‹ Musée de Versailles, ou, Tableux de l'histoire de FranceChapitre 92 sur 112 · BATAILLE DE HANAU · texte numérisé non relu

BATAILLE DE HANAU

e gros do l’armée austro-bavaroise , sous les ordres du général de Wrède, occupait Hanau. Napoléon part de Schluchtern et culbute une brigade autrichienne qui inquiétait son passage. Certain qu’une bataille devait encore ouvrir à son armée les portes de la vieille France, il fit diriger sur Coblentz tous les bagages, sous la protection de la cavalerie des généraux Milhaud et Lefebvre- Desnouettes. En effet, le 30, quarante-cinq mille hommes l’attendaient sur la Kintzig, en avant de Hanau, couverts par une artillerie formidable. Au débouché de la forêt qui sépare les deux armées, Napoléon, faute d’artillerie, est obligé de suspendre l’attaque et de se borner à la fusillade de ses tirailleurs. A trois heures , le général Drouot paraît avec cinquante pièces de la garde et fait taire le feu de l’ennemi. Mais une charge générale de la cavalerie austro-bavaroise, profitant du moment où le général Nansouty étend la sienne sur la droite, entoure de si près l’artillerie française, que les canonniers doivent défendre leurs pièces à l’arme blanche. Alors la cavalerie de la garde et les cuirassiers dégagèrent l’artillerie, et, culbutant par une charge à fond l’artillerie ainsi que la cavalerie des ennemis, dispersèrent entièrement leur gauche. Cependant le général de Wrède, pour favoriser sa retraite, engagea sa droite dans une attaque vigoureuse, qui, bientôt arrêtée par une autre partie de la garde, n’eut pas plus de succès que la première; et l’armée austro-bavaroise, repoussée en désordre au delà de la Kintzig , ne put se rallier que la nuit sous le canon de Hanau, après avoir eu six à sept mille hommes tués, blessés et prisonniers. Ainsi se termina cette bataille, que la trahison avait préparée.

Le lendemain , le maréchal Marmont entra dans Hanau : il poursuivit l’ennemi, tomba sur son aile droite, l’enfonça et l’accula sur le Mein. Cette entre-

Page 1