MORT DE SAINT LOUIS
Saint Louis était' parti pour Tunis teUementa fclileet'débilUé. de sa pet'sonne, qu'il oe povoît sot^iir ne durer hul bernois sut* loi , et ne povoit endurer eatre looguement à cheval. » Déhegqués à une: lieue de l'ancieiuieX&rthage, le *i juillet, au iBaôtent des gruides clialeui^', les Français' rencontrèrent peu d'f^istacles de la part d^ Maures, qui fuyaient partout devant eux ; mais les maladies se mirenb bieotût duis leor cifmp. Le Baoût , Ib peste avaitieulevé déjà les comtes de 'Vendôme et de Nemours , Saint-Briçon , de Piennes , Montmorency. Le comte de Kevers, fils du i-oi, était allé mourir en cachette sur son vaisseau , pour que son père n'en sât rien. Saint Louis tomba malade le même jour.
« Le bon Roy si acouscha au lit , et coognut bien que il devoit décéder de ce monde en l'autre. "S ses enfans. Et quant
ils furent devant lui, il ai lé fïlz, et lui donna des
enseignemens qu'il lui c< testament , et comme
son hoir principal. Lesqi r dire que le bon Boy
mesmes les escripvit de sa propre maûi , et sont telz :
1 Beau filz, la première chose que je t'enseigne et commande à garder, si n est , que de tout ton cueur, et sur toute rien , tu aymes Dieu. Car sans ce
<^ 2 <§§> A nul lioinme ne peull estre cauvé. Et te supply, mon enfant, que ep ma fin « tu aies de moi souvenance, et de ma pauvre ame, et me secoures par messes, u oraistms « prières , aumoanes , et biens faix , par tout ton royaume. Et me « octroie part et porcion en tout tes biens fkix que tu feras. Et je te donne n toute bënédiction, que jamais père peut donner à enfant. Priant à toute a la Trinité de paradis, le Père, le Filz , et le Saint-Esprit , qu'il te garde et ■ deflende de tous maulx, par espëcial de mourir en péchié mortel. Ad ce «que nous puissions une fois, après cette mortelle vie, estre devant Dieu n ensemble, à lui rendre grâces et louanges sans fin en son Royaume de « Paradis, amen. *
a Quant le bon roy saint Loys eut ainsi enseigné et endoctriné mqnseigpeur Phelippes son $\z , la maladie qu'il avoit lui commença incontinent £ ctoîstre durement. Et lors demanda les sacremens de Sainte Eglise , lesquelz lui furent administrez en sa pliùne vie et bon sens, et ferme mémoire; et bien Tapparut. Car quant on le mectoit en unction , et qu'on disoit les sept pseaumes, lui mesmes respondoit les versetz desdïz sept pseaumes, avecques les autres , qui respondoient au prestre , qui lui baillolt la sainte imction. Et ouy depuis dire à monseigneur le conte d'AJenczon son filz, que ainsi que le bon Roy approuchoit de la mort , il se efforçoit d'appeller les saints et saintes de Paradis , pour lui venir aider et secourir à celui trespas. Et par espécial évoquoit-il monseigneur saint Jaques , en disant son oraison qui commence : £sto Domine. Monseigneur saint Denys de France appella-il , en disant son oraison , qui valoit autant à dire : Sire Dieu , donne nous grâce de povoir mespriser et mectre en oubly la propreté de ce mouds , en manière que nous ne doublons nulle adversité. Madame sainte Geneviè>re réclamoit-il aussi. Et après, il se fit mectre en ung lit courut d* cendivs, et mist ses mains sur sa poitrine. Et en regardant vers le ciel , rendit Famé ii son Créateur, à telle -mesme heure que nostre Seigneur ]ésus-C3irist rendît l'esperit en Faibre de la croix , pour le salut de son peuple. »
(JoiirviLLE, Histoire de saint tqys.)
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