‹ Musée de VersaillesChapitre 59 sur 59 · REÇOIT DES CHEVALIERS DE L'ORDRE DU SAINT-ESPRIT · texte numérisé non relu

REÇOIT DES CHEVALIERS DE L'ORDRE DU SAINT-ESPRIT

Le dimanche 8 janvier i595, le roi Henri IV solennisa l'ordre des chevaliers du Saint-Esprit, dans l'église des Augustins de Paris, où il fut assisté de tous les princes et seigneurs de sa cour , fors du comte de Soissons qui était demeuré malade. (Journal de Pierre de l'Étoile.)

Les détails de cette cérémonie nous sont donnés minutieusement par Cayet. Le roi, dit-il, se rendit aux Augustins, où, après avoir ouï vêpres, il partit de son siège , tous les oIBciers de l'ordre marchant devant lui , et s'en alla auprès de l'autel s'asseoir dans une chaise préparée à cet effet, ayant à sa droite M. de Chiverny, chancelier de Frauce de l'ordre , M. de Beaulieu Ruzé , grand-trésorier de l'ordre, et M. l'archevêque de Bourges, comme grandaumônier du roi; à sa gauche, le sieur de l'Aubespioe, greffier de l'ordre. Aussitôt que Sa Majesté fut assise, M. de Rodes, maître des cérémonies, l'huissier et le héraut de l'ordre marchant devant lui, alla avertir MM. le cardinal de Gondy et l'évêque de Langres, commandeurs dudit ordre, d'aller prendre MM. les évéques de Nantes et de Maillerais, prélats élus et reçus pour entrer audit ordre, lesquels ils amenèrent l'un après l'autre, et recevant de lui la croix de l'ordre , après avoir prêté le serment ès-mains de Sa Majesté , et que le greffier le leur eut fait signer.

Après que ces deux prélats eurent été ainsi reçus, le susdit sieur de Rodes alla avertir MM. le prince de Con^ et le duc de Nevers, commandeurs et chevaliers dudit ordre , d'aller prendre M. le duc de Monpensier , le duc de

Loiigueville et le comte de Saint-Paul , princes élus et reçus pour entrer audit ordre, lesquels ils amenèrent aussi l'un après l'autre au roi. Après que M. le duc de Montpensier eut, étant à genoux, posé les deux mains sur le livre des Évangiles que tenait M. le chancelier, il lut à haute voix le vœu et le serment que lui présenta te greftier de l'ordre, lequel il signa de sa main. Le prévôt et le maître des cérémonies baillèrent a Sa Majesté le manteau et le mantelet dont il vêtit ledit sieur duc, en lui disant : n L'ordre vous revêt et couvre du manteau de sgn aimable compagnie et union fraternelle à l'exallation de notre foy et religion catholique,» et fit sur lui le signe de la croix. Puis le grand-trésorier tle l'ordre présenta le collier de l'ordre au roi , lequel le mit au col dudit sieur duc, et lui dit : « Recevez de notre main le collier de notre ordre du benoist Saint-Esprit, auquel nous, comme souverain grandmaître, vous recevons, et ayez en perpétuelle souvenance la mort et passion de Notre Seigneur et Rédempteur Jésus-Chi-ist, en signe de quoi nous vous ordonnons de porter à jamais cousue à voshabits extérieurs la croix d'icelui , et Dieu vous fasse la grâce de ne contrevenir jamais aux vœux et serment que vous venez de faire; lesquels ayez perpétuellement en votre cœur, étant certain que si vous y contrevenez en aucune sorte, vous serez privé de cette compagnie, et encourrez les peines portées par les statuts de l'ordre. Au nom du père; n et à quoi ledit sieur répondit : a Sire, Dieu m'en fasse la grâce, et plutôt la mort que jamais y faillir, remerciant très humblement Votre Majesté de l'honneur et bien qu'il vous a plu me faire. »

Autant en firent le duc de I^ngueville , le comte de Saint-Paul , et tous les autres seigneurs qui firent le vœu et serment de la même façon qu'avait fait ledit sieur duc de Montpensier.

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