‹ Musée des monumens français (volume 2)Chapitre 5 sur 12 · CHAPITRE IL · texte numérisé non relu

CHAPITRE IL

Monùmens. GallorRomains^

Les Gaulois , s'étant répandus sur 1^ autres continens^ à leur retour dans les Gaules apportèrent le culte et les usages des peuples qu^'ils avaient Yiskës. £n passant iea Asie, ils s'approprièrent non-seulrai^it une partie des divinités de l'Egypte et de la Grèce, tnais encore ils introduisirent dans leur état do« mestique une infinité d'usages particuliers, qu'ils reçurent des nations avec lesquelles ils commerçaient.

Si Tite-Live^ Gaulois d'origine, dans son histoire se plaît à dénigrer les Gaulois, si

I 1^— ——^■^^■^w—^»^—— i»^—— —————— ii^

( i) Voir GAaiBRT , Monumen» éthique» ^ deicription des plaachjea » pages >) et saivantet , toutes les espèces de momuneos celtiques, (a) \ofez le même ouvrage de Cambry , pages i et 3»| Voyez paiement les Mc'moires de TAcadëmie eehiqne , où so»t rapportées toutes les croyances populaires.

roijbe lui-même, animé d'un sentiment na* iional, veut en ternir la valeur guerrière; si '/d'autres^ enfin, les qualifient d'hommes féroces y de barbares accoutumés à boire dans des Clones humains , il ne faudrait pai» cepen-» idant en conclure <jue c'était nn peuple sans moralité et sans aucune civilisation. On pourrait citer des fait» cpii prouveraient le contraire jusqu'à l'évidence, si le cadre que nous nous sommes prescrit ne se bornait pas uniqueeûtent à la coonaissance des arts.

'Caylus a dit (i) : que les Gaulois n'avaient àt cofinaislsances acquises, avant d'être subjugués pait* les Romains , qi&e celles que rapportaient leurs troupes employées au service des jiatiAns étrangères ; que les Gaulois n'étaient ^as commerçans, etc.... L'opinion de Cajlus ^a^aii fondée s'il eQtendait parler de l'architeciure , de- la sculpture ou de la peinture ;. mais il n'en serait pas ainsi des arts utiles et relatifs à ri»dustrie« Lès récits ^qui nous sont parvenus de la fameuse bataille navale qui décida du sort de la célèbre ville de Vannes, dont la <^ule termina la lutte des Komains contre la Celtique occidentale, nous apprennent que les Gaulois avaient des vaisseaux plus considé- -i i — ^ — -i . «

(i) Tome IV de ses Antiquités,

ti^àbteB, mieux Êiit$ et beaucoup plus propres à ia navigation que ceux dont se serraient lès Romains (i)« Cela prouve^ au moins^ qu'ils étaient ingénieurs, bons constructeurs^ et qu'ils connaissaient Tark de naviguer' (2).

^ Si 1^ Gaulois avaient deis vaisseaux d« guerre, s'ils étaient bons marins, on leur âccradesaussi l'invention de la charrue à deux 4:*oues (3) et du crible (4); Tart de fixer des fleurs sur les étoffes (5) , de feutrer des ha<» bits (6) , de faire le verre le plus pur et de la plus grande transparence (7), ce qui est prouva par la grande quantité d'ornes cinéraires que l'on découvre dans les départemens de la^ France (8). Us fabriquaient aussi des armes de toute espèce. Ces armes gauloises , fabriquées

(t) Cambrj, Monumeiis celti<fueSf V^^ ^'*

(3) Voirez Mémoires de la Société royale des Antiquaires àê ^JP'rance, tome Jt, pageSaS.

La saTante dissertation sur ce fameox combat /par M. le comtt de Grandpré , capitaine de la marine royale , etc.

(3) Pline» Ht. XXVIII, chap. XII, considère les Gaulois comme les inventeurs du savon et de la charrue h roue. Livre itVIII , chai>. XVIU.

(4) Pline , liv. XVIII , chap. II.

(5) Pline, liv. XIX, cliap. II.

05) Pliné , liv. VIII . chap. XLVIII-

(7) Pline , liv. XXX.

(8) Pobserve ^ue ces vases ne sont point soufles, mais moule's , te cpii est prouve' par les cannelures dont ils sont ornés , et le^ «ueilles (espèce d« «icux ) ^u« Tou y voit en dessous.

lO APEllÇU HISTORIQUE

daris les villes de Rehns/dé Soldons ; et deg Strasbourg, étaient fort estimées^ ainsi que les dorures et les cizelures de Reims , d'Ârlçs et de Trêves. On recherchait les flèches de Mâcon ,. les cuirasses d'Autuii , les boucliers^ les car* quois et les arbalètes de Soissons et les épées d'Amiens (!)•

Le séjour des Romains dans les Gaules changea tout à coup la nature des monument des arts , leur donna un autre caractère, un autre style, et, par conséquent, une autre physionomie. £n effet y les arcs de triomphe (2) ,

(i) Vojes Monumcns ceUitiueSj. par Cambiy, pages 19» ao €t suivaoïes.

{3) De toutes les productions db Parclritectare, Tare de trlom* plie est celle- qui se développe avec le plus de grâce j son ensemble e'iève la pense'e j il a quelque chose de grand , de noble et dSmposant. Les arcs de triomphe se composent d'une seule porte, de deux on de. trois , mais pins communément de troîs. T^ryez les portes Saint-Denis , Saint-Martin et Tare du Carroi/scl* Jja porte SaÏDi-Bernard ,> qui n'existe plus , n'avait que deux ouvertures.

Les arcs de triomphe aont pluâ on moins riches , omës. de co-^ lonnes, de bas-reliefs, de statues, de biges, de quadriges ou de trophées. Celui d'Orange est un des mieux constrrvc's parmi ceux que fai désignés \ il sert de porte à la ville d'Orange.

La beauté du lieu oii se trouve le momiment., qui est tout ca maibre, ses trois portes , son élévation majestueuse , ia rivière qui coule dans la plaine, tout, en le voyant, in$pir<; la méditation et ceporte les idées au temps oii Marins tua dans la même plaine environ deux cenc mille hommes, tant Ci mbres que Teutons^ tar on croit qnMl fut élevé par Lea Romains en mémoire de qj»

DBS ARTS BU DESSIN. il

lès amphithéâtres^ qu'ils firent construire à Orange , à Saint-Remi , à Nism'es , à Marseille, à Arles y à Autun^ à Dijon et dans beaucoup * d'autres provinces de la Gaule, les temples, les autels et les idoles, de marbre ou de bronze qu'ils élevaient à leurs dieux, ainsi que les ustensiles consacrés aux; .cérémoùies religieuses ^ qu'ils firent éxécfter par des artistes et des jouvriers grecs*, contribuèrent nécessairement . aU perfectionnement du goût; car la pratique àé l'architecture , dé la sculpture , . comme celle de la peinture. et de la ciselure, étajit encore dans un véritable état de barbarie*.

' On n'ignoré pas non plus que les Romains ne pratiquaient pas les arte par eux-mêmes.; que leurs peintres, leurs sculpteurs, leurs arcnitectes, leurs graveurs. en pierres fines, leurs mosaïcistes et leurs ciseleurs étaient des Grecs voyageurs ; ou ceux qui avaient suivi , comme esclaves, les armées romaines. •

Les loi$ de Numa défendaient aux Romains la pratique des arts , qui forçaient ceux qui les cultivaient à être ton jOi|rs assis , comme devant affaiblir l'esprit et le corps; ces arts ne pouvaient être pratiqués que par les esclaves^ les

grand avènement. D^autref disent qae son ^rectioa eit due k U fiçtQxre remponée par Cësar sar les Marseillaît*

IS APEACU HISTOAIQVB

forains ou par des hommes qui couraient de rillè en ville.

Cependant^ les Phocéera avaient fondé Marseille et quelques autres villes méridiotudei avant les conquêtes de Jules-Gésar* Les mé^ dailles de Marseille qui nous restent^ d*UB beau travail et d'un dessin pur^ sont une preuve que les Phocéens traif^portèrent les arts dans cette partie de la Gaule. Ce premier pas iiadt y le goât des arts s'étendit le long* des deux rives du Abôue et pénétra jusque dans TAu* vergue ; car Pline rapporte qii un sculpteur, nommé Zénadore^ éleva, à Glermont, une $tatue colossale de Mercure , d'un prix considérable. 'V

Quant à 1 etamage des vases , des plats, des bassins et des autres objets en cuivre * rouge ^ dont Pline , comme nous l'avons déjà (^ervé en. parlant des vaisseaux à l'usage des Gaulois, leur en attribue l'invention (i); c'était une espèce de doublé ou de pla^ué^ dont la fabrication , selon les apparences ; était connue des Grecs , puisqu*on découvre, tssez souvent, dans les départemêns de la France , des monnaies éta« niées, doublées ou plaquées d'argent, dont le type et le dessin décèlent un travail grec*

(i) Pline, liy. XXXIV, cîiap. XVII.

0ES ARTS eu DESSIN. iS

Nous avons eu dan^ les mains un de ces pla* teaux antiques^ quon arait déterré^ il y a environ quarante ans, dans lo Bourbonnais ^ et nous avons remarqué qu'il dvait été recouvert, dessus et dessous , d'une feuille d'argent très* mince. Elle n'avait point altéré la finesse des ornemens , ce qui nous autorise à croire que ce plat avait été d'abord fondu y . puis recouvert d'une lame d'argent, et ensuite frappé dans une matrice, pour obtenir les bas-reliefs et les ornemens dont M était chargé. Le plaqué ^argent est donc un art dont- il ne faut pas attribuer Finvention aux Anglais, comme on a pu le faire trop complaisamment , puisque les médailles fourrées sont en effet un espèce de plaqué. Quant au médailles saucées^ on les trempait tout simplement dans un amalgame d'argent et de mercure.

Les fabriques de monnaies les plus renom-' mées dans les Gaules sont celles de Marseille, de Trêves, de Soissons et de Lyoii . M. Alexandre Laborde, dans son grand ouvrage, en a publié plusieurs dont les Ijpes sont assez beaux. On remarque enlr'autres celles de Marseille et de Vienne en Daupbiné. Cette dernière, grand bronze , se compose des têtes nues et adossées de Jules-César et d'Auguste , avec l'inscription : IMP. CAESARî DIYL F. DIVL IVLI; au

34 AFBKÇU HISTOMQU»

revers une proue de vaisseau. Uue pareille me* daille a été trouvée dans les fouilles faites au Luxembourg (i)«* Il est évident que -ces mé« daiUes ont été coiAposées ^ dessinées et fabri* quées'par des artistes grecs (2); car toutes

(i) GrWaax , Antiquités rom* et fran^. du Pal. du Sénat. , page 187. ,

(a) Gaue les médailles d*or et d'argent fabriquées dans les Gaoles par des Grecs et par des ouvriers gaolois , on faisait anssi circuler des médaiUes grecques comme celles de la nation; ce que je vais rapporter en est la preuve.

Le 12 septembre i8o5 , sur les Bords de la Seine , k Paris , vis • à'vis la me des Petits-Augastins , en faisant des fouilles pour IV-r tablissement d^un «fgout , les ouvriers découvrirent des constructions antiques , parmi lesquelles se trouvèrent une certaine quantité de médailles d'or , pesant deux gros quinze grains , portant d'un càté un buste couronné de laurier , et an revers un bige conduit par une renommée j au dessus , Philippe en caractères grecs.

' On connaît plusieurs médailles d'or de Philippe et d'Alexandre $ son fils , du plus beau travail grec ; on sait aussi qu'il y en a eu .d'antres frappées dans les ville^de la Gaule , à l'imitation de^ premières j mais elles contiennent plus ou moins d'alliage , et elles sont, commue on l'a dit plu» baut> d'une fabrique plus grossière* On croit que ce qui a pu donner lieu h la fabrique de ces sortes de médailles d'or et d'argent parles Gaulois, c'est que ceux qui revinrent dans la Gaule après leur expédition , sous Brennus , en Macédoine et en Grèce , en rapportèrent des monnaies d'or de Philippe , et ^'ilsen firent fabriquer d'autres à l'imitation de celles-là , par des ouvriers qui ne purent alors les imiter que d!une façon qui se ressent tout-à'fait de la rudesse oii étaient les arts dans leur pays. Cependant, celles découvertes en ma présence , m'ont paru d'un travail assez beau, et )e pense qu'elles sont du nombre de celles qui ont été apportées dans les Gaules après l'expédition de Bientius y et qu'elles ont éternises dans les fonda-

0ES ART^ DU DESSIN. l5

celles de fabrique gauloi^ç sont mal composées^ affreusement dessinées et d'une exécution bjgirbare.

Porte du Pr/tanée d^Ancyre. (Planche 217.)

^ Le monument dont on voit ici la gravure y est une porte construite sous Auguste, à Ancyre. Suivant Pline, les Gaulois tectosag&s , bâtirent Ancyre, ville de Galatîe ; et Tournefort , dans son, voyage du Levant, tome II, page 447» nous apprend qu'il y avait dans cette ville un prytanée magnifique , richement décoré, dans lequel on donnait encore, sous Auguste , des fêtes et dés jeux publics, dont les exercices étaient

tions oh elles se sont trouvées , £omme monnaie courante du pays', suWant un usage fort ancien. Il reste à savoir maintenant si. ces pièces d*or ont e'te' mises dans cet endroit pour constater l^«poque de IVrecûon d'un bâtiment qui aurait été construit là , qomme je le pense , ou si elles ont été jetées exprès ou roulées pl^r^es eaux*

V II parait démontré qu'il y a eu dans cet endroit un bâtiment quelconque, dont la tradition s'est perdue, puisqu'on y a do-, couVeri d'anciens libages, et que ^l'année* dernière , en creusant dans le jardin des Petits-Angustins , pour les fondations du nouvel établissement qui remplace notre Muséum , on a trouvé & quinze pieds en terre franche , les restes de deux squelettes humains , un soc de charme en fer , et des ossemeus de bœuf ; le ^out recouvert d'une grande et forte pierre. Sans vouloir exph*quer ce qui n'est plus explicable pour nous, Il paraît qu'il y Uvait là un petit temple votif auprès duquel ont été inhumés ceux qui l'avaient érigé } et notre proposition paraît d'autant plus admissible, qu'il y avait près de là un temple majeur consacré à la déesse Isis ; c'est-à-dire , sur l'emplacement qui est occupé aujourd'hui par l'église Saiot-Germajn-dcs-Pré«,

l6 APBnÇn HISTORIQXm

distingué^ par des légendes particnUères ^ consacrées rar le$ niédaQIes de Néron , de Caracalla , de Déce , de Vdiérien-le- Vieux » de Gallien , etc. ; ces légendes étaient Pythia • AscUfia , Sotiria , ïêihmia ( i ). Toumefort , dans la description de cet édifiée y dont il 4o|)ne la gravure ». ne dit pas que sa construction soit due à dés artistes grecs, ce qui est évident ^ parce qu^on ne peut pas supposer qu*un peuple qui n^élevait que des peulvans , des dotihens , et qui n'avait que des ^nerres pour autels, ait eu des archi*-) tectes assez instruits pour construire un palais sem-» blable à celui dont parle Tournefort , et des sculpteunr assez habiles pour décorer et sculpter la porte de cet édifice 9 telle qujelle est figurée ici (a).

Cui^e antique en porphjre. (Planche 2x8^ ) " Cette cuve de porphyre , drmie dimension consi-*

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(i) Daas le prytanée établi dans les ailles de la Grèce, on. y gardait , selon Pausaaias , les lois de Solon C'crîtes svr on tableau. Ce lieu ^Ijait magnifiquement dtfcoréy et renfermait quantité d« statues des bommes célèbres : on y entretenait )e feu' sacré; on y recevait les ambassadeurs étrangers : on y taisait les'fjpstitos pu* blics dans les grandes fêtes,* et les Prytanes étaient cbargét de nourrir les citoyens pauvres qui avaient bien servi PÉTat.Cès Pry« tanes étaient au nombre de cinquante ; leur fonction consistait à convoquer le sénat quand ils le jugeaient conrénable ,'& y présider et à faire en sorte que tout s'y passât dans Tordre. Un de leurs privilège» était aussi de faire des sacrifices à Jupiter ie conseiller, f t à Minerve ULconseillère ^ pour obtenir de ce«r divinit<S8 qVèlles' daignassent inspirer les sénateurs.

(9) Si on veut avoir une idée de cette belle porté antique, il

suffira de se reudre à la bibliotbèque des Quatre-lVations , où }•

l'ai fait exécuter en marbre , d*aprc'S un dessin exact' et parfaite»^ mtnt semblable It la gravure au'en a donné Tournefort..

IWES ARTS DU DESSÏBT. IJ

dérable > dont le travail nous a paru dater du Bas-* Empire^ ornée d'une forte tète de tigre et de deux anneaux j sculptée dans la masse et .déterrée i Ten-: trée de la ville de Metz, dû il y avait des thermes-, {courrait bien avoir servi de baignoire. On la voit aujourd'hui dans Téglise cathédrale de cette ville y où elle est employée comme fonts baptismaux (i).

L'histoire de Metz nous apprend que Ton a découvert dans les environs de cette ville, à des époques différentes, des monumens, des statues, des autels, des bas-reliefs, des inscriptions et des médailles antiques. Toutes ces découvertes nous autorisent à croire que la ville qui existe aujourd'hui a été bâtie sur les ruines d'une ville plus ancienne. En effet, lorsqu'on a construit les nouvelles fortifications sur les dessins du célèbre Vauban , on a enseveli dans leurs fondations les ruines de plusieurs bâtimens antiques ; et les anciennes chroniques de la ville nous apprennent qu'il y avait un superbe amphithéâtre à l'endroit où se trouve maintenant la redoute , et qu'on y découvrit, lorsqu'on en jeta les fondenlens, une slatue d'argent représentant une diane ,

(i) Cette cnve , creusée et «culplee dam une seule masse de porphyre , porte a mètres 912 millimàtres .de loag , i mètre S69 millimètres de large j sa profondeur est de 59$^ mimmètrcSf^ et «ft Iwateur d'tm métro i36 millimètres*

j8 aweh^v msTOKïQvm^

un autel en marbre, et un bas-relief représentant Rome victorieuse. Ces mêmes clironiques ajoutent qu'il j avait, dans les environs de cette place, dés thermes qui étaient décorés de plus de deux cents colonnes de granit* C'est là qu'on a découvert la belle cuve de porphyre que l'on voit ici, dont la forme, le style et le travail grossier de la sculpture nous paraissent remonter à l'époque des autels parisiens, dont nous avons parlé dans le tome I*', page 109 et suivantes.

On a aussi détruit, pour l'établissement des fortifications, \me ancienne naumachie trèsconsidérable qui existait dans les environs des thermes. Cétait pour conduire les eaux des belles fontaines de (jorze, dans cette naumachie, (jue fut construit le fameux acqueduc de J^ux. Les arches du pont par lequel cet acqueduc communiquaitd'une colline à l'autre, subfistenl encore en partie dans une étendue de mille quatre-vingt onze niyriamètres au travers du vallon de la Moselle (1).

Cest une chose merveilleuse à voir que la construction du réservoir de l' acqueduc et des canaux souter^^ains , dont ce qui en reste

(i) Montfascott. Antiquit4 expliquée , tozat IV, part. U ,

D&S ARTS DU DES$I5. ig

est considérable. L'acqueduc , formé par des arcades en ceintre parfait , par des arcades pleia ceinlre, s'élève à une hauteur prodigieuse. Il est bâti à la manière des Romains , c'est-à-dire, avec des pierres de petite proportion, tellement biea maçonnées et cimentées, qu'elles ont résisté et résistent encore aux glaces,. et aux injures du temps (i).

On fixe à la fin de l'an i552 , à la suite du siège de Metz , par l'empereur Charles-Quint , les premières atteintes portées aux plus beaux monumens de l'antiquité, que possédait le pays messin , quoi qu'il eût déjà considérablement souffert des incursions précédentes, que les Allemands^ les Huns et les Normands y avaientfaites à différentes époques. On affirme encore aujourd'hui dans la ville de Metz , que les ruines des monumens de l'opulence des anciens habitans^ ont généralement servi à la

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(ï) Le service des atj^ncduc» ci des ponts est trop connu pour en parler particulièrement j je dirai seulement (jue c'ebt en architecture une des inventions la plus utile comme la plus re.iiar' quabie. ' ^

Il n^y a aucun doute que Ton a commence" par faire les ponts en bois, en jetant simplement des madriers d^une rive \ rantre, et que ce n^est qu^h Paille des sciences et particulic'rcracnt des ma«* tbcfmatiqoes , qo^on est p&rTcna & les consUuiee en pierre. Airwî , on pont de pierre de tel g/ence ^u'U soit!, aojioace toujours uu ayanccoàcnt dans Tari de coas(niire*

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