PIERRES
2587. — Porche du cloître des Bénédictins d'Argenleuil, démoli en 1855, et donné au Musée par M. Rigaud, de Paris. Style roman. ' »
Un riche seigneur français nommé Ermanric, et Nummane, son épouse, dit Tabbé Lebœuf dans son Histoire du diocèse de Paris, fondèrent à Argenteuil, au vu® siècle, un monastère de filles dont le roi Clotaire III approuva rétablissement vers Tan 665. Les fondateurs se soumirent dès lors à l'abbaye de Saint-Denis.
Plus tard, Charlemagne donna ce prieuré à Fune de ses filles, Théodrate, fondatrice d'une nouvelle institution de Bénédictines. Les incursions des Normands et des Danois îe long des bords de la Seine devinrent, au dire de Dulaure, très-fatales à la paix de ce monastère, et furent peut-être le germe des désordres scandaleux qui autorisèrent les prétentions de Suger, abbé de Saint-Denis, sur celte communauté. Il fit valoir les anciens droits des religieux de Saint-Denis sur Tabbaye d'Arçenleuil, et pour leur donner plus de poids, il prétexta la conduite irrégulière des religieuses de son temps. L'évêque de Paris s'opposa fortement aux projets de Suger ; les religieuses, de leur côté, qui craignaient avec raison leur expulsion, se présentèrent pour se défendre. Grands débats entre les parties, d'où suivit une espèce de concile qui se tint dans l'abbaye de Saint-Germain-des-Prés, au commencement de il29. Le légat qui y présidait décida par sa sentence qu'il fallait chasser les filles de leur monastère et y mettre en place des moines bénédictins. Les religieuses d' Argenteuil se réfugièrent donc dans difi*érentes communautés (i). La prieure était alors la célèbre Héloïse, qui se retira, avec sept ou huit de ses compagnes, au Paraclet, maison qu'Abailard leur céda et qui, par les soins de cette illustre religieuse, devint uûe des plus brillantes abbayes ,
(1) Dulaure, Histoire des Environs de P«ris,
du royaume « Au reste, ajoute Fabbé Lebœuf, lorsque les moines de Sainta Denis vinrent demeurer dans ce prieuré, la règle était déjà beaucoup « déchue de son ancienne sévérité, et ce qui regardait la nourriture des « religieux faisait une des plus importantes affaires du monastère. On sait, a par une charte de Tan 1200, que la fonction de chef de cuisine était dans le o couvent un office héréditaire dont Hugues, abbé de Saint-Denis, régla alors a les droits conjointement avec Hugues, prieur du lieu. Le queux ou cuisia nier était tenu de cuire dans sa maison tous les oiseaux que les moines « achetaient, de quelque espèce qu'ils fussent; et moyennant le droit de pain o et de vin conventuel que le couvent lui accorda à lui et à ses héritiers, il a fit la remise des queues de tous les f oisson^, qui lui étaient dues, et de « quelques rentes assises sur des vignes, à Orgemont. »
Le monastère d'Argenteuil possédait une célèbre relique, la robe de Notre- Seigneur, qui lui venait de l'abbesse Théodrate, qui l'avait reçue deCharlemagne, son père, auquel elle avait été remise par l'impératrice Irèiîe. Disparue lors des invasions des Normands, la robe du Christ ne fut retrouvée qu'en lan 1156, et devint l'objet d'un culte fervent et d'un pèlermage annuel qui donna une grande * célébrité à Tabbaye. Les chroniques nous rapportent Fes noms des augustes visiteurs qui se rendirent à Argenteuil pour faire hommage à la sainte relique, et nous y trouvons la présence de Henri III, plus tard celle de Louis XIII, de Marie de Médicis, d'Anne d'Autriche et du c^irdinal de Richelieu.
Le porche du couvent des Bénédictins d'Argenteuil, qui se compose de trois grandes arcades en plein cintre, d'architecture romane, et (jui présente un élégant exemple de la décoration par lignes brisées, existait encore sur place en 1855, dans une maison particulière appartenant à M. Rigaud et construite sur une partie de l'efnplacement de l'ancienne abbaye. Cet intéressant fragment d'architecture monastique ayant été offert à l'Hôtel de Cluny par son propriétaire, a été démonté pierre par pierre, transporté à Paris , puis réédifié en son état primitif dans les jardins du Musée.
L'arcade centrale est de forme trilobée, et les ideux piliers sur lesquels elle s'appuie sont flanqués chacun de dix colonnettes aux chapiteaux historiés. La même disposition se répète pour les deux arcades latérales, dont les cintres sont ornés, comme celle du milieu, de bâtons rompus habilement disposés.
2588. — Colonne avec son chapiteau, provenant du même monument (cloître des Bénédictins d'Argenteuil) , donnée par M. Rigaud, en 1855.
Cette colonne, dont le chapiteau ainsi que la base sont sculptés avec une grande finesse d'exécution , a été également donnée au Musée par M. Rigaud , et transportée d'Argenteuil à l'Hôtel de Cluny en 1855.
•2589. — Porte principale du collège de Bayeux, fondé en 1308 par jGuillaume Bonnet, évêque de Bayeux, et démoli au mois d'octobre 1859 pour l'ouverture du boulevard de Sébastopol.
Le collège de Bayeux, situé rue de la Harpe, n» 93, fut fondé, comme il vient d'être dit, par Guillaume Bonnet, qui y consacra sa maison, phisieurs habitations voisines et des biens situés hors Paris. Les règlements faits en 1315 , refaits en 15 i3 , furent réformés en 1551 par le Parlement , et en 1763 le collège fut réuni à TUniversité.
La porte principale, qui, lors de la démolition, a été démontée pierre par pierre, et transportée à THôtel de Cluny, est de style ogival. Deux colonnettes à chapiteaux ouvragés supportent l'archivolte. Les consoles sont
2* SUPPLÉMENT. — SCULPTUBE. 297
omées de sculptures : d'un côté, Ton voit un lion dévorant un cheval; de Taulre, un lion vaincu par un aigle.
Le collège de Bayeux était devenu dans ces derniers temps une habitation particulière, formant une sorte de passage entre la rue delà Harpe et celle dés Maçons-Sorbonne, passage dans lequel se pressaient toutes les petites industries du quartier latin.
2590. — Poterne extérieure du collège de Bayeux. — Cette petite porte existait dans une des cours et fermait l'entrée d'un des escaliers ; ses consoles sont ornées de sculptures.
Elle a été démolie en 1859, en même temps que la porte principale.
2591. — Portail principal de l'église Saint-Benoît, existant jadis entre la rue Saint-Jacques et celle de la Sorbonne , et démolie lors de l'ouverture de la rue des Ecoles. — xiv® sièclç.
Dulaure exprime l'opinion que, sous la domination romaine, il existait au lieu où fut bâtie depuis l'église Saint-Benoît, lieu encore entouré de vignes au xiii® sièc'e, un autel consacré à Bacchus, et il appuie cet e conjecture sur rorigiije incertaine du monument et sur le nom de Bacchus que donne le plus ancien titre, qui en fasse mention. Cet acte contient la donation faite en 1030 ou 103 1 par Henri I" en faveur de Tévêque de Paris, de plusieurs églises abandonnées.
On acte de Tan 1138 mentionne une aumônerie de Saint-Benoît existant dans le voisinage, à côté du lieu appelé les Thermes. Cette aumônerie avec l'église devint vers Fan 1203 la propriété des Pères de la Rédemption des captifs, dits depuis les Mathurins, qui, quelques années plus tard, achetèrent un terrain et firent construire une maison conventuelle et une chapelle sur une partie de remplacement du palais des Thermes. Alors, ajoute Dulaure, l'église Saint-Benoît fut entièrement séparée de Taumônerie, mais elle en conserva toujours le nom.
L'église Saint-Benoît présentait dans le principe une particularité remarquable : elle avait son chevet tourné vers Foccident, au lieu de l'avoir du côté de l'orient, ainsj que l'indique le rite chrétien. Au xiv® siècle, l'autel fut porté du côté du levant, les dispositions du monument furent modifiées conformément aux usage.5, et c'est à cette époque que fut élevé le fortail qui subsistait encore en place il y a quelques années, et qui a été reédifié dans les jardins de l'Hôtel de Cluny.
En 1517, sous le règne de François P', et au xvu« siècle, l'église Saint- Benoît subit d'importantes modifications, et en dernier lieu son sanctuaire tout entier fut reconstruit sur les dessins de l'architecte Claude Perrault.
Celte église renfermait un grand nombre de tombes et de monuments de diverses époques. Parmi les plus modernes, il convient de citer la tombe de Qaude Perrault, les inscriptions tumulaires de René Chopin, celles de Jean Dorât, de Michel Baron, le célèbre comédien, et de l'abbé René Pucelle, mort en i745.
En 1813, réglise Saint-Benoît fut fermée et convertie en dépôt de farines. Transformée depuis en salle de théâtre, son portail avait été masqué
Car des conslruclions légères sous lesquelles il disparaissait complètement. En 854 , la démolition fut décidée pour le passage de la rue des Ecoles , et c'est alors que son portail du xiv^ siècle, qui se compose d'un grand arc ogival enrichi de culptures de haut-relief d'une belle exécution, et flanqué de deux niéhes que surmontent de riches dais d'architecture, fut démonté
pierre par pierre, apporté à l'Hôtel de Cluny, et réédifié immédiatement à la place qu'il occupe aujourd'hui.
2592. — Pilier principal du même portail de Téglise Saint- Benoît, orné d'une niche que supporte un mascaron de chérubin ailé, et au-dessus de laquelle s'élève un dais gothique.
Ce pilier avait été enlevé avant la démolition de l'église et lors de sa transformation en théâtre.
2593. — Gargouilles de Tancienne église Saint-Benoît, décorées d'animaux chimériques et enlevées de Tédifice à la même époque.
2594. — Chapiteau provenant du même monument et appartenant à Téglise primitive.
2595. — La Salutation angélique, sculpture en pierre provenant de la voûie de Tancieune église Saint-Benoît, enlevée lors de la transformation du monument.
2596. — Le Père éternel et la Vierge dans leur gloire, sculpture en pierre provenant du même édifice, enlevée à la même époque.
2597. — Quatre grandes gargouilles et onze clefs de voûte, provenant du même monument.
Les premières sont formées d'animaux chimériques, les clefs portent la plupart des écussons entourés de guirlandes et appartiennent, les unes à la nef de construction gothique, les autres au chœur réedifié par Claude Perrault au xvn« siècle.
2598. — Consoles en pierre provenant de la même église Saint- Benoît, et appartenant à la partie restaurée par Claude Perrault, au XVII® siècle.
2599. — Inscription tumulaire gravée sur pierre, du xiv® siècle, trouvée dans la même église Saint-Benoît, iofs de sa démolition en 1853.
€p giet mtùme Ocnoit cljcf... . l'an mil ccc IIII XVIII le XXIX jour \>t ma m a^t l'ûinr.
2600. — Inscription tumulaire gravée sur pierre, trouvée dans la même église de Saint-Benoît, lors de sa démolition, k la date de 1410.
^ic jaret Uogcriu^ ôc ûgro bc Curtraro in Siawhv'xa byûfon' mûgt* tn
arttb' (t barl)alt' tu Icgib' ûc l'utn pariai' tn brrrctts qui obitt XXII i)te matrtt {^ fuit p. Uetixm tti pa6(l)c ano IDni m° (tes"* dfrio. <Drat€ IDrum fro ta.
2601. — Monument funéraire de Claude Perrault, conservé
dans Téglise Saint-Benoît, réédifiée au xvii® siècle par ce célèbre architecte.
L'inscription en marbre a été enlevéo, ainsi que Técusson qui la surmontait et le cartouche placé en dessous. De chaque côté sont des Génies debout, en haut relief, portant l'un Véquerre et l'autre le compas, et tenant une torche renversée. Ce petit monument est d'une très-belle exécution ; il a été retrouvé dans les premières démolitions de l'église Saint-Benoît , lorsqu'elle a cessé d'être livrée au culte ; mais les plaques de marbre dont il formait l'encadrement n'ont pu être conservées.
2602. — Petit monument daos lecaraclère d'un autel antique, orné de coquilles en relit^f, de masca^ons et d'ornements divers, avec les symboles du pèlerinage, provenant également de Téglise Saint-Beçoît. — xvii® siècle.
En haut, une inscription gravée , dont on distingue quelques mots seulement, mais que son état de conservation ne permet pas de restituer.
2603. 2604. — Piliers d'angles et de retombées provenant de l'ancienne tour de la commanderie de Saint-Jean-de-Lalran, détruite en 1854. — xiii® siècle.
La commanderie de Saint- Jean-de-Latran , située en face du Collège de France, et désignée, antérieurement au xvi® siècle, sous le titre de Saint-Jean de-V Hôpital ou Saint-Jean-de-Jérusalem, existait déjà en 1130 et occupait le vaste espace compris entre la rue Saint-Jacques et celle Jean-de-Beauvais d'un côte, la place Cambrai et la rue des Noyers de Taulre.
L'entrée principale, située en face la porte actuelle du Collège de France, la grançe aux dîmes, édifice du xni« siècle, aux voûtes ogivales et aux nervures croisées, le logis du commandeur et le cloître, avaient été rasés depuis longtemps. ...
La tour, intéressant spécimen de Parchilecture militaire du moyen âge, était encore debout en 1854; mais l'ouverture de la rue des Écoles a malheureusement amené la destruction, au mois de décembre de la même année, de ce précieux monument, unique en son genre sur le sol du vieux Paris.
Cette tour, construction carrée, à Texlérieur austère, qui était destinée, selon Dulaure, au logement des pèlerins se rendant à Jérusalem, ou plutôt, comme le suppose avec plus de raison M. de Guilhermy, dans son excellent traité archéologique de Paris (1), à servir de donjon à la commanderie, à conserverie dépôt des titres, des armes, des objets précieux, à devenir, en un mot, le heu de réunion des chevahers et le siège de la suzeraineté du commandeur sur les fiefs qui relevaient' de Saint-Jean , comprenait quatre étages ; les trois premiers voûtés en pierre, avec colonnes engagées dajis les murs, et le quatrième couvert en charpente.
Lors de la démolition, en 1854, une partie de ces colonnes a pu être conservée, ainsi'que la plupart des chapiteaux qui soutenaient les retombées des voûtes, et ces fragments échappés à la destruction de l'édifice ont ètélransportés à l'Hôtel de Cluny, et sojit aujourd'hui tout ce qui reste de la célèbre commanderie de Saint -Jean-de-Jérusalem.
Dans les premières années du siècle où nous vivons, la tour Saint-Jean-de-
(1) Itinéraire archéologique de Paris, par M de Guilhermy, 1855.
Latran, abandonnée au milieu de masures immondes qui s'étaient accumulées à ses pieds, avait repris un nouveau lustre par la présence du célèbre docteur Bichat, qui y faisait ses expériences d'anatomie en présence d'un immense concours d'auditeurs d'élite. Le nom de rillustre praticien resta attaché au monument, et après sa mort une grande plaque de marbre noir portant les mots . Tour Bichat, fut scellée à la façade orientale. Cette inscription a pu être également conservée et a été apportée à l'Hôtel de Cluny, où elle rappelle un souvenir intéressant dans l'histoire de Paris, en même temps que la mémoire d'un homme que ses travaux scientifiques ont placé au premier rang parmi les illustrations modernes.
2605. ■— Chapiteaux et fragments divers provenant du môme monument, détruit en 1854. — xiii® siècle.
2606 à 2611. — Consoles en pierre sc^ulptée, peinte et dorée, provenant de la chapelle de Notre-Dame-des-Bonnes-Nouvelles, dans Téglise de la commanderie de Saint-Jean-de-Latran. — XIV® siècle.
L'église Saint-Jean, qui existe encore en partie et sert d'école pour les enfants du quartier, mais qui doit bientôt tomber sous les coups des démolisseurs pour la régularisation des abords du Collège de Francîe, remonte aux dernières années du xn® siècle. La nef , partagée aujourd'hui en plusieurs étages par un plancher horizontal, est intacte; mais iabside, qui avait été refaite dans le commencement du xvi® siècle, a été détruite en 1823.
La charmante chapelle de Notre-Dame-des-Bonnes-Nouvelles, construite dans le courant du xiv® siècle du côté nord de Téglise, et tout près du portail principal, a été démolie tout récemment, en 1860, et ses principaux fragments ont été apportés à l'Hôtel de Ctuuy. Fondée par Gilbert Ponchei, commandeur de Monldidier,mortenrtl9, la chapelle de Notre-Dame-des- Bonnes-Nouvelles était enrichie de sculptures d'une exécution remarquable, et de peintures habilement traitées. Le groupe des anges jouant de la viole et du psaltérion n® 2606) ; celui des chérubins chantant le Salve Regina (n» 2607) ; les quatre symboles des évangiles, le lion de saint Marc (n® 2608) , le bœuf de saint Luc (n° 2609) , l'ange de saint Matthieu (n® 2610) , et l'aigle de saint Jean (n** 2611), ont tous été démontés avec grand soin et api)ortés à l'Hôtel de Cluny, où leur conservation est désormais assurée.
Cette chapelle prenait jour par trois fenêtres, qui ont égalemeiit été démcmtées sur place, et dont deux ont pu être restituées sur la façade de la chapelle de l'Hôtel de Cluny.
Les peintures qui couvraient les murs étaient en mauvais état; elles n'ont pu être conservées.
2612. 2613. — Fenêtres de la même chapelle de Notre-Damedes-Bonnes -Nouvelles à Téglise de la commanderie Saint-Jeande-Latran, démolie en 1860. — xiv® siècle.
Ces fenêtres étaient au nombre de trois. Une d'elles était en mauvais état et n'a pu être conservée ; les deux autres, démontées avec soin, ont été transportées à l'Hôtel de Cluny, où elles ont été réédifiées contre, le mur de la chapelle (voir l'article précèdent).
2614. Colonne principale d'une des chapelles de Téglise col-
2« SUPPLÉMENT. — SCULPTURE. 30i
légiale de Cluny, délruite en 1859, pour le passage du boulevard de SébaslO|*ol. Fin du xiii® siècle.
Le collège de Cluny, fondé en 1269 par Yves P', abbé de Ciuny, qui acheta le teiTain, éleva le u»ur d'enœinle, le réfectoire el une partie des autres bâiimenls, fut terminé par Yves II, son neveu et successeur, qui construisit l église, une partie du cloître, et termina les bâtiments commencés par son prédécesseur. Cette institution avait pour but de rapprocher des universités sécuhères les jeunes élèves envoyés par l'abbaye de Cluny, et de leur faciliter l'étude des sciences et des lettres.
L'église du collège, aujourd'hui complètement détruite, el dont il ne subsiste que les débris conservés à l'Hôtel de Cluny^ était regardée comme une merveille d'architecture digne d être comparée a la Sainte-Chapelle de Paris. A la fin du siècle dernier, le collège et son église devinrent propriélé nationale, furent vendus el cassèrent dans les mains de particuliers.
L'église elle-même subsistait encore en 1833, et l'on pouvait , de la place de la xSorbonne, admiror les contours déliés de son architecture à jour; c'était dans une partie de cet édifice que le peintre David avait établi son atelier. Plus tard, tout ce qui restait de ce monument, comparé à l'œuvre de Pierre de Montereau, fut remplacé par des bâtiments modernes, et en 1859, lors de l'ouverture du boulevard de Sébastopol, les derniers vestiges de l'église d'Yves II, abbé de Cluny, disparaissaient sans laisser de trace.
La colonne au chapiteau finement sculpté et orné de feuillages, les deux roses en pierre ci-dessous décrites, l'épi qui surmontait le couronnement de la façade, les consoles et toutes les clefs de voûte, ont élé déposées avec soin et apportées à l'Hôlel de Cluny, faible souvenir d'un des plus charmants monuments du moyen âge, encore intact il y a trente ans à peine.
C'était dans l'église collégiale de Cluny çu'étaienl conservées les pierres tumulaires de Simon de Gillans, abbé de Tile Barbe en Lyonnais, mort en 1349, et celle de Jehan de Sarthenay, abbé de Ferrières, du diocèse de Sens, mort en 1360 , toutes deux à l'Hôtel de Cluny depuis plusieurs années, et décrites au Catalogue sous les n^^ 1922 et 1923.
2615. — Roses en pierre sculptée à jour, provenant do la façade de la même collégiale de Cluny, démolie en 1859, — Fin du XIII® siècle.
2616. — Onze clefs de voûle, recueillies en 1859 dans la démolition de la collégiale de Cluiiy, place de la Sorbonne. La plupart sont ornéesde végétations finement sculptées; uned'enlre elles présente une figure humaine dont les traits se terminent en feuillage, charmante fantaisie de la fin du xiii® siècle.
2617. 2618. 2619. — Consoles en pierre sculptée, provenant du môme monument, démoli en 1859^ — Fin du xiu® siècle.
La première présente une tête d^ moine en ronde bosse ; la deuxième est formée par une branche de feuillage ; et la troisième est une console d'angle d'une décoration analogue.
2620. — Epi en pierre, provenant de la même chapelle collégiale de Cluny, place de la Sorbonne. xiii® siècle.
Cet épi était placé au sommet du couronnement de la façade, ilé truite en 1859.— H. 1™ 80.
2621. — Pilier principal de la porte Sainte-Anne ou porte de la tour méridionale de Notre-Dame de Paris, supportant la figure de saint Marcel, neuvième cvêque d.e Paris, mort le l®"" novembre 436; — commencement du xiii® siècle.
Le saint évêque est debout, la tête coifiFée de la mitre, et vêtu du costume épiscopal complet, avec l'aube, la tunicelle, l'étole, la chasuble relevée et Tamict ; la mam droite est dans l'attitude de la bénédiction ; la gauche tient la crosse, dont le sabot s'appuie sur la tête d'un dragon ailé que le saint foule aux pieds et qui sort d'une tombe placée au-dessous. Cette tomoe, que recouvre un arceau soutenu par deux colonnettes, est celle dune femme couverte de son linceul. Une dame de race noble selon le monde, dit la Légende dorée, mais bien méprisable à cause de ses vices, ayant rendu le dernier soupir, fut portée en grande pompe à son cercueil ; mais un horrible serpent vint dévorer son cadavre et prit pour demeure le tombeau de la malheureuse, dont les restes lui servaient de nourriture. Les habitants de ces lieux s'enfuirent alors de leurs maisons, tout épouvantés. Le bienheureux saint Marcel comprit cjue c'était lui qui devait triompher du monstre. /Lorsc[ue le serpent, sortant dun bois, s'en revenait vers le sépulcre, Marcel se présenta devant lui en priant ; le monstre, dès ce moment, sembla demander grâce en baissant la tête et en agitant la queue ; il suivit ensuite le saint évêque pendant près de trois milles, â la vue de tout le peuple Alors saint Marcel lui parla ainsi avec autorité : a Dès ce soir, va-t'en habiter les déserts ou replonge-toi dans la mer, » et puis on n'en a vu aucune trace (1).
La partie supérieure du pilier présente la forme d'une tour couronnée de tourelles, et percée d'ouvertures cintrées et ogivales. — Lors de la restauration de la porte Sainté-Anne, le pilier de saint Marcel dut être remplacé, et l'original a été apporté à l'Hôtel de Cluny. La tête du saint a été restaurée ainsi que celle du monstre et le bâton de la crosse.
2622. — Chapiteaux, fragments d'architecture et de sculpture, épis, etc., provenant de Notre-Dame de Paris. — xiii® siècle.
2623. — Fragment du grand bas-relief de Notre-Dame de Paris, l'Adoration des Mages. — xiii® siècle.
2624. — Cheminée en pierre sculptée et peinte provenant d'une ancienne maison de la ville du Mans, -^ xv®^ siècle.
Le bandeau porte en haut-relief huit personnages, qui représentent les trois âges de la vie : la jeunesse, figurée par un cavalier vêtu d'un riche pourpoint et portant un faucon qu'il présentée sa dame ; l'âge aû^, personnifié par deux autres ligures dans la force de la vie ; la vieillesse, rbprésentée par deux personnrifres plus simplement vêtus, portant une besace et s'appuyant sur des béquilles.
Sur chacune des joués du bandeau se trouve une autre figure : à droite , un homme Fépée au coté; à gauche, une femme tenant en main une pelote de laine. — Le manteau de la cheminée repose sur deux figures couchées formant consoles.
Cette cheminée , large de plus de 2 mètres, portait des traces de peintiures assez apparentes pour permettre une exacte restitution ; 1 ecusson placé au centre de la hotte est celui de la ville du Mans.
(1) Baron de Giiilhermy, Itinéraire archéologique.
2625- — ChcinÎTiée en pierre sculptée, de mêrae provenance et de mêae époque.
Les traces de peinture que portait cette seconde cheminée n'ont pu être retrouvées d'une manière assez complète pour assurer une restauration exacte ; les sujets du bandeau , également exécutés en haut-relief, sont analogues à ceux que nous trouvons sur la première de ces cheminées. Le motif principal est une scène de Inariage : un jeune homme offre une fleur à une jeune fille, qui lui apporte en échange sa couronne de virginité; ils s'appuient tous deux sur un écusson d'armoiries placé au centre/et que supporte un tronc d'arbre prêt à pousser des rejetons.
Ces deux cheminées, qui avaient été sauvées de la destruction, grâce aux soins de M. d'Espaulart, du Mans, ont été acquises par le Musée, transportées à l'Hôtel de Cluny en 1854, et remontées à la place qu'occupaient les anciennes cheminées de l'Hôtel.
2626. — Grand retable en pierre, exécuté par ordre de Jehan de Biesrae en 1441 , pour la chapelle des Cordeliers de Provins et représentant diverses scènes de la vie et de la passion de N. S. Jésus-Christ.
Ce monument a été donné au Musée par la ville de Provins, en vertu d'mie décision du conseil municipal, approuvée par le préfet, à la date du 6 juillet 1860.
Les bas-reliefs ont reçu àe graves et nombreuses mutilations, mais le retable a pu être conservé dans sa disposition première, et les parties subsistant encore présentent certains détails dont la finesse donne une haute idée du talent de l'artiste chargé de son exécution. Sur la, base on lit l'inscription suivante, gravée en beaux caractères du temps :
C'on mil quatre rcns quorûutc et un fit faire maître !3el)on be iBtesme reste table bf 3 aumou0nf0- be sea bienfaiteurs. Çriej JDieu pour lut et pour tm . ;2lmen. '
L'état de dégradation du retable des Cordeliers de Provins n'a pas permis une restauration complète ; il a pu être restitué seulement et relevé dans sa forme primitive, et l'administration du Musée ne peut que rendre hommage à la pensée dont s'est inspiré le conseil municipal de Provins en assurant, par la donation qu'il a bien voulu en faire à l'Hôtel de Ciunjr, la conservation de ce monument, qui, quoique mutilé et incomplet dans certaines parties, n'en est pas moins précieux pour Thisloire de l'art.
2627. — Porte d'entrée de la maison dite de la reine Blanche, rue du Foin Saint-Jacques, construite sous le règi b f'e Henri II, et démolie en 1858 pour Touverture du boulevard Jainl-Germain et le dégagement du Musée des Thermes et de l'Hôtel de Cluny.
La maison de- la reine Blanche, située rue du Foin-Saint-Jacques, à l'angle de la rue Boutebrie, possédait une très-jolie porte donnant accès dans ses bâtiments, situés au fond d'une cour ouvrant à 1 angle des deux rues ; elle possédait en outre, dans son jardin, trois colonnes destinées à supporter un étage eu bois. La ru^ du Foin-Saint-Jacques passait précisément au milieu de l espace occupé aujourd'hui par les jardins du Musée.
Lors de la démolition de la maison de la reine Blanche, la éharmante' porte d'entrée, flanquée de deux colonnes corinthiennes ornées de cannelures, et dont la décoration se compose d'entrelacs, de cartouches, de figures de génies,
d'une excellente exécution du xvi® siècle, a été démontée et transportée à l'Hôtel de Cluny, où elle a été réédifiée et donne passage de la cour du Musée dans les jardins qui l'entourent.
2628. 2629. 2630. — Trois colonnes avec leurs chapiteaux, provenant de la même maison dite de la reine Blanche, existant rue du Foin Saint-Jacques et démolie en 1858, pour Touyerture du. boulevard Saint-Germain. — xvi« siècle
2631. 2632. 2633. 2634. — Statues mutilées, en pierre, provenant de la décoration intérieure de la Sainte-Chapelle de Paris, -t- XIII® siècle.
2635. 2636. — Fragments de statues de même provenance, présentant encore de nombreuses traces de la peinture du temps. — XIII® siècle.
2637. — Chapiteaux, fragments de sculpture et d'architecture provenant de la Sainte-Chapelle de Paris. — xm® siècle.
2638. — Ange aux ailes repliées, figure en [âerre provenant de Téglise de Poissy. — Ouvrage du xiv® siècle.
2639. — La Vierge portant TEnfant Jésus, statue en pierre peinte. — Fin du xv® siècle.
La figure est debout, soutenant sur son bras gauche Y Enfant Jésus, et enlevant de la main droite le vêtement dont il est à moitié couvert. La tête de la Vierge est ceinte de la couromie; elle est vêtue d'une longue robe que recouvre un manteau sur lequel on retrouve encore des traces de dorure, et dont la bordure était ornée de pierreries incrustées. L'enfant Jésus porte une banderole dans la main droite; une autre banderole est aux pieds de la Vierge, et présente une inscription à demi efi'acé % de laquelle on ne lit que les mots : Nre Dame. La hauteur de la Vierge est de i:°* 25.
2640. — Monument de consécration, bas-relief en pierre sculptée à figures, du xv® siècle.
Au milieu, le Christ en croix entre Marie et saint Jean, puis un personnage vêtu d'un costume monacal et dans l'attitude de Ja prière. Dans le haut, un écusson d'armoiries, celui du donateur agenouillé, à la barre de trois aiglons. Aux angles, les symboles des Évangiles.—- H. 0"» 62. L. 0™ 94.
2641. — Croix en pierre à double face, du xv® siècle.
D'un côté , le Christ en croix , de Vautre la sainte Vierge ; les bras de la croix sont réunis par un ornement à jour terminé par une fleur de lys. Trouvée dans les fouilles du boulevard de Sébaslopol, rive gauche, rue Percée,
9, et donnée par M. Thouvenin, entrepreneur de travaux publics.
2642. — Fragment d'un pignon en pierre sculpté, provenant de la chapelle des Douglas, à Tabbaye de Melrose.
Donné par M. le prof. Jules Cloquet, membre de l'Institut, 1860.
2^ SUPPLÉMENT. — SOULPTURB. 305
2643. 3644. 2645.— Statues provenant de la chapelle du chftteau d'Arbois et représentant les figures des seigneurs du lieu. — XV® siècle.
La première est celle d'un chevalier âgé, à longue barbe, couvert de son armure, portant Tépée au côté et ayant les pieds appuyés sur un lion. Les épaulières de Tarmure sont à ailerons , et tous les détails de Téquipement sont rendus avec soin.
La seconde représente une dame-d'Arbois, vêtue d*une robe longue couverte d'un pardessus plus court; la ceinture porte un chapelet; la tète est coiffée d'un oonnet plat, et un collier d'orfèvrerie est passé autour du cou.
La troisième de ces statues est la figure d'un seigneur en armes, Tépée au côté et les gantelets suspendus à la garde; la tète est nue et les épaulières sont également ornées d'ailerons.
Chacune de ces statues tumulaires a les mains iomtes sur la poitrine. La dernière présente une cavité qui a été pratiquée plus récemment pour servir de bénitier.
2646. — Chapiteaux d*ordre dorique, provenant de la façade septentrionale du vieux Louvre, rez-de-chaussée, où se trouve aujourd'hui la petite galorie qui se rattache à celle du bord de l'eau. — XVI® siècle.
2647. 2648. 2649. — Mascarons sculptés provenant des croisées du rez-de-chaussée du vieux Louvre, aile en arrache- OQent sur l'ancienne place du Musée. — xvi® siècle.
Ces fragments du vieux Louvre ont été donnés au Musée par M. Lefuei, membre de l'Institut, architecte de l'Empereur, 1858.
2650-2651. — Gargouilles dites lanciers, provenant de la démolition de la galerie de pierre au palais des Tuileries.
2652. — Chapiteau d'ordre ionique provenant de l'enlablement de la môme galerie.
2653. — Chapiteau d'ordre corinthien déposé au precaier étage sur la même galerie, attenant au pavillon Médicis.
2654-2655. — Fragments de corniche provenant de la même galerie.
2656. — Ecusson aux initiales H. B. C, surmonté d'une couronne fermée.
Ces fragments du palais des Tuileries ont été donnés au Musée par M. Lefuel, architecte de S. M. l'Empereur, lors de la démolition de la galerie de pierre et de sa réédification en octobre 1856.
2657. — Tombe en pierre trouvée dans les fouilles faites ea 1856 sons le chœur de l'église Sain t-Sé vérin, h Paris.
Cette tombe, qui remonte au vu® siècle, est couverte d'ornements gravés, parmi lesquels se retrouve la foue symbolique. Elle porte 2"^ 20 sur 0" 73. Donné par M. le curé de Saint-Severiu, 1856.
2658. — Tombe en pierre portant une croix sculptée^ à Fin-
JO
306 2« SUPPLÉMENT. — SCULPTUBE.
térieur et à l'extérieur, trouvée au cimetière Sainf'Magloire , en 1852.
Donnée par M. Arthur Forgeais.
2659. — fragment d'une pierre tumulaire provenant de la démolilion d'une ancienne tour située au chevet de l'église Saint- Étienne-du-Mont et portant une inscription fragmentée. — 1°» sur 0,87.
Donné par M. le préfet de la Seine, 1856.
2660. — Dalle tumulaire trouvée dans les*fouilles faites aux Bernardins de Paris, à la date de J333.
Le moine est représenté deboft, les mains jointes, sous un portique d'architecture gothique ; cul(jur se lit l'inscriplion suivante :
jÇtf. jûcet. nonnu». 3ol)C6. iWûlfii. monastrrtt. ))oputett. lertor. in tljM-
l00ta. qui. 0bt(t. anno. bnt. M. CGC. XXX. III. ht otgtlta Max\]ti emn-
0(ttet(. pxait, pr0. to, ut. requtcdrot. in patt. ^men.
2661. — Pierre tumulaire du sire de Flavacourl et dlsabel de Hargenlieu, sa femme, provenant de la chapelle du village de Flavacourt , dans laquelle étaient inhumés les seigneurs du lieu. — XIV® siècle.
Le sire de Flavacourt est représenté couvert de son armure et portant son écu; la dame d' Hargenlieu est à son côté, sous un dais d'architeclure gothique richement dentelée. Dans la bordure se lit Tinscription suivante :
!I(t 9t6t Mo\x9. ht €l)antfmelle c\)tvai\tï eire be f laoaeourt qui tre^passa l*an bf grare M. CGC LU te jeubt onant la eotnt Maxim b'ioer. piu} pour l'ame \>t lut»
^abamc y^ahti bc jÇargrnlteu îammt bu bit iltone. be €l)antemclle qm tr(0pa00a l'an bc grarr M. CGC
La gravure de cette belle pierre tumulaire est d'une exécution remarquable, et les détails de Farmure du chevalier sont précieux comme renseignements du xiv® siècle.
2662. — Tombe d'abbesse, fragment du xiii® siècle. La figure est sur un fond semé de fleurs de lys et de fleurons; rinscription est effacée et illisible. Trouvée à Paris.
2663. — Tombe du chanoine Robert de Chuzayo , trouvée à Paris. Fragment. — Commencement du xiv® siècle.
La figure est debout , les mains jointes , la tête finement sculptée ; elle est sous un portique d'architecture duquel sortent deux anges aux ailes déployées, tenant d'une main l'encensoir, de rautre la navette.
L'inscription est incomplète : Hic jacet f rater Robertus de Chuzayo , canonicus, de Niolio.malLDiol
2664. — Fragment d'une tombe de même époque, au nom de maistre Jehan de Ganechet.
La tête en bronze et les* mains ont été enlevées ; en haut sont les anges en adoration. Trouvée à Paris.
2665. — Fragment d'une tombe dq même époque, celle d'un chanoine du nom de Réginald ; l'inscription est effacée en grande partie. Trouvée à Paris.
2666. — Tombe de même époque, personnage en costume civil, les mains jointes et la tête couverte d'un bonnet ; l'inscription est totalement illisible. Trouvée rue Saint-Jacques.
2667. — Tombe d'un chevalier de Malte. Fragment dont l'inscriplion est effacée et illisible, trouvé à Saint-Jean-de-Latran. — xv« siècle.
La tête et les mains étaient en marbre ou en bronze, et ont disparu; il ea est ainsi des deux écussons placés à droite et à gauche de la tête du chevalier.
2668. — Fragment d'une dalle tumulaire aux armes et noms de dame Geneviève de Los, trouvé rue des Mathurins. —
2669. — Inscription antique gravée sur granit, trouvée à Néris en 1836 et donnée au Musée par M. de la Villegille, secrétaire du Comité des travaux historiques au ministère^^de l'instruction publique, 1860, — Lr|S^3()TH.[0">,30.
2670. — Inscription gravée sur pierreen caractères gothiques, à la date de 1427, trouvée à Paris, dans une dépendance de l'église Saint-CôrjEie, rue de la Harpe.
C'ûn mil CCCC et XXVII le ùimèfl)c profl)ain apxh lo ffdtc eaint jfuf (Dangelt0tf Cut ccùtc pré^nUe c^gUse soneactet be» aumoenee bee homs^tns gnâgntre Ud pûrbon^ et priée pour te» trrspaddée yater nodter. — L. 0<^43. H. 0«^ 28.
Donné au musée par M. Tassin de Villiers, 18o8.
•2671. — Inscription de fondation de messe, gravée sur pierre et découverte dans une fouille rue saint- Jacques^derrière le Collège de France. — xv® siècle.
De chaque t )l se trouve un écusson portant la gerbe de blé becquetée par les oiseaux et surmontée de l'étoile, au milieu la Mère de douleurs avec le donateur agenouillé, suivi de son saint patron.
Cee margutlliftd de lœuore rt fabrique de ctà$ et leurs eurecdeeurs «ot tenud a toujours prtuellcmrjit faire dire cljanter et eelebrer p. ri) un joue de mrrcrfAp de l'iin une fyuitt mesde de ô' iosepl) et a la fin le recorderia et l'oraison a ce ptinrnte pour les m et enffonts de cueur de reste ègle en U rljappclle de tire Dae et icelle messe soner et eljauter a telle l)fnre que Von a ûr0ustumerl)atcr au samedpen la dite rl)appelle pour Us dits me et enffanis..
2672. — Inscription duxv® siècle, trouvée rue des Grès, à
^ :. le
Paris, provenant de l'entrée d'une des Facultés : Scole secudé facultatis decretorum.
Donné par M. Vacqer, 1858.
2673. — Bandeau sculpté et décoré de grappes de raisin et de feuilles de vigne, trouvé dans les fouilles de la rue des Noyers, faites pour l'ouverture du boulevard Saint-Germain, en 1861. — XV® siècle.
Donné par H. Argoulon, entrepreneur de travaux publics.
2674. — Chapiteau en pierre, décoré de feuillages en relief et portant un écusson d'armoiries, trouvé dans les fouilles faites en 1857, rue des Mathurins, Saint-Jacques, pour le dégagement de rhôtel de Çluny. — xv« siècle.
2675. — Grand mortier en pierre trouva dans les mêmes fouilles, ayant la forme des mortiers antiques. — xv* siècle.
2676. — Mortier plus petit, de même provenance et de même époque, trouvé également en 1857.
2677. — Pendentif de clef de voûte, représentant le Christ en croix entre Marie et saiql Jean. — Fin du xv* siècle.
Donné par M. Guen^ult.
2678. — Croix en pierre, du xvi* siècle, portant à son centre la Vierge;et l'enfant Jésus, et à ses extrémités, les symboles des Evangiles,' sculpture en relief, découverte dans les fouilles faites sur la place du Carrousel pour la construction du Ministère d'Etat.
Donné par U. Lefuet, architecte de TËmpereur, 1858.
2679. 2680. — Chapiteaux en pierre sculptée du xvi^ siècle. Donnés par M. Alvar Toussaint, architecle, en 1859.
2681. — Petit fragment en pierre portant trois figures *de saints personnages séparés par des colonnes, trouvé dans les fouilles des Mathurins, en 1860. -^ xvi® siècle.
Donné par M. Argoulpn, entrepreneur de travaux publics.
2682. — Bas-relief en pierre provenant de la démolition d'une maison rue Saint-Germain-l'Auxerrois, à l'enseigne des Trois Barbeaux. — x vu® siècle.
Ce bas-relief était placé sur la façade de la maison et servait, ainsi que l'indique le sujet, d'enseigne à un pêcbeur pjasseur de rivière. Donné par la Ville de Paris.
2683. — Fragments antiques en pierre sculptée, fûts de co-
lonnes et débris de sculptures, trouvés dans les fouilles du nouveau tribunal de comnaerceen 1860 el donnés au Musée par M. Bailly, architecte du gouvernement.
2684. — La Truie qui file, bas-relief en pierre peinte, enseigne d'une ancienne noaison du vieux Paris. — xvi® siècle.
Donné par la Ville de Paris.
2685. — Consolo en pierre présentant une tête de ronde bosse, XYi« siècle, trouvée dans les fouilles du boulevard Sébastopol.
2686. — Console d'angle de môme provenance, décorée d une figure de la même époque. •
2687. — Borne en pierre aux armes des abbés de Longehamp, retrouvée sur la route de Suresnes au mont Valérien. — xvi* siècle.
2688. — Borne de même provenance et de même époque.
2689. — Obélisque trouvé dans les fouilles du cimetière des Innocents, décoré sur les quatre faces de croix emblémaiques, de couronnes et de vases funéraires. — xvii® siècle. H. 1»,20.
2690. — Pierre sépulcrale à double face, provenant d'une tombe arabe au cimetière des Palmiers, dans la plaine de la Mitidja, près Alger; sorte d'ardoise. — h. 0°»,47.
Rapportée en 1835 et donnée au Musée par M. le professeur Jules Cloquet, membre de Flnslitut, 1860.
2691 . — Inscription gravée sur une dalle de pierre à la date de 1676, et placée dans un angle de la cour de l'ancien couvent des Mathurins contigu à l'hôtel deCluny, et démoli-en 1860.
« L'an 1676, au mois d'aoust une ouverture s'estant fait au pavé de cette court, environ le milieu du ruisseau plus près néaotmoins de la cuisine que de la salle du jardin Voh creusa el Ton apperceut une grande ouverture à peu près semblable aux trois arcades qui forment le présent escalier, dans laquelle un domestique de céans estant descendu par une entrée qui caniraençàt du costé de la salle il trouva que c'estoit un grand trou qui prenoit son origine de dessous le palais des Thermes, rue des Maturins, laquelle ouverture fut bouchée avec trois grosses poutres mises dessus et couvertes de pavé; à laquelle ouverture il sera bon de regarder de fois à autre, pour voff si les poutres ne pourrissent pas. De quoy Ton a cru à propos de donner cet avia pour y apporter en ce cas le remède convenable et éviter les accidens qui pouiToient arriver. »