I.K I.kPHSVX
Le.i personnes qui m'apportent des provisions de l'hôpital no crni^nrnl piw de s'en faire des houquet.s. ^uclquciois aussi 1rs rnians <io la ville se présentent à lu porir de mon jardin. Je monte aussitôt dxns la tour, do peur de les cffm^er ou
de leur nuire. Je les rwi» folâtrer de yia tcuétrc et me dérober quelques fleurs. Lorsqu'ils s'en vont, ils lèvent les yeux vers moi: Bonjour, Lt-preux, me disent-ils en riant , et cela me réjouit un peu.
LK MII.ITAIHK.
\ ous ave/, su réunir ici bien des plantes différentes: voilà des vignes et des arbres fruitiers de plusieurs espèces.
LK l.KPHBVX.
Les arbres sont encore jeunes: je les :ii pl.iutes moi-même, ainsi que cette vigne, que j ai lait mouter jusqu'au-dessus du mur antique que voilà, et dont la largeur me forme un petit promeuuir; c'est ma place favorite... Monte/, le long de ces pierres; c'est un escalier dont je suis [architecte. Tenez-vous au mur.
LK MILITAIHK.
Le charmant réduit! et comme il est bien fait pour les méditations d'un solit;iire.
IJi LKPHKrX.
.\ussi je l'aime beaucoup : je vols d'ici la campagne et les laboureurs dans les chaoïps; je vois tout ce qui se pa^ise dans la prairie, et je uc suis > u de personne.
LK MIUT.VIHK.
J'admire combien cette retraite est tranquille et solitaire. On est dans une villr, et l'on croirait être daus uu de>ert.
I K I.KTHKl X.
La .solitude n'est p.is toujours AU milita dea forets et des rochers. L'infortuné est seul ipar^
tout.
I K MII.ITAtHK.
Quelle suite d'cveacmeas vous amena daM celle retraite? Ce pa>s est-il votrr p.iiri« ?
I K I.KPHKt X.
Je SUIS uc sur le^ bords de la mer, d.iu- !.♦ principauté d'Oneille, et je nhabiic ici que depuis quinze ans. gluant à mon histoire, elle oVst qu'une louftue et uniloruie calamité.