Rose du Saule (Cynips saNcis) [voy. page
ORDRE DES HYMÉNOPTÈRES
couleur extérieure est d’un gris brunâtre lisse. Quelques-unes de ces galles sont percées d’un trou, comme on le voit dans la figure 203 , page 209: c’est quand l’insecte est sorti ; mais on les recueille avant ce moment,
parce quelles contiennent alors plus de matière astringente.
Le Cynips de la rose ( Cynips rosœ) est une des espèces les plus communes dans notre pays. 11 est noir, avec les pattes ferrugifig. 210. — Gaiie du Cynips aptems (voj\ page 213), neuses j 1 abdomen de la même
couleur, avec l’extrémité noire.
Les galles produites par cet insecte sont assez communes sur les rosiers; elles sont fort singulières et connues sous le nom de bédégars. Ce sont des excroissances chevelues, de couleur verte, qui entourent les tiges du rosier ; leur dimension atteint souvent celle d’une petite pomme ou d’une nèfle, dont elles rappellent un peu la forme. Elles paraissent composées d’une quantité considérable de filaments serrés très-compactes, dont plusieurs ont leurs extrémités libres et plus ou moins ramifiées, ce qui leur donne cette apparence chevelue. A l’intérieur du noyau sont plusieurs loges, dont chacune contient un œuf ou une larve.
Un autre Cynips des pédoncules du chêne ( Cynips quercus pedunculi ) pique les chatons des fleurs mâles du chêne et produit de petites galles rondes, ce qui les fait ressembler à des grappes de groseilles (fig. 204, voy. p. 210).
Les piqûres des Cynips produisent les déformations les plus singulières : le Cynips inflator pique les Cm , vt p „ g «
bourgeons qui se développent en forme de petits artichauts (fig. 2o5, voy. p. 210); un autre pique l’écorce de l’arbre et la fait soulever en cloques épaisses, au milieu desquelles est déposé un œuf (fig. 206 et 207, voy. p. 210); c’est le Cynips corticalis.
D’autres ( Cynips terminalis) produisent à l’extrémité des branches de
FAMILLE DES CYNIPSIENS.
grosses tubérosités (fig. 208, voy. p. 211) dans lesquelles vivent plusieurs larves. Le Cynips salicis produit, par sa piqûre, sur les gros bourgeons du saule ces galles feuillues, rougeâtres, connues sous le nom de roses du saule (fig. 209, voy. p. 211). Les plus curieuses, telles que de grosses truffes dures ou des pommes de pin déformées (fig. 210, voy. p. 212), s’attachent au chevelu des racines en hiver, à plusieurs décimètres sous terre. Il en sort des Cynips aptères semblables à des Fourmis à gros ventre, marchant lentement au pied des chênes sur la terre humide ou sur la neige, en faisant vibrer leurs longues antennes. On ne connaît encore que la femelle de cette espèce; peut-être le mâle est-il ailé.
Une autre espèce, le Cynips calicis , pique le calice des jeunes glands du chêne, dont le fruit déformé se développe en feuillets superposés et recoquillés (fig. 211, voy. p. 212).
FAMILLE DES SIRICIENS.
Cette famille est la moins nombreuse de tout l’ordre des Hyménoptères ; elle ne comprend que trois genres répartis dans deux tribus.
Les Siriciens sont en général des insectes de grande taille, dont le corps est long et cylindrique, et non plus étranglé au milieu comme dans les familles précédentes, l’abdomen étant attaché au thorax dans toute sa largeur. Ils ont une tête semi-globuleuse, des mandibules courtes et épaisses, très-robustes, des antennes sétacées ou filiformes assez longues et vibratiles comme chez les Ichneumons ; leurs ailes sont très-veinées. Les Siriciens sont lignivores, au moins à l’état de larves; ils fréquentent les bois très-couverts, et produisent en volant un bourdonnement sonore.
La première tribu des Siriciens, celle des Oryssides, se distingue par ce caractère qui les rapproche des Cynipsiens, d’avoir une tarière capillaire roulée en spirale dans l’intérieur de l’abdomen; mais leurs formes générales et leurs autres caractères les font ressembler aux vrais Sirex. Un seul genre rentre dans cette tribu ( Oryssus ), qui ne renferme lui-même que deux espèces; l’Orysse couronné (Oryssus coronatus) habite le midi de la France; il est long de 12 millimètres, d’un noir luisant, avec l’abdomen d’un rouge fauve.
La seconde espèce, Y Oryssus unicolor , plus petite que la précédente, a l’abdomen noir. Cette espèce est fort rare à Paris, où elle a été trouvée par le célèbre entomologiste Latreille.
Les Oryssus se trouvent au printemps dans les bois, souvent posés sur les troncs d’arbres au soleil; ils paraissent rechercher de préférence les sapins et les hêtres.
La tribu des Si ricides a pour caractères principaux : la tarière trèsrobuste, toujours saillante et droite; les ailes parcourues par de fortes nervures. Cette tribu comprend deux genres, les Sirex proprement dits
FAMILLE DES SIRICIENS.
et les Xyphidria; ces derniers ayant des palpes maxillaires de cinq articles, tandis que celles des Sirex n’ont que deux articles.
Les Sirex sont des insectes de grande taille, très-robustes. Leur vol est rapide et accompagné d’un bourdonnement sonore. Au moyen de leur tarière les femelles percent les bois des arbres verts pour y déposer leurs œufs. Les larves qui en sortent sont allongées, cylindriques, à anneaux plissés transversalement; le dernier est muni d’une petite pointe. Ces
Fia. 212. — Sirex gigas (voy. page 216).
larves sont armées de mandibules robustes, et causent parfois, lorsqu elles sont en grand nombre, des dégâts notables. C’est de préférence sur le sapin et le mélèze que les femelles des Sirex vont déposer leurs œufs, en choisissant de préférence les arbres fraîchement coupés ou récemment écorcés. Les larves vivent à l’intérieur de ces arbres plusieurs années, et se filent une coque soyeuse lorsqu’elles sont sur le point de se transformer en nymphes.
ORDRE DES HYMÉNOPTÈRES
Assez rares dans nos régions, les Sirex sont très-répandus dans les grandes forêts de sapins du nord de l’Europe. L’espèce type du genre est le Sirex géant (Sirex gigas) que nous représentons ci-devant (fig. 212, voy. p. 21 5 ). 11 est long de 25 à 3 o millimètres; noir, avec le second anneau de l’abdomen et les trois derniers jaunes ; les jambes sont de la même couleur.
Dans notre planche XIII est représenté le Sirex juvencus , belle espèce qui fréquente les grandes forêts de l’Europe. Il est d’un noir violet, avec la base des antennes et l’abdomen fauves*;
Les Xyphidries sont des Siriciens de moyenne taille, à tête globuleuse, séparée du thorax par un étranglement. Elles ont les mêmes mœurs que les Sirex. Le type du genre est la Xyphidrie chameau (.Xyphidria camelu $), longue de 18 millimètres, noire, avec deux lignes blanches sur la tète et une petite tache triangulaire de même couleur sur la plupart des anneaux de l’abdomen.