‹ Musée entomologique illustré (volume 2)Chapitre 22 sur 33 · FAMILLE DES PHILOPTÉRIENS OU RICINS · texte numérisé non relu

FAMILLE DES PHILOPTÉRIENS OU RICINS

Les genres qui composent cette famille ont pour caractère commun une bouche munie de mandibules très-distinctes. Ils vivent généralement sur les oiseaux, mais quelques-uns se trouvent sur les mammifères. Les espèces de cette famille sont assez nombreuses et réparties dans plusieurs genres, principalement caractérisés par les antennes et les tarses.

Le genre Philopterus a les antennes filiformes, de cinq articles, les tarses munis de deux crochets, les palpes maxillaires non distinctes, le prothorax plus étroit que la tête, l’abdomen composé de neuf segments.

Le Philopterus ocellatus , ou Ricin du corbeau, vit sur cet oiseau et sur la corneille mantelée; il pond ses œufs en cercle autour

des yeux de ces oiseaux. Ce parasite est long de 2 1/2 millimètres, d'un blanc grisâtre, avec les yeux noirs et des taches coniques noires sur les côtés de l’abdomen. Une autre espèce vit sur le canard.

Le Ricin du paon (Philopterus pavonis) [fig. 43o] a la tète arrondie antérieurement, avec les angles temporaux très-grands; le thorax ûordiforme, anguleux postérieurement; l’abdomen court, rétréci à sa base et élargi à son sommet. Il est d’un gris sale, avec le bord latéral des segments et un point sur chacun d’eux plus foncés.

Le genre Trichodectes ne diffère du précédent que par le nombre des

fig. 43o.

Philopterus pavonis.

articles des antennes, qui est de trois, et par les tarses, qui n ont qu un crochet. Le Trichodecte à tète arrondie (Trichodectes sphcerocephalus) vit sur les moutons. Il est blanchâtre , avec une tache sur la tête et neuf bandes transverses sur l’abdomen, de couleur obscure. Cet insecte a la

tête orbiculaire, le thorax étranglé dans son milieu, 1 abdomen ovale,

garni latéralement d’un faisceau de poils sur chaque segment.

Les Liotheum ont les antennes renflées en massue, les palpes maxil-

36o ORDRE DES ANOPLOURES OU PARASITES.

laires distinctes, les tarses munis de deux crochets écartés et crochus • l’abdomen est formé de deux segments. Le Liotheum fasciatum , long de 2 millimètres, a la tète cordiforme, d’un gris jaunâtre, ainsi que le thorax, l’abdomen blanchâtre avec des bandes brunes transversales. Il vit sur le coucou. Le Liotheum giganteum vit sur le buzard.

Les Gyropes ( Gyropus) ont les antennes en massue et les tarses munis d’un seul crochet. Leurs yeux sont invisibles ou nuis; leur abdomen composé de six segments. Le Gyrope grêle ' Gy ropus gracilis) vit sur le cochon d’Inde.

ORDRE DES THYSANOURES

otre dernier ordre des insectes comprend les Thysanoures. Ces petits êtres sont, comme les précédents, privés d’ailes, et ne subissent pas de métamorphoses. Ils sont reconnaissables entre tous par les organes particuliers de mouvement qu’ils portent à l’extrémité de l’abdomen j d’où leur nom de Thysanoures (queue à franges), et qui leur permettent, le plus souvent, d’exécuter des sauts plus ou moins considérables. Ils varient d’ailleurs beaucoup sous le rapport de la forme générale et de la composition de chaque organe en particulier.

Chez ces insectes la bouche n’a plus la forme d’un suçoir, mais elle est composée, comme chez les insectes broyeurs, de mandibules et de mâchoires plus ou moins développées. Tous sont aptères, très-agiles, et échappent à la main qui veut les saisir, soit par une fuite rapide, soit en sautant. Les uns vivent dans l’intérieur des maisons, les autres se trouvent sous les pierresj sur les matières végétales en décomposition, sur le bois pourri s les feuilles, etc.

On divise cet ordre en deux familles : les Poduriens et les Lépismiens.

ORDRE DES THYSANOURES.

FAMILLE DES PODURIENS

Les insectes qui rentrent dans cette famille ont pour caractères généraux : des antennes filiformes, plus courtes que le corps; des yeux conglomérés, composés chacun de six petits yeux lisses; des palpes trèscourtes. Lès parties de la bouche sont réduites à quatre petites lames sétiformes, qui représentent les mandibules et les mâchoires. L’abdomen, composé de cinq segments, est pourvu à son extrémité d’un appendice fourchu ou simple, qui se replie sur le ventre en dessous, et qui est susceptible de se débander comme un ressort en projetant au loin le corps.

Les Poduriens sont de très-petits insectes, mous, couverts d’écailles peu serrées, quelquefois paraissant glabres. Plusieurs vivent à la surface des eaux dormantes.

Cette famille renferme quatre genres, qui sont : Lipura , Po dur a, Orchesella et Smynthurus.

Les Lipura ont, comme les Podures proprement dits, des antennes de quatre articles, à articles égaux; mais leur appareil saltatoire est nul ou très-rudimentaire.

Les P o dur a ont au contraire l’appendice caudal très-dé veloppé. On en connaît un assez grand nombre d’espèces , parmi lesquelles nous citerons : le Podure des arbres ( Podura arborea), long de 3 *1/2 à 4 millimètres; c’est une des espèces les plus grandes du genre. Il est d’un noir lisse et brillant, avec la base des antennes et du thorax jaune; les pattes et l’appendice saltatoire sont blanchâtres. Ce Podure se trouve communément sur les troncs vermoulus dans les bois. Les individus plus petits et blancs que l’on trouve parmi eux sont des jeunes.

Le Podure velu {Podura villosa ) [fig. 434 vu en dessus, et 435 vu de côté, voy. p. 365 , de manière à montrer l’appareil caudal replié en dessous] est d’un brun jaunâtre entrecoupé de taches et de raies

FAMILLE DES PODURIENS.

FIG. 434

Podura vïüosa (voy. page 3fi4).

Podura villosa v

noires. La tête et le thorax sont très-velus, l’abdomen est presque glabre. Cette espèce est assez commune sous les pierres.

Le Podure gris {Podura plumbea), de moitié plus petit, a l’appendice saltatoire de la longueur du corps. Cette espèce vit sur les plantes basses; elle est commune aux environs de Paris.

Le Podure aquatique ( Podura aquatica ) vit en nombre souvent considérable sur les feuilles des plantes aquatiques ou à la surface des eaux stagnantes, où il exécute ses sauts. Il est d’un noir mat.

Les Podures sont ovipares et

ne subissent aucune métamorphose. En sortant de l’œuf ils ont les formes qu'ils conserveront toute leur vie ; ils croissent journellement et changent de peau. De Geer, auquel la science est redevable d’un grand nombre d’observations pleines d’intérêt sur les mœurs des insectes, a trouvé en Hollande des Podures vivants et très-alertes pendant les plus grands froids; leurs œufs étaient auprès d’eux; ils étaient d’une couleur jaune qui changea en rouge foncé quand ils furent près d’éclore. Ayant ouvert ces œufs, il ne trouva rien dedans qui eût la forme d’un insecte; mais il vit seulement quelques points noirs. Quelques jours après il en sortit de petits Podures qui avaient leur queue fourchue dirigée en arrière. Il a remarqué que les Podures aquatiques ne peuvent vivre longtemps hors de l’eau; ils se dessèchent et meurent bientôt, ce qui fait voir que ceux-ci diffèrent des Podures terrestres, qui supportent la chaleur du soleil sans en souffrir.

Le genre Orchesella est caractérisé par des antennes de six articles, presque aussi longues que le corps. Le type du genre, l’ Orchesella fihcornis, long de 6 millimètres, est verdâtre, tacheté de noir; son corps est très-poilu, surtout sur le thorax.

Les Smynthurus ont le corps globuleux ou ovalaire; le thorax et 1 ab-

^■P'rhU

Fig. 43C>, Smynthurus- solani.

ORDRE DES THYSANOURES.

domen paraissent confondus ensemble; les antennes ont leurs articles terminaux très-petits. Le Smynthurus viridis, long d’un demi-millimètre est d’un vert clair mat, avec la tête jaunâtre et les yeux noirs; ses antennes sont de la longueur du corps. On le trouve sur les écorces.

Le Smynthurus solani (fig. 436 ), long de 2 millimètres, est d’un brun verdâtre, hérissé de poils rigides. Il vit sur la pomme de terre, dont il ronge les feuilles.

FAMILLE DES LÉPISMIENS,

FAMILLE DES LÉPISMIENS

Les insectes qui forment la famille des Lépismiens ont le corps en ellipse allongée, couvert d écaillés brillantes; la tête petite, le corselet gibbeux, 1 abdomen allonge et rétréci a son extrémité. Leurs antennes, en forme de scie, sont divisées en un grand nombre d’articles; leurs yeux sont formés de petits yeux lisses conglomérés en nombre variable ; leur bouche est composée d’un labre, de deux mandibules membraneuses, de deux mâchoires et d’une lèvre; leurs palpes labiales ont quatre articles. L abdomen, composé de dix segments, porte en dessous neuf paires d appendices lamelliformes, et se termine par des filets. Ces insectes fuient généralement la lumière; ils sont très-actifs, et exécutent, à l’aide de leur queue, des sauts assez étendus.

On les divise en deux genres : les Lépismes proprement dits (. Lepisma ) et les Machyles (Machylis).

Les Lépismes ont des yeux très-petits, fort écartés, composés d’un petit nombre de grains; leur corps est terminé par trois filets de même longueur, ne servant point au saut. Les pattes sont allongées et minces, terminées par deux petits crochets aigus. Appelés autrefois Forbicines , ils ont été comparés à de petits poissons, en raison des couleurs brillantes et de la manière dont ils se glissent en courant; ils fuient la lumière, et se cachent ordinairement dans les boiseries, sous les planches humides ou sous les pierres. Ces petits animaux courent très-vite, et il est difficile de les saisir sans enlever une partie des écailles qui couvrent leur corps et qui restent attachées aux doigts. La mollesse de leurs organes masticateurs semble indiquer qu’ils ne peuvent ronger des matières dures. Cependant Linné et Fabricius ont dit que l’espèce commune se nourrit de sucre et de bois pourri; elle ronge aussi

Fig. 437. — Lepisma saceharina (voy. page 368).

ORDRE DES THYSANOURES.

les livres et les étoffes de laine. Cette espèce, considérée comme le type du genre, est le Lépisme du sucre ( Lepisma saccharina) [fig. 43^ voy. p. 367J, très-commun dans les maisons, où on lui donne le nom de petit poisson d’argent, à cause des écailles argentées dont tout son corps est couvert. Il habite de préférence les lieux humides et renfermés ; il se nourrit, dit-on, de sucre et de substances végétales.

Le Lépisme doré ( Lepisma aurea) [fig. 438 ] se trouve en Espagne. Il est d’un jaune paille doré uniforme. Ses filets sont plus courts que dans l’espèce \ / précédente.

Le genre Machylis diffère du Lepisma par ses yeux grands et contigus, et par la forme générale du corps, qui, au lieu d’ètre V allongé, est court, en forme de cône,

^ I avec les côtés non comprimés et le dos

voûté. L’abdomen est terminé, comme Jn^mamr.c, dans ^ es Lépismes, par trois filets; mais ces filets peuvent se replier sous le corps, et servent à l’insecte, en se débandant, à produire des sauts remarquables.

Le Machylis polypoda-(ûg. 439), que l’on trouve dans les bois au pied des arbres, est long de 4 à 5 millimètres, couvert de petites écailles de couleur enfumée.

Fig. 439.

Machylis polypoda.

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