‹ Musée des monumens françaisChapitre 16 sur 23 · DEUXIÈME TABLEAU · texte numérisé non relu

DEUXIÈME TABLEAU

Ici ftpùient ie$ dépouUies maruUeê €Us Roi$ :

Cbarles V (le Sage) , mort en i38o , à Tâge de 4^ aos, • Cbarles VI , csort en 143a , & TAge de 54 ans.

Cbarlef VU (le Yictorieoz), mort en 1461 , li TAge de 59 ans.

Henri IV (le Grand }, mort en 16 10, k Page de 67 ans.

Louis XUI (le Joste), mort en i643y à Page de ^\ ans 7 mois.

Louis XIV (le Grand), mort en 1715» A TAge de 77 ans.

Louis XV (le Bien- Aimé ) , mort en 1774 » ^ l'Age de 64 ans 3 mois.

Des Reines :

Jesnne de Bourbon , femme dn roi Cbarles V, morte en 1377, A PAge de 4o ans.

Isabean de Bavière » femme dn roi Charles VI , morte en i435, à PAge de 5o ans*

Marie d'Anjon, femme du roi Charles VU» morte en i463 , à l^Age de 41 ans.

Marie de Médicis, demdème femme da roi Henri IV» morte en 16'i^, A PAge de 68 ans.

Anne d^ Autriche , infante d*Espagne | femme da roi Louis XIII ^ morte en 1666 , à PAge de 54 ans»

Marie-Thérèse d^Avtrichey infante d^Espasn^ , femme dn roa Looia XIV| morci en x6^i , % rA^O de 44 ans.

i BBS 1AT8 mr DJBSinr. tiSr

Hbàk Leetimiui de Pologne » femnM da roi Lotti» XV/nutftc «B ijGStàrâgedefiSant* .

Deê Dauphinê, DawphinUf Prineu et PtineêuUB Etèfanê ef PtHiê'Enfans tUFranoôi

K. . • do France , doc cTOrl^aas , deuxième file do roî Henri Vf^ mon en i6i i » à F&ge de 4 moîf»

Marie de Bourbon, ducheMedeMontpensSer, première femnia de Gastoo-Jean •Baptîcte , duc d^Orleans, fils da roi Henri IV^ morte en 16)7, à TAge de aa ansv

Jean-Gatton <rOrleant, doc de Valois, fils de Gaston-Jean» Baptiste, duc d^Orlëans » fils dn roi Henri iV, mort en ifiSa » à Page de aa ans.

Marie- Anne d^Or]<fans > fille ^a Gaston- Jean-Baptiste , dne

d^Orleans , fils du roi Henri IV, morte en i656 » à TAge de 4 «ns«

Gaston-Jean-Baptiste de France , duc d'Orléans , fils du roi Henri IV, mort en 1(160 , à Tàge de 5a ans.

Anne-Élisabeth de France, fille aînée du roi Louis XIV t morte en 166a , A TAge d\in an- la jours.

Marie- Aune de Frai^ce , deuxième fille dn roi Louis XtV, morte

en 1664 1 ^ '*^S® ^'"" an 1 1 jours»

N. . . d*OrUans, fille de Philippe de France , [duc d*0rlé|uia 9 Monsieur, frère du roi Louis XIV, morte en iG65 » à l'Age dHtt mois.

Philippe-Charles d'Orléans , due de Valois, fils de Philippe d« France , doc cTOrlcans, Monsieur, frère du roi Louis X1V> inoKt en 1666 , à TAge de a ans.

Henriette-Marie de France , fille da roi Hcfiri IV, femme àm

Charles I^' , roi d'Angleterre , morte en 1667 , A TAgede 60 ans*

Henriette-Anne Stoart, première ((pnme de Philippe de France ^

duc d'Orléans , Monsieur , frère du roi Louis XIV, morte en

1670, à PAge de a6 ans.

Philippe de France , duc d'Anjou , deuxième filé da roi Louis XIV, mort en 1671 , A PAge de 3 an*. ^

Marguerite de Lorraine , duclieise d'Orléans^ deuxième feamo de Gasun-Jean-Baptiste, duc d^Orlctus^ Ait du ifo} Henri tV • morte en 167^^ k PAgt d« â teA.

tMf^fSÊàftA» âttW^fkam, dèe d^Afli{od , mCMm filr^ foi Louis XIYy flM»t «D 1679 , à l*âge d« 4 «loi*.

Mario-ThérèM d« Frmoce, troitièm^ fille âa roi Loais XIV» ■mAM'M W^> h tlKliae £^ anl^'iîrtlSV; '

AkxandrMiaiiift il*CMtové& d« Y^îl ^ flb il^ FSHip^^ de France y doc d'Orléans , Montienr^ frère do roi Louis.

Mârïe-Aime-CÊnsline-Vlctofre 'de Bavière / iTemme àe Louh , danpbîn, filt do roi Looit XIV, ihorVe en 1690; à l^e de3o ans.

Anné-lMtarle-Lônrsé d*Orleans , àoclièfsse dé Montpensier , Ma*demoiselle , fiÛe de Gaston-leàn-^p tis'te d'OrKeans , fîïs dà roi Henri IV, morte en 1693, à lUgè de 65 ans.

Philippe de France, doc d*Orlcaàs, Monsieur , frère de Lonis XI V» mort en 1701 , Il TÀgè de 60' ans*

N. • • . , doc de Bretagne , premier fils de Loois , doc de Bourgogne, petit- fils dn roi Louis XlV» tàort en i^ôS» à l*âgè ^ào 9 mois 19 |oors.

Loois 9 daiiphin , fiUl do roi Lonis HCV^ ttort en ir 71 1 , Il fâge de 5o ans.

K. • •• . de 6efry, fille aln^e de Charles , Hac de Bcrry, petitfils do roi Lonis XIV. inerte en 17x1.

Lonis t dnc de Bourgogne , dauphin , (>ètit-fils du roi Louis XIV, mort en 17 II , à Tâge de 3o ans.

Mariê-Adélaïdé de Sâroie , ^énàme Ae Lotiis , duc de Bonrgogne , dauphin, petit-fils' dé Xibuîs XlV', morte eh 1713, ^ l'âge de 37 ans.

Louis, duc de Bretagne, dauphin, deuxième fils de Louis, duc de Bourgogne , dauphin,' petît-fîls du roi Loiiis XlV, mort . en 1710, à Page de 6 ans.

Charles de Berry , duc d^AleAçon ,' fcls de Charles , duc de Berry, petit-fils dii roi Louis XlV» mort en 17 1 3 ^ 2l Page de ai fours.

Charles de France , ducfie Berry, péti't-fîls dn roi Louis ^IV, mort en 1714» ^ I^^ge dé an ànf.

Marie-Léuise-Ëlîsaheth de Berry , fille posthume de CSiarles ,

<uc de Berry, pétit-fib' do roi Louis XIV', morte en I7i4# ^ rage d'un jour.

Marie-Lonise-ÉIisaheth d^0rï^an8,'téin'me deCHiàrles, duc de

Berry , peàt-filt dîi rbi Lonis %LV , moVtt en 17 19 , ^ l'âge ^e

Élîttbedi-OiirloCie de Bâtière , d«tiliMiM fèiàlilk êè flfti^^ de France » doc d'Orléans, Monsienr«' îikté dà tdl t^ttit jtiV ,' morte en 1713 ', à TAge de 70 ans.

Philippe, dne dK>riéanf (ri^éat âh io]rànine) , A Ae AU' lippe de France* dnc d'Ôrleans , Monsicott Mn èa ibi' Lonfs XIV» mort en 1713» & Page de 49 iHbs.

N. . . de Firace ; dnc4>Ai^ ,. deuôeMie fib M tbt lidntt XV; mort en 1733, à Tâft^de 9 ans 7 mois f {bèts* '

Lonîse-Màrîe de France , troisième file dn tèS tibn» X!^« morte en 1733, à rage de 4 i^m 6 moiîs^

Marie-Thërèse; infante d'Espagne , préttifttfefékaiedéikifliè» danphin , fils dn rot Louis XV, mone êa. i*jlt / à Page de 4 *>>• mou»

Marie-ThtFrèse, infante d*Espagtié , preiniètefemiftè dé Lonîè ,

dauphin , fils dn roiLonis XV> mbrie en 1*746 1 à Vèigc de io ans«

Marîe-lliërèse de France » fille dn premier mariage de Louis ,

danphin , fils dn roi Louis XY, nkéftë en 174S » à TAge d^nn an

9 mois* * '

Anne-Henriette de .Franèe, fletalitîlie BHe du fbt Ldfis XT ^ morte en 175^ , à FAge de a4 <^* ^ mois 7 jours.

Xarier-Atarie-Jose^h dé France , Àe d^Aqc^Uinie , dèhxlèbie fils dé LowS| dan]pktn ^ fils dn rbi Loms XV i mort Cfl 17SÎI » f r.Age de 5 mois i5 jours*

Marie-2«éphirine,de France 9 fille atnëe du denzième mariagu de Louis , dauphin , .fils dn r^ Louis XV| mort en 1755, à l^ge de 5 ans/

Lonisë-Êlisahêth ié tràntéy dûc'hèésë dé Pàrmé , aie aln^ dn roi Lônii XV» morte en 175^//' à' H^ de 3a eus , 3 mole %% jours, ^' ■

Louis-Joseph-XArier de France ^ dUç de Bouif{ogtSfc,.fils aM de Louis, dauphin, filsdn roi Louis XV, mort en iy6i , à TAgo de Q ans 6 mois.

Louis , dauphin , fils dn roi Louis XV ( Son cœur seul a ità d^posl' dans cette ((^llse } sauf côrpj à et^ inhume à Sens. ) , mort en 1765 » A l^Age àé 36 ans.

Maûe-Josèj^htf de Saxe, deuxième fetnmè de Louis /dilipliini fils du roi Louis XV (Le eemr de' cette priuceMe a sepr<ft4 d.^

ia8 j AFEBCU XISTOaiQIIB

potrf èiiBê €ttU ^^MC) toa corps • «U iohiuiatf à Smt. ), moft» «o 1^ y k Tàge d« 35 ant.

Sopbic-Pliîlippine*Élita1>€th-JaidiM de Franoe , sixième fîH» dn m Lons XY» vorie ea 178a « à Tâge de 47 ^^bs 7 mo» 7 joan»

!!•••• MademoSteUe d*Aiif onUme , deosîème fille de non* •eigoear le comte d'Asiojs 9 frère do lol Louis XVI , morte. en 1783 f à rftge de 5 mois 16 Jours*

N««.« d'Artois, Msdemioiselle y fiUe sWe de monseignear le comte d'Artois, frère do roi Loois XVIf morte eo 1^83, à T&ge de 7 «M 9 mois oojoor.

Sopbie*Uâèoe-B^atrix de France « deozième fille do soi Loois XVI , morte eo 1787 » à TAge de 11 mois 10 joors.

Loois-Joseph-Xavier-Fraoçoisy daopfaio, fils do roi Loois XYI> mort eo 1789, li Tftge de 7 aos 7 mois 19 joars.

AKTICKB II.

Suiiô de$ ruiauratiùnê et t'igUse de Saint-^DêniSm

Le roi Pépin fut eebronné dans Téglise de Saint- Denis f avec ses deux enfans , Charlemagne 9 Car* loman et la reine Berihe , sa felnme ^ fiHe- d'Héraccliûs, empereur de Constantinople , le a$ iaillet755, par le pape Etienne III : il reçut le nom de Patrice de la tille de Rome. En mémoire de toutes ces cérémonies 9 il fit deln à Téglise Saint-Denis > des statue» en or , et de grandeur naturelle, de Saint-Pierre et de Saint-Paul , qu'il fi| poser sur deux colonnes an* tiques en porpbjrre» d'environ huit pieds de haut Ces statues ont été enlevées dans le pillage de Téglise par les Normands ; les colonnes trop pesantes sont restées et elles ont été employées » sous le règne de Louis XTI» à la construction de la chapelle Saint-Benott 9 qui eerraii^ ea paiiiei 4 séparer le chœur de la net

DES ÀR« btr DESSÎïT. I29

Aènver&éea de nouTeaii à Tépoque de la révolution ^ ces colonnes passèrent au mus^e du Louvre où elles font romement de la grande galerie* Le corps de la reine Berlhe , morte à Cholsy, le 12 iuillet 785 ^ fut apporté à Saiat-Denis et déposé dans le tombeau de son mari ^ que l'on décora de leurs statues sculptées en pierre. ( Voyez tome I* , page i85. )

L*an 754 9 le pape Etienne étant en France > sa rendît à Saint-Denis , le 27 juillet, où il sacra. de nouveau, pour roi , Pépin et ses deux fils Charles et Carloman , avec la reine Bertlie* Le pape , après la cérémonie , exhorta les Français k la soumission en-* vers leurs princes légitimes et leur défendit d'élire , à l'avenir , d'autres rois que ceux de la famille de Pe^ pin. Avant son départ , il laissa au trésor de l'église , son paiiiutn et les clefs de Saint-Pierre. Ces clefs sont ordinairement en or et renferment dans leur intérieur, de la limaille des chaînes de Saint-Pierre et de Saint- Paul.

§ I*'. A la sollicitation de Constantin , empereur de Constantinople , Charlemagne reçut l'oriflamme à Saint-Denis , et se rendit à Jérusalem pour en chasser les Sarrazins, qui s'étaient rendus maîtres du tombeau de Jésus-Christ, et qui occupaient la ville.

A son retour en France, le premier soin de Charle* magne fut d'aller à l'église Saint-^Denis , remercier Dieu du succès de ses armes. Il déposa sur le tombeau des mart3rrs, l'orifiLamme qu'il avait reçue à son départ. Il ôta lui-même la couronne d'or , enrichie de pierres précieuses, qu'il avait sur la tète, la déposa sur l'autel en reconnaissance des bienfaits de Dieu et la laissa dans le trésor comme un témoignage de

l3o ÀPEIVÇU HtSTORIQUB

piété et de muDîOcence. Depuis Charlemagne , ceff)^ couronne magnifique a toujours servi au couronne* ment des rois de France. Il laissa également sou sceptre d'or, de cinq* pieds dix pouces de haut , et sa main de justice , dont le bâton est eo^ or et la main en corne de narval ; son épée aussi d*Qr ; le cor ou Folyplian du prince Roland 9 son neveu , et Fagrafie de son manteau qui était d'un grand prix (1).

La couronne d*or de l'empereur est enrichie de rubis y de saphirs et d'émeraudes ;.et son sceptre ^ sur le haut , est orné d'un lys émaillé eu est représenté Charlemagne assis sur son trtae , avec ees mots : Santus Katùlus magnus. ItaUa. Rama. GaUia.

Gertnania. Enfin , ces bijoux 9 qui annoncent un grand talent de la part des orfèvres ^ et ^pie Ton dit avoir été à Pusage du roi Dagobert et aux rois -ses successeurs, ne me paraissent qu'une imitation fait« dans le quinzième siècle, de ceux qui auraient appartenu à Charlemagne , en supposant aussi qu'on en aurait conservé les dessins» Je suis d'autant plus autorisé à parler ainsi , que le trésor a été pillé plus d' une fois, et que, dans Tinscription qui se Ut ^au bas de la petite statue , l'empereur n'y. aurait, pas pris le titre de Saint de son vivant , d'autant plus que sa conduite ne pouvait lui donner l'espéranee d'être canonisé après sa mort.

Au nombre des choses les plus remarquables de

(t) Tontes cet ^choses pr<^c4ei»ei ont généralement «te em« ployecB au coaronnement de noa roit; elles ont serTi k. celui de Bonaparte , et ontv^' dëpose'esensnitcdans IVglise de Notre- Dame de Paris, {ployez les onTrages de Monifancon cl de Féli- Lien, ou elles sont gr^re'cs.;

DÎSS AUTS DIT DESSI?f. 10*1

Tancien trésor de Saint-Denis, c'est, sans èontredit 9 la, belle coupe de Sardoiiyï, ornée de bas-reliefs, pris sur pièce 5 représentant les mystères de Bacchus ; elle a été gravée dans beaucoup d*ouvrag;es et se voit au cabinet des antiques de la bibliothèque du Roi. Jean de Tristan de Saint-Aman 9 qui «en a parié dans ses commentaires historiques 5 imprimés en 1644 9 dît que ce vase , le plus précieux peut-être qui soit en Europe , avait été fait pour Ptolomée-Philadelphe , roî d*Égypte. Il a appartenu à Charles III , dit le Simple, qui en fit présent , non pas à Téglise Saint-Denis ^ mais à Jésus-Christ , comme Tannooce rinscription qui se lisait au bas de Tancrennè monture ; elle est ainsi co^ue : Hoc va>s Christe tiéi mente dicavit tertius in Franeos regthme Katlus (1).

g II. Hugues-Capet, qui, outre le duché de Frante, -possédait , par hérédité , les abbayes de Saint-Denis > de Saint^Gcrmain-des-Prés, de Saint*Hartin de Tours et de Saint Riquier , étant Inonté au trône de France , consentît à se démettre de son titre d'abbé^ afin de ré* tablir les élections canoniques. Il commença par distribuer aux seigneurs qu'rl voulait s'attacher, les fiefs et les terres des monastères dont il avait été le chef; puis ayant réuni les moines de Saint-Denis , dans Fintérieur de leur égl&e , il déposa en leur présence^

(0 Cette pièce uniqae a été Tolëe, il y a quelques années , avec la bell« agatbe de la Sainte-Chapelle , repre'seQtant l'apothéose d'Auguste. Enterrées dans la forêt de Fontainebleau , ou n'a pn les découvrir qu'en fai«ant grâce au voleur qa'on avait beu<* reusement arrêta.

l3a APERÇU HISTOJIIt}tJ£

sur Tautel 9 la crosse et la mitre , et leur permit ië choisir parmi eux celui qui devait les gouverner.

§ III. L*abbé Suger 1 comme nous Pavons dît page 509 ajant entrepris l'entière restauration de i'é* glise Saint-Deni , pour la construction du portail et des tours , fit abattre 9 avec la permission du roi , un gros portique sombra et obscur que Charlemagne avait fait construire pour abriter honorablement la tombe de son père , qui , par humilité , avait demandé f par testament, qu'on l'enterrât bors de l'église et couché sur le ventre ^ contre l'usage ordinaire. Suger voulut que les portes extérieures fussent décorées de bronie et de dorures. Félibien dit à ce sufet, que le respectable abbé est figuré sur le portail, avec sa crosse près de lui et dans la même posture qu'on lui a donnée sur les vitraux qu'il a fait peindre pour l'église haute 9 où il est représenté , et où l'on voit quelques sujets tirés des croisades et principalement de celle de Lou!syiI(i). Il y a apparence que la figure de Suger dont parle Félibien , a été enlevée du portail depuis qu'il a fait imprimer son livre : elle n'y est plus f et on ne voit plus sur les portes que des débris de l'ancienne décoration.

Ce portail est décoré de sculptures d'un goût sévère et passablement exécutées pour le temps où elles ont été faites. Au dessus et sur les montans des portes , on voit plusieurs sujets du nouveau testament ; un

(t)' Plusieurs de ces vitraux consenres au Musée des Monumens français , pi advit U réyoluiion^ ont ttc restitues à Téglise Saint- Denis.

DAS itATS DU 1>£$SIK. l53

David jouant de la harpe et un zodiaque atec la représentation des travaux agricoles pour chaque mois de l'annéC' Les colonnes sont ouvragées & jour et d'une grande perfection pour le travail. De quel éclat devait être ces édifices dans la nouveauté de leur cens* traction ! Car , outre la beauté de la pierre que Ton employait, toutes les sculptures étaient peintes et dorées, comme le prouvent les traces qui en restent. D'ailleurs, on peut' aussi s'en convaincre en examinant le'portail de Notre-Dame de Paris où Ton voit encore des dorures aussi fraîches que si elles venaient d'être posées.

Outre le portail dont on admire la noblesse de la construction ; et la noblesse des ornemens , Suger en fit construire deux autres latéraux, c'est-à-dire, l'un au nord et l'autre au midi. Je ne connais pas l'éléva*tion de celui du midi. ; il a été détruit dans le commencement du siècle dernier pour construire la salle du trésor ; mais on peut se faire une idée des sculptures qui le jdécoraient par les figures que Montfaucon a fait graver dans sa Monarchie Française , tome 1*\ Ce savant en parle conmie les ayant vues. Le portail du côté du nord , est encore debout. Il est décoré de six statues de rois , d'une proportion colossale > et de trente beaucoup plus petites qui sont placées et rangées en cercle dans l'ogive qui couronne la porte. Elles représentent aussi des rois de France. Foyesi tome II page i5 , la gravure que l'en 4i fait faire g\ la description que j.'en donne.

Et enfin tous les faits relatifs à la construction des tourfll Çt du portail et tie l'église haute ifà Saint-

Denis, par Tabbé Suger 9 soni rapportés par les bis* torîens qui se sout occupés d» l'histoire de oelte antique église ; et on lit dans la vie de Suger , que^el habile ministre ayant aboli le droit de main^m^te p établi sur les habitans de Saint-Denis , en reconnais* sance ils donnèrent dëux cen4s iivrês tournois pour laire travsiiller au portail de la grande égUae.

Le ao septembre 1817 , un amateur des monumens du moyen âge 9 occupé de recherches sur les différentes constructions de réglise de Saint- Denis, étant monté sur un échafaud que Ton avait placé à Pune des tours pour des réparations , a découvert plusieurs caractères informes et grossièrement creusés dans la pierre , qu'il a pris pour une inscription relative aux deux tours , et , selon lui , faite poiu* fixer Tépoque de leur consiruction. Cette découverte serait impor*-' tante si elle pouvait avoir quelqu*apparence de vé«* racité : voici ce qu'il m'a écrit à ce sujet,

«Hier, en visitant les différens plans du portail oc- • cidental de l'église Saint^Penis , l 'ai trouvé une ins- »cription qui dément formellement l'assertion des his* «toriens qui attribuent à l'abbé Suger la construction »de ce portail. Cette inscription est gravée dans la «pierre qui forme le dessous de la première goût- Btière , au dessus des çrénaux à droite de 1^ porte àw » milieu ; elle est ainsi conçue : T N. , . . . 74^- •<••-. »Le portail aurait donc été élevé sous Pépin , quel-»- »ques années avant que le prince ait été reconnu rot » de France. On se rappelle que son corps a été trouvé , » ii y a cinq ou six ans , en terre , devant la princi-^ >pale façade. Je laisse k 1» 'sagacité des antiquaire»

DES ARTS DU DESSm. l3o

Bà juger quel degré de croyance on doit ajouter à • cette inscription.» — /e Mi#> Monsieur le Cheva- HêT, eu.» etc.

Pour moi , je considère cette mauTaise inscription •onune l'ouTrage d'un outrier maçon qui n'aura en d'autie fantaisie ) en traçant ces caractères, que celle de gravet les initiales de son nom, avec Tannée où il aura été employé à réparer le bâtiment; et cette année , je crois 9 est l'an 17489 en supposant que le millésime ait été effacé ou omis par l'ouinrier , ce qui est assez ordinaire parmi les gens de ctette espèce. Peut«étre est-ce aussi ce qu'on appelle, en construction ^ un repère, pour reconnaître l'ordre du placement des pierres. Ce que l'on propose à cet égard n'est pas admissible , puisque le^ chiffres arabes , dont l'origine nous est encore inconnue, sont attribués par les uns aux Indiens , et par d'autres aux Arabe:) qui, selon ces derniers, les introduisîi^nt en -Espagne vers l'an 1000. Cette espèce de chiffres n'était donc pas en usage chez nous à i'époque donnée à l'inscription dont il s'agit? En effet, je ne connaiss pas d'inscriptions où l'on ait employé les chiffres arabes ayant le quatorzième siècle. D'ailleurs, on sait que les ouvriers sont assea dans l'usage de graver leur nom avec l'année , lorsqu'ils construisent oti qu'ils réparent un bâtiment remarquable ; et si cette inscription avait été ordonnée pour constater « d'une manière quelconque , la construction de Tédifice , elle aurait été placée dans un endroit plus visible , plus convenable, et elle aurait été gravée plus soigneusement. Je pense donc que cette découverte qui est parvenue jusqu'à llnstitut de France, n*a aucun

l56 AFBRCU mSTOAIQUE

mppori aTeo la construction des tours de Téglise do Saint-Denis , comme je le suppose ; et je déclare formellement que y sur le fait historique de cette cona* truction que Ton a la prétention de combattre , |e m*en tiendrai à Topinion dea anciens écrivains et aux lumières que fai acquises par une longue étude dea monumens, plus certaine encore que les inscriptions que Ton peut interpréter ou contrefaire.

L*abbé Suger augmenta considérablement le trésor de son église : c^est ainsi qu'il Ta nommait. La nef, rebâtie sous la régence de la reine Blanche , ne fut entièrement terminée que sous Philippe -le- Hardi, aon petit-fils, Tan laSo, pendant la gestion de Tabbé de Vendôme qui administrait pour le roi , comme rayait fait Fabbé Suger,

6uger enrichit la basilique de Saint-Denis de tout ce que les arts pouvaient produire de plus magni-^ fique* Les peintures les plus belles, les sculptures les plus soignées , les mosaïques les mieux faites , rargenterie la mieu3( ciselée , ainsi que les vitraui^ les plus riches en couleurs, qu^il désigne lui ^ mémo sous le nom de vitrauoii saphirisés, furent employée avec profusion tant à la décoration intérieure qu'extérieure. Pour parvenir à la perfection qu'il désirait , pour chaque chose, il fit venir des peintres, des moaaicistes^ des orfèvres et des vitriers des différentes pro*t vinces delà Fr^nce^J^cifis mciiorii^us quos inv entre fOlui de diverêis parti^t^ picporiims. . . . Per piif^ Tes aurifhiros lothaiingo^* . . . FUrearum , vari&n tatemfh magistrorum tnvitOTum (/e diversis natio^ fiiius manu exquintâ de pingi f&cimus. Suger , cfe Wlmi 9Mà ( ap^d D« bouquet, tome XII 9 pages pÇ^

DES ARTS DU DESSm. iSj

97^ 99 et loi ). Il y a toute apparence qu*il avait aussi dans son abbaye des religieux qui s'occupaient des arts; car nous possédons une mosaïque représentant un moine en prière , et qui a été faite de son temps , sur laquelle on lit : Bono f rater ho&e cecte^ siœ fccit hoc opus. ( Voyez tome I'% page 20. )

Suger, vers iiaa, montra tai\t d'intelligence et d'équité , que le roi Louis-le* Jeune ^ à son départ pour la terre sainte ^ le nomma régent du royaume. Né en 1081 j sous le règne de Philippe I*% il fut élevé dans Tabbaye de Saint-Denis avec Louis -le-Gr os, et reçut le titre d'abbé après la mort d'Adam. ( Voyez tome I*% page 234, la gravure du tombeau de ce dernier 9 et ce que j'en ai dit. )

l^e roi Louis<^le-Gros se croisa , reçut des mains de l'abbé Suger y son compagnon d'étude et son ami , Vétendard ou Venseigne dû Saint-Denis. Cet étendard, plus connu sous le nom d*oriflamme ou de gou fanon , selon le langage du temps», a trois pointes ou queues, avec des boupes verte» sans franges d'or. Quelques-uns croient qu'on lui donna ce nom , dit Guillaume Lebreton , parce qu'il était d'une étoffe de soie , couleur d'or et de feu; d'autres disent que c'est parce qu'il était attaché à une lance dorée. Le droit de porter l'oriflamme était réservé au seul comte de Vexin , soit en qualité d'avoué de l'abbaye de Saint-Denis , ou comme premier vassal de ladite abbaye. Les rois de France ne portèrent pas eux-mêmes l'oriflamme; mais après l'avoir prise dessus l'autel et l'avoir reçue de l'abbé , comme cela est indiqué dans l'histoire de Philippe-lelifirdi , ils ic4 mettaient entre les mains d'un vaillant

i38 ÀPKRÇU msratiiQvm

oheraMer qui CbiSmuI serment de la eonsenrer el de la rapporter au même lieu. Sur les Titres peintes de régUse eathédrale de Chartres , on voit la figure en pied de Henri de Mei , maréehal de France en ia65; il est représenté debout, armé de pied en cap , et portant Toriflamme.

La mort de Vabbé Sugerétantarrivéeeiiran iiSs^le roi Louis^-le-Jeune voulut honorer de sa présence les obsèques de ce grand et vertueux ministre ; il ne put voir mettre en terre le corps de son cher et fidèle serviteur y sans témoigner devant tout le monde Tez-^ ces de sa douleur par ses soupirs et par ses larmes. Suger fut enterré dans Tépaisseur du mur de la croisée de réglise , du côté du midi ; cette simple 9 mais belle inscription , ornait sa tombe : Hie jacet Sug^ rius aMas. Ici repose l'abbé Suger.

§ IV. L'élise Saint-Dents qui avait reçu de grands embellissemeus pendant les règnes des rois Charles f^! Louis XII et François I**, fut entièrement ruinée sous le gouvernement de 1793. Une loi du 20 février 1806 la consacra de nouveau à la sépulture des souve-^ rains. Sa nouvelle restauration devrait dater de c& moment ; mais lesvnombreuz travaux que Ton a faits pendant plusieurs années » pour j parvenir, n'ayant pas été trouvé bons, ils ont été annulés et confiés à un architecte plus habile.

Le 9 septembre 1811, des fouilles nécessaires aux changepiens projetés dans Tintérieur de Téglise , près la porte d'entrée, mirent à découvert plusieurs toihbea ux taOlés en pierre de lambourde, du même genre que ceux qui se sont trouvés à Paris, dans l'ancienne basilique de Sainte - Geneviève , le 20 mai 1807, et

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semblables à ceux que Fou a retirés depuis dans les fouilles faites sur la place, en face du portail de la même église ; et, plus tard encore , dans la rue du AtoBceau y en race du portail Saint-Çervaif^

La plupart de ces tombeaux ont la fonne d*une auge 5 plus étroite dans la partie infiérieure que dans la supérieure ; ils sont ordinairement creusés dan^ la masse ^ de manière à recevoir facilement le corps. On en voit aussi dont Tintérieur est creusé en niomie; c'est-à-dire 9 que la place de la té^te est faite circulai^ rement ainsi que les épaules, çil le reste terminé en gaîne {Voyez tonie I*% page iSa, le dessin du cer* cueil de Dagobert). Ceux que Ton a découverts dans réglise Saint^Denis, en 18 1 1 j» se sont trouvés à sept ou huit pieds en terre ; ils contenaient des ossemens qui , par leur état de décomposition , ani|onçaient une grande vétusté f et reportaient Timagination des spectateurs sur l'existence des personnages dont ils of-* fraient les dépouilles à des temps très-reculés. Le premier ayant été ouvert , je vis sur la face intérieure du couvercle une inscription tellement usée par le temps 9 qu'il ne restait plus de lisible que ces mots :

BUT TERTIO DIE. NO 5EBTEMB La pierre de

lambourde est si tendre y qu'il est probat^e que le nom du défunt , ainsi que la date de squ décès 9 et rO du mot obiit j ont disparu par la décomposition de la pierre.

L'îonafeur des monumens du moyen âge, dont j'ai parlé plus haut , s'appuie de la découverte de ces tombeaux, quand il dit qu'il y a cinq ou six ans que l'on a trouvé devajut la principale porte de l'église le corps du roii Pépin , père de Charlemagne. On a pu

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le confeclurer, puisqu'effeotivement il aTait demandé à être enterré hors de Téglise; mais il n^est pas prouvé qu*il se soit trouvé là. Il y a aj^parence que le corps de Pépin a été relevé lors de la restauration de réglise par Suger , puisque cet abbé avait fait placer dans le chœur une tombe à Teffigie du prince ^ avec cette inscription : Pipinus rex.

U était d^usage aussi de construire des sarcophages en plâtre qu'on coulait dans des moules, ou que Ton façonnait à même la terre. Il s*en est trouvé des deux espèces y dans différens endroits de Téglise Saint- Denis y dans celle de Saint-Germain-des-Prés i comme À Sainte-Geneviève. Tous ont la même forme et sont semblables. On y voit assez souvent des croix figurées du côté de la tète , ou des monogrammes. Tout ceci prouve qu'il y avait des fabriques de ces sortes de cercueils en pierre et en plâtre, comme le» Romains en avaient de marbre 9 de terre cuite ou de toute autre matière , ainsi que nous avons aujourd'hui des ouvriers qui les font en bois.

On trouve assez ordinairement dans ces sortes de tombeaux, des pots de terre ou de grès, évasés par le haut et marqués par trois ou quatre taches , d'une couverte rouge ou verte pour les empocher de se fendre à la cuisson. Ces pots ou vases dont on a long-temps ignoré l'usage, ne sont que de simples cassolettes , dans lesquelles , à l'aide de quelques morceaux de charbon allumé , on brûlait de ï'aloès ou de Tencens , pour neutraliser la mauvaise odeur que pouvait répandre le corps du défunt.

Les corps se déposaient alors, vêtus et découverts, dans la tombe qui était préparée pour les recevoir ;^

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là on leur rendait les honneurs funèbres et les derniers devoirs. C'est après les cérémonies religieuses qu'on fermait la tombe de son couvercle, sans çn retirer les pots ou les cassolettes dont il s'sigit, parce qu'elles avaient été bénies par le prêtre officiant , et qû'od supposait qu'elles pouvaient être un préser-» vatif , pour le corps , de l'influence des malins esprits. Ces vases funèbres , dont j'ai vu un grand nombre dans les différentes fouilles dont J'ai parlé , sont tous de la même forme et de la même matière ; ce qui confirme l'opinion où je suis , que l'usage en était généralement consacré , et qu'il y en avait des manufactures , comme d'une marchandise dont le débit était assuré.

Il y a tout lieu de croire que l'usage d'inhumer les morts à découvert , vient de ce qu'on ne tenait point de registre mortuaire 9 et que c'était là la manière de constater publiquement le décès. C'était une espèce de confrontation publique qui attestait le genre de mort du personnage ainsi exposé. C'est encore l'usage en Italie de porter à l'église les morts le visage à découvert.

Par le nombre de sarcophages , de la nature de ceux dont je viens de parler, trouvés dans l'intérieur et à la porte de l'église Saint-Denis, il y a tout lieu de croire que cet emplacement avait servi de sépulture pendant un temps assez considérable. D'après cela, on est autorisé , en quelque sorte , à présumer que ce lieu était anciennement, c'est-àr dire , dès la fondation de l'édifice , le cimetière des religieux ; que, suivant un usage fort ancien, on en avait déposé les corps dans des cercueils de pierre

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et de piètre» sans aucune inscription ni omemen» extérieurs , précaution prisé pour arrêter la cupidité <l\iDe classe d'homntês qui faisaient métier de violer les sépultures , potir dérobcfr tes richesses qu^on était dans Tusage d^y enfermer^ et contre lesquels on rendit une loi qui leur interdisait le feu et ï'eau. Cette proposition e^^t d'autant phis admissible , que réglise Muterraine , bâtie par Pépin , et gravée plan-che 9a5 j était la seule église qu^il y eut alors pour la célébration des saints mystères 9 avant les additions commencées sotis Tabbé Suger et complétée» sous Fhilippe-le-Hardi 9 fils de saint Louis.

Personne n*ignore qu^ancienneïnent on était dans Tusage de faire précéder rentrée des églises par txù espace de terrain assez vaste ^ qui devait servir de ciûietière y ainsi que cela se pratique encore dans nos v^-* lages ; car, suivant les principes de la vraie piété y tout chrétien mort dans le sein de Téglise, étant censé participer aux sacrifices et aux saints mystère^ de la religion y se trouvait ptès de Téglise , et arvee les autres fidèles y dont une partie Se tenait à la porte aux heures des offices y pour prier plus humUemenf. Ce terrain était plus ordinairement enclos de mti^ ; quelquefois on Fomaît d'un portique ou d^une co"* . lonnade , dans le goût des cloîtres. Ces galeries sépulcrales se nommaient charmers , et on y déposait les ossemens que des fouilles nouvelles faisaient sortir de terre. On les ornait aussi d'însCrlptîons , et même de cénotaphes. Ceis inscriptions étaient les seuls registres mortuaires qu*il y eut alors.

Le terrain dont |e viens de parier , ayant été employé à Tagrandissement de la nouvelle église , et

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les tombeaux 9 excepté celui de Pépin , qui» selon Féiibien , et comme je Tai dit plus haut , fnt transporté ailleurs , n'ayant pas été relcTés , se sont na« turellement trouvés y après la construction ^ la façade de fédifice, dans Tintérieur de Téglise et àTeo-^ trée précisément où on ai» fouillé» En adiMttm»t ces diverses propositions ^ on peut donc assurer que les sarcophages dont il s'agit , sont antérieurs à la construction des tours et du portail , puisque l'un et l'autre ne forent terminés qu'en 1140 9 le 14 juillet, époque à laquelle l'abbé Suger fit faire la dédicace de l'Oise , par Hugues , archevêque de Aooen , Eudes 9 évèque de Beauvaid; Manassés, évêque de Meaux, et Pierre ^ évéq^e de Senlis; el que ce ne fut qu'après cette auguste eérémome, que le roi Louis YII posa la premièi^e pt^re de la partie su* périeure de l'église désignée sous le nom de Chevet* S y. M. Debret , architecte de l'église de Saint- Denis , chargé de la nouveUe restauration de cet an* tique édifice , vient de faire exécuter 9 bùué les deux grandes roses latérales , deux bas-relirfs dans le style appelé vulgairement ^o^/iiftie, qui sont parfaitement en rappprt avec l'architecture de l'édifice. L'un se voit au dessus de'*'la porte dite de Valois 9 el l'autre ai| dessus de celle qui conduit à la maison royale« Le premier représente la sainte Vierge assise stv le trône qu'elle occupe dans le eiel, auprès de son fils. Cette statue précieuse ^ sculptée en béis dans le huitième siècle, passe pour être la représentation delà sainte Vierge qui fut poignardée à Paris > dans ia rue aux Ours y qui, suivant la tradition populaire , versa plusieurs gouttes de sang , et fut transportée

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de suite en grande cérémonie dans l'église Sâini-^ Martin-des^Chanips , d*où elle a été retirée à répo-' que de la résolution. La mère du Sauveur , placée au centre du tableau , et au milieu d'une gloire ; formée par des rayons divisés en forme de flammes ^ accompagnées de douze étoiles, pose son pied sur un croissant, et terrasse un serpent ou dragon 5 emblème du vice et de Thérésie. Au dessus et sur la frise , on lit Tinscription suivante, tirée de la Genèse, chapitre III 5 verset i5 : Ipsa contcrct caput iuum. De chaque côté du bas-relief, on voit le» statues de saint Luc et de saint Marc, évangélistes^ ^dans la proportion de cinq pieds ; elles sont plSicées sur des colonnes qui s'élèvent de toute la hauteur de la porte. La sculpture de ces figures , fort bien exe-' culée , et dont les draperies rappellent le style d'Al« bert Durer, peintre et sculpteur du quinzième siècle , remonte néanmoins au douzième siècle. La statue de la Yierge est d'autant plus curieuse qu'elle date du neuvième siècle.

Le bas- relief qui est en regard au dessus de l'autre porte , représente le mystère de la rédemption. Jésus-Christ , environné de la gloire divine , assis sur son trône d'or , selon TApocalypse , et tel qu'on l'avait figuré sur les peintures des onzième et douzième siècles, présente aux hommes les principaux ins< trumens de sa passion, c'est-à-dire la couronne d'épines et les clous dont il fut percé , dans l'espérance de les ramener à la véritable foi , en leur rappelant ainsi ce qu'il a soufiert pour les racheter du péché. A ses pieds , on voit deux anges en adoration ; et sur un pian plus élevé, deux autres figures représentant

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4oi Émef baimilses appelées à iouir de la félicité Meroelie aapirè» 4a seul Dieu qui doit juger les vi«' vans e% tes morts : C'est alors que UfUsde Vhammc parmttra totu respUndissaru de lumière , nous di( l'Bcrjiure-SAinte p en parlant de la fin du monde. Ces figures sont sans sexe 9 à rimitation de celles de Da<* gobert 9 que Ton a soulptées sur se» tombeau i egf» 9um qui deteo iniqutta$ôs tuas* Les éva^gélistes t •aiAt Mathieu et saint Jeao > placés comme les pré*- ^dens 9 accompagueot le bas«-relief. Lds ptarties eDi bois de ohèue , richement composées et déljicate*» mentsculptées» élégamment exéeutées d'après les de^ sine de M. Debret , sont de 6u<^and.

l^a première cérémonie qui se passa dans Tabbajre de Saint-Denis , depuis sa restitution au cuite ^t s^ dernière consécration , eut lieu à Toccasion du transport et du dépOt des iUustres dépouillas du roi Imm XYI et de la rejne Marie-Antoinette d'Autrichç^ sa lemme« qui se firent Le si janvier 18 15 , dans l'aaciên caveau de la famille royale des Bourbons* Geste cérémonie.^ à ta 6m auguste, touchante et im- ' posante y fat«uh»e d'un nombre considérable dePa- «siens de toutes les classes et de toutes les professions, qui tons 5 1^ témoins heureux du règne d^un bon roi, mêlèrent leurs larookes à celles des priikces de la famille rojrale qui suivaient le cortège.

La translation des saintes reliqu^^s de Stiint IH^\\a et de ses compagnon s, conservées r<eiigiem^ç^ienl par un ancien béi^édictin , qui fut cuié 4e la ville , puî» aommé chanoine de VégUse St. -Demis par le roi y s'est faite en grande pompe, le 9& avril 1819 , époque de leur première tratt^slation dans la suj^dife église, aiim

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filée par le calendrier. L'antique oriflamme ^ tradiiite, réiablic sur les dessins de M. Debret, portée entête de cette cérémonie religieuse et imposante, à laquelle assistaient tout le clergé de Saint-Denis et dix évéques , a été déposée et appendae au dessus des saintes reliques , que Ton déposa dans une espèce de trésor formé avec le modèle d'une église gothique, scu'pté en pierre et à jour , qui avait servi d'ornement au tombeau du roi Charles Y , au Musée des Monumens français. Viyez terne ill , page g, l» gravure et rexplicaHon que je donne de ee monument. Ce modèle précieux j restauré y peint , doté et fermé, dans son intérieur j- d'une grille en bronze, produit le plus grand effet au fond du chœur , au dessus da siège épiscopal où il a été placé.

Enfin l'église Saint-Dénis , après avoir été ravagée de fond en comble par les suites de la révolution , et restée plus de douze ans sans couverture; les murs endommagés, les tombeaux * spoliés , on la mit en vente plusieurs fois , sans qu'il se soit jamais présenté un acquéreur. Sa démolition était ordonnée, lorsque feu Petit-Radel , architecte des donôaines , proposa , pour conserver la masse de l'édifice , d'en supprimer la toiture et d'en faire une espèce de halle à l'usage des foires qui se renouvellent assez souvent dans la ville. C'est dans cet élat où en étaient les choses , que je suis parvenu à sauver des ruines , ce qui'restait encore en monumens du moyen âge ; de vitraux et beaucoup d'autres fragmens qui imt élé portés au Musée des Monumens français, et que f ai fait rentrer dans leur ancien local pour y être placés et restaurés. C'est pour nous mieux peindre

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