‹ Musée de Versailles, ou, Tableux de l'histoire de FranceChapitre 91 sur 112 · BATAILLE DE LA MOSCOWA · texte numérisé non relu

BATAILLE DE LA MOSCOWA

« Soldats! voilà la bataille que vous avez tant désirée! Désormais la victoire « dépend de vous; elle vous est nécessaire, elle nous donnera l’abondance, « de bons quartiers d’hiver et un prompt retour dans la patrie. Conduisez- « vous comme à Austerlitz, à Friedland, à Witepsk, à Smolensk, et que la « postérité la plus reculée cite avec orgueil votre conduite dans cette journée; « que l’on dise de vous : Il était à cette grande bataille j, sous les murs de « Moscou. »

« Aussitôt le canon de la batterie de droite donne le signal , et la première ligne s’ébranle aux cris mille fois répétés de : Vive l’Empereur! Cependant quatre heures s’étaient écoulées et le champ de bataille n’était pas encore ouvert. L’ennemi cédait le terrain, mais sans désordre, et l’on voyait son centre, ses réserves, se porter sur sa gauche, relevés dans leurs postes primitifs par sa droite. Le plan de l’Empereur était démasqué, les deux armées allaient se faire face, et la chance des grandes manœuvres étant perdue, la victoire appartenait aux plus intrépides. A l’aile droite, Poniatowski avait pris et s’était laissé reprendre le mamelon d’Ustiza. Junot eut ordre de renforcer Poniatowski; Davoust et Ney, de se glisser entre la flèche et les bois pour déborder la gauche de Bagration; Friant d’emporter la flèche; Murat de lier Ney et Friant au moyen du corps de Nansouty, et de faire passer Montbrun à la gauche de Latour-Maubourg pour escalader la grande batterie que le vice- roi devait aborder de front.

« Le pas de charge retentit depuis Ustiza jusqu’à Borodino. Au moment où Montbrun s’élançait au galop, un boulet l’atteint mortellement; mais Eugène, après s’être établi sur le mamelon, escalade les parapets du côté opposé et pénètre enfin dans la redoute pour ne plus en sortir, et Ney, qui doit être salué du titre de prince de la Moskowa, Ney frappe au cœur de la gauche et fait une large trouée, et les Russes sanglants, mutilés, s’éloignent pour se reformer derrière le ravin qui se jette près de Gorko dans la Kronizza. Kutusof, informé de ses pertes , fit enfin battre la retraite. Il avait cinquante mille hommes hors de combat, les Français vingt mille. »

Le \ 4 septembre , Moscou se déployait avec ses étincelantes coupoles et ses innombrables clochers aux yeux des Français muets d’admiration , et Napoléon croyait la campagne finie.

BATAI Lia E DI HANAU'

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