ASSEMBLÉE DES NOTABLES A BOUEN
« désir tend à des titres bien plus glorieux, qui sont de m’appeler libérateur et « restaurateur de cet État : pour à quoi parvenir je vous ai assemblés. Vous « savez à vos dépens, comme moi aux miens, que, lorsque Dieu m’a appelé à « cette couronne, j’ai trouvé la France non - seulement quasi ruinée, mais « presque perdue pour les Français. Par grâce divine, par les prières, par les « bons conseils de mes serviteurs qui font profession des armes, par l’épée de « ma brave et généreuse noblesse (de laquelle je ne distingue pas mes princes « pour être notre plus beau titre, foi de gentilhomme), par mes peines et « labeurs, je l’ai sauvée de perte, sauvons-la à cette heure de ruine. Participez, « mes sujets, à cette seconde gloire avec moi , comme vous avez fait à la pre- « mière. Je ne vous ai point appelés, comme faisaient mes prédécesseurs, pour « vous faire approuver mes volontés; je vous ai fait assembler pour recevoir « vos conseils, pour les croire, pour les suivre; bref, pour me mettre en « tutelle entre vos mains , envie qui ne prend guère aux rois , aux barbes grises « et aux victorieux. Mais le violent amour que j’apporte à mes sujets , l’extrême « désir que j’ai d’ajouter deux beaux titres à celui de roi, me fait trouver tout « aisé et honorable. Mon chancelier vous fera entendre plus amplement ma « volonté. »
(16 Mai J 64 3)