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bas. Je ne veux point lui dire que vous êtes ici, et demain, quand il se présentera...
— Non, oh! non,Ophelia, interrompit Susannah ;— diteslui que je suis avec vous... Une nuit est bien longue et il doit me croire entourée de périls...
— Comme vous prononcez ce mot, Sus*nnali I... Des périls !... mais il y a des périls de toute sorte.. Je vais dire à monsieur de Lancesler que vous êtes à l'abri sous mon aile.
Sa plume courut le long de trois ou quatre lignes sur le papier.
— Joan, reprit-elle en fermant la lettre, il faut que Tom porte sur-le-champ ce billet dans Clifl'ort-Slreel, à l'Honorable Brian de Lancester, et qu'il me rende la réponse tout de suite. Je l'attends.
Joan sortit. — La belle fille adressa à son amie un regard de reconnaissance.
Puis l'entretien continua. La comtesse se sentait réellement soulagée. Il ne faut souvent que le son d'une voix aimée pour dissiper ces lourdes vapeurs que condensent autour de l'âme la solitude et l'abandon.
Susannah regardait bien souvent l'aiguille de la pendule.
Et chaque fois qu'il en était ainsi, lady Ophelia souriait avec mélancolie, parce qu'elle avait souvenir sans doute de bien des regards d'impatience et d'espoir, jetés par elle sur cette même pendule, dans des circonstances pareilles.
Enfin, Joan reparut au seuil. Elle avait une lettre à la main.
— Donnez, donnez I dit la comtesse.
Susannah était pile d'émotion.
Joan tendit la lettre à sa maîtresse qui la reconnut pour celle qu'elle venait d'écrire à l'instant et qui n'avait point été décachetée.
— Que signifie cela? demanda-t-elle.
— S'il plaitù Votre Seigneurie, répondit Joan, l'Honorable Brian de Lancester est absent de sa maison depuis trois jours et n'a point donné depuis lors de ses nouvelles.
Susannah chancela et s'appuya tremblante au dos du lit de jour.