CHASSE, PRÉPARATION ET CONSERVATION DES COLÉOPTÈRES
Il y a deux manières de former une collection: la première consiste à se procurer les objets à prix d’argent; il n’est pas donné à tout le monde d’employer ce moyen; la seconde consiste à les recueillir soi-même au moyen de chasses.
Le véritable entomologiste n’est pas celui qui se contente de rassembler le plus grand nombre d’insectes possible pour en former une collection en les rangeant et les étiquetant dans des boîtes. Celui-là n’est qu’un collectionneur qui n’a, le plus souvent, d’autre but que de satisfaire son goût pour la possession. Une collection pour lui n’a de prix qu’en raison du nombre de choses rares qu’elle cantient et de l’argent quelle lui a coûté.
Pour le vrai naturaliste, la collection est l’occasion d’étudier les mœurs de chaque insecte, ses métamorphoses, les prodiges de son organisation et de son industrie. Pour lui la collection est un instrument d’étude.
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Il ne suffit pas d’observer les insectes dans la campagne et de les examiner un instant; la multitude et la variété des objets auraient bientôt troublé nos souvenirs, et le plaisir passager de nos recherches serait sans fruit. C’est par des comparaisons que nous acquerrons des notions précises sur ces petits animaux; il est par conséquent nécessaire, à mesure que nous en aurons examiné quelques-uns, de les conserver avec ordre en inscrivant au-dessous de chacun d’eux le nom qu’on est convenu de leur donner.
Pour celui qui commence une collection, chaque pas amène une découverte, une jouissance nouvelle. « Il n’y a point d’expressions pour
rendre la joie de ces innocentes usurpations de la science sur la nature rebelle et mystérieuse »
— dit Charles Nodier, dans ses Souvenirs de jeunesse. — Mais nous avons déjà fait ressortir dans l’Introduction de cet ouvrage l’utilité et l’agrément de cette science. Mettons-nous donc en chasse sans plus tarder. Parcourons les champs, les coteaux, les forêts; suivons le cours ombragé des ruisseaux; interrogeons leurs eaux; cherchons, observons, et nous en serons largement récompensés.
Mais avant de partir pour la chasse, il faut nous munir de quelques instruments indispensables, quoique fort simples et peu coûteux. C’est d’abord une boîte, garnie au fond de liège ou de toute autre substance tendre; des flacons à large goulot remplis soit d’alcool, soit de sciure de bois; un filet, des épingles, des brucelles, une loupe, un bon couteau. Tel est l’attirail du chasseur d’insectes que ncfus allons décrire avec quelques détails.
La Boite de chasse n’est plus guère employée aujourd’hui, lorsqu’on
FIG. 324
CHASSE DES COLÉOPTÈRES. 193
ne prend que les Coléoptères; quelques-uns, cependant, s’en servent encore. Elle doit être, dans ce cas, en planchettes de bois mince et léger, ou mieux en fer-blanc. Ses dimensions sont indifférentes; mais sa profondeur doit être de 5o millimètres au moins. Le fond en sera garni d’une bonne lame de liège, épaisse de 5 à 7 millimètres, fixée avec de la colle forte et recouverte ou non de papier blanc.
Pour lâchasse aux Coléoptères, la boîte de chasse n’a pas besoin d’être très-grande, parce que l’on n’y pique que les insectes dont le corps hérissé de poils, couvert d’écailles ou d’une poussière colorée, se détériorerait dans les liquides ou par le frottement. Tous les autres peuvent se mettre dans les flacons, pour être piqués à l’aise au retour de la chasse. Pour plus de commodité, on adaptera une courroie aux côtés de la boîte, afin de pouvoir la porter sur l’épaule (fig. 325).
Les épingles dont on se sert pour piquer les insectes, sont fabriquées spécialement pour cet objet. Leur longueur et leur grosseur doivent être en raison de la grosseur et de la force de l’insecte quelles sont destinées à fixer. Autant que possible, leur longueur doit être uniforme; celles de 36 millimètres nous semblent les plus convenables. Les épingles allemandes sont meilleures que celles de fabrication française, mais elles coûtent un peu plus cher. On doit observer qu’il vaut mieux se servir à la chasse d’une épingle plutôt fine que grosse, parce que, si on la remplace plus tard pour fixer définitivement l’insecte dans la collection, il faut que la nouvelle épingle soit prise d’un numéro au-dessus, afin qu’elle remplisse bien le trou de la première et soit solidement attachée à l’animal.
Comme grosseur, les n°^ 3, 4 , 5, et 6 nous semblent les plus commodes, et très-suffisants pour tous les insectes que l’on peut piquer. Ces numéros s’appliquent aux épingles françaises, dont les plus fines commencent au n" I. Il faut observer que, pour les épingles allemandes, ce sont au contraire les plus grosses qui commencent au n° i.
On pique les insectes Coléoptères sur l’élytre droit, en haut et au tiers environ de la largeur de l’aile, du côté de la suture, de telle façon que
Fig. 325. — Boîte de chasse.
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l’épingle passe en-dessous entre la 2® et la 3^ paire de pattes, en ayant bien soin d éviter qu elle n enlève un de ces membres, ce qui arrive parfois. Pour plus de régularité, il est nécessaire que les insectes soient piqués à la même hauteur, et on laisse généralement dépasser l'épingle au-dessus de l’insecte du tiers de sa longueur.
Quelques insectes Coléoptères ont des téguments tellement durs qu’il est presque impossible de les piquer avec une épingle ordinaire et que la pointe de celle-ci s émousse et se recourbe sans pouvoir y pénétrer. Il faut donc se munir d une ou de deux aiguilles fines, emmanchées dans un petit bout de jonc, à l’aide desquelles on puisse percer d’abord un petit trou dans l’élytre, pour y faire pénétrer l’épingle.
Pour plus de commodité, les épingles de diverses grosseurs peuvent etre piquées sur une petite pelote faite de deux morceaux de carton ronds, recouverts d’étoffe et reliés entre eux par un fort ruban qui en forme la tranche; c’est sur ce ruban que se piquent les épingles et l’on peut remplir le vide entre les deux cartons avec de la sciure de bois ou du son. Il est plus commode de suspendre cette pelote par un cordon à la boutonnière, afin d’avoir toujours sous la main les épingles dont on peut avoir besoin (fig. 326).
11 faut, en outre, se munir de deux ou trois flacons bien bouchés, l’un contenant de 1 alcool arsénié, les deux autres remplis au tiers de sciure de bois sur laquelle on versera quelques gouttes de chloroforme ou de benzine et dans lesquels on pourra jeter tous les insectes qui n’ont pas à redouter 1 action de ces liquides. Ils y seront asphyxiés sur-le-champ, et n’auront pas le temps de briser ceux qui s’y trouveront déjà, soit en se débattant, soit avec leurs mandibules. On peut d’ailleurs, sans inconvénient, jeter dans le flacon d alcool arsénié les gros insectes de couleurs sombres et notamment les Carabiques. Un entomologiste anglais, M. WollastoUj conseille de remplacer la sciure de bois imprégnée de liquide par des feuilles de laurier-cerise grossièrement hachées; les insectes y sont promptement asphyxiés^ ne s’y détériorent nullement et y conservent même leur flexibilité pendant plusieurs mois.
PlG. 326. — !ote à épingles.
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Quant au cyanure de potassium qu’emploient quelques entomologistes, nous ne le conseillons pas; car c’est une substance très-dangereuse. La plus petite parcelle de ce sel mise en contact arec une écorchure ou une coupure, peut causer des accidents graves; elle a en outre l’inconvénient d’altérer certaines couleurs tendres.
On devra prendre aussi quelques petits tubes de verre de 4 à 5 centimètres de longueur et gros comme le doigt, munis de leur bouchon, pour y renfermer des espèces rares que l’on craindrait de perdre ou de gâter en les mêlant avec les autres, ou pour y mettre des objets qui pourraient se déformer dans la sciure humide, tels que nids, coques, nymphes, etc. Un entomologiste doit toujours avoir quelques-uns de ces petits tubes dans sa poche, même lorsqu’il ne chasse pas; ils sont très-commodes pour recueillir ce qu’un heureux hasard peut lui faire rencontrer, même dans les rues d’une ville. Il m’est arrivé maintes fois de rencontrer ainsi sous mes pas des espèces assez rares.
Des pinces sont indispensables pour prendre les insectes qui vivent dans les fumiers, les bouses ou sur les cadavres, ou bien pour les saisir dans les fentes des écorces ou dans les mousses où l’on ne pourrait les prendre avec les doigts. Les plus convenables sont celles dont se servent les horlogers et qui sont connues dans le commerce sous le nom de brucelles (fig. 327). Il faut avoir, en outre, pour enfoncer les épingles dans les boîtes, de fortes pinces à branches recourbées (fig. 328).
Deux filets au moins sont nécessaires pour la chasse aux Coléoptères;
l’un, semblable à celui que l’on emploie pour la chasse aux papillons, destiné à prendre les espèces qui volent, doit être fait d’une fine gaze dégommée dans l’eau bouillante, en forme de poche de 35 à 40 centimètres de profondeur, et de 25 à 3o centimètres de diamètre, avec le fond arrondi. Pour plus de solidité, on en bordera l’ouverture tout autour avec un fort ruban de fil formant coulisse. Dans cette coulisse
FiG. 327. — Brucelles.
Fio. 328. — Pinces recourbées.
on glisse un fort fil de fer que l’on arrondit en cercle en recourbant les deux extrémités de manière à pouvoir les introduire dans l’ouyerture d’une canne creuse, où on les assujettit à l’aide d’une forte cheville de bois (fig.‘ 329). On trouve à acheter ces filets tout faits et fort élégants, avec le cercle se vissant sur la canne ou même se pliant en deux.
Comme il est parfois désagréable de traverser la ville ou de monter en chemin de fer un filet à la main, ce qui vous expose aux quolibets des sots^ j’ai adopté un système fort léger et fort commode indiqué par M. Douglas. 11 consiste en une armature en cuivre que vous construira, sur vos indications, le premier serrurier venu. Cette armature est formée de deux branches en tube de cuivre mince, soudées sur un tube plus fort de manière à figurer un Y à branches Irès-évasées. Le tube du tronc doit avoir environ 60 millimètres de longueur et 16 millimètres de diamètre, de façon à pouvoir s’emmancher au bout d’une canne. Les tubes des branches doivent avoir 55 millimètres de longueur et 9 millimètres de diamètre seulement. Dans une de ces branches on fait entrer le bout d’une baguette de jonc ou d’une forte baleine ronde que l’on recourbe de manière à faire entrer l’autre bout dans la seconde branche de l’armature en cuivre; elle forme ainsi un cercle sur lequel on peut monter son filet au moyen de la coulisse dont il est bordé. Cette baguette de jonc ou de baleine peut aisément se rouler de façon à être mise au fond du chapeau; l’armature et le filet se mettent facilement dans la poche, et l’on part la canne à la main.
Le second filet est destiné à pêcher les insectes d’eau; on le nomme troubleau. Il doit être plus solide que le premier et fait d’un canevas clair et fort dont le tissu soit assez lâche pour que l’eau puisse s’écouler facilement, mais en même temps assez serré pour retenir les plus petits insectes d’eau.
Ici la monture en fil de fer ne doit pas être arrondie en cercle, mais pliée en demi-cercle, c’est-à-dire terminée par une ligne droite (fig. 33o).
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On le traîne au fond des eaux peu profondes, à travers les plantes aquatiques et en râclant le fond.
Le premier filet peut servir à faucher^ c’est-à-dire être promené d’un côté à l’autre comme la faux d’un moissonneur sur les touffes d’herbes, sur les prairies et sur les buissons. Il se remplira ainsi d’une foule d’insectes qu’il ne s’agira plus que de trier au rnilieu des débris de plantes qu on entraîne avec eux, en renversant le contenu du filet sur une nappe. Mais cet exercice aurait bien vite usé le filet de gaze; aussi vaut-il mieux en avoir un autre pour cet usage, fait de grosse toile et monté sur un cercle plus fort.
La sciure de bois la meilleure à employer, soit pour mettre dans les flacons de chasse, soit pour transporter les insectes en voyage, est celle de bois blanc. On aura soin de la tamiser d’abord dans un crible fin pour la débarrasser de la poussière, puis dans un tamis plus gros pour ne conserver que celle de grosseur moyenne et retenir les débris et les grumeaux. On peut la rendre plus pure en la lavant à fig. 330.-Troubleau, grande eau et la faisant sécher ensuite.
Le chasseur d’insectes fera bien de se munir d’un petit flacon d’ammoniaque ou d’acide phénique ^ pour le cas où il se trouverait piqué par quelque frélon, quelque guêpe ou par une mouche venimeuse. Il peut aussi se rencontrer, dans les localités explorées par lui, des vipères ou des scorpions dont la piqûre est dangereuse.
Chasse. — Les insectes se rencontrent partout; les uns sont aquatiques et vivent au sein des eaux; les autres, en bien plus grand nombre, sont terrestres et ont des habitudes très-variées; on en rencontre courant sur la terre ou sur le sable, on en trouve dans les fientes des animaux, dans la terre, sous les pierres, sous la mousse, à la racine des végétaux, dans les troncs ou sous les écorces des arbres, dans les cadavres en putréfaction, dans les matières animales et végétales en décomposition, dans celles qui sont desséchées. Enfin on en voit fréquemment sur les fleurs et les feuilles des végétaux; il n’y a peut-être pas une plante qui ne nour-
risse cinq OU six espèces d’ordres différents. Les uns sont diurnes, les autres sont nocturnes; ceux-ci se tiennent cachés pendant le jour et ne sortent de leur retraite que la nuit pour chercher une proie.
Mais bien que les insectes existent partout, celui qui ne ferait que ramasser ceux qui se présentent devant lui, risquerait fort de ne recueillir que les espèces les plus communes, et les neuf dixièmes, au moins, des insectes du pays qu’il habite resteraient inconnus pour lui. Chaque espèce a des conditions d’existence et des habitudes particulières, et celui qui connaît bien leurs mœurs sait seul où et comment les trouver. Sans cette connaissance, que l’on n’acquiert que par l’observation, on ne peut espérer ni chasse fructueuse ni rencontre d'espèces rares, sauf les cas fortuits où un hasard heureux fera trouver l’une d’elles. Cependant certains groupes offrent, au point de vue des mœurs, une remarquable analogie^ comme on a pu le remarquer dans la revue générale des familles qui précède.
Il faudra donc chercher les insectes le long des chemins, sous les pierres qui les bordent; sous celles qui se trouvent dans les champs et surtout dans les fossés ou au bord des eaux; dans les bois, sous les pierres et les mousses, aussi bien sous celles qui revêtent les roches que sous celles qui recouvrent le tronc et les racines des gros arbres.
Sur les plantes, il faudra visiter les tiges^ les feuilles et les fleurs. Sur les arbustes et les petits arbres, on recueillera beaucoup d’insectes par le moyen suivant : on étendra à terre, tout autour de leur tige, une nappe,
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puis on secouera les branches de manière à faire tomber sur le linge les insectes qui se trouvent sur les feuilles. Cette chasse est fructueuse, surtout de grand matin, alors que
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les insectes encore engourdis par la fraîcheur de la nuit ne peuvent ni courir ni s’envoler. Il faudra également battre les haies, les buissons et les branches basses des grands arbres : il est alors plus commode d’employer un grand parasol de coutil, doublé en dedans d’étoffe blanche et à manche brisé, c’est-à-dire pouvant se plier à angle droit au moyen d’une charnière; on tient de la main gauche le parasol ouvert et renversé sous les branches, que l’on bat de la main droite armée d’une canne, de façon que les insectes tombent dedans (fig. 33i). Ce parasol peut être en outre fort utile pour s’abriter contre les rayons d’un soleil trop ardent ou même contre une averse inattendue. Il peut facilement, étant fermé, s’attacher sur le sac de voyage qui renferme tous les objets dont on peut avoir besoin (fîg. 332).
Au printemps, lorsque les prairies sont en fleurs, on peut ramasser au filet, en fauchant, un assez grand nombre d’insectes, surtout des Chrysomélides et des Charançons. Les lisières des bois et les haies doivent être également explorées. Le soir, au crépuscule, le fauchage produit de bons résultats : on prend ainsi des insectes qu’on cherchait vainement pendant le jour; mais il faut pour cela qu’il n’y ait point de rosée, parce que^ dans ce cas, non-seulement il y aura peu d’insectes, mais encore ceux que l’on prendra formeront une véritable bouillie avec les débris végétaux qui tomberont dans le filet.
Il ne faut pas négliger de soulever l’écorce des vieux arbres et de visiter leur carie. On se sert pour cela d’un instrument nommé écorçoir; c’est un morceau de fer qui a la forme d’un fer de lance ou d’une houlette, à bords tranchants et légèrement recourbés; il doit être emmanché dans une poignée de bois solide.
La plupart des champignons nourrissent une foule d’insectes, que l’on trouve soit entre les feuillets qui garnissent le dessous de leur chapeau, soit dans leur substance charnue. On les déchiquette sur la nappe, et après avoir recueilli les individus qui en sont tombés, on tamise les débris en
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les secouant assez fortement. C’est dans la poussière des Lycoperdonsou Vesses de loups que l’on trouve les Lycoperdina et Pocadius en automne. On recueillera dans un bocal bouché les grands Bolets ou champignons ligneux qui croissent sur les arbres et les vieilles poutres; on en voit sortir de temps à autre de bonnes espèces de Cryptophages.
On devra porter ses investigations dans les matières excrémentitielles, surtout celles des herbivores; les recherches dans ces matières, quoique désagréables, dédommagent toujours le naturaliste, parce qu’il y trouve une foule d’insectes dont quelques-uns parfois fort rares. Il en est de même des cadavres d’animaux en putréfaction. Cette dernière recherche demande toutefois certaines précautions: il faut avoir soin de se mettre au-dessus du vent, et d’éviter le contact immédiat. Tous ces insectes peuvent se jeter dans le flacon à alcool, ne fût-ce que pour les nettoyer; mais il faudra les en retirer au retour de la chasse. Toutefois ceux de ces insectes qui seront couverts de poils ou revêtus de couleurs claires devront être, piqués de suite, ou mis dans la sciure benzinée. Les Bousiers (Géotrupes, Copris) se creusent souvent des trous profonds sous les bouses; après avoir enlevé celles-ci, on enfonce un fil de fer dans la galerie pour ne pas en perdre la trace, puis on creuse la terre avec une spatule de fer ou l’écorçoir. Par ce moyen on trouvera le Copris lunaire, le Géotrupe phalangiste et d’autres grosses espèces. Le fumier de ferme ainsi que les végétaux mis en tas et abandonnés à une décomposition lente, sont recherchés par beaucoup de petits insectes, tels que les Cryptophages, les Lathridiens, les Psélaphiens.
Les vieilles souches et les arbres morts procurent souvent d’excellentes espèces : on trouvera des Xylophages sous l’écorce, et dans les trous nombreux dont est percé le tronc, des Longicornes et des Élatérides. Pour faire sortir ces insectes de leur retraite, on emploie la fumée de tabac insufflée au moyen d’une pipe ; si l’on n’est pas fumeur^ on peut employer le petit appareil dont se servent les jardiniers pour enfumer les pucerons. A la suite d’un orage, on trouvera dans les bois beaucoup de branches sèches cassées, on les examinera avec soin, et l’on recueillera toutes celles qui présentent des perforations.:En mettant ces fragments dans une caisse.
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OU dans un bocal, lorsque leurs dimensions le permettront, on en verra sortir de temps à autre quelqu’insecte Xylophage; on prend ainsi parfois des espèces fort rares.
Les insectes d’eau, Hydrocanthares et Hydrophiles, se pèchent dans les eaux dormantes des mares, des fossés et des étangs au moyen du troubleau dont nous avons parlé plus haut. On aperçoit aisément qu’une pièce d’eau est habitée par ces insectes parce que, de temps à autre, ils sont obligés de venir respirer l’air en présentant l’anus à la surface de l’eau et en soulevant leurs, élytres. L’automne est la saison où les insectes d’eau sont le plus abondants; cependant quelques-uns ne se recontrent qu’au printemps. Un excellent moyen de se procurer ces insectes en grand nombre, consiste à épier toutes les occasions où se vide l’eau des mares et des étangs, soit pour la pêche, soit pour autre chose; on n’a plus qu’à les ramasser sur le fond vasseux. Il faut aussi visiter les herbes et autres matières que les pêcheurs sortent de l’eau en retirant leurs filets. Bien que les eaux tranquilles soient le séjour préféré du plus grand nombre des insectes d’eau, on en rencontre dans les eaux vives des rivières et des torrents et jusque dans les eaux glacées des hautes montagnes.
Au bord de la mer, on trouve fréquemment de bonnes espèces sous les pierres et sous les paquets de fucus que les eaux ont rejetés sur la plage. On y trouvera les Pogonus, Nebria, Bledius, Micralymma. Sur les plantes qui croissent au bord des eaux saumâtres sè rencontrent des espèces spéciales, et sur les plages sablonneuses volent au soleil de jolies Cicindèles. A marée basse, on rencontrera sur le sable encore humide que recouvrait la mer, les Diglossa, Cillenum, Aepus.
Beaucoup d’insectes s’enterrent dans le sable ou sous les graviers au bord des eaux; on les fera sortir en y jetant de l’eau ou en piétinant fortement le sol qui ne tarde pas à devenir demi-liquide, et bientôt on les voit courir à la surface. ’On prend ainsi les Omophron, les Elaphres, Notiophiles, Bembidiiim, Pœderus^ Georyssus, etc. Dans les marais à demi desséchés, c’est sous les plaques de terre fendillée et la base des plantes que se cachent les petits Carabiques, les Staphylins, les Hétérocères, etc. Sur les plantes aquatiques qui croissent le pied dans l’eau, on trouve les Dona-
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des aux brillantes couleurs, et dans leurs racines les Hœmonia. Pour se procurer celles-ci, il faut plonger le bras dans la vase et enlever la plante avec ses racines, qu’on lavera dans un vase avec de l’eau fraîche.
Les sablières sont de bons endroits à visiter, surtout lorsqu’on en trouve dont les parois sont verticales; une foule d’insectes y tombent, entraînés par le sable, et ceux qui sont aptères ne peuvent plus s’en échapper. Sur les dunes et les étendues de sable qui bordent la mer, il semble que la nature soit morte et que les insectes ne peuvent s’y trouver. C’est une erreur. Outre les mélasomes qui, dans le midi, en parcourent la surface, et les carnassiers que leur présence y attire dès qu’il s’y produit un vestige de végétation, un brin d’herbe, une tige de graminée, une touffe de carex, il y a chance de trouver quelque insecte à sa racine. Pour se les procurer, on creuse à un ou deux décimètres au-dessous de la plante, de manière que le sable qui entoure les racines entraîne en s’écoulant les insectes qui pourraient s’y trouver cachés. Là où les dunes sont relativement riches en végétation, on trouve de nombreux insectes courant çà et là sur le sol ou se cachant sous les feuilles et les herbes.
On peut chasser en toute saison; car bien que les insectes soient plus nombreux et plus faciles à trouver au printemps et en été, les mois d’hiver peuvent procurer à l’entomologiste habile et patient d’excellentes récoltes. Pendant l’hiver, on ramasse les feuilles sèches entassées au pied des arbres, les mousses qui recouvrent le sol; on râcle celles qui croissent sur le tronc des arbres; on recueille tous ces débris et on les tamise sur des cribles de diverses grandeurs de façon à laisser passer au travers tous les petits détritus et les insectes qui peuvent s’y trouver mêlés. Pour tamiser les feuilles sèches, on emploie souvent un filet à larges mailles d’environ I centimètre carré; ce filet est cylindrique, dans la forme des nasses à prendre le poisson, assez long pour qu’on puisse le saisir solidement aux deux bouts pour le secouer au-dessus de la nappe; il doit être fermé à l’une de ses extrémités et ouvert à l’autre pour y introduire les feuilles; deux cercles de baleine de 25 à 3o centimètres de diamètre le maintiennent en dedans.
Les fagots de bois mort procureront souvent aussi de bonnes espèces:
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en les secouant fortement ou en les battant au-dessus de la nappe, puis en tamisant les débris on y trouvera des Drypta, Dromius, Lebia,etc.
C’est également en hiver que Ton pourra visiter les fourmilières le plus commodément; en effet, dans cette saison, on y trouvera engourdis, nonseulement les insectes qui y vivent d’habitude, tels que Staphylins, Histers, Psélaphiens, mais encore beaucoup d’autres qui sont venus y chercher un abri contre les rigueurs de la saison. Les fourmis sont mortes ou engourdies à cette époque, ce qui dispense des précautions nécessaires au printemps et en été pour se mettre à l’abri des morsures douloureuses que ces petits animaux infligent à ceux qui viennent alors porter le trouble dans leurs habitations. C’est surtout dans les fourmilières en cône de la fourmi rousse et dans celles que creuse la fourmi fuligineuse dans le creux des arbres que les recherches pourront être fructueuses. C’est dans la partie centrale de la fourmilière que l’on trouve les insectes en plus grand nombre. Les nids des petites fourmis jaunes établis sous les pierres sont aussi fréquentés par divers Brachélytres; on y trouve des Lomechusa, des Myrmica. Il faudra visiter avec soin la face inférieure de ces pierres, dans les anfractuosités desquelles on peut trouver deux insectes très-rares partout ailleurs : VHœterius qiiadratus et le Claviger foveolatus. Il est bon également de ramasser les feuilles sèches qui se trouvent aux environs de la fourmilière et de les tamiser au-dessus de la nappe; on y trouvera plusieurs petits Staphylins, entre autres des Myrmedonia.
Lorsque les rivières débordent et s’étendent sur les terrains plats, leurs eaux entraînent dans leur cours une quantité considérable de débris végétaux qui viennent échouer sur le bord et au milieu desquels se trouvent presque toujours une foule d’insectes de tous les ordres. On en rencontre parfois qui viennent de fort loin, et que l’on ne trouverait pas autrement, entraînés qu’ils sont par les torrents des montagnes qui les ont apportés jusqu’à la rivière. C’est ainsi qu’on trouve le Polystichus fasciolatus^ que l’on ne rencontre jamais autrement aux environs de Paris.
Le moment le plus favorable pour recueillir ces débris est pendant les premiers jours où les eaux baissent; plus tard, lorsque les détritus sont
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secs, le plus grand nombre des insectes se sont échappés pour aller à la recherche de localités plus favorables à leur mode d’existence.
Quelques insectes passent leur existence dans les grottes et les cavernes obscures, tels sont les Adelops, les Anophthalmus, les Pholeuon. On les trouve dans les parties les plus profondes des cavernes les plus obscures, accrochés aux stalactites, cachés dans les crevasses des parois ou même enfouis dans la terre humide du sol. La plupart de ces insectes sont aveugles j en effet, qu’eussent-ils fait de leurs yeux? Comme on le pense bien, ces insectes sont fort difficiles à trouver. Un moyen assez simple de se procurer sans grande fatigue ces singuliers insectes est de déposer sur le sol des cavernes quelques débris organiques, une tête de mouton décharnée par exemple; on attire ainsi les insectes qu’on saisit facilement.
Dans les caves et les celliers obscurs vivent quelques insectes; les uns, tels que le Sphodrusplanustt le Pristonychiis terricola^ y vivent de proie; les autres se tiennent sous les poutres et les tonneaux, les détritus humides; ce sont les Atomaria^ Lathridiiis^ Langelandia^ Anommatus. On y rencontre aussi le Blaps mortisaga. Les nids des chenilles et ceux de plusieurs insectes hyménoptères renferment souvent des Coléoptères qui paraissent y vivre en parasites. C’est ainsi que le Metœcus paradoxus ne s-e trouve que dans les nids des guêpes, le Velleius dilatatus dans ceux des frelons ou aux environs. Lorsqu’on a découvert un de ces nids, on peut, le soir, quand tous les habitants sont rentrés et reposent, fermer l’ouverture par un tampon de coton imbibé de chloroforme ou de benzine; les vapeurs qui émanent de ces substances auront bientôt asphyxié ou engourdi ces insectes dont l’aiguillon est redoutable et l’on pourra sans danger faire l’examen de leurs cellules.
Une autre espèce d’hyménoptère, le Cerceris bupresticida, creuse son nid à plusieurs pieds sous terre et y enfouit une quantité de Buprestes pour servir de nourriture à ses larves. Il faut rechercher les nids de cet hyménoptère, on est sûr d’y rencontrer des espèces rares en nombre.
En terminant ces quelques détails sur la chasse des insectes, nous recommanderons aux jeunes entomologistes d’avoir soin, lorsqu’ils chercheront sous les pierres, de toujours remettre celles-ci en place, afin de
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se réserver plus tard de nouvelles captures. Nous leur conseillerons aussi de prendre tout ce qu’ils rencontreront, quitte à rejeter plus tard les espèces trop communes; il existe en effet un grand nombre d’espèces qui ne diffèrent les unes des autres que par des caractères difficiles à distinguer au premier coup d’œil, et l’on risque souvent délaisser échapper des espèces ou des variétés très-intéressantes. Nous ne saurions trop leur recommander aussi d’accompagner chaque insecte d’une étiquette indiquant la date, le lieu et les circonstances dans lesquels ils l’ont trouvé, ou d’un numéro de renvoi aux notes qu’ils consigneront sur un carnet. Ils ne sauraient croire combien de plaisir ils se préparent ainsi dans l’avenir avec ces notes commémoratives; combien d’agréables souvenirs elles réveilleront en eux; combien de problèmes dont ils trouveront plus tard la solution.
Préparation des Coléoptères. — Au retour de la chasse, il faut retirer des flacons le produit de ses recherches, pour piquer ou coller les insectes suivant leur taille. On devra d’abord les nettoyer avec soin à l’aide d’un pinceau doux et d’alcool; puis les laisser sécher à l’abri de la poussière dans des doubles de papier de soie repliés plusieurs fois en forme de portefeuilles. On peut leur laisser passer la nuit en cet état. On devra ensuite piquer les plus gros, comme nous l’avons dit, sur l’élytre droit, à un tiers environ de la suture et vers le haut, en laissant dépasser l’épingle en dessus du tiers environ de sa longueur.
Quand les insectes sont piqués, il faut leur donner, pendant qu’ils sont encore flexibles, la position qu’ils devront garder dans la collection. Quelques amateurs ont l’habitude d’étaler les pattes et les antennes des insectes, comme lorsque ceux-ci sont vivants. Cela peut être plus naturel et plus joli; mais c’est, croyons-nous, une mauvaise méthode, parce que non-seulement ils occupent beaucoup plus de place dans les boîtes, mais encore que l’on risque à chaque instant de leur briser les membres. Il vaut mieux ramener les antennes en arrière, le long du corps, et replier les pattes, les antérieures en avant et soüs le corselet, et les quatre postérieures en arrière sous le ventre.
Il ne faut jamais placer dans la collection ni même dans les boîtes de
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doubles les insectes nouvellement piqués; il est bon de les laisser sécher avant, pendant quelques jours, sans cela ils pourraient se couvrir de moisissure. On piquera donc les insectes provenant de chasses récentes sur une planche de liège ou d’agave que Ton placera pendant une quinzaine de jours dans une armoire ou une bibliothèque où ils puissent sécher lentement à l’abri de la poussière. Lorsqu’ils seront bien secs, on les plongera dans la benzine ou dans l’alcool arsénié pendant vingt-quatre heures, avant de les mettre dans les boîtes; cette préparation les mettra à l’abri des attaques des mites et des larves.
Généralement, on peut piquer facilement tous les insectes dont la longueur dépasse 6 ou 7 millimètres; cependant quelques collectionneurs collent sur carton tous ceux dont la taille n’excède pas 10 millimètres. — On emploie pour coller les petits insectes le carton bristol; le meilleur, comme épaisseur et comme solidité, nous paraît être celui dont se servent les photographes pour les portraits-cartes. On coupe cette carte en bandelettes de 4 à 5 millimètres de largeur, que l’on divise ensuite en petites pièces rectangulaires, à peu près deux fois aussi longues que larges. Au moyen d’une petite tige de baleine ou d’une plume taillée en curedent, on puise une gouttelette de gomme arabique que l’on dépose à la partie antérieure du petit carton, en l’y étalant de manière à lui donner à peu près la dimension de l’insecte; puis on y applique celui-ci, à plat sur le ventre, en le saisissant à l’aide de la pointe humide d’un pinceau, s’il est très-petit, ou avec les brucelles, s’il est plus gros. Lorsqu’on possède plusieurs exemplaires d’une .espèce que sa petitesse oblige de fixer ainsi, il est bon d’en coller un ou deux sur le dos, de manière à pouvoir étudier le dessous du corps. 11 faut avoir soin de ne pas mettre une trop grande quantité de gomme qui déborderait tout autour ou même recouvrirait 1 insecte. Lorsqu’on a fini de coller les insectes sur les petits cartons, il faut piquer ceux-ci avec une épingle, et l’on peut piquer après la même épingle plusieurs exemplaires d’une même espèce en laissant entre chacun d eux un espace de quelques millimètres. On peut encore coller plusieurs individus de la même espèce, à égale distance l’un de l'autre, sur une longue bande de carte, piquée au milieu par une seule épingle;
PRÉPARATION DES COLÉOPTÈRES
ce système offre l’avantage de les laisser tous voir d'un seul coup d’œil, mais il tient plus de place que celui des brochettes.
Quelques entomologistes coupent leur petit support de carte en forme de triangle allongé, dont ils glissent la pointe entre les pattes sous le ventre; de cette façon, l’insecte fait saillie hors du support; il court plus de risques de se briser, et n’étant fixé que par un point à l’angle du carton, il se détache au moindre choc. On emploie parfois, au lieu de carte, des feuilles minces de mica pour coller les insectes; mais outre que cette substance est assez chère, elle est très-cassante et offre toujours un miroitement désagréable. Quant à la carte porcelaine, il faut s'en abstenir, le carbonate de plomb dont elle est faite, noircissant sous l’influence des émanations sulfureuses et s’écaillant souvent sous la gomme.
La gomme destinée à coller les petits insectes sur le carton ou à raccommoder les parties brisées d’un insecte, ne doit pas être de la gomme arabique pure; celle-ci devient en effet extrêmement cassante lorsqu’elle est sèche et il suffit souvent d’une secousse un peu brusque pour voir se détacher du point où il était collé, soit un insecte parfois fort rare, soit un membre ou une antenne recollés. Il faut pour lui donner plus de souplesse et de ténacité y mélanger environ un tiers de son poids de beau sucre blanc, et comme cette solution est très-sujette à moisir, on y ajoutera deux ou trois gouttes d’acide phénique dissous dans l’alcool. Il faut toujours se servir de gomme en morceaux; la gomme en poudre est altérée par la trituration et se transforme en amidon, ce qui donne une gomme opaque et peu tenace. Quelque pure que soit la gomme que l’on emploie, il faudra toujours passer la dissolution dans un linge fin.
Ramollissoir. — Lorsqu’on veut changer l’attitude d’un insecte ou le coller sur un autre support, il faut le ramollir, sinon ses membres desséchés se briseraient comme du verre. Pour cela faire, on le pique sur du grès mouillé, au fond d’un vase qui ferme hermétiquement, et au bout de huit à dix heures il a repris assez de flexibilité pour que l’on puisse le manier sans crainte de le briser. Ceux qui sont collés sur carte devront être jetés dans l’eau distillée jusqu’à ce que l’insecte se détache de son
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support; puis lavés à l’alcool et bien séchés dans le papier de soie avant d’être recollés.
Il faut avoir quelques pinceaux doux à aquarelle pour laver les insectes au besoin, et un ou deux petits pinceaux en marte un peu durs, avec un manche de bois tels que ceux qu’on emploie pour la peinture à l'huile. A l’extrémité de ce manche, on enfonce par la tête une aiguille qui sert à étaler les antennes et les pattes et à une foule d’autres usages.
Microscope. — Il est indispensable, pour l’étude des insectes, d’avoir non-seulement une bonne loupe, mais encore un microscope pour voir les très-petits insectes et les détails de leur organisation. La loupe la plus commode est celle à trois branches avec monture en corne, dont se servent les botanistes, et qui donne des grossissements de quatre à dix fois en diamètre. Mais lorsqu’on a besoin d’un plus fort grossissement, on ne peut plus employer des lentilles simples, dont le trop court foyer déforme beaucoup les objets; on emploie alors des combinaisons de deux lentilles que l’on nomme doublets. Ces doublets, d’un maniement difficile à cause de leurs petites dimensions, sont montés sur un support, garni d’un porteobjet et d’un réflecteur, et l’instrument prend le nom de microscope simple. Cet instrument, muni de trois ou quatre doublets de foyers difterents et pouvant donner des grossissements de 40 à 100 diamètres, est très-suffisant pour toutes les observations entomologiques. On peut avoir un tel microscope pour quarante francs, ou même avec un peu d’adresse en construire un soi-même.
Conservation des Collections. — Les insectes se conservent très-longtemps sans altération; les Coléoptères surtout, dont les téguments ont plus de solidité, se conservent en quelque sorte indéfiniment sans déformation. Cependant les entomologistes ont à se mettre en garde contre plusieurs causes de destruction qui, s’ils n’y apportaient une attention constante, auraient bientôt ruiné la plus précieuse collection. Les Ptines et surtout les Anthrènes (Voyez pages 81 et 124) se nourrissent à l’état de larve de matières animales desséchées, et lorsque ces insectes ont envahi une collection qui n’est pas souvent et soigneusement visitée, ils y produisent en peu de temps des dégâts considérables. La larve pénètre
CONSERVATION DES COLÉOPTÈRES
dans le corps des insectes, ronge les membranes qui relient les diverses pièces cornées entre elles, et celles-ci se détachent bientôt; la larve passe alors dans un autre insecte et toute la boîte n’offre bientôt plus que le triste spectacle d’un amas de têtes, de pattes et d’élytres épars au milieu de la poussière.
La Mite est une espèce d’Acarus presque microscopique [Tyroglyphiis entomophagus) et d’autant plus dangereuse que sa petite taille la fait échapper à la vue; elle vit dans l’intérieur du corps des insectes, dont elle ronge et dilacère les parties molles.
On a conseillé une foule de moyens pour combattre ces petits êtres destructeurs; nous ne parlerons ici que de ceux que nous avons expérimentés nous-même. Le camphre et l’essence de serpolet, recommandés par les anciens naturalistes, sont tout à fait inefficaces. Quant au bichlorure de mercure ou sublimé corrosif, non-seulement son emploi est dangereux, car c’est un poison violent, mais il offre encore le double inconvénient de corroder les épingles et de couvrir les insectes d’un dépôt blanchâtre désagréable à l’œil. Le Nécrentôme^ sorte d’étuve à double fond, dans laquelle on soumet les boîtes à insectes à la chaleur de l’eau bouillante, n’est qu’un moyen de détruire les ennemis présents, mais non un préservatif contre eux.
Voici un moyen employé par moi depuis plusieurs années, et qui m’a toujours donné d’excellents résultats. Je prends chez le marchand de couleurs du blanc de cériise en pâte, préparé à l’huile, tel que s’en servent les peintres décorateurs; je le délaie avec de l’essence de térébenthine, en quantité suffisante pour qu’il soit coulant, et, à l’aide d’un pinceau plat, j’en peins l’intérieur de mes boîtes. Lorsque la peinture est sèche, on peut appliquer sur le fond une feuille de papier blanc. Jamais, dans les boîtes ainsi préparées, je n’ai trouvé trace d’Anthrènes ou de Mites, même après les avoir abandonnées à elles-mêmes pendant plusieurs années. Pour plus de sûreté, on pourra, avant d’y piquer les insectes, rendre ceux-ci encore plus inattaquables, en les plongeant pendant vingt-quatre heures dans une liqueur préservatrice. La plus efficace de toutes est, croyons-nous, la benzine ou simplement l’essence
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minérale du goudron de houille; non-seulement les insectes s’y nettoient parfaitement, mais ils n’y sont nullement détériorés et conservent trèslongtemps une odeur qui en éloigne toute espèce de parasite. On peut d’ailleurs renouveler ce bain de loin en loin.
L’alcool arsénié a été préconisé dans le même but par M. Leprieur. Voici comment il le prépare : dans un litre d’alcool à 85 degrés, on jette 3o grammes d’acide arsénieux en gros morceaux; celui-ci est fort peu soluble dans l’alcool; cependant, au bout de quelques semaines, il s’en est dissous environ i gramme 5, proportion qui n’est pas toxique pour l’homme, mais très-suffisante pour éloigner les ennemis des collections. On décante doucement dans un flacon les deux tiers de l’alcool arsénié, de manière à ne pas agiter le fond où repose l’acide arsénieux, et l’on remet de l’alcool à 85 degrés par dessus. Non-seulement la petite proportion d’acide arsénieux que conservent les insectes qui ont été plongés dans la solution suffit pour les mettre à l’abri des attaques des animaux destructeurs, mais s’il s’y trouvait déjà des larves ou même des œufs d’Anthrènes ou de Mites, ils périraient infailliblement. Quelques insectes, cependant, ne peuvent être impunément plongés dans ces liquides; tels sont ceux dont le corps est hérissé de longs poils ou couvert de fines écailles coloriées ou d’une pruinosité délicate. On pourra préserver ceuxlà, au moins partiellement, en leur appliquant sur l’abdomen, au moyen d’un pinceau, assez de liquide pour en imprégner les viscères.
On fait usage au Muséum d’histoire naturelle de Paris, contre les Anthrènes et les Mites, du suliure de carbone. Mais outre q^ue ce produit est dangereux, il répand une odeur infecte et l’on ne peut guère l’employer qu’en plein air.
Une autre cause de destruction pour les collections est la moisissure. Pour les en préserver, il faut éviter avec soin de placer les boîtes dans un lieu obscur et humide; il faut en outre les visiter de temps en temps, les exposer à l’air et au soleil.
Lorsque les insectes d’une collection se sont moisis, il faut les tenir plongés pendant quelques instants dans l’alcool arsénié, ou mieux encore dans de la benzine où l’on aura versé quelques gouttes d’acide phénique;
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puis les frotter avec un pinceau un peu dur pour enlever les traces de moisissure, et les replonger de nouveau dans l'alcool ou la benzine phéniqués, où on les laissera pendant plusieurs heures.
Collection. — On range les insectes en collection dans des boîtes, soit en carton, soit en bois, dont les formes et les dimensions varient suivant le goût des amateurs. On place ordinairement ces boîtes debout sur des rayons ou dans une bibliothèque, comme des livres, dont elles ont parfois la forme et même l’apparence extérieure. D’autres préfèrent des meubles à tiroirs ou de grandes boîtes posées à plat et recouvertes, soit par une planchette de bois, soit par une glace qui offre l’avantage de laisser voir la collection sans ouvrir les boîtes. Cette disposition permet, il est vrai, de reconnaître plus facilement un insecte attaqué par les Anthrènes, à la poussière qui s’accumule au p>ied de l’épingle; mais ces boîtes prennent beaucoup plus de place, à moins qu’on ne les empile les unes sur les autres, ce qui présente alors l’inconvénient d’être obligé d’enlever toutes les boîtes du dessus, chaque fois que l’on veut prendre celles du dessous.
Quel que soit, d’ailleurs, le genre de boîte ou de tiroir que l’on adopte, le fond en doit toujours être garni de planches minces de liège ou d’agave. Le liège est de beaucoup préférable; sa résistance et son élasticité retiennent plus solidement l’épingle, et celle-ci, lorsqu’elle est bien enfoncée à l’aide des pinces recourbées, ne se détache pas, même en voyage. L’agave, de nature fibreuse, se laisse bien plus facilement traverser par l’épingle, mais aussi la retient moins solidement et ne pourrait supporter le mouvement du voyage. L’agave est surtout commode pour y piquer momentanément les insectes que l’on étudie ou que l’on veut ranger dans la collection.
Chaque boîte ou tiroir, quelle que soit sa, forme , doit porter sur le dos une étiquette indiquant les noms des genres qui y sont renfermés. On évitera ainsi une grande perte de temps.
-L’ordre dans lequel doivent être placés les insectes dans la collection, la grandeur et la forme des étiquettes, peuvent varier suivant le goût et les idées des amateurs. L’une des dispositions les plus généralement adop-
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tées est celle en colonnes verticales. La boîte la plus usuelle, de 26 centb mètres de longueur sur 20 de largeur, peut être divisée en trois colonnes pour les grandes espèces, et en quatre pour les petites.
Les étiquettes doivent être fixées au liège qui garnit le fond de la boîte, au moyen de très-petites épingles courtes que l’on appelle camions. Pour aider à la régularité du piquage des insectes, on garnit le fond de la boîte d’une feuille de papier finement quadrillé. Chaque rangée doit être composée de la même espèce, et le nombre des insectes que l’on doit mettre dans chaque rangée, dépend de la rareté de l’espèce ; mais généralement on ne dépasse pas le nombre de cinq ou six, à moins qu’il n’existe des variations très-étendues dans l’espèce. Dans ce cas, on met au besoin plusieurs rangées, celle de l’espèce type la première.
Il faut avoir soin de bien enfoncer les épingles dans le liège et de placer les rangées à des distances égales autant que possible. Généralement on place en tête une étiquette portant le nom du genre en caractères un peu plus gros et entourée d’un filet; puis, sur le côté gauche de chaque rangée ou au-dessous^ le nom de l’espèce et celui du pays auquel elle appartient. Il est de règle de désigner par des étiquettes de couleurs différentes la patrie de l’insecte : elles sont blanches pour l’Europe, bleues pour l’Afrique, jaunes pour l’Asie, vertes pour l’Amérique et roses pour l’Océanie. Les indications particulières à chaque individu, qu’il est utile de ne pas négliger, sont inscrites sur de petites paillettes rondes en papier et fixées à chaque épingle.
Quelques amateurs placent d’avance dans les boîtes les étiquettes de toutes les espèces connues du pays dont ils collectionnent les produits. Ce système peut être bon pour ceux qui, possédant déjà une riche collection, n’ont que peu de vides à remplir; mais autrement l’on risque fort de conserver longtemps un grand nombre de boîtes ne renfermant que des étiquettes ou quelques rares insectes disséminés çà et là. C’est donc pour ces derniers une grande dépense de boîtes et un coup d’œil décourageant. Celui qui commence une collection et qui compte surtout sur ses chasses personnelles pour l’augmenter, doit se résigner d’avance à de nombreux remaniements et fera bien de se contenter
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d’abord de ranger ses insectes par familles, par tribus et par genres, pour les ranger plus tard par espèces.
Quelles que soient d’ailleurs la forme et la matière des boîtes que l’on emploie, il faut toujours quelles ferment bien hermétiquement, quelles soient à l’abri de la poussière et surtout de l’humidité. On doit éviter dans ce but que les boîtes soient placées trop près d’un mur, et l’on fixera d’étroites baguettes sur les rayons, de manière à ce que les boîtes en soient toujours éloignées de quelques centimètres. On devra en outre les visiter de temps en temps, pour détruire les Mites et les larves, s’il s’en trouvait, ou enlever la moisissure, les exposer à l’air et au soleil de temps en temps en été, ou dans une pièce bien chauffée pendant l’hiver.
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BIBLIOGRAPHIE
Lorsque les frimas couvrent la terre et que le froid a durci la surface des eaux, il faut renoncer à la chasse, mais non à l’entomologie. C’est alors qu’on s’occupera de la détermination des espèces, du classement, et que l’on consultera avec fruit les nombreux et savants ouvrages qui ont été publiés sur cette science. Nous ne pouvons ici les nommer tous à beaucoup près; — la Bibliographie entomologique, publiée par Percheron, il y a 40 ans,.comprend déjà 2 forts volumes in-8“; — ceux qui seront Curieux de connaître, au moins de nom, ce qui a été écrit sur la matière, pourront consulter ce livre ou bien la Bibliotheca entomologica du D’’ H. A. Hagen, publiée à Leipzig en 1862. — Nous nous contenterons ici de citer les ouvrages les plus Importants ou les plus utiles sur les Coléoptères.
Parmi les écrivains entomologistes, nous distinguerons : iMes anatomistes, qui font connaître l’organisation des insectes; 2" les historiens, qui ont étudié les mœurs; 3 ® les classificateurs et descripteurs; 4® enfin les iconographes, qui ont enrichi la science de belles collections de figures au moyen desquelles on reconnaît bien plus facilement une espèce désignée par telle ou telle dénomination.
De 1695 à 1699, Leeuwenhoek publia le résultat de ses travaux d’anatomie microscopique sur les plus petits insectes. Cette œuvre, qui forme 4 volumes in-4®, est très-remarquablesurtout si l’on considère l’état d’imperfection dans lequel se trouvaient à cette époque les instruments d’optique. A peu près à la même époque, le Hollandais Swammerdam dessinait et gravait lui-même avec une rare perfection les détails microscopiques de l’organisation des insectes qu’il étudiait. Ses œuvres, publiées plusieurs années après sa mort (en lySy), par son compatriote, l’illustre médecin
BIBLIOGRAPHIE
Bœrhaave, sous le titre de Biblia naturœ, renferme l’anatomie du Scarabée nasicorne et de plusieurs autres insectes. Lyonnet, le célèbre auteur de VAnatomie du Cossus ou chenille du saule^ ouvrage admirable à tous égards, a laissé quelques travaux anatomiques de moindre importance sur divers insectes coléoptères. En 1828, le D’ Strauss a donné sa belle anatomie du Hanneton {Recherches sur Vanatomie comparée des animaux articulés). G. Cuvier, dans ses Leçons Lanatomie comparée, a traité la question d’une manière générale et avec supériorité. Enfin, dans ces derniers temps, le regretté Léon Dufour a publié successivement, dans les des sciences naturelles^ ses magnifiques travaux sur les organes de la digestion et de la reproduction chez les Coléoptères.
En tête des historiens, nous placerons l’illustre Réaumur; aucun naturaliste n’a vu plus ni mieux que lui. Cependant, dans la collection de ses Mémoires, qui forment 6 volumes in-4", publiés de 1784 à 1740, ceux consacrés aux Coléoptères sont en petit nombre. Après lui vient le Suédois De Geer, son digne continuateur. Son ouvrage, qui forme 7 gros volumes in-4", imprimé en français en 1752, comprend, outre une foule d’observations curieuses, la description de toutes les espèces connues de l’auteur. L’abbé Latreille, surnommé le père de l’entomologie, a, dans Histoire naturelle des Crustacées et des Insectes (6 vol. in-8®, 1802), donné un résumé général des observations antérieures sur les mœurs des insectes. Ce même travail a été fait d’une manière beaucoup plus complète par les entomologistes anglais Kirby et Spence, dans leur Introduction à rEntomologie {4 vol. in-8% 1828), dont le professeur Lacordaire, récemment enlevé à la science, a donné en i 835 un excellent abrégé (2 vol. 1^8°).
Les classificateurs et surtout les descripteurs sont les plus nombreux. En tête des classificateurs il faut placer Linné, qui, le premier, dans son Systema Naturay établit les ordres, les familles et les genres, et désigna chaque espèce connue de son temps par un seul mot ajouté au nom générique. La i 3 ® et dernière édition de cet immortel ouvrage porte la date de 1767. Après lui. De Geer décrivit tous les insectes connus de son temps, puis viennent par ordre de date :
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Geoffroy^ Histoire des insectes des environs de Paris, 2 vol. in-4» (1762).
Herbst, Système de la nature des Insectes, 21 vol. in-8° (1782 à 1806).
— Description des Insectes du Tyrol, 10 vol. in-8°.
ScopoLij Entomologia carniolica, in-80 (1763).
FabriciuSj Entomologia systematica, 4 vol. in-80 (1792 à 1798).
— Systema Eleutheratorum, 2 vol. in-8" (1801 à 1806).
Olivier^ Entomologie, 6 vol. in-4'> (1789 à 1806).
Rossi J Eauna etrusca, 2 vol. 111-40 (1790).
PanzeRj Eauna germanica (1793 à 1814).
ClairvillEj Entomologie helvétique, 2 vol. in-80 (1798 à 1806).
DuftschmidTj Eauna Austriœ, 2 vol. in-80 (i 8 o 5 à 1812).
IlligeRj Description des Coléoptères de la Prusse, in-80 (1801).
PaykulLj Eauna suecica, 3 vol. in-80 (1801).
' WalckenæRj Eaune parisienne, 2 vol. in-80 (1802).
Latreille^ Histoire générale et particulière des Crustacés et des Insectes, 14 vol. in-8® (1806).
—• Généra crustaceorum et insectorum, 4 vol. iii-S® (1806).
— Règne animal de Guvierj Insectes, t. IV et V (1829).
Dejean (comte), Iconographie et description des Coléoptères dEurope [Carabiques et Hydrocanthares), 5 vol. 111-8° (1829 à i 836 ).
Ce bel ouvrage, où toutes les espèces d’Europe, alors connues, sont figurées, ne comprend malheureusement que les Carabiques et les Hydrocanthares. On consultera aussi avec fruit VIconographie du Règne animal de Guérin Menneville, où sont figurés les types des genres de tous les ordres.
Il n’existe pas, pour les Coléoptères, une faune complète des espèces d’Europe ou même de France; plusieurs ont été commencées, mais pas une seùle terminée. Le nombre des espèces actuellement connues en Europe est d’ailleurs tellement considérable qu’il n’est guère possible à un seul auteur d’en entreprendre l’histoire. Il faudra donc se contenter, pour la détermination des espèces, de Monographies bien faites, et pour coordonner et classer tous les genres et familles, d’un bon Généra, tel que celui publié par Jacquelin Duval, en 4 forts volumes grand in-8° et qui donne la description de tous les genres de Coléoptères d’Europe, et la figure de tous les types avec le détail des caractères. Ces figures peintes par J. Migneaux sont merveilleusement belles; malheureusement le prix
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en est assez élevé. Quant aux Monographies^ elles sont nombreuses; nous citerons: celle des Microptères ou Brachélytres de Gravenhorst; celle des Pselaphiens d’Aubé; celle des Histérides^ de Marseul; des Elatérides de Candèze; des Chrysomèles de Fairmaire; le Généra et species Curculionidum de Schœnherr, etc. Les ouvrages de Mulsant, suite de monographies séparées des familles des Coléoptères de France, sont excellents; malheureusement, le prix élevé de ces ouvrages en interdit la possession à beaucoup d’entomologistes.
Enfin, il est un autre genre d’ouvrages indispensables à l’entomologiste; ce sont les Catalogues qui servent à classer et à ranger la collection, ou même, si l’on en possède une assez riche en espèces, à pointer en marge celles que l’on possède. Pour la France, nous citerons celui du D’’ Grenier; pour l’Europe, celui de Jacquelin Duval et Fairmaire, ou celui de l’abbé de Marseul.
Quant aux recueils scientifiques, il en est peu qui soient exclusivement consacrés à l’histoire des insectes. Le plus important sous ce rapport, en France , est celui des Annales de la Société entomologîque de France, où se publient d’excellents mémoires et des monographies.
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