‹ Musée entomologique illustré (volume 2)Chapitre 12 sur 33 · FAMILLE DES IC H N E U MON I ENS · texte numérisé non relu

FAMILLE DES IC H N E U MON I ENS

lement, sa longueur égale six ou huit fois celle de la tête et du thorax réunis; il est en outre d’une extrême ténuité; dans les mâles il est un peu renflé à son extrémité.

Nous figurons ci-devant le Pelecinuspolyturator ( fig. 200, voy. p. 204); il est d’un noir brillant, avec les ailes transparentes. 11 habite l’Amérique du Nord, et est parfois très-commun dans les forêts de pins.

Les Fœnes sont de jolis petits Ichneumoniens au corps grêle, long,

comprimé latéralement; aux antennes d’une finesse extrême; les femelles portent à l’extrémité de l’abdomen une tarière très-longue et très-déliée ; leurs pattes postérieures sont renflées. Lé Fcemis ejaculator , type du genre, est long de 12 à i5 millimètres, noir, avec la base et l’extrémité des jambes jaunes, des deuxième .et troisième segments de l’abdomen roussâtres. C’est la seule espèce européenne ; elle attaque les larves des Guêpes et des Abeilles.

Les Évanies, qui donnent leur nom à la tribu entière, ont un aspect singulier, dû à la position de leur abdomen. Celui-ci est inséré exactement au-dessous de l’écusson, pédiculé brusquement dès sa base, très-court et comprimé. On connaît plusieurs espèces d’Évanies, toutes très-voisines

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les unes des autres, de couleur noire. Le type du genre, XEvania appendigaster, est la seule espèce que possède l’Europe. L 'Evania Desjardinsii des îles Mascareignes dépose ses œufs dans le corps des Blattes.

Une espèce très-remarquable, propre à l’Australie, est le Megalyra Schuckhardi (fig. 201, voy. p. 2o5). Cet insecte est noir, couvert par places de duvet blanc, et fortement pointillé sur la tête et le thorax. Les segments de l’abdomen portent de chaque côté une touffe de poils blancs, et la tarière de la femelle est trois fois aussi longue que l’insecte entier.

FAMILLE DES CYNIPSIENS.

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Les Cynipsiens sont de petits Hyménoptères, au corps court et oblong ; aux antennes filiformes de treize à quinze articles; aux mâchoires munies de palpes fort longues; aux pattes grêles et simples. Leurs ailes présentent quelques nervures, qui forment plusieurs cellules complètes sur les supérieures et une seule sur les inférieures.

Nous avons vu jusqu’à présent, dans la nombreuse série des Hyménoptères que nous avons passés en revue, les premiers nourrir leurs larves de miel et de pollen, les autres les approvisionner d’insectes engourdis par la piqûre de leur aiguillon; d’autres enfin les déposer dans le corps même d’autres insectes qu’elles dévorent vivants. Ceux qui vont nous occuper maintenant ont, à l’état de larve, une nourriture toute végétale.

Tout le monde connaît ces petites excroissances charnues dont sont parfois couvertes les feuilles du chêne, et qui, par leur forme et la vivacité de leurs couleurs, ressemblent à de petites pommes d’api en miniature (fig. 202, voy. p. 208).

La comparaison paraît d’autant plus juste, que non-seulement leur enveloppe verte et rouge rappelle ce fruit, mais que leur intérieur est également formé d’une pulpe ferme, fraîche et juteuse; seulement, lorsqu’on les ouvre, à la place du cœur on trouve une cavité au milieu de laquelle se tient un petit ver blanc et transparent, recourbé en arc. Mais par où a-t-il pu entrer? il n’y a aucune trace de trou.

Si l’on observe avec attention, on verra se poser sur une feuille une petite mouche dont le dos bossu porte quatre ailes fines et transparentes ; sa couleur est d’un brun sombre et elle n’offre à l’œil rien de bien remarquable. Cette mouche est un Cynips. On la voit faire sortir de son ventre une longue tarière, dont l’extrémité est barbelée comme un fer de flèche, et l’enfoncer dans le tissu de la feuille. Cela fait, elle s’envole et va faire

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la même opération sur plusieurs autres feuilles du chêne. Si vous examinez à l’aide du microscope la tarière du Cynips, vous verrez qu’elle est creusée dans toute sa longueur d’une gouttière, et c’est par cette gouttière que la mouche pond ses œufs, car cette tarière n’est autre chose qu’un instrument de ponte.

Lors donc que la mouche a piqué la feuille, elle dépose un œuf dans la plaie et y fait couler en même temps un liquide irritant qui produit sur la feuille le meme effet que la piqûre d’une Abeille ou d’un Cousin produit

Fis. 202. — Galle du Cynips de Ta feuille du Chêne (voy. page '207).

sur notre peau. La feuille s’enflamme, se tuméfie; la sève s’épanche au dehors par les vaisseaux que cette blessure a ouverts, se durcit à l’air et produit cette petite boule au milieu de laquelle se trouve logé l’œuf que la mouche avait déposé dans la plaie faite par sa tarière. Au bout d’un certain temps l’œuf éclôt, et le petit ver qui en sort se trouve logé en sûreté et protégé contre tous les accidents ; mais comme ce rat de La Fontaine, qui s’était retiré du monde dans un fromage de Hollande, il se nourrit en grignotant les murs de sa maison, et ronge sa boule jusqu’au moment où il s’endort pour passer l’hiver et se changer lui-même en

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mouche dans le courant de la belle saison. Ces petites pommes sont donc le résultat de la piqûre du Cynips, et on leur donne le nom de galle. Ce sont les piqûres d’une autre espèce de Cynips qui déterminent sur des chênes nains, en Orient, les excroissances connues sous le nom de noix de galle (fig. 203 ). Celles-ci sont dures, ligneuses, couvertes de tubérosités, et atteignent souvent la grosseur d’une noix. On les emploie dans l’industrie pour la teinture en noir des étoffes et la fabrication de l’encre ; si l’on recueille au printemps quelques-unes de ces jolies petites pommes d’api, l’on en verra sortir en juin ou en juillet la petite mouche bossue et enfumée ; cependant il arrive parfois qu’au lieu de celle-ci on voit sortir de la galle une mouche bien différente; droite élancée, de formes élégantes et d’un noir brillant, ce 11e peut être un enfant de la mouche bossue et ventrue du Cynips.

En effet, c’est un Ichneumon que sa mère a déposé à l’état d’œuf dans la galle, et qui, devenu larve, a dévoré celle du Cynips.

On connaît un grand nombre de Cynips qui tous agissent à peu près comme celui dont nous venons de parler, et qui est le Cynips du chêne (Cynips quercus). Sÿ!

La plupart de ces galles sont sphériques et souvent page212] très-dures; mais il en est beaucoup qui affectent des formes diverses. Les larves des Cynipsiens subissent leurs métamorphoses dans ces singulières habitations. Le plus souvent une seule larve habite une galle; mais quelquefois il en est plusieurs qui y vivent en société. La plupart y subissent leur transformation en nymphe; quelques-unes cependant en sortent pour s’enfoncer en terre. La sortie de l’insecte se fait toujours remarquer par un trou pratiqué à la surface de la galle, comme on le voit ci-dessus.

Les galles produites par les Cynips, non-seulement affectent des formes très-variées, mais se forment sur différentes parties des plantes; celles-ci tiennent immédiatement à l’arbre; celles-là y sont attachées par un pédicule; on en voit sur les feuilles, les pétioles, les branches, l’écorce, etc. Une espèce très-petite place ses œufs dans les graines de figuier, et dans tout l’Orient on l’emploie à hâter la maturité des figues. Voici en quoi

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consiste ce procédé connu sous le nom de caprification. On enfile plusieurs de ces fruits qui renferment des Cynips et on les place sur des

figuiers tardifs. Les insectes en sortent couverts de poussière fécondante, s’introduisent dans l’œil des nouvelles figues, en fécondent les graines et hâtent ainsi la maturité du fruit.

Les Cynipsiens sont répandus dans le monde entier; mais on ne connaît

FiG. 204. — Cynips quefcus pedunculi (voy. page 212).

bien les mœurs que des espèces européennes, la petitesse de leur taille les ayant fait échapper aux in¬

vestigations des voyageurs.

Les genres compris dans cette famille ne sont pas nombreux.

Le premier qui sert de type à la famille et lui donne son nom, est le genre Cynips.

Les insectes qui le composent ont l’abdomen ovale, court, comprimé en dessous et tronqué obliquement à son extrémité ; dans les femelles, la tarière est roulée en spirale dans l’intérieur du ventre avec son extrémité logée dans une coulisse de la partie inférieure de l’abdomen. C’est

Fig. 205. — Cynips Seulement lors du dépôt des FIG. 20C et 207.- Cynips corticalis (yoy. page 212,. infla.'or (voy. page 212). L

œufs que cette tarière est susceptible de se dérouler. Les antennes sont presque filiformes chez les vrais Cynips.

Parmi les espèces les plus répandues, nous citerons le Cynips des

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feuilles du chêne (Cynips quercus) figuré d’autre part (fig. 202, p. 208), et auquel se rapportent les généralités exposées plus haut. Dans notre planche XIII est figuré le Cynips Kollari , ainsi que les galles produites par ses piqûres. Ces galles, très-communes sur les chênes en Angleterre, sont placées sur les branches à la naissance du pédoncule des feuilles ; elles ont 25 à 3 o millimètres de diamètre et sont dures comme du bois; l’insecte trouve cependant le moyen de ronger cette épaisse et dure muraille pour sortir de sa prison.

La noix de galle, dont on se sert pour la confection de l’encre et des teintures noires, avec une dissolution d’acide sulfurique ou de sulfate de fer, est produite par un Cynips qui habite le midi de l’Europe et surtout le Levant. On lui donne le nom de Cynips de la

FIG. 208. - Cynips terminalis (voy. n'allé à teinture (CVUIVS Fig. page 213). D \ J t'

gallœ tinctoriœ). C’est un petit insecte long de 5 millimètres, d’un fauve pâle, avec un duvet soyeux et blanchâtre; des ailes diaphanes, avec les nervures jaunes, l’abdomen fauve, avec une tache noire au milieu. Quand le moment de la ponte est venu, la femelle fait de petites entailles sur un chêne d’Orient (Quercus infectorià), et dans chaque fente elle dépose un œuf. Les excroissances ne tardent pas à se développer, et la petite larve établie au centre de la galle se nourrit de la substance qui l’entoure. La noix de galle est plus petite qu’une noix, habituellement de forme ronde et tellement dure qu’on ne peut la briser qu’au marteau; sa

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