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partie interne et s’engrenant l’un dans l’autre par les

dentelures de leurs bords.

Chez les Punaises, les Cigales et autres insectes hémiptères, l’appareil buccal est une sorte de bec (fig. 8) plus ou moins robuste et propre à percer la u

peau des animaux ou l’enveloppe des végétaux; il se ^

compose d’une gaine coriace H articulée, renfermant dans un sillon de sa face supérieure trois ou quatre soies qui, par leur réunion, forment ce qu’on appelle un suçoir, La bouche des puces ressemble beaucoup à celle des hémiptères.

Chez la Mouche et les autres diptères, la bouche est composée de plusieurs pièces réunies en un suçoir ou tube droit, ç^il de consistance charnue, faisant le vide à l’aide des lèvres qui ||| sont au bout pour bien s’appliquer aux objets (fig. 9). }|lj

Enfin, dans l’ordre des parasites, tels que les Poiix^ la |||

bouche est formée d’un petit siphon armé de crochets qui m

servent à fixer l’animal au corps dont il extrait sa nourriture. h

La seconde partie du corps des insectes, le tronc, a reçu la g

dénomination de thorax (fig. 10). Elle supporte trois paires de pattes propres à la marche ou à la natation, et donne attache aux ailes, organes dont tout le monde connait la destination. Le thorax se compose de trois anneaux distincts, mais soudés ensemble; chacun d’eux porte une paire de pattes ; le premier est toujours dépourvu d’ailes, les deux autres portent chacun, outre les pattes, une paire d’ailes, lorsque les in-

sectes en sont pourvus. no.9.

Le ventre ou abdomen (fig. 10) est la plus grosse partie du corps des insectes; il ne porte jamais de membres et est composé d’anneaux dont le nombre normal est neuf. Chaque anneau se

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compose de deux arceaux, 1 un supérieur ou dorsal, l’autre inférieur ou ventral J réunis entre eux par une bande membraneuse sur laquelle sont ordinairement situées les ouvertures respiratoires ou stigmates. L’abdomen porte les organes de la génération, ceux de la respiration et la plupart des viscères. Chez beaucoup d’insectes il est, en outre, pourvu.à son extrémité d’appendices divers en forme de pinces, de tarière, de tube, de filets, etc., dont l’usage varie comme leur structure; ils servent le plus souvent, chez les femelles, à percer la substance des végétaux ou des animaux dans laquelle l’insecte dépose ses œufs.

Les pattes sont toujours au nombre de six, comme nous l’avons dit; tout animal articulé qui en présente un plus grand nombre n’est pas un insecte. Elles se composent de plusieurs pièces tubuleuses, articulées les unes avec les autres; on les a divisées en cuisse (fig. Il e), en jambe j, et en tarse ta. A la base de la cuisse on remarque en outre une pièce que l’on désigne sous le nom de hanche/z. Entre cette hanche et la cuisse on trouve un petit article tr, que l’on nomme le trochanter et qui, dans les insectes carnassiers, prend un grand développement. Le tarse, qui termine la patte et remplit l’office de pied, est formé de trois à cinq articles, dont le dernier est toujours muni de crochets ou griffes dont l’animal se sert pour s’accrocher aux corps sur lesquels il se trouve placé.

Les ailes sont de véritables rames aériennes, au moyen desquelles les insectes, en frappant l’air, se transportent dans l’atmosphère. Un trèspetit nombre d espèces en sont dépourvues, et sont en conséquence nommées aptères.

Tœ nombre de ces ailes, leur texture, leur disposition, sont autant de

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Fia, 12. — Coléoptère.

caractères propres à distinguer les différents groupes des insectes. On les désigne sous le nom d'ordres. Ces ordres sont au nombre de dix et se distingueat par les caractères que nous allons énoncer.

Tous les insectes connus sous les noms de Hanneton, Bousier, Bète à bon Dieu J Scarabées, etc., sont munis de quatre ailes dont la nature est fort différente. Les deux premières, ou les supérieures, sont contormées en gaines ou étuis, et leur texture a l’apparence de celle de la corne; elles sont destinées à recouvrir les deux autres qui sont membraneuses, transparentes et pliées en travers^ dans le repos ou même dans la marche; pendant le vol, au contraire, les étuis se relèvent et s’écartent pour laisser les ailes agir en liberté (fig. 12). On a donné le nom de Coléoptères, c’est-à-dire ailes en étuis, à toutes les espèces qui présentent cette même organisation.

Les Sauterelles, les Grillons, plus connus sous le nom de en-en, ont aussi des ailes antérieures plus épaisses que les autres; mais ces ailes ne sont plus conformées comme dans les précédents. Elles sont coriaces, toujours un peu transparentes, et les ailes qui sont au-dessous, au lieu d’être pliées en travers ^ le sont au contraire dans la longueur, à la manière d’un éventail ; cela leur a valu le nom d’ORTHOPTÈRES, c’est-à-dire ailes droites (fig. i 3 ).

D’autres insectes ont encore les deux ailes supérieures plus épaisses que les deux autres, mais elles ne le sont pas également dans toute leur longueur; alors l’extrémité est membraneuse et transparente comme les ailes qu’elles recouvrent. Tels sont les insectes désignés sous le nom de Punaises des bois, espèces bien connues par l’odeur repoussante et nauséabonde qu’elles laissent sur les doigts et qu’elles communiquent aux fruits sur lesquels elles ont passé. On a appelé ces insectes Hémip- Fig. 11. — Ilëmiptère, TÈRES, ce qui veut dire demi-ailes (fig. 14).

Dans l’ordre suivant^ celui des Névroptères, c’est-à-dire ailes à nervures , on a groupé tous les insectes reconnaissables à la grandeur à peu

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l'’XG. 15. — Névroptère.

Fig. 10. — Hymùnoptèrc.

près égale de leurs quatre ailes, et surtout à la réticulation serrée que forment les nervures qui les parcourent (fig. i 5 ). Les Demoiselles ^ que les naturalistes connaissent sous le nom de Libellules, font partie de cet ordre.

D’autres insectes à ailes également membraneuses et nues se distinguent des précédents par la petitesse des ailes postérieures et par le petit nombre de leurs nervures : ils constituent l’ordre des Hyménoptères, c’està-dire à ailes membraneuses (fig. i6); telles sont les Abeilles, les Guêpes, les Fourmis, etc.

Les autres insectes à c[uatre ailes sont facilement reconnaissables à l’espèce de poussière qui les recouvre et qui brille souvent des plus vives couleurs. On les a groupés sous le nom de Lépidoptères (fig. 17), c’est-à-dire ailes à écailles, parce que cette poussière, vue au microscope, apparaît sous la forme d’une multitude de petites écailles colorées, implantées dans la membrane de leurs ailes comme les tuiles d’un toit;

de là vient qu’en les touchant elles se détachent. Ce sont les différentes espèces de Papillons.

Enfin les Diptères, qui comprennent les Mouches, les Cousins, les Taons, n’ont que deux ailes, comme leur nom l’indique; chez ces insectes, les ailes inférieures sont représentées par un petit appendice grêle terminé par un bouton (fig. 18); ces organes ont reçu le nom de balanciers et leur servent en effet, pour voltiger en équilibre^ comme le balancier de nos danseurs de corde; car si l’on en coupe un, l’insecte volera de travers ou culbutera, et si on les enlève tous deux, il est dans l’impossibilité de voler.

11 y a des insectes ailés dont les femelles manquent toujours d’ailes et sont sédentaires, tandis que les mâles voltigent partout. De ce nombre sont le Lampyre ou Ver luisant femelle, qui attire le mâle

Fig. 17. — Lépidoptère.

Fig. 18.— Diptère,

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la nuit par son éclat, quelques Papillons, les Gallinsectes, etc. Les neutres, chez les Fourmis, les Termites, sont également privés d’ailes.

L’organisation interne des insectes est fort simple; elle consiste en un cordon nerveux, qui commence dans leur tète, où l’on voit un petit nœud double tenant lieu de cervelle, et qui envoie des nerfs aux yeux; ce cordon, qui est double, descend le long du ventre, et de distance en distance, ou à chaque anneau du corps, il porte un nœud ou ganglion, lequel projette des ramifications à tous les organes voisins. Le canal digestif s’étend dans toute la longueur du corps ; sa longueur est généralement en raison directe du genre de nourriture que prend l’animal, étant très-court dans les espèces carnivores, et très-allongé dans les espèces phytophages J chez lesquelles il forme de nombreuses circonvolutions. Ce canal est renflé dans sa partie supérieure pour former l’estomac^ qui offre une certaine ressemblance avec le jabot des oiseaux. Les sucs nutritifs semblent transsuder à travers les pores du canal digestif, pour se répandre dans toute la cavité du corps, comme dans une éponge qui s’imbiberait d’eau. L’appareil respiratoire des insectes consiste en vaisseaux nommés trachées, communiquant avec l’air extérieur au moyen d’ouvertures appelées stigmates, et qui, se ramifiant à l’infini dans l’intérieur du corps, portent l’air dans ses parties les plus éloignées et les plus ténues. En effets l’insecte semble être tout poumon dans son intérieur; il périt si l’on bouche ses stigmates, ou s’il respire une vapeur suffocante, et, à moins d’être formé pour la vie aquatique, il se noie dans les liquides. Les stigmates sont placés sur les côtés du corps; ils se présentent à l’extérieur sous la forme de boutonnières entourées d’un anneau corné ; ils sont très-visibles sur les côtés de l’abdomen; on en compte deux sur chaque segment, un de chaque côté. Les trachées, qui prennent naissance à l’entrée des stigmates/ sont des tubes d’une finesse excessive, formés d’une lame éclatante comme l’argent et roulés en spirale comme les petits boudins élastiques de laiton.

Les insectes possèdent tous les sens que nous avons reçus en partage, bien qu’il soit difficile de préciser jusqu’à quel point ils sont développés chez eux. Leur tact^ émoussé par l’enveloppe plus ou moins épaisse dont

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ils sont couverts de toutes parts, doit être assez imparfait; mais tout porte à croire qu’ils ont dans les antennes un organe supplémentaire pour ce sens. On les voit souvent, en effet, les appliquer aux objets qu’ils veulent reconnaître et s’en servir comme pour tâter ceux sur lesquels ils marchent. Les palpes qui garnissent leur bouche leur servent également pour palper et tâter leurs aliments ou le terrain; aussi ces animaux ne sont guère embarrassés de rôder pendant la nuit et l’obscurité.

Le sens de la vision est le mieux constaté de tous chez les insectes, et leurs yeux sont une des parties les plus saillantes de leur tète, qu’ils envahissent quelquefois en majeure partie comme ci-contre ,fig. 19). Ils sont situés sur les côtés et se composent d’une enveloppe extérieure convexe, d’une texture solide comme la corne; car ils manquent de paupières pour les garantir des chocs. Cette enveloppe ou cornée est formée de l’assemblage d’une infinité de petites facettes ou lentilles convexes, hexagones, soudées par leurs côtés; de sorte qu’un seul de leurs yeux est composé de plusieurs milliers de ces facettes ^ dont chacune constitue un organe visuel distinct. On en a compté 25 ,000 et au delà sur chaque œil dans quelques espèces. Mais comme tous ces yeux se rapportent aux mêmes nerfs optiques, l’insecte ne voit pas les objets plus multipliés que nous ne les voyons doubles avec nos deux yeux; mais cette multiplicité de facettes tient lieu de la mobilité dont manquent ces organes.

Les yeux ne sont pas toujours ronds; ils offrent souvent, au contraire, des formes assez variées: en ovale allongé, en rein, en segment de cercle; ils sont même parfois complètement divisés en deux par les joues, de sorte qu’ils paraissent doubles et présentent une partie inférieure et une supérieure, comme dans les Gyrins.

Le goût existe incontestablement chez les insectes, puisque, si l'on met à leur disposition plusieurs espèces d’aliments, on les voit, après en avoir goûté, choisir celui qui leur plaît le mieux; on sait aussi combien les mouches sont friandes de tout ce qui est sucré. Il faut donc que les nerfs du goût résident dans la bouche ou la trompe des insectes.

Fig. 19.

Tête de Diptère.

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A l’égard de l’odorat, on ne sait pas si l’organe est placé vers la bouche ou à l’entrée des trous respiratoires ou stigmates, puisque les insectes n’ont pas de nez. Quelques auteurs placent le siège de ce sens dans les antennes. Quoiqu’il en soit, il est certain que non-seulement ce sens existe chez les insectes, mais encore qu’il y est très-développé. L’Abeille est attirée par certaines fleurs et sent de très-loin le miel ; une matière animale ne peut entrer en décomposition sans qu’on ne voie aussitôt accourir un grand nombre de ces animaux, qui viennent y puiser leur nourriture ou y déposer leurs œufs.

L’ouïe paraît également très-développée chez beaucoup d’insectes, dont les deux sexes s’appellent au temps des amours - mais on n’a pu, jusqu’à présent, reconnaître positivement le siège de ce sens^ bien qu’on soupçonne qu’il existe à la base des antennes dans une cavité spéciale. Les insectes n’ont pas de voix, mais beaucoup d’entre eux produisent des sons particuliers, soit au moyen d’appareils spéciaux, soit par le frottement de certaines parties de leur corps. Pourquoi la nature aurait-elle donné aux Criquets et aux Cigales des sortes de crécelles, dont ils jouent pour appeler leurs femelles, si celles-ci ne devaient pas les entendre ? La Vrillette frappe avec sa tète de petits coups auxquels sa femelle répond de la même manière. Le Grillon cesse de chanter dès qu’il entend quelque bruit qui l’effraie.

La structure de l’insecte est, relativement à sa petite taille, plus robuste que celle d’aucun des animaux du globe; elle réunit la solidité, la légèreté, l’aisance, à la vigueur de tous les mouvements. Les muscles, les ressorts, les leviers, énormément multipliés dans ces petits êtres, présentent un jeu bien plus favorable que chez les animaux supérieurs dont les os sont au dedans du corps. On ne compte guère au delà de 53 o muscles chez le mammifère ou l’oiseau ; l’habile anatomiste Lyonnet en a trouvé 4041 dans la Chenille du saule. Le ressort de leurs fibres paraîtra extraordinaire, si l’on fait attention que la Sauterelle ou la Puce, au moyen de leurs longues cuisses qui se dressent soudain, bondissent à une hauteur deux cents fois plus grande que leur corps ; tandis qu’aucun des quadrupèdes sauteurs, comme les kangurous,

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les gerboises, le lion, le tigre, le chat, ne sautent seulement vingt fois leur hauteur; et nos clowns les plus souples, les plus adroits, paraîtront infiniment lourds, si on les compare au Taupin, qui, placé sur le dos, s’élève en l’air d’un saut pour retomber sur ses pattes.

Les insectes offrent aux yeux de l’observateur un des phénomènes les plus étonnants de la nature; nous voulons parler de leurs métamorphoses. Rien n’est plus curieux que ces transformations singulières, qui font sortir d’une hideuse chenille rampante, rongeant nos arbres et nos fleurs, un éclatant papillon, déployant ses ailes enrichies des plus vives couleurs et ne vivant que du nectar qu’il puise dans la corolle embaumée des fleurs, ou qui changent un ver blanc, mou et baveux, en un brillant Scarabée. Par quelles transformations, plus merveilleuses que les métamorphoses d’Ovide, passent ces faibles créatures pour parachever leur vie et en atteindre la dernière période, celle d’insecte parfait, pendant laquelle ils s’occupent à perpétuer leur race ! — Lorsque le mâle a fécondé sa femelle, il meurt, et celle-ci, après avoir pondu ses œufs dans le lieu le plus favorable au développement des petits qui en sortiront, ne tarde pas non plus à périr. L’œuf éclot, mais le petit qui en sort na aucune ressemblance, aucune analogie de forme avec ses parents; cest un ver mou, allongé, toujours privé d’ailes, souvent de pattes et d yeux. On le nomme larve ou chenille. Ce ver croît; puis, après avoir plusieurs fois changé de peau^ il cesse tout à coup de prendre de la nourriture; il ne bouge plus, son corps se raccourcit, et bientôt il éprouve une métamorphose complète et revêt une nouvelle forme, celle de nymphe ou chrysalide. Dans cet état, on commence déjà à distinguer les diverses parties de l’insecte parfait. — Enfin, au bout d’un temps plus ou moins long, de cette nymphe sort Vinsecte parfait.^ doué de sa faculté essentielle, celle de reproduire son espèce. — Telle est en abrégé l’histoire des métamorphoses de tous les insectes. Quelques-uns, cependant, font exception à cette loi de métamorphose et sortent de l’œuf tels qu ils seront toujours ; mais c’est le plus petit nombre. Tous éprouvent d ailleurs des changements dans le cours de leur vie et se dépouillent successivement de plusieurs enveloppes. La raison en est manifeste; car, tous

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étant revêtus d’une peau dure et souvent même aussi solide que la corne ^ leur corps, qui augmente de volume, se trouve bientôt gêné, serré, comprimé dans ces sortes de cuirasses. Il faut donc que ce vêtement, devenu trop étroit, se crève, se détache, et qu’un autre, plus mou d’abord et plus large, situé dessous le premier, permette au corps de s’étendre. Cette seconde peau, une fois à l’air, acquiert la solidité de la précédente, et après un certain temps, devenue trop étroite à son tour, elle sera dépouillée comme la première. Il s’en trouve toujours en dessous une autre pour la remplacer, à mesure que l’insecte grossit et grandit. Ces vêtements de dessous offrent divers costumes chez le plus grand nombre des insectes, et c’est en quoi consistent, à proprement parler, les métamorphoses. Celles-ci ne sont qu’une évolution, et l’habile anatomiste Swammerdam a vu le papillon .tout formé dans la chenille, comme l’on voit déjà, à la loupe, les parties internes de la fleur et du fruit dans le bouton à fleur d’une plante.

Tous les insectes se reproduisent par des œufs. Ceux-ci sont généralement très-petits et de formes très-différentes, quelquefois très-bizarres. Il y en a d’arrondis, d’ovales, de cylindriques, de plats, de prismatiques, d’anguleux; quelques-uns sont en forme de poire, d’autres en forme de turban, de bateau, de tambour, etc. En voici quelques spécimens (fig. 20 à 25) :

L'excessive fécondité des insectes est bien propre à exciter la surprise; celle des poissons peut seule lui être comparée. Le Bombyx du ver à soie dépose environ cinq cents œufs ; le Cossus ronge-bois, mille; la Guêpe, au moins trente mille; la reine des Abeilles de quarante à cinquante mille. Mais le prodigieux instinct qui porte les insectes à déposer leurs œufs dans les conditions les plus favorables au développement futur de la jeune larve qui doit éclore, est d’autant plus admirable

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que leur manière de vivre est^ le plus souvent, différente de l’insecte parfait.

Les œufs des insectes éclosent sous l’influence de la chaleur solaire. En brisant l’œuf qui le retenait prisonnier, l’insecte se présente, comme nous l’avons dit, sous la forme de larve — du latin larva, masque, pour indiquer que l’insecte est caché sous une apparence trompeuse. — Cependant, ces petits animaux, dès leur première condition, ne sont pas aussi complètement masqués les uns que les autres ; la plupart des Orthoptères, des Hémiptères et des Aptères offrent, dès leur naissance, l’image de ce qu ils seront dans la suite; et les organes du vol paraissent manquer seuls à ceux qui, plus tard, devront en être pourvus. Il n’en est pas ainsi des autres ordres, dont les espèces éprouvent les métamorphoses dont nous avons parlé plus haut. De là vient qu’on a distingué les insectes en ceux qui éprouvent une métamorphose complète, et ceux qui ne subissent qu’une demi-métamorphose.

La forme générale du corps varie beaucoup chez les larves des différents insectes; jamais elle ne se montre gracieuse, élégante. Leur démarche rampante, leurs goûts souvent dépravés en font au contraire un objet de dégoût; cependant, quelques chenilles (larves des papillons) sont revêtues des plus brillantes couleurs.

Dans la majeure partie des larves, le corps est mou, vermiforme, divisé en anneaux ; la tête est plus dure que le reste du corps, sa forme est en général orbiculaire ou arrondie ; la bouche offre les mêmes parties que dans les insectes broyeurs, et c’est une chose fort remarquable, dans certains ordres, que des insectes éminemment suceurs dans leur dernier état, tels que les Lépidoptères par exemple, vivent d’aliments solides sous celui de larve. On retrouve, en effet, dans les chenilles , un labre, une paire de mandibules, une paire de mâchoires et une lèvre inférieure.

Les trois premiers anneaux qui suivent la tête et représentent le thorax de l’insecte parfait, portent en dessous, dans la plupart des larves, six pattes écailleuses et articulées, comme dans l’insecte

Fig. 2G.

Lai-ve de Hanneton.

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parfait, mais généralement plus courtes : telles sont celles des Coléoptères (fig. 26)^ des Névroptères,

Les larves des Lépidoptères et de certains Hyménoptères portent sous quelques-uns des anneaux qui représentent l’abdomen, en plus des six pattes écailleuses, des mamelons charnus ou fausses pattes armées en dessous de petits crochets, au moyen desquels l’animal se fixe solidement au corps sur lequel il marche. Les

^ ^ Fra. 27. — ClieuülQ.

chenilles des Papillons (hg. 27) n’ont jamais plus de dix fausses pattes, et souvent moins. Les chenilles arpenteuses, qui n’ont qu’un petit nombre de fausses pattes placées à l’extrémité du corps (hg. 28) ^ ont une marche trèssingulière; elles ramènent la partie postérieure du corps près de l’antérieure, puis reportent celle-ci en

Fig. 28 et 29.

avant, comme un compas qui s ouvre et se ferme. chenmesarpenteuses.

Les larves de certains Hyménoptères (Tenthrèdes) ressemblent beaucoup aux chenilles des papillons^ mais elles ont toujours plus de dix fausses pattes (fig. 3 o). On leur donne le nom de fausses chenilles.

Les larves des Diptères (Mouches à deux ailes) sont toujours apodes ou privées de pieds ; en outre, leur tête est molle comme le reste du corps et sou- 30. - Fausse chcniiie. vent peu distincte (fig. 3 i).

Les insectes à l’état de larve se distinguent par une insatiable voracité et font une énorme consommation de nourriture ; c’est alors surtout que les ravages des espèces sont à redouter. A mesure que la larve grandit^ elle est obligée de changer de peau, parce que ses téguments ne sont jamais élastiques . Cette' mue a souvent lieu deux ou trois fois. — fig. si. - Lawe de Diptère. C’est sous la forme de larve que le plus grand nombre des insectes passent la majeure partie de leur existence; il y a néanmoins des différences extrêmes entre eux, relativement à sa durée.

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Les larves de la Mouche de la viande atteignent tout leur développement en six ou sept jours, les larves des Abeilles en vingt jours, tandis que la larve du Hanneton vit au moins trois ans, celles du Rhinocéros et du Cerf-volant quatre ou cinq ans.

Les larves, arrivées à leur complet développement, se préparent à entrer dans le profond sommeil qui doit les conduire à une vie plus distinguée. Elles sont poussées par un instinct irrésistible à entrer dans une nouvelle période. Dans le sentiment de leur faiblesse, dans la crainte des dangers qui doivent les environner, elles cherchent un asile solitaire dans lequel elles puissent s’endormir en toute sécurité. C’est alors qu’on les voit errer de tous côtés, remplies d’inquiétude, à la découverte d’un gîte commode et sûr. Dès qu’elles l’ont trouvé, elles disposent promptement et proprement leur nouveau domicile et, comme appesanties par un poids invincible, elles ne tardent pas à tomber dans un lourd sommeil, semblable à la mort. Quelques espèces privilégiées filent une coque de soie, douce et moelleuse enveloppe, dans laquelle elles s’enferment parfaitement, comme dans une chambre sépulcrale. Ces larves prennent alors le nom de nym'phes ou de chrysalides. Les nymphes ne sont pas généralement

gracieuses dans leurs formes ; elles ressemblent assez à ces momies égyptiennes dont les membres sont fortement collés le long du corps et qui ne présentent qu'une masse emmaillotée des pieds à la tète fig. 32 , 33 et 34).

Les insectes demeurent à l’état de nymphe pendant un espace de temps très-variable, suivant les espèces. Quelques-uns sont prêts à prendre leur essor au bout de deux ou trois jours, tandis que d’autres sont endormis pendant plusieurs mois, et même pendant plusieurs années. Le plus souvent, la peau de la nymphe se fend par le milieu du dos et l’insecte en sort en tirant successivement ses membres de leur enveloppe comme d’un étui. Quand la nymphe est pourvue d’une

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coque, il se détache parfois de sa partie antérieure une petite calotte ou segment sphérique, et par cette porte circulaire l’insecte parfait trouve une issue convenable.

Parvenus à leur condition parfaite, les insectes jouissent en général peu de temps des avantages qu’ils ont conquis. La durée de leur vie semble même être alors en raison inverse du temps qu’ils ont mis à arriver à leur état parfait. Le Cerf-volant et le Hanneton qui, pendant plusieurs années, vivent à l’état de larve, ont à peine une existence d’un mois et demi, quand J revêtus d’une enveloppe plus solide, ils sembleraient pendant longtemps pouvoir braver le trépas. Les Éphémères qui, sous leur premier état, restent deux ou trois ans cachées au fond des eaux, ont, après leur dernière transformation, une existence si passagère, que souvent le jour même qui est témoin de leur transformation ailée l’est aussi de leurs derniers moments. La nature ne paraît donc conduire les insectes à la dernière période de leurs métamorphoses, c’est-à-dire à la jouissance de toutes leurs facultés, que pour préparer la venue de leurs descendants. La ponte est le dernier acte important de la vie des insectes : avant même quelle ait eu lieu, la plupart des mâles ont payé leur tribut à la nature, et dès qu’elle est terminée, la destinée des femelles est accomplie: elles languissent et périssent bientôt.

Pour nous résumer, nous dirons que l’on divise les insectes en dix ordres :

INSECTES APTÈRES {sdUS üUes).

L Thysanoures. — Bouche complète ; abdomen terminé par des filets

FIG. 35. Fig. 36. FiG. 37. Fig. 38.

Lépisme, jeune âge. Podiire, jeune âge. Lépisme adulte. Podure adulte.

OU par une queue fourchue servant au saut; sans métamorphoses. Lépisme, Podure.

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l’IG. 39. FlG. 40.

Pou, jeune âge. Pou adulte.

Flü. 41. FiG. 42.

Larve de puce. Nymphe.

II. Parasites. — Insectes suceurs et parasitesbouche en siphon; pas de métamorphoses. Pou, Ricin.

III. SiPHONAPTÈRES. — Insectcs parasites, à bouche composée d’un bec articulé renfermant un suçoir; métamorphose complète; larves apodes. Puce.

Fig. 43.

Puce adulte.

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