BONAPARTE A ARCOLE
le canon se fit entendre sur les derrières des ennemis : c’était la garnison de Legnago qui débouchait, ayant tourné leur gauche. Dans le même moment, vingt-cinq guides qui se sont glissés sur leurs flancs à travers les roseaux en sortent en sonnant la charge. Les Impériaux, se croyant enveloppés, plient jusqu’à Villanova et se mettent en pleine retraite par la route de Yicence. Le 1 8 au matin, tandis que la cavalerie les poursuivait, Bonaparte rentra dans Vérone aux acclamations de la population entière. Sans perdre un instant, il dirigea Masséna sur Castel-Novo et Augereau sur Dolce , dans le but d’entourer Davidovvich; mais celui-ci, inspiré par l’expérience du génie entreprenant de son adversaire, se retira précipitamment, abandonnant un grand nombre de prisonniers.
L’armée impériale avait perdu de vingt à vingt-cinq mille hommes , elle était encore une fois hors de combat. Cependant l’état des affaires d’Allemagne permit de la réorganiser, et, après d’inutiles tentatives de négociations, les hostilités recommencèrent; mais on touchait au dénoûment de ce grand drame qui tenait en suspens toute l’Europe.