‹ Musée entomologique illustré (volume 2)Chapitre 20 sur 33 · ORDRE DES ST RE PSI PT K R ES · texte numérisé non relu

ORDRE DES ST RE PSI PT K R ES

la place qui convient réellement à ces insectes ; cependant leurs caractères et leurs métamorphoses les rapprochent davantage des Diptères que de tout autre ordre d’insectes.

Les petites larves vivent en parasites sur certains Hyménoptères, tels que des Guêpes, des Polistes, des Andrènes. Elles se tiennent cachées sous les anneaux de l’abdomen, et l’on reconnaît leur présence aux petites gibbosités qu’elles y forment.

Quoique très-peu nombreux en espèces, les Strepsiptères ont été répartis dans quatre genres distincts, caractérisés par la forme plus ou moins singulière des antennes et par le nombre des articles des tarses. Ce sont :

Des Xenos , à antennes plus courtes que le thorax, ayant un premier article très-court, un deuxième trèslong, comprimé, et un troisième aussi long, inséré à la base de celui-ci. Leurs tarses sont de quatre articles.

Le Xenos vesparum, qui habite surtout le midi de l’Europe, vit sur des Guêpes et des Polistes. Nous figurons ici ce singulier insecte trèsgrossi.

Les Elcnchus ont les antennes grêles, pubescentes, à premier article court, suivi de deux lamelles grêles. Leurs tarses ont deux articles. Ces insectes, de même que les Stylops, vivent sur les Andrenides.

Les Stylops ont des antennes membraneuses de six articles; le premier assez grand, le second très-court, le troisième prolongé au côté interne en un lobe allongé, les trois derniers de grandeur moyenne. Leurs tarses sont de quatre articles.

Les Halictophages ont des antennes très-courtes, ayant le premier et le deuxième article presque carrés; les suivants munis d’un rameau allongé. Leurs tarses sont de trois articles. Le type du genre, YHalictophagus Curtisii , a été découvert sur une espèce d’Halictus.

ORDRE DES DIPTÈRES

Les insectes qui composent cet ordre — l’un des plus nombreux de la classe — se distinguent facilement par le caractère qu’indique leur nom, c’est-à-dire de n’avoir que deux ailes, les inférieures se trouvant réduites à deux petits appendices vibratiles auxquels on a donné le nom de balanciers. Leur bouche consiste en un suçoir composé des mandibules et des mâchoires, qui prennent la forme de lancettes écailleuses; les lèvres viennent former un canal à ce suçoir qui varie d’ailleurs considérablement dans sa forme et sa composition. Les yeux sont très-développés, quelquefois même contigus dans certains mâles ; il existe en outre presque toujours des ocelles, parfois au nombre de deux^ le plus souvent de

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trois. Les antennes sont insérées au-dessus de la cavité buccale, et varient beaucoup de forme.

Le thorax, généralement robuste, porte deux ailes diaphanes et membraneuses, d’une étendue moyenne, deux balanciers et deux cuiilerons, petits organes en forme de coquille, et situés au-dessous des balanciers. Les pattes sont terminées par des tarses de cinq articles, munis de deux crochets, entre lesquels sont situées deux ou trois pelotes vésiculeuses et membraneuses, dont la disposition est telle, quelle permet aux Diptères de se maintenir à la surface des corps les plus polis, comme les glaces, et d’y marcher avec sécurité, même dans une situation renversée. Ces pelotes vésiculeuses s’appliquent exactement sur les corps, et agissent comme des ventouses.

L’abdomen est presque toujours convexe en dessus, concave en dessous; il n’offre le plus souvent que cinq ou six anneaux; le reste, dans les femelles, prend la forme de tuyaux rentrant les uns dans les autres, comme les tubes d’une lunette, et forme une espèce de tarière propre à introduire leurs œufs.

Les larves des Diptères sont molles, sans pattes, mais munies parfois de mamelons qui leur tiennent lieu de pieds ; leurs stigmates, au lieu d’être, comme dans celles des autres ordres, répartis tout le long des côtés du corps, sont situés à l’extrémité du corps, qui se prolonge parfois en un long tube (voir la figure en tête de l’ordre.). Leurs organes buccaux consistent en deux crochets recourbés, dirigés en bas, au moyen desquels elles hachent les substances dont elles font leur nourriture. Ces larves n’éprouvent pas de mues pendant le cours de leur accroissement; mais une partie d’entre elles changent de peau pour passer à l’état de nymphe.

Les Diptères,, avons-nous dit, constituent un des ordres les plus nombreux de la classe des insectes; ils sont encore plus répandus dans le Nord que dans le Midi. Sur les terres les plus rapprochées du pôle, là où l’on ne découvre plus d’insectes des autres ordres, on rencontre encore des Diptères.

Les deux types principaux de cet ordre sont les Cousins et les Mouches, ou plus scientifiquement les Némocères et les Brachocères, qui forment deux sections distinctes.

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I Les Némocères ont les antennes filiformes, généralement plus longues que la tète et le corselet réunis, et composées de plus de six articles. Leur corps est grêle et élancé; leur trompe allongée et saillante; leurs palpes sont de quatre ou cinq articles, et leurs ailes longues. Cette section renferme deux familles, celle des Culiciens et celle des Tipuliens.

IL Les Brachocères ont généralement les antennes courtes^ de trois articles au plus, dont le dernier est renflé et ordinairement muni d’un style sétiforme, qui représente le reste de l’antenne atrophié. Le corps est le plus souvent large, ainsi que les ailes; les palpes sont de un ou deux articles.

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FAMILLE DES CULICIENS

La famille des Culiciens tire son nom du mot Culex , nom latin du Cousin; elle renferme les insectes diptères qui, comme ce dernier, ont pour caractères : des antennes filiformes de quatorze articles, aussi longues que la tête et le thorax réunis, hérissées de longs poils; une trompe longue, avancée, renfermant un suçoir acéré, composé de cinq pièces; des palpes longues, de cinq articles; des ailes à nervures couvertes d’écailles.

tfiG. 335 à 337. — CiUex pipiens. — g. Palpe. — h. Antenne.

Les Culiciens ou Cousins ne sont que trop connus de tout le monde; on les trouve répandus sur tous les points du globe, aussi bien dans les contrées glaciales que dans les régions torrides, où ils tourmentent les hommes et les animaux de leurs piqûres.

La famille des Culiciens ne comprend qu’un très-petit nombre de genres, dont le plus important est le genre Cousin ( Culex ), qui donne son nom au groupe entier. Toutes les espèces offrant des mœurs à peu près identiques, nous décrirons avec quelque détail celles du Cousin commun, le plus répandu et le mieux connu de tous.

Le Cousin commun (Culexpipiens), que nous représentons ici (fig. 335 ), est brun, avec deux bandes plus foncées sur le thorax; l’abdomen gris.

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aanelé de brun. Les antennes, très-velues dans le mâle, figurent deux petits panaches (h).

On rencontre les Cousins partout, mais surtout dans les lieux humides, marécageux; on les voit souvent, le soir, former au-dessus des eaux de petits nuages, qui montent et descendent en s’entre-croisant, et semblent se livrer, sous les rayons obliques du soleil couchant, à des danses fantastiques.

Les Cousins se tiennent assez généralement tranquilles une partie de la

journée; mais vers le soir ils se rassemblent en grand nombre, en faisant entendre un bourdonnement aigu et particulièrement désagréable. Les femelles sont malheureusement très-fécondes; chacune donne naissance à deux cents ou trois cents œufs environ, et il peut y avoir jusqu à six générations chaque année. Les œufs sont allongés, oblongs, pointus supérieurement, réunis en une masse qui a la forme d’un radeau, et qui vogue à la surface de l’eau sur laquelle les Cousins déposent leurs œufs (a), lous ces œufs sont posés perpendiculairement côte à côte, et 1 on se demande comment l’insecte parvient à les faire tenir dans cette position, du moins

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les premiers, qui doivent nécessairement offrir trop peu de base par rapport à leur hauteur.

Voici comment il s’y prend : Lorsqu’elle veut pondre, la femelle s’accroche au moyen de ses quatre pattes antérieures à quelque feuille ou à quelque petite aspérité au bord de l’eau, de manière à ce que l’extrémité de son abdomen effleure la surface du liquide; puis, sous l’extrémité de l’abdomen, elle croise ses deux longues jambes postérieures en X, et pond son premier œuf, qui descend soutenu par les jambes, et reste maintenu verticalement; elle en pond alors un second, qu’elle colle le long du premier, toujours en le maintenant avec ses pattes; puis un troisième, et ainsi de suite, et ce n’est que lorsqu’elle a pondu son dernier ceuf, quelle abandonne le petit radeau qui est alors en état de voguer sans risque. Environ quarante-huit heures après la ponte, les larves sortent par le bout inférieur de l’œuf, de sorte qu’elles naissent dans l’eau où elles doivent vivre jusqu’au moment de leur transformation en insecte parfait. Mais c’est là le moment difficile de leur existence; car cet insecte, qui vivait dans l’eau et qui aurait péri même si on l’en eût tenu dehors pendant un temps assez court, va passer à un état où il n’a rien tant à craindre que l’eau ; s’il y touche il est perdu. Voici comment il se conduit dans cette situation délicate: il se tient étendu à la surface de l’eau, de manière à ce que son corselet gibbeux soit élevé au-dessus. Ensuite il se gonfle de manière à faire craquer sa peau de nymphe, qui se fend dans le dos, comme le ferait un habit trop étroit ; il fait alors paraître sa tête et son corselet, et les élève autant qu’il peut au-dessus des bords de l’ouverture qui leur a permis de paraître au jour. Puis il tire tout doucement la partie postérieure de son corps vers la même ouverture, et se redresse de plus en plus, jusqu’à ce que son enveloppe de nymphe soit devenue vide et comme une espèce de bateau, dans lequel le Cousin se tient dressé haut debout; car ses ailes, trop molles encore et collées le long de son corps, ne peuvent alors lui être d’aucun usage. Ce bateau d’un nouveau genre se trouve ainsi pesamment chargé, et les bords de son ouverture touchent presque beau; le moindre souffle, la plus petite agitation de l’air peut le faire chavirer, et il faut que le Cousin fasse des prodiges d’équilibre pour

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se maintenir dans cette position dangereuse. Mais enfin ses ailes achèvent de se déplier et de se sécher, et il prend son vol.

La larve du Cousin (b) a un long abdomen garni de faisceaux de soies, dont elle se sert pour nager avec beaucoup d’agilité. Au moyen des organes ciliés dont sa tête est pourvue, elle détermine un petit tourbillonnement dans l’eau pour amener à sa bouche les matières dont elle se nourrit.

L’avant-dernier segment de l’abdomen porte l’organe respiratoire; celui-ci consiste en un tube qui forme un angle avec ce segment. L’extrémité de ce tube est munie de plusieurs pointes, disposées comme les rayons d’une étoile, dont l’animal se sert pour se maintenir à la surface de l’eau et se mettre en rapport avec l’air atmosphérique; veut-il s’enfoncer, les rayons se rapprochent, empêchent l’air de pénétrer dans l’intérieur du tube, et l’animal descend aussitôt; veut-il remonter, au contraire, il épanouit les rayons, l’air pénètre dans l’intérieur du tube, et la larve s’élève sans peine. Cette larve change plusieurs fois de peau avant de se transformer en nymphe. Pour effectuer ces mues successives, elle vient présenter son dos à l’air et au soleil; bientôt la peau se dessèche, se fend longitudinalement et permet à l’insecte de rejeter sa vieille dépouille. C’est à la dernière mue que le Cousin se métamorphose en nymphe. Celle-ci, dans le repos, prend une forme circulaire en appliquant sa queue au-dessous de sa tête. Quand elle veut nager, elle se débande, et à l’aide des palettes dont est munie l’extrémité de son corps, elle se meut rapidement dans les eaux. Cette nymphe respire au moyen de deux tuyaux placés sur le thorax. Huit à dix jours après cette métamorphose le Cousin devient insecte parfait.

La trompe du Cousin est un instrument d’une délicatesse et d’une perfection admirables. C’est un tube fendu dans sa longueur en deux parties flexibles, terminées chacune par une lèvre ou petit bouton, et renfermant un aiguillon composé de cinq filets écailleux ou petites lames, semblables à des lancettes, les unes dentelées en scie à leur extrémité, les autres seulement tranchantes. Le jeu de toutes ces petites scies acérées perce promptement la peau, et à mesure que ces lancettes s’enfoncent, le four-

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reau, qui ne pénètre pas avec elles, se replie en formant un coude. Pour une trompe si délicate, le sang est un liquide encore trop grossier, et afin de lui donner plus de fluidité, le Cousin y mêle une certaine liqueur vénéneuse qui détermine dans la piqûre une irritation et une enflure plus ou moins considérables.

Il y a des contrées où ces insectes deviennent un véritable fléau, et leur nombre, quelquefois incalculable, a pu mettre en fuite les habitants. On lit souvent dans les relations de voyages les descriptions des tourments que les Maringouins, les Moustiques font endurer, sous les climats des tropiques, aux voyageurs et aux naturels de ces régions ; car ces insectes y deviennent plus grands, plus multipliés, et leur venin y semble plus caustique que partout ailleurs. On ne peut se reposer ni dormir un instant sans s’entourer de voiles de gaze appelés moustiquaires. Les Caraïbes d’Amérique ne se frottaient d’ocre rouge que pour éloigner les Maringouins, et ce n’est que dans ce but que les Hottentots se frottent le corps de bouse de vache et d’autres substances malpropres, bien que l’on ait attribué cette coutume à un goût dépravé, et c’est peut-être à la même cause qu’il faut attribuer l’habitude de fumer le tabac, que les Espagnols trouvèrent établie chez les sauvages de l’Amérique. On pourrait croire que les contrées du Nord, déjà si peu favorisées à d’autres égards, devraient être à l’abri de cette peste; mais il n’en est rien, et les malheureux Lapons en sont réduits à se frotter le visage et les mains de graisse, et à vivre constamment au milieu de la fumée, pour pouvoir se soustraire à leurs attaques. Linné dit avoir vu des habitants dont les bras et les jambes étaient devenus monstrueux par suite des piqûres réitérées de ces insectes.

Les Megarhines , ainsi nommés à cause de la longueur de leur trompe, sont des Cousins d’Amérique. Ce sont ceux désignés par les voyageurs sous les noms de Moustiques et de Maringouins.

« Mais comment décrire les souffrances que nous causait cette peste ailée, dit le capitaine Bach ( Voyage dans les glaces du pôle arctique). Ces atroces persécuteurs s’élevaient en nuages et obscurcissaient l’air. Parler et voir était également impossible; car ils s’élancaient sur chaque point

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de notre corps qui n’était pas défendu, et y enfonçaient en un instant leurs dards empoisonnés. Nos figures ruisselaient de sang comme si l’on y eût appliqué des sangsues. La cuisante et irritante douleur que nous éprouvions, immédiatement suivie d’inflammation et de vertige, nous rendait presque fous. Nos hommes, même les Indiens-, se jetaient la face contre terre en poussant des gémissements semblables à ceux de l’agonie.»

Les Tipuliens ont en général la trompe courte, épaisse, terminée par deux grandes lèvres; leurs palpes sont courbées, ordinairement courtes. Ces insectes ressemblent d’aspect aux Cousins; mais ils ont la bouche trop faible pour attaquer l’homme et les animaux, et ne peuvent que sucer les fluides végétaux.

Cette famille, plus nombreuse que celle des Culiciens, a été divisée en plusieurs tribus.

La première, celle des Chironomides, a pour type le genre Chironomus , dont les espèces ont des antennes plumeuses, grêles, de treize articles dans les mâles et de six seulement dans les femelles; le dernier très- Fl °- 3i ' 2 - ~ Tipula f eracea

( voy. page 308).

long. Ces insectes ressemblent beaucoup

aux Cousins. Le Chironomus plumosus, très-commun dans toute l’Europe , est d’un gris verdâtre annelé de noir.

La tribu des Tipulides comprend plusieurs genres, dont le plus important est celui des Tipules proprement dites. Ces insectes ressemblent à de grands Cousins ; mais leur corps est encore plus allongé, et leurs pattes d’une longueur et d’une ténuité extrêmes, ce qui leur a valu le nom anglais de Daddy long legs. Ils ont pour caractères principaux une trompe courte et épaisse; des antennes filiformes de treize articles. Ils vivent dans les endroits humides, déposent leurs œufs dans la terre au moyen de leur tarière, et les larves vivent sur les racines de certaines plantes auxquelles elles causent ainsi parfois beaucoup de tort. Il en est cependant dont les larves vivent dans l’eau. Telles sont celles du Chiironome plumeux , connues sous le nom de vers de vase , et fort recherchées

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des pêcheurs à la ligne ; on les récolte en abondance dans le sable qu’on retire de la Seine, surtout près d’Asnières. Cette larve ressemble à un ver délié, d’un beau rouge de sang.

L’une des espèces les plus communes et les plus nuisibles est la Tipule

Fig. 343 à 347. — Tipula longicornis. — a. Tête grossie. — b. Nymplie. — c. Larve. — d. Bouche et palpes (voy. page 309).

potagère (Tipula oleracea) [fig. 342, voy. p. 307]. Elle est d’une couleur tannée, avec des raies obscures; les ailes sont enfumées, avec les nervures d’un ocre brun; les balanciers longs, grêles et en massue; les pattes très-longues, d’un jaune d’ocre brillant. Cette espèce doit son nom aux ravages qu’elle cause dans les jardins potagers.

La femelle pond ses œufs en volant, ou reposée sur l’herbe, et les lance à distance comme par un fusil à vent. Ces œufs ressemblent à de petites graines ovales, d’un noir brillant; l’abdomen de la femelle en

FAMILLE DÉS CULICIENS.

renferme souvent plus de 3 oo. Les larves qui en sortent croissent jusqu’à ce qu’elles aient atteint la grosseur d’une petite plume d’oie ; elles sont cylindriques, longues de 25 millimètres, d’une couleur terreuse, et revêtues d’une peau tellement dure, qu’en Angleterre on les nomme jaquettes de cuir. Ces larves restent cachées pendant le jour et rongent les racines des fèves, des laitues, des choux, des pommes de terre, etc. ; elles sortent la nuit pour changer de lieu lorsque la nourriture leur manque ou quelles veulent se transformer en nymphe. Celle-ci est épineuse, et montre sous la peau le relief des ailes et des pattes.

FIG. 348. — PachyvMna imperator (voy. page 310).

Une autre espèce, très-voisine de la précédente, le Tipula maculosa, détruit les pois, les fraisiers, les carottes et les laitues.

La Tipule à longues cornes (Tipula longicornis ), que nous représentons ici (fig. 343 à 347, voy. p. 3o8) ainsi que sa larve (c), sa nymphe (b) et les détails de son organisation ( a — d), a la couleur générale du corps d’un jaune d’ocre; le thorax est noir, revêtu d’un duvet gris verdâtre. La larve de cette espèce vit à la racine du gazon, et le détruit rapidement lorsqu’elle est abondante.

ORDRE DES* DIPTÈRES

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La plus grande et la plus belle espèce du groupe est le Pachyrhina imperator de l’Australie, que nous représentons d’autre part (fig. 3 ^ voy. p. 309); elle est jaune, tachetée de noir, et ses immenses pattes sont de la couleur du corps.

Les Mycétophilides ont des antennes filiformes ordinairement de seize articles, et la tête pourvue de trois ocelles. Ces Tipules vivent en général dans les champignons durant leurs premiers états. Quelques-unes y vivent en société et se forment un léger tissu soyeux pour se métamorphoser en nymphes. Tels sont les genres Boletophila , Mycetophila , Mycetobia et Sciara. Ces derniers vivent sur les truffes.

Les Cécidomyides ont les antennes garnies de poils verticillés; la tête sphérique; la trompe peu saillante. Ce sont des Tipuliens de fort petite taille, vivant le plus souvent à leur état de larve, comme les Cynipsiens, dans les excroissances que détermine la piqûre de leur tarière sur certaines plantes.

La Cécidomye du froment (Cecidomyia tritici) [fig. 349 à 352 ] cause parfois de grands ravages dans nos blés. On voit souvent le soir, en juin et juillet, voler au-dessus des blés des myriades de Moucherons, rassemblés en petits nuages comme tes essaims de Cousins. Ce sont des Cécidomyes, qui s’abattent sur les épis pour y pondre leurs œufs. Ces

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ou

insectes sont jaunes et ont l’apparence svelte et grêle de nos Cousins; leur corps se termine par une longue tarière, aussi fine qu’un fil de ver à soie, au moyen de laquelle ils déposent leurs œufs entre les glumes des épiJlets, avant la floraison. Au bout de quelques jours les larves sortent des œufs; elles sont d’un jaune vif, et vivent au nombre de six à dix et plus dans le même grain, qu’elles rongent. Le grain avorte tout à fait, ou reste contourné et amaigri. Lorsqu’elles sont complètement développées, elles se réfugient au pied des chaumes et y restent engourdies pendant l’hiver. Elles se transforment en nymphes au printemps, et l’insecte parfait prend son essor au mois de juin.

Dans certaines années où les Cécidomyes sont très-abondantes, elles causent des dégâts considérables. Le moyen de les détruire est de retourner les chaumes aussitôt après la moisson et de les brûler, ou d’y répandre des tourteaux de colza ou de navette, qui développent une essence insecticide. Fort heureusement d’ailleurs, des parasites hyménoptères de la famille des Proctotrupiens diminuent considérablement

leur nombre en pondant leurs œufs sur les pio ^ larves des Cécidomyes, qui sont dévorées

par celles de ces petits Hyménoptères.

La Cécidomye destructrice (Cecidomyia destructor) [fig. 353 ] ravage les

blés en Amérique. On lui donne le nom de Mouche de Hesse , parce qu’on pense qu’elle fut importée avec les grains destinés à nourrir les troupes mercenaires de Hesse dans la guerre de l’Indépendance.

D’autres espèces de Cécidomyes percent de leur tarière les bourgeons des feuilles ou des fleurs, et y introduisent leurs œufs; la blessure fait gonfler le bourgeon, le déforme, et les larves y trouvent l’abri et la nourriture.

Une espèce assez répandue en France et en Allemagne, le Cecidomyia salici'perda, dépose ses œufs dans l’écorce des saules et y détermine un gonflement, une sorte de déformation spongieuse (fig. 356 et 3 57).

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La tribu des Bibionides comprend des Tipuliens à antennes plus courtes que la tête et le thorax réunis; les yeux sont contigus dans les mâles.

Les Bibions proprement dits ( Bibio) ont des antennes courtes, cylindriques, de neuf articles ; des palpes filiformes de quatre ou cinq articles distincts. Les sexes offrent dans ce genre de grandes différences. Ainsi la tête des mâles est très-large et arrondie, vu la grande étendue des yeux, et leur corselet est presque cylindrique; la tête des femelles est au contraire presque carrée, allongée, méplate; leur corselet est très-élevé et paraît comme bossu; l’abdomen est en outre plus renflé.

Ces insectes paraissent quelquefois au printemps en nombre considérable. Il y a quelques années, les routes et les cam- Oecidomyia saiidperda (\ oy. page an). pagnes des environs de Paris en étaient

couvertes au point qu’on ne pouvait faire un pas sans les écraser par centaines. On les appelle vulgairement Mouches de Saint-Marc.

Les femelles pondent leurs œufs en terre; les larves qui en sortent sont d’un blanc sale, privées de pieds et garnies de poils raides dirigés en arrière.

Dès quelles sont écloses, elles recherchent les bouses de vache, où elles vivent. Elles se métamorphosent en nymphe vers la fin de l’hiver, et en insecte ailé environ quarante jours après.

Le Bibion de Saint-Marc {Bibio Marci ), long de io à 12 millimètres, est entièrement noir et velu.

Le Bibion des jardins (Bibio hortulanus) [fîg. 358 ] est un peu plus

FIG. 358 et 359. — Bibio hortulanus.

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