‹ Musée entomologique illustré (volume 2)Chapitre 19 sur 33 · FAMILLE DES SC U TELL É RI E N S · texte numérisé non relu

FAMILLE DES SC U TELL É RI E N S

rougeâtre en dessus, avec l’extrémité de l’écusson jaunâtre ; l’abdomen tacheté de noirâtre sur les bords; les antennes annelées de noir et de

blanc.

La Pentatome rayée (Pentatoma lineata) [fig. 3 i 5 ] est jaune, ponctuée, rayée dans sa longueur de lignes d’un brun rougeâtre. Elle n’est pas rare dans le midi de la France.

Le genre Asopus n’est qu’une division du grand genre Pentatome } dont il diffère par le rostre fort et libre, et par les jambes antérieures dilatées. VAsopus luridus, figuré dans notre planche XIX, est bien connu des jardiniers ; il est parfois très-abondant dans les vergers, surtout sur les cerisiers, dont il suce les fruits mûrs et qu’il infecte de son odeur désagréable. Il est jaunâtre, pointillé de noir, avec les côtés de la tète et du corselet à reflets bleuâtres. Il est jaune en dessous, avec deux rangées longitudinales de points noirs.

La Pentatome du bouleau (Pentatoma betulæ) offre à l’observateur des mœurs intéressantes.

C’est une Punaise grise avec une tache noire sur l’écusson, et le rebord de l’abdomen jaune et noir. Si l’on en croit De Geer, la femelle de cette espèce est un modèle de sollicitude maternelle , vertu rare chez les Punaises. On la voit conduire ses petits de feuille en feuille, comme une poule ses poussins; on en voit toujours de 3 o à 40 autour d’elle; elle les guide, les défend, et ne les abandonne pas aussi longtemps qu’ils ont besoin de ses soins. Lorsque ses petits s’éloignent ou courent quelque danger,, la mère bat des ailes avec rapidité pour les rappeler ou pour éloigner les ennemis. Parmi ceux-ci, le plus à craindre est le mâle même de l’espèce, qui ne cherche qu’à détruire les petits. Rien n’est curieux comme de voir la ruse et l’énergie que déploie la femelle pour s’opposer aux projets sanguinaires du mâle, et donner à ses petits le temps de se cacher,, ce qu’ils font en s’éparpillant sous les feuilles.

La figure 3 16 (voy. p. 284) représente le Catacanthus incarnatus, belle

Fia. 315. — Pentatoma lineata.

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espèce de l’Inde; elle varie du jaune au rouge, avec des taches noires • l’extrémité des ailes est d’un bleu profond.

Le genre Brachystethus est caractérisé par la brièveté de son thorax deux fois plus large que long. Le Brachystethus rubromaculatus du Brésil (fig. 317) est d’un noir brillant verdâtre, avec de larges taches d’un rouge écarlate, fortement pointillées.

La tribu des Cydnides offre pour caractères : l’écusson triangulaire, ne couvrant pas tout le corps ; les pattes garnies d’épines. Elle comprend essenfig. 310. — Catacantkw incamaïus (voy. page 283). tiellcment le genre Cydtius , caractérisé

par des antennes grêles, et dont le type est le Cydnus tristis, tout noir, finement ponctué en dessus. On trouve cet insecte dans presque toute l’Europe.

La tribu des Scutellérides est l’une des plus remarquables de celles des Hémiptères hétéroptères. Comme l’indique son nom, le principal caractère de ce groupe est le développement de l’écusson ( Scutellum ), qui s’étend sur l’abdomen et le recouvre soit en entier, soit dans la plus grande partie de son étendue. Les Scutellères sont remarquables, non-seulement par leurs couleurs, tantôt métalliques et brillantes, tantôt d une vivacité admirable, mais fig. 317. — Brachystethus rubromaculatus. encore par leurs formes, qui les feraient

prendre parfois pour des Buprestes , et, comme ces derniers, ils mériteraient le nom de Richards , au moins les espèces des contrées chaudes; car celles de nos pays froids ou tempérés sont les moins grandes et les

FAMILLE DES SCUTELLÉRIENS.

moins belles de toutes. Malgré leur beauté, les Scutellères sont des insectes désagréables de leur vivant; de toutes les Punaises, ce sont celles qui répandent l’odeur la plus infecte. Elles vivent sur les plantes dont elles sucent la sève; mais, à l’occasion, lorsqu’elles rencontrent quelque chenille, elles plongent leur bec acéré dans son corps et l’en retirent gorgé de ses humeurs.

On a établi plusieurs coupes génériques dans le groupe des Scutellérides : ce sont les Pachycoris, à corps ovalaire convexe, qui habitent l’Europe méridionale; les Tetyra, à corps moins bombé, européens; les Sphœrocoris 3 les Qdontoscelis, les Chlœnocoris sont exotiques. Les Scutellaria proprement dits sont les plus beaux de tous les Hémiptères; ils sont tous exotiques.

Parmi les plus belles, nous citerons :

la Scutellère marquée ( Scutellaria signala), très-commune au Sénégal.

Elle est longue de 18 à 22 millimètres, d’un beau vert brillant et métallique en dessus, avec des taches noires; le dessous du corps et les pattes sont rouges; sur les côtés de 1 abdomen sont des taches \ertes et bleues.

Le Scutellaria nobilis de l’Inde (fig. 3 18) est en dessus d’une nuance chatoyante, qui, selon l’incidence des rayons lumineux, parait verte, bleue ou violette ; sur ce fond éblouissant se détachent en noir profond des taches rondes placées longitudinalement.

Le genre Augocoris offre tous les caractères des Scutellaria, à 1 exception d’un seul, tiré des antennes; celles-ci n’ont que trois articles, caractère qui distingue ce genre de tous les autres de la même famille ; le premier article est fort court, le second et le troisième sont très-longs.

Les espèces de ce genre sont américaines.

L’ Augocoris Gomesii, long de 16 à 18 millimètres, a le corps plus court

ORDRE DES HÉMIPTÈRES

et plus ramassé que les Scutellères. Il est d’un jaune rougeâtre brillant, avec les antennes noires; la tête, le corselet et l’écusson portent de gros points d’un bleu noirâtre ; les pattes sont de cette dernière couleur. Cette espèce est assez répandue au Brésil.

Le genre Peltophora a des antennes de cinq articles, dont le second esi très-grand et arqué, et le troisième fort court.

Le Peltophora rubromaculata de l’Australie est d’un beau bleu brillant tacheté de rouge.

ORDRE DES APHANIPTÈRES

et ordre ne comprend qu’un seul genre, le genre Puce ( Pulex ), bien connu de tout le monde. Le nom à’Aphaniptères leur vient de la privation d’ailes. Ces singuliers insectes ont le corps recouvert de segments cornés très-solides; il est comprimé, arqué à sa partie dorsale et composé de douze segments, non compris la tête. Celle-ci, petite, arrondie antérieurement, est penchée en avant et garnie de cils raides. Leurs organes buccaux les rapprochent des Hémiptères. La bouche a la forme d’un suçoir composé de trois pièces, renfermé entre deux lames articulées, de manière à constituer une trompe cylindrique et telle qu’on en voit le détail dans les figures a, b et/ (fig. 322 ). Au milieu est le dard formé par le labre, puis les mandibules allongées en grandes scies; les mâchoires, transformées en lames articulées, sont soudées avec la lèvre inférieure pour former une gaîne, dans laquelle les mandibules et le labre sont main-

ORDRE DES AP H AN IPTÈRES

tenus. Les Puces n’ont pas d’yeux composés, mais seulement deux petits yeux lisses; leurs antennes, placées derrière l’œil, dans une échancrure de la tète, sont composées de trois articles mobiles; le premier court, le second long et épais, le troisième plat, élargi en palette et divisé en lanières ou digitations de plus en plus courtes, d’avant en arrière; le thorax est grand et bien distinct, les pattes sont longues et robustes, à hanches très-fortes, à cuisses courtes, à jambes très fortement ciliées, en un mot tout à fait conformées pour le saut; les tarses sont composés de cinq

FiG. 322 à 328. — 1. Pulex talpœ. — a. Menton et palpes. — b. Tête grossie. — c. Palpe. — d. Tarse. — 2. l'ulex irritons. — o. Nymphe. — /. Menton et palpes.

articles et terminés par des crochets longs, recourbés et aigus ; l’abdomen est très-grand, ovale, beaucoup plus large verticalement que le thorax.

Les Puces subissent des métamorphoses complètes; elles se multiplient avec presque autant de rapidité que les Punaises. La femelle pond une douzaine d’œufs assez gros dans les coins garnis de poussière, dans les fentes de parquets, sur les meubles et dans les poils des animaux. 11 en sort des larves blanches et sans pattes, semblables à de petits vers, à tête écailleuse munie de deux antennes courtes, mais privée d’yeux. Ces larves sont très-vives; elles marchent avec rapidité en serpentant, et exécutent les mouvements les plus bizarres au plus léger attouchement. Leur développement s’opère en une douzaine de jours, au bout desquels elles

ORDRE DES AP H AN IPTÈRES

se filent un petit cocon soyeux, dans lequel elles se changent en nymphe et d’où elles sortent à l’état d'insectes parfaits.

Les Puces vivent en parasites sur l'homme et sur les animaux, mammifères et oiseaux; elles nichent dans la fourrure des chiens, chats, lièvres, etc., qui en sont très-tourmentés en été et en automne. La précaution que l’on prend de baigner les animaux pour les débarrasser de ces insectes est inutile, et des expériences ont prouvé que des Puces tenues au fond de l’eau pendant plus de douze heures, revenaient à la vie après en être sorties. De tous les moyens préconisés contre les Puces, le meilleur, pour s’en préserver, est d’entretenir une grande propreté dans les intérieurs, et pour les détruire, l’emploi de la poudre de pyrèthre.

On connaît un grand nombre de Puces. La Puce irritante (Pulex irritans , représentée figure 322 , vit sur l’homme. Elle préfère la peau délicate des femmes et des enfants. Elle abonde surtout dans les pays chauds; en Algérie, les Arabes, très-malpropres, logent dans les plis crasseux de leur burnous des œufs de Puces et de véritables légions de ces insectes à tous les états. Cette espèce, qui paraît vivre exclusivement du sang humain, n’a d’épines ni au chaperon ni au thorax.

La Puce du chien {Pulex canis) est munie d’épines au chaperon et au thorax ; elle vit sur les chiens et les chats, et n’attaque l’homme qu’accidentellement.

Beaucoup d’animaux ont leurs Puces : on reconnaît comme espèces distinctes celle de la taupe {Pulex talpœ) [fig. 322 ], celles de la chauvesouris, du hérisson, du blaireau, de la souris, du lérot, du pigeon, de l’hirondelle, etc.

Une petite Puce de l’Amérique du Sud, la Puce pénétrante {Pulex penetrans ), vulgairement connue sous le nom de chique , est très-redoutée. Son bec est très-long, son corps effilé et étroit. Le mâle demeure toujours grêle et errant; il est plus petit que la Puce commune. La femelle

Fjlü. 329. — Pulex penetrans, femelle.

a. grosseur naturelle (voy. page 292).

ORDRE DES AP H ANIPTÈRES

pénètre sous la peau, et s’y gorge de sang. Son abdomen devient énorme gros comme un pois^ sur lequel la tête et le corselet ne paraissent plus que comme un point brunâtre (fig. 329, voy. p. 291). La ponte a lieu dans la plaie, et de graves ulcérations en résultent parfois; on a même vu des cas suivis de mort. Ces Puces chiques abondent aux Antilles, à la Guyane, au Brésil, en Colombie, et les nègres et les Indiens, qui marchent pieds nus, en sont souvent attaqués. De vieilles négresses, aux colonies, font métier de les extraire, et elles savent les enlever avec dextérité à la pointe d’une aiguille.

ORDRE DES STREPSIPTÈRES

(RHIPIPTÈRES de Latreille)

de pattes, et tous leurs téguments sont mous et blanchâtres.

Comme on le voit, ces caractères anomaux rendent difficile à trouver

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