REINE DE FRANCE
Antoinette ( Marie-Joséphine%Feanne d'Autriche), épouse de Louis XVI, reine de France, fille de l'impératrice Marie-Thérèse et de l'empereur François I" naquit à Vienne le a novembre 1755, jour du tremblement de terre de Lisbonne. Elle avait quinze ans lorsqu'elle épousa, le 16 mai 1770, leducde Berri devenu dauphin par la mort de son père. L'enthousiasme que sqn arrivée causa en France , et surtout à Paris, fut universel. Mais cette joie, par son ivresse et son désordre, fait peur à celle qui l'excite; des cris s'élèvent de la foule, on se presse, on s'étouffe; la mort s'est invitée à la fête, et le lendemain du mariage déploie une longue suite de convois funèbres.
La vie politique pour la jeune daupfaine se réduit à l'étiquette, vieille tyrannie consacrée par l'habitude qu'elle veut en vain secouer, et qui ne va pas jusqu'à lui imposer le culte de la favorite Dubarry. Réclamant sa liberté à elle , le simple droit d'kabeas corpus quant au costume , elle s'attaque à la mode qui de caprice en caprice avait atteint le sublime du ridicide, et brisant de s^ belles maîns les entraves du^anier elle en fera sortir droit et libre le noble port d'une reine : révolution plus difficile qu'on ne pense, surtout quand il s'agit dépasser de l'exagéré au naturel, et de l'incommode au gracieux.
Devenue reine le 10 mai 1774» *'!« refusa le droit antique de Ceinture de ia Reine , comme le roi avait renoncé au droit de Joyeux avènement. Huit ans s'étaient écoulés, et elle n'était point encore mère ; ce ne fut qu'en 1 778 qu'elle donnale jour à une fille. Leaa octobre 1781, la France célèbre par ses acclamations la naissance d'un dauphin. Il devait bientôt mourir et donner son titre au
pauvre enfant qui, né le 27 mars 1785, expiera si cruellement dix. années plus tard le malheur d'être fils de roi ; le 9 juillet 1 786 , la reine eut une seconde fille qui ne vécut qu'une année. Bientôt commença cette longue suite d'infortunes dont la fin fut si déplorable , et le procès scandaleux du Collier est un début brillant dont le succès n'encouragera que trop la calomnie. Qu'elle va vite, qu'elle va vite ! Toul Paris écoute aux portes du palais, et l'écho infidèle sème au loin les plus horribles mensonges. C'est à la reine qu'on en veut ; ses amitiés sont suspectes , ses conseils perfides. C'est elle qui a dit de fouler aux pieds la nouvelle cocarde que Louis XVI avait adoptée ; c'est elle qui apposera son veto trivial à tous les actes arrachés au faible roi; c'est elle que la populace demande au balcon du palais de Versailles pour la mettre en parade et la familiariser à l'injure ; et lorsque le Chàlelet instruira contre les événements des 5 et 6 octobre 1789, j'ai tout vu, tout su, et tout oublié, dira-t-elle. La fuite du roi , ao juin 1791 , son arrestation à Varennes le a i , compliquent encore les difficultés de la position. Le 10 août achève ce que le ao juin avait commencé. Le roi s'est à peine rendu à l'assemblée législative qu'il entend prononcer sa déchéance et l'abolition de la royauté. Les massacreurs des a et 3 septembre présentent devant les fenêtres de la reine la tête de la princesse de Lamballe. I^e peuple, qui a la liberté mauvaise comme le vin, ne s'arrête pas à cet assassinat de fantaisie ; il lui faut la solennité d'un assassinat juridique. Le roi n'est plus; reste encore la reine, ou plutôt la veui>c Capel, qui du Temple traînée à la*Conciergerie, privée de ses enfants, attend dans un cachot infect la sentence qui doit finir ses tourments. Le 1 4 octobre elle comparut devant le tribunal : on eût dit qu'elle était là pour juger ses juges ; les débats durèrent trois jours et trois nuits. Le tribunal nomma d'office deux défenseurs, Tronçon-Ducoudray et Chauveau- Lagarde. Marie Antoinette, comme ils l'avaient prévu, fut condamnée à l'unanimité. Ija séance avait duré dix-huit heures; la sentence fut prononcée à quatre heures du matin le 10 octobre 1 793. Le même jour à onze heures la reine monta vêtue de blanc dans la fatale charrette, et arriva après deux heures de marche entre deux haies de spectateurs passionnés ou curieux au lieu du supplice ; redoublant de courage à ce moment terrible, elle monta d'un pas ferme sur l'échafaud : sa tête séparée du tronc et présentée au peuple fut saluée des cris de Vive la république ! I^s restes de la reine furent déposés au cimetière de la Madeleine et recouverts de chaux vive dans la fosse même ou neuf mois auparavant avaient été portés ceux de Louis XVL
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