cortège avec un étonnement silencieux, puis se laissa entraîner à l’impulsion donnée par les politiques, et les cris de Vive le loi! éclatèrent de toutes parts.

Alaux pixodt

Im p. de Bondeard.

Vcirin sculp.

Novembre 1596)

Publié par Pur ne , Paris.

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