CHAPITRE PREMIER
Monumens celtiques et Gallo^Romains%
JL'histoirb âe» arU , cLez tiiiiA Ir<« pf^uples ^ se
rattache naturellement à l'histoire politique de ces mêmes peuples. Il est donc de rintérét des peuples et des gouvernemens d encourager la culture <|^ beaux-arts. C'est par la culture ded beaux am^é1;^des sciences que les hommes se rapprochent avec confiance ; c'est en les prati^ quant qu'ils développent en eux-mêmes les sentimens qui honorent l'humanité. Les sc^îeiî^'ês et les arts élèvent rimagination de Thonmie^ et
2 APSBÇU niSTOBIQUB
embrasent son cœur des feux de Fenthoosiasme et de ramour de la patrie. Qael citoyen ne se lait pas on titre de ^oire d'appartenir à un grand peuple , dont les travaux font Tadmiration des autres peuples ? La roionunée publie d'un pôle à Ta'utre la gloire et le nom des sa- Tans qui font d'utiles découyertes et des ardstes qui enfantent des chefs-d'œuvre.
Pline ^ en parlant d'Hiéron O^ roî de Sjracuse, et d'Âttale-Pbiladdphe, roi de Pergame, a dit : l'honneur dans lequel un grand nombre de rois maintenaient les arts, rejaillissait sur eux; ils croyaient que c'était leur plus grande richesse et leur plus solide gloire, et que la splendeur qui en résultait devait les rendre immortels. — Frédéric-le-Grand , roi de Prusse , sentit la nécessité de faire prospérer les arts dans ses Etats, et, pour en propager le goût, il prononça lui-iuémc uu «lÎMJuurs à l'académie de Berlin, en présence de sa cour et de la reine douairière sa sœur, sur l'utilité des arts et des sciences dans un état. Les encôuragemeus prodigués aux artistes par les rois de France , Charlemagne , Louis IX ou saint houisy François I*', Louis XIV, et dans des temps plus rapprochés , furent si avantageux aux progrès des arts, que le dixième y le treizième, ' le seizième , le dix-septième et le
BBS AUTS DU DESSI5. 5
dix-huitième siècles font époque dans rhis*toire des Monumens Français. Il ny a donc aucun doute que l'indifTérence ou Famourdu chef du gouvernement pour les arts , n'influe sur leurs progrès ou sur leur décadence; c'est ce que nous avons examiné dans les volumes précédens \ c'est ce que nous allons continucF.
• ^V. Des Celtes.
Sous le nom de Celtes^ on a anciennen^ent compris les peuples de la Gaule ^ de la Germanie/ des lies Britanniques^ même les Espagnols et les lUiriens. Ce titre fut ensuite restreint aux Gaulois seuls. Les mœurs de ces •peuples différaient peu entr'elles; il y avait assez d'affinité dans le langage^ et celui des Gaulois et des habitans des Iles Britanniques était le même.»
Les Celtes, guerriers par nécessité, barbares par suite de leur éducation, n'avaient aucune idée des arts ; 'habitués à une vie sau* vage, ils se retiraient par hordes dans des huttes grossièrement façonnées en terre. Soumis au gouvernement de leurs prêtres, les Celtes dressaient, au milietl d'un champ ou d'une forêt, des pierres brutes en forme d'autels, et ils célébraient ainsi les mystères de
4 apbhçu Historique
leur religion (i). Le monument gigantesque de Carnac^ élevé au bord de la mer, celui connu sous le nom de Roche aux-Fées, et le £uneux dolmen de Lock Maria*Ker, sont les monûmens les plus extraordinaires de la Bretagne ^ui nous soient restés des Celtes, sans <|ue Ton n^ait jamais pu déterminer le ratiùî de leur érection. Les dolmens, les peulvans, les pierres branlantes ou tournantes ^ sont en général les monûmens celtiques les plus communs; il y en a une assez grande quantité dans quelques départemens de la France.
Outre ces monûmens singuliers, les Celtes avaient des autels qui servaient à des sacrifices; ces autels sont connus sous le nom d^aïUeh tauroboliques et crioboliquesj on y sacrifiait des tauraux et des béliers* Quand on voit des peulvans de plus de cent pieds de haut , d'ilne seule masse de pierre, s'élever dans les airs^ on est émerveillé des moyens que l'on a dû employer pour les dresser sur une base fort étroite, et on ne doute plus de la connaissance des Celtes dans les arts mécaniques (2),
■ III I II I ■ ' ■! ■■ .111 m . I , ■■ la
(i) Vofe^ tome I*', fftige 109 et saiva^nt^s , jce que j^ai dit det oeors et des asageides Celles et des Gaulois, (1) Ponr plus de renseignemens, voyez les ouvrages iuivaus : Mémoires de V Académie celtique , tomes I^**! II , III et IV; et
Peuli^ans et dolmens. (Planche 2i6).
Fig. I • PôulvaUf fiché en terre sur sa base. Ce in6iiii« ment y d*un seul bloc > s'élève majestueusement dans les airs, et se voit près du domaine de Grabusson , à sept lieues de Rennes : il porte environ dix pieds de haut sur vingt pouces de diamètre.
On appelle généralement peulvam , menhir g pierre levées ou pierres fichésê, et par abréviation fiche, les mdnumens d'un seul morceau de granit^ de grès ou de pierre f sans base et dressé isolément ^ comme les obttlsques égyptiens. Ils diffèrent quelque-* fois des obélisques égyptiens , en ce qu'on en voit qui sont plus étroits vers la base qu'à la partie supérieure*
Les dolmens sont fermés ^u à jour. LA dolmens fermés ressemblent à lin autel 9 les autres à une table* La partie supérieure de ces monumens, fermés ou non fermés, est toujours d'un seul morceau, quoique considérable; elle repose sur plusieurs bases de pîerro
brute et informe. Le nombre des bases sur lesquels le dolmen s^appuie , n'est point fixé. On en voit qui
Mémoires de la Société royale des jintiffmaires de France ^ tomes !•» et IL
Recherche» historiques sur t>i Bretagne ; par M. le cheralier Maudet de Penlionet I i vol.
Recueil d* Antiquités dans les Gaules; par la SaovagêreW Il donne une carte da pays des Venettes ^ le plan et Pélératioa da monament de Carnac.
Caylus y Antiquités, tome VI , pages 38i et «airantes. . La Todr d'Auvergne | notes sar les pierres de Carnac , dans tof On§ines gauloises»
Pommereail , Dictionnaire de M. Ogee | an mot Cur.iae$ Penhouet , Essai sur les Armoricains»
6 APERÇU HlSTORIQrS
reposent sur quatre pierres^ sur trois» et même sur sept.
Fig. a. Le dolmen que nous avons fait graver est situé à la Ferté-Frenel , à trois lieues de TAigle , département de rOrne. Cette pierre , d'une dimension extraordinaire, est appelée dans le pays pierre eU eoupelte , ou ta pierre accoupeUe : on dit que y dans l'origine y elle était portée par sept piliers , dont il ne reste plus que trois et le débris du quatrième » conune on le voit sur la gravure (i).
Les uns considèrent les dolmens comme des autels aur lesquels on faisait des sacriûces humains ; d'autres prétendent que ce sont des tombeaux. Cette dernière p^position nous parait d'autant plus admissible y qu'à la suite des fouilles faites sous des monumens de la. même espèce y on a' découvert des ossemçns et des objets propres à caractériser une «épulture» ce qui a fait dire que l'on enterrait, sous l'autel même, les victimes après les avoir sacrifiées.
Il y a d'autres pierres du même genre ; elles sont carrées long ou circulaires , et posées en équilibre sur ui»« fi«ule base et terminée eu pointe ; on appelle
(i) Dans la forêt de Belléme, dite de la Herse, d<^partement de rOrne, sur la ronte de Mortagne, on Toit des pierres et ane fontaine dont les eaux sont thermales.
Voici les inscriptions ^i sont gravées sur ces pierres. Sor la première on lit : Aphrodisium , et sur la seconde , Diù infcn. p^eneri , Marti et Mercurio sacrum.
M. Johannean prëtend que le mot HiiSE est pour Harse , qui wtMl àxte barrière , borne* Il ajoute qu'en celtique Harse reut dire bome^barrière , et que c'est pour cela qu'on appelle Hersa une barrière qui se place à Peniréc des forts et des forteresses-
BiBS ART5 DU PBSSIlf • f
les pierres de celte espèce : Pierres taumanU9 cm érantantes ; en effet , elles sont tellement d*aiilomb sur leur axe ,. qu'il suffît de les toucher pour les faire mouvoir (i). En générât, on débité les comptes les plus absurdes sur ces espèces de monùmens , et les gens de la campagne les considèrent encore aujour** d'hui comme Touvrage dés fées, des géans ou del voalins esprits (a).