MÉDIATEUR ENTRE LE ROI D'ANGLETERRE ET SES BARONS
■ Les barons anglais, las de voir leur pays exploité par des étrangers, par les agents du pape, par les favoris poitevins, gascons, provençaux, savoyards, las d'être obligés à une défensive perpétuelle contre un roi fourbe et faible , avaient résolu de s'emparer du gouvernement , et de l'organiser au profit de l'aristocratie , en ne laissant guère au roi que son titre et sa couronne. Henri III fut réduit à bannir ses quatre frères, tes Lusignan de la Marche, et les autres étrangers, et à sanctionner, en ia58, rétablissement d'une commission de vingt-quatre seigneurs chargés de réformer l'état du royaume. Les règlements adoptés par les Vingt^Quatre portèrent le titre de Provisions ^Oxford, Us attribuaient aux barons le choix des grands officiers de la couronne, la garde des châteaux du roi , et aux francs-tenanciers des comtés le choix de leurs shérifrs( qui correspondaient aux baillis français) : les délégués des barons devaient se réunir en parlement tous les quatre mois, pour régleitoutes les affaires générales avec te conseil du roi. Un Français avait dirigé cette grande entreprise ; c'était Montfort, comte de Leicester, fils du fameux Simon de Montfort. Lui et tes autres membres des Vingt-Quatre ne songèrent qu'à se perpétuer dans te pouvoir, et se rendirent bientôt aussi à charge à
une grande partie de la nation que l'avait été le roi hii-inême. Henri 111 »e fit absoudre de ses serments par le pape. Le parti du roi se releva, et la guerre civile recommença. Enfin, les deux partis, las de s'entre-déchirer, et ne pouvant s'entendre, convinrent de chercher un arbitre au dehors : autrefois cet arbitre eût été le pape, mais le pape ne savait plus qu'attiser la discorde au lieu de l'éfeindre; l'arbitre élu fut le roi de France.
« Henri III, la reine sa femme, l'archevêque de Cantorhéry, Pierre de Montfort, fils du comte de I^icester, et d'autres seigneurs anglais, se rendirent à Amiens, près de Ixtuis IX, vers la Noël laGS; et le roi de France, après mûre déHbéralion, prononça son arrêt sur ce grand procès, le l'i janvier ia64- Louis annula les Provisions dOxford, restitua à Henri iU ses châteaui et l'élection de ses grands officiers, cassa le décret coiitre les étrangers, et ordonna le maintien de la Grande-Charte et de toutes les libertés antérieures aux Provisions d'Oxford. » (Henri Martih. Hist, de France. )
Ce jugement partial ne concilia rien. Les barons reprirent les armes , et I^eicester, d'abord vainqueur, fut pendant quinze mois le véritable maître de l'Angleterre. Edouard, le fils de Henri 111, tira enfin la royauté anglaise de ce pas difficile. Il battit et tua Leicester àlajouméed'Evesham(4août ia65) et remit son père en possession de tous ses droits.
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