‹ Musée entomologique illustré (volume 2)Chapitre 23 sur 33 · CHASSE, PRÉPARATION ET CONSERVATION DES INSECTES · texte numérisé non relu

CHASSE, PRÉPARATION ET CONSERVATION DES INSECTES

utre rutilité incontestable que l'on retire de l’étude des insectes, elle offre mille charmes et mille distractions; mais cette étude est subordonnée à deux choses : une bibliothèque et une collection. Nous indiquons à la page 383 , sous le titre de Bibliographie, quelques-uns des auteurs qui se sont occupés de cette science. Quant aux collections, on sait que si la partie des insectes étrangers O se monte par des achats et des échanges, celle propre aux J \ insectes du pays ne s’augmente guère que par des chasses, qui méritent d’ètre détaillées; ce que nous faisons plus loin.

Mais avant de se mettre en chasse, il faut se pourvoir d’abord des objets nécessaires, qui sont : des boîtes garnies de liège pour y piquer les insectes; des bouteilles contenant du cyanure de potassium, ou remplies d’alcool ou de benzine; des filets, des épingles, des pinces, un écorçoir, un fort couteau, etc. Nous avons décrit avec détail tous ces ustensiles

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dans le premier volume de cet ouvrage, consacré aux Coléoptères ; nous n’y reviendrons donc pas ici, pour ne pas nous répéter.

Les insectes se trouvent partout: sur les routes, dans les champs, dans les bois, sur les plantes, dans les eaux; mais si l’on se contentait de ramasser seulement ceux qui se présentent k la vue, on risquerait fort, sauf par quelque heureux hasard, de ne récolter que les plus communs. Il faut donc aller au devant d’eux, et les chercher dans leurs retraites les plus secrètes.

On doit lever les pierres qui bordent les chemins ou qui reposent sur • le sol dans les prés et les bois; visiter les sablonnières et fouiller les trous qui s’y rencontrent souvent en grand nombre; chercher au bord des eaux, sous les détritus et sous les pierres, et même sous celles qui garnissent le fond des ruisseaux; sur les plantes, il faut visiter avec soin les tiges, les feuilles et les fleurs; sur les arbres, surtout sous leur écorce, dans leur carie ou parmi le détritus qui remplace leur aubier; sous les mousses qui recouvrent les troncs et les rochers; dans les champignons et autres substances végétales en décomposition; dans les fumiers, les matières excrémentitielles, surtout celles des herbivores, sur les cadavres d’animaux en putréfaction. Quelque désagréables que puissent être les recherches dans ces dernières substances, elles dédommagent souvent le naturaliste de ses peines.

Il est évident qu’on ne trouve pas dans les pays cultivés les espèces des régions arides, ni dans les plaines celles qui vivent sur les montagnes. La chasse consiste donc à explorer ces différentes localités, et à attraper au moyen du filet les insectes qui volent à notre portée.

Mais il est encore deux autres moyens prompts, et qui procurent beaucoup d’insectes que l’on ne prendrait pas autrement. Le premier consiste à étendre à terre une nappe blanche au pied des arbres et des arbustes, et de secouer ou de battre ceux-ci au-dessus; il tombe ainsi beaucoup de choses que l’on se hâte de saisir. L’autre moyen est de faucher, c’est-àdire de promener rapidement un fort filet sur les champs de plantes, surtout lorsque celles-ci sont en fleur; la secousse fait tomber les insectes au fond du filet, où on les saisit ensuite.

ET CONSERVATION DES INSECTES

Les insectes capturés, les uns, les plus gros, sont de suite piqués; les autres sont mis dans le flacon à cyanure ou dans le flacon à benzine, pour être piqués au retour de la chasse. On ne doit mettre dans le liquide que ceux dont les couleurs sont noires ou métalliques; les insectes qui doivent leurs brillantes couleurs à un duvet léger ou à une fine poussière, y perdraient leur riche parure.

Si l’on en excepte les Coléoptères, qui sont piqués sur l’élytre droit, tous les insectes des autres ordres doivent être piqués sur le milieu du thorax.

Les Orthoptères vivent généralement à terre, et la plupart se nourrissent de végétaux. Les uns courent, les autres sautent. On les prend soit à la main, soit avec le filet faucheur. Les larves de ces insectes ressemblent à l’insecte parfait, à la différence près que leurs ailes et leurs élytres ne consistent qu’en un rudiment de ces organes, qui croissent et se développent à chaque changement de peau, jusqu’à ce que l’insecte soit parvenu à l’état parfait. Ceci embarrasse souvent les jeunes amateurs; mais avec un peu d’attention ils éviteront facilement les erreurs. Ces insectes fréquentent particulièrement les localités arides bien exposées au soleil, et on les trouve à l’état parfait, surtout en été et en automne.

Les Forficules ou Perce-oreilles se nourrissent de fruits, de fleurs et d’autres substances végétales. On les rencontre sous les pierres, les détritus végétaux et sous les vieilles écorces des arbres fruitiers, où on les trouve souvent rassemblés en familles nombreuses. On profite de l’instinct lucifuge de ces insectes pour leur tendre des pièges. On emploie des pots à fleurs renversés dont le fond est garni de mousse; iis se réfugient dans cet abri, où on les prend au matin.

Les Blattes attaquent toutes les substances végétales, et particulièrement les matières alimentaires; on les trouve dans les lieux humides et sombres, les celliers, les cuisines, les offices au rez-de-chaussée; ils abondent trop souvent dans les magasins d’épiceries, les boulangeries. Certaines espèces habitent les bois; on les trouve pendant le jour sous les feuilles sèches. Ces insectes ne sortent guère de leurs retraites que la nuit.

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Les Mantes, les Phyllies, aux formes bizarres, vivent sur les végétaux, où leur couleur verte et leur apparence foliacée les rendent difficiles à distinguer. Elles perdent quelquefois leurs formes en se desséchant; il est nécessaire de les tuer promptement avec la benzine ou le chloroforme, et de les soutenir au moyen d’un petit carton piqué sous leur corps, jusqu'à complète dessiccation.

Les Criquets et Sauterelles habitent les prairies et les bois. On les prend en grand nombre en promenant le filet faucheur sur les plantes des prairies, sur les bruyères des clairières et des coteaux arides. Les Courtilières ont une vie toute souterraine, et ne sortent de leurs retraites que la nuit. Les jardiniers les en tirent souvent avec la bêche. On les prend en assez grand nombre en enterrant des pots au niveau du sol, dans les plates-bandes, qu’elles fréquentent de préférence; on met un peu d’eau au fond de ces pots pour les empêcher de s’envoler.

Tous ces insectes se piquent sur le milieu du thorax, de manière à traverser le centre de la poitrine. La grosseur et la mollesse du ventre, dans certaines espèces, rendent nécessaire de vider cette partie du corps et delà remplir de coton imprégné de quelques gouttes de benzine ou d’acide phénique. Quelques entomologistes emploient des préparations arsenicales; mais ces substances sont toujours dangereuses.

Les Grillons se plaisent dans les bruyères ou les sols arides exposés au soleil. Leur chant continuel fait aisément découvrir leur retraite, qui consiste en un petit trou rond; on les en fait facilement sortir en y introduisant une mince tige de graminée ou un crin. L’espèce domestique, le Cricri , habite dans les cheminées de nos maisons et autour des lours des boulangeries.

Il est souvent nécessaire pour l’étude d’étaler les ailes des Orthoptères. On se sert dans ce cas d’un étendoir, comme pour les Lépidoptères, et l’on procède de même; seulement la rainure destinée à recevoir le corps doit être plus large.

Les Névroptères sont souvent parés de brillantes couleurs. Les Libellules ou Demoiselles, les Perles, les Éphémères, les Phryganes, se prennent au vol avec le filet à papillons; on étale leurs ailes comme

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celles des Lépidoptères, et par les mêmes procédés. Quelques Libellules ont un abdomen très-long, d’autres l’ont très-gros, et il arrive souvent qu’il se brise et tombe. Dans le dernier cas on procède comme pour les Orthoptères, c’est-à-dire qu’on fend l’abdomen, qu’on le vide avec soin à l’aide de petites pinces, et qu’on le remplit de coton teint de la couleur de l’insecte, lorsque l’abdomen est transparent. Quand cet organe est très-long et mince, au moyen d’une longue et fine aiguille on introduit sous la tête un fil qu’on fait ressortir par l’extrémité de l’abdomen, puis on coupe ce fil aux deux bouts, à ras du corps. Avant d’introduire ce fil dans le corps de l’insecte, il est bon de le tremper dans l’alcool arséniqué, dans la benzine ou dans une décoction de tabac, ce qui en éloignera les Mites efiles Anthrènes, au moins pendant longtemps.

Les Myrméléons ou Fourmis-lions volent lourdement dans les lieux sablonneux et ensoleillés. Leurs larves sont trèscurieuses, et se creusent dans le sable ou la poussière, au pied des rochers ou des vieux murs exposés au midi, un entonnoir au fond duquel elles attendent en embuscade la proie que le hasard leur envoie.

Les Ascalaphes volent rapidement sur les prairies élevées.

Tous ces insectes se prennent au filet; on peut saisir, au moyen de la pince à raquettes, les Panorpes, les Raphidies et les Mantispes, qui se posent fréquemment sur les buissons et les haies.

Parmi les Libellules, plusieurs espèces sont de grande taille, et tiennent beaucoup de place dans la boîte où on les pique. Pour ménager l’espace, on peut piquer ces insectes à travers les flancs du thorax, en maintenant les ailes par une bande de papier.

Les Hyménoptères se nourrissent la plupart du nectar et du pollen des fleurs; on peut les prendre en grand nombre dans les prairies, les bruyères, les parterres, avec le filet à papillons; mais comme beaucoup d’entre eux sont armés d’un aiguillon dont la piqûre est fort douloureuse, il vaut mieux employer à leur capture la pince à raquettes. Cet instru-

FlG. 443.

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ment, que nous représentons figure 443 (voy. p. 3y5), ressemble à un grand fer à papillotes dont les palettes sont remplacées par des cadres en fer méplat garnis de tulle, rendu souple par le lavage. Cet instrument est très-commode pour prendre les Hyménoptères au repos.

Les Fouisseurs, tels que les Crabroniens et les Sphégiens, doivent être recherchés le long des talus sableux exposés au soleil; c’est là qu’ils creusent leurs nids, et qu’il est plus facile de les saisir à leur entrée ou à leur sortie. On prendra de la même façon les Osmies, les Andrènes les Mégachiles, ainsi que les Chrysides, les Mutilles et d’autres, qui vivent en parasites à leurs dépens. Leurs mœurs, décrites d’ailleurs dans le corps de'cet ouvrage, indiquent les lieux où on doit les rechercher.

Les Fourmis se recueillent facilement dans leurs nids; mais il faut avoir soin d’y prendre les trois sortes d’individus ; autrement il devient difficile de les reconnaître lorsqu’on les a pris isolément.

On se procurera les Cynips et quelques Chalcidiens en récoltant les galles que leurs piqûres font développer sur les végétaux ; d’autres Chalcidiens et les Ichneumoniens, en élevant les chenilles de Papillons piquées par ces insectes.

Les Tenthrédiniens, chez lesquels l’aiguillon est remplacé par une tarière inoffensive, peuvent se prendre au filet; mais un excellent moyen de les obtenir en grand nombre et dans un état parfait de fraîcheur, est de recueillir et d’élever leurs larves, connues sous le nom de fausses chenilles , et qui vivent sur les arbustes et les arbres. Ces fausses chenilles se distinguent facilement des chenilles de Papillons par le nombre des pattes membraneuses ou fausses pattes, qui ne dépassent jamais le nombre de dix dans les vraies chenilles, tandis qu’il y en a quatorze ou seize chez les larves des Tenthrédiniens.

Les Guêpes, les Eumènes et les genres voisins font des nids trèscurieux, qu’ils suspendent souvent aux branches des arbrisseaux. Il sera bon, toutes les fois qu’on le pourra, d’avoir un échantillon de leurs habitations.

Tous ces insectes se piquent au milieu du thorax; comme les nervures des ailes fournissent des caractères importants à la classification, il est

ET CONSERVATION DES INSECTES

nécessaire d’étendre les ailes d’un individu au moins de chaque espèce. Dans le plus grand nombre des Hyménoptères, l’abdomen ne tient au thorax que par un pédicule très-mince; afin d’éviter que cet abdomen ne tombe pendant la dessiccation, on le soutiendra en piquant au-dessous de l’insecte un petit morceau de carte, que l’on n’enlèvera qu’après la dessiccation complète.

Une foule de petits Hyménoptères sont tellement ténus et délicats, qu’on ne peut les piquer avec une épingle, si mince soit-elle; on devra donc les coller à la gomme ou au vernis, sur un petit morceau de papier glacé taillé en pointe, ou les piquer sur un morceau de fil d’argent implanté sur un petit carré de moelle de sureau ou de liège, que l’on fixe lui-même au moyen d’une épingle.

Les Hémiptères ou Punaises vivent en général sur les végétaux; c’est donc là qu’il faut les chercher. Les Coccus, Cochenilles, Lecanium, qui vivent en parasites sur diverses plantes, peuvent se conserver dans de l’alcool affaibli; mais si l’on veut les garder à sec, ceux du moins qui offrent un peu de résistance, il faudra enlever des portions de l’écorce ou de la feuille sur lesquelles ils sont fixés.

Les Aphidiens ou Pucerons sont d’une contexture si molle,, qu’ils sont très-difficiles à conserver; on les pique, comme nous l’avons dit, sur un fil d’argent.

Les Cicadiens, Cigales, Cercopes, Tettigones , Membraces, se récoltent sur les arbustes, les buissons, les haies, l’herbe des prairies; on les pique sur le thorax.

Les Népiens ou Hydrocorises se pêchent dans les eaux stagnantes au moyen du troubleau, comme les Coléoptères aquatiques; mais il faut les prendre avec précaution, car elles piquent fortement avec leur rostre acéré.

Les Géocorises ou Punaises terrestres vivent en général sur les végétaux, dont elles sucent la sève. On en prend un grand nombre soit avec le filet à faucher, soit en battant les arbrisseaux au-dessus d’une nappe. On les pique sur le thorax ou sur l’écusson, qui est très-développé dans certaines espèces. Il faut les piquer à mesure qu’on les prend, ou les

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mettre dans le flacon à cyanure, car l’alcool et la benzine altèrent souvent leur couleur.

Les Diptères vivent la plupart sur les fleurs- on les prend au filet ou à la raquette, et il est bon de les piquer immédiatement; si l’on ne peut faire autrement, on les mettra dans le flacon à cyanure mais non dans la benzine, qui les gâte. On les pique sur le thorax. Les Diptères se conservent assez bien , sans trop se déformer. Les très-petites espèces se piquent sur un fil d’argent de la manière indiquée ci-dessus.

Les Némocères (Cousins,Tipules), si reconnaissables à leur corps allongé, à leur thorax bossu et à leurs pattes longues et déliées, se trouvent généralement dans les lieux frais, humides, à proximité de l’eau où vivent la plupart de leurs larves. Ils volent ordinairement le soir et le matin; on les prend au filet de gaze. Les petites espèces telles que les Cousins, les Moustiques, sont tellement délicats de formes, qu’on ne peut les piquer avec une épingle ni les coller sur papier de verre; il faudra donc les piquer sur un fil d’argent, comme nous l’avons indiqué plus haut.

Les Muscides varient beaucoup dans leurs habitudes : les uns se trouvent dans les bois, d’autres dans les prairies, les marais, un grand nombre sur les fleurs. Souvent les espèces les plus brillantes se posent sur des matières infectes, où il est répugnant de les aller chercher; mais le naturaliste doit savoir surmonter son dégoût.

Certains Diptères, Taons, Hippobosques, sucent le sang des animaux; c’est dans leur voisinage qu’il faudra les chercher. Quelques-uns vivent en parasites aux dépens d’autres insectes, et en particulier sur les chenilles et les chrysalides des Lépidoptères; on les obtient en élevant celles-ci. On en trouve un grand nombre sur les cadavres et sur les fientes d’animaux. Les Notacanthes vivent au bord des eaux où leurs larves habitent.

Les Aptères, Parasites, Poux, Ricins, et les Thysanoures, Podures, Smynthures, Lépismes, trop petits ou trop fragiles pour être piqués, seront séchés avec soin, puis collés sur du papier glacé au moyen de la gomme ou du vernis. Tous ces insectes seront mis dans de petits tubes préparés au cyanure, aussitôt après leur capture.

Nous ne répéterons pas ici tous les détails que nous avons donnés

ET CONSERVATION DES INSECTES

dans notre premier volume des Coléoptères , sur la préparation et la conservation des insectes, et sur l’arrangement des collections.

Il nous suffira de recommander ici aux jeunes amateurs de visiter fréquemment leur collection, afin d’en éloigner les Mites et les Anthrènes , et surtout de placer les cartons ou les boîtes qui la renferment dans des conditions telles, quelle n’ait à craindre ni l’humidité, qui engendre la moisissure, ni la trop grande sécheresse, qui rend les insectes fragiles au point que la moindre secousse leur est fatale.

BIBLIOGRAPHIE

Pendant les froids de l’hiver, lorsque la nature engourdie n’offre plus à l’entomologiste l’attrait de la campagne et les ressources de la chasse, il s’occupe de l’étude et du classement des objets qu’il a recueillis pendant la belle saison. Mais il lui faut, pour se guider dans cette étude, les ouvrages des maîtres de la science. Heureux, s’il peut les acquérir luimême; heureux encore 3 s’il se trouve à proximité de quelque grande bibliothèque publique ou de quelque riche ami des sciences.

Nous donnerons ici une liste abrégée des principaux auteurs à consulter, soit sur l’Entomologie générale, soit sur chacun des ordres d’insectes en particulier.

Sur l’organisation et l’anatomie des insectes, on peut consulter les Leçons d'anatomie comparée de G. Cuvier, Y Introduction de X Histoire naturelle des Insectes d’Emile Blanchard,, par Brullé, 1840, in-8°, et surtout les précieux Mémoires de Léon Dufour, publiés dans les Annales des sciences naturelles.

BIBLIOGRAPHIE

Les mœurs et les procédés des insectes ont été étudiés et décrits par divers auteurs; mais aucun n’a surpassé Réaumur et De Geer, dont les ouvrages., datant du milieu du siècle dernier, sont devenus assez rares chez les libraires. L’abbé de Latreille, surnommé le père de l’entomologie, a, dans son Histoire naturelle des Crustacés et des Insectes (6 vol. in-8°, 1802) et dans son Histoire générale et particulière des Insectes (14 vol. in-8°, 1806), donné un résumé général des observations antérieures sur les mœurs des insectes. Ce même travail a été refait d’une manière plus complète par deux entomologistes anglais, Kirby et Spence, dans leur Introduction à VEntomologie (4 vol. in-8°, 1828), ouvrage dont le professeur Lacordaire a donné en français un excellent abrégé (2 vol. in-8°, i 835 ). Deux ouvrages également remarquables sont ceux des deux Huber. Le premier, François Huber, à laissé des Observations sur les Abeilles (2 vol. in-8°, 1810), chef-d’œuvre d’observation patiente et de sagacité; le second, Pierre Huber, son fils, a publié Y Histoire des Fourmis indigènes (1 vol. in-8°, 1814), ouvrage rempli d’intérêt et de faits curieux.

Les classificateurs et les descripteurs sont les plus nombreux. En tête des classificateurs il faut placer l’illustre Linné, qui le premier, dans son Systema natures, établit les ordres, les familles et les genres. La treizième et dernière édition de cet immortel ouvrage porte la date de 1767. Après lui De Geer a décrit tous les insectes connus de son temps; puis viennent par ordre de date :

Geoffroy, Histoire des insectes des environs de Paris, 2 vol. in-4 0 , 1762.

Herbst, Système de la nature des insectes, 21 vol. in-8°, 1782 à 1806.

Fabricius, Entomologia systematica , 4 vol. in-8°, 1792 à 1798.

Olivier , Entomologie, 6 vol. in-4 0 , 1789 à 1806.

Latreille, Histoire générale et particulière des Crustacés et des Insectes, 14 vol. in-8°, 1806.

— Généra crustaceorum et insectorum, 4 vol. in-8°, 1806.

— Règne animal de Cuvier, Insectes, t. IV et V, 1829.

Blanchard, Histoire naturelle des Insectes, 3 vol. in-8°, 1844.

BIBLIOGRAPHIE

Guérin-Méneville, Iconographie du Règne animal, 5 vol. in-8°.

Burmeister, Handbuch der Entomologie, 6 vol. in-'8°, 1854.

Girard (Maurice),, Les Insectes (en cours de publication).

Les ouvrages spéciaux les plus utiles à consulter sont :

Pour les Orthoptères.

Audinet-Serville, Orthoptères (Suites à Buffon), in-8°.

Stal, Recensio Orthopterorum, 1873, in-8°.

Maurice Girard,, Les Insectes (Orthoptères), t. Il, 1875.

G. Schoch, Catalogue synonymique des Orthoptères d’Europe, in-8°, 1877.

Pour les Névroptères.

D 1 ' Rambur, Les Névroptères (Suites à Buffon), in-8°.

Pictet, Histoire générale et particulière des insectes névroptères, 2 vol. in-8°, 1841. Sélys Longchamps, Monographie des Libellulidées d’Europe, in-8°, 1840.

— Synopsis des Agrionides, in-8 0 , 1860.

Pour les Hyménoptères.

Lepeletier de Saint-Fargeau, Les Hyménoptères (Suites à Buffon), in-8°.

Daiilbom, Hymenoptera Europœa, 2 vol. in-8 0 , 1846.

— Ses diverses Monographies.

Wesmaël, Ichneumologia otia , in-8°, 1857.

Nylander, Formicides de France et d'Algérie, in-8°, 1 856 .

Dours, Catalogue des Hyménoptères de France, in-8°, 1874.

Pour les Hémiptères.

Amyot et Serville, Les Hémiptères (Suites à Buffon), in-8 ü .

Mulsant, Histoire naturelle des Punaises de France, in-8°, 1873.

Stal, Généra Hemipterorum, in-8°, 1874.

— Enumeratio Hemipterorum, 5 vol. in-4 0 , 1876.

Puton, Catalogue des Hémiptères d’Europe, in-8°, 1875.

Pour les Diptères.

Fallen, Diptera Sueciœ, in-8°, 1810.

Meigen, Classification et description des Diptères d’Europe, in-4 0 , 1 & 94 *

BIBLIOGRAPHIE

Macqüart, Les Diptères (Suites à Buffoii)^ in-8°.

Robineau Desvoidy , Histoire des Diptères des environs de Paris, 2 vol. in-8 0 ., 1 863 Pour les Aptères et Parasites.

Nitzsc.Ij Insecta epi^oïca.

Parmi les recueils scientifiques consacrés aux insectes, nous citerons en première ligne les Annales de là Société entomologique de France • ceux de Belgique, d’Angleterre et d’Allemagne, où se publient d’excellents mémoires et des monographies.

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