‹ Musée littéraireChapitre 29 sur 170 · COMÉDIE · texte numérisé non relu

COMÉDIE

Tyrrel l'aveugle et la Française écoutaient.

— Je suis ruiné, reprit Brian de Lancester, si bien ruiné, madame, que mes ressources personnelles égalent à peine celles du plus pauvre mendian:.

— Je crois que je suis riche, moi, iHterrompit timidement Susannah.

— Et pourtant, poursuivit Brian, je vis comme mes pairs vivent; j'étale un certain luxe... Le temps de fairé'des dettes est passé pour moi. Nul ne voudrait me prêter... D'oii pensez-vous que je tire mes moyens de vivre, madame?

— Je ne sais, répondit Susannah, qui aurait voulu revenir bien vite aux paroles d'amour.

— Je vais'vous le dire... Vous seule au monde îe saurez... Une main mystérieuse, madame, me jette chaque mois une périodique aumône.

—C'était cela son grand secret ! grommela Tyrrel ; j'avais, pardieu ! mes raisons pour en savoir quelque chose.

— Ecoutez donc, milord, dit la curieuse petite femme.

— Chaque mois, continua Brian, par des moyens divers et toujours occultes, je reçois cent livres sterling.

— Et c'est cent livres de perdues, très honorable fou! grommela encore Tyrrel ;— mais le Maitre le veut et je m'en lave les mains.

— Écoutez donc , milord ! répéta madame la duchesse douairière de Gévres, corales-e Cantacouzène, etc.

— Ces dons sont périoiiiiiues, reprit Brian; ils m'arrivent régulièrement et sans retard aucun. Ils ne m'ont jamais ma'-qué.et, chose étrange ! le premier paiement a eu lieu le jour même où ma ruine étant consommée , je me suis demandé pour la première fois ce iiu'il me restait à faire eu ce monde.

Brian prononça ces mots à voix basse et avec tristesse.

— Vous avez donc été près de la mort, vous aussi? murmura Susannah , dont les grands yeux noirs étaient humides.

— Je ne sais, dit Brian qui baissa la voix encore et & tel point que Susannah fut ol)ii;;ée de se pencher vers lui pour entendre; — je ne sais, madame... Mon cœur était plein de haine, et le désespoir conseille mal... Mais il est mon frère, a;iri s loul, et Dieu m'aurait fail la grâce sans doute de mourir avant de frapper... Oui, madame, oh! je veux le croire I et vous, croyez-le... croyez-le I c'était près de la mort que j'ciais, — et non pas près du crime I

LES MYSTERES DE LONDRES

Brian était pâle. Il y avait de l'égarement dans ses yeux fixes , et sa main froide tremblait par brusques secousses dans celles deSusannah.

—Brian, dit-elle avec un doux accent de prière, ne soyez pas triste auprès de moi, car je ne sais pas vous voir souffrir. Vous avez été malheureux , mon Dieu! vous, Brian!... qui donc a le droit de se plaindre!... Qh!,que ne peut-on donner sa vie pour le bonheur de ceux qu'on aime!... Vous ne souffrrrtFrplUsT

A son tour, elle attira les mains de Lancester et les serra passionnément contre sa poitrine.

— Hélas! rcpril-elle, ijue suisje pour vous consoler?... Je n'ai que mon amour à vous donner, Brian, mais il est à vous, au moins, tout à vous ! Si j'en distrais une part, c'est pour la reporter sur cette main discrète et amie qui...

— Ne parlons pas de cela ! inlerrompii lancester en fronçant le sourcil : jevous ai dit mon secret... gardez-le, — même vis-à vis de moi!... Savez vous ce que c'e t peur un gentilhomme, madame, que d'accepter une aumône?

— Non, dit Susannah, qui baissa les yeux timidement sous le regard hautain de Brian. — Vous ai je offensé?... Vous souriez... Merci ! oh! merci! J'étais bien forte hier... aujourd'hui, Brian, vous pourriez me luer d'une parole.

— Vous le voyez bien, madame, reprit celui-ci après un silence et en passant la main sur son front oti perlaient queltjùes gouttes de sueur; — nous serons malheureux.

— Non!... Ecoulez! s'écria tout-à coup SusanMah dont le beau visage rayonna; — vous n'aurez plus besoin de recevoir... Je suis puissante, moi!... je l'avais oublié!... Brian, que je suis heureuse d être riche!... Vous m'avez dit votre secret, je veux vous dire le mien : écoutez! écoutez!...

— Courez! courez, madame I murmura Tyrrel en poussant la petite Française ;— il ne faut pas qu'elle prononce un mot déplus.

En même temps il saisit une chaise à deux mains et en frappa violemment le parquet. La chaise se brisa, — mais Susannah, effrayée de ce bruit, se leva ainsi que Brian. L'entretien était rompu.

— Qu'est cela, madame? demanda Lancester avec soupçon.

Avant que Susannah eût pu répondre, la porte s'ouvrit et le nom de madame la duchesse douairière de Gêvres fut lancé dans le salon. La petite femme, suivant de près son nom, entra bondissant, souriant et saluant.

— Ma chère enfant, dit elle, la voilure est attelée : je vous attends.

Susannah jeta un regard de regret vers Brian qui s'inclina et prit congé.

— Vous savez ce qu'on attend de vous, ma chère be'le? poursuivitla petite douairière lorsque Brian fut parti... C'est 'ien simple... moins que rien !... Si, par liasard, vous refu-

iez, m; 'e, vous p rrlriez les bonnes grâces de vos protec- 'urs, a Très Honoiable Brian...

— Qu v-il à faire en ceci, madame? interrompit fièrement Susannah.

— Ne nous fâchons pas, mon amour.... et le Très Honorable Brian, disais-je, perdrait ses ceni livres sterling.

— Quoil s'écria Susannah en (âlissant, — vous sa\ez cela!

— C'est effrayant, mon amour, tout ce que je sais! dit 1-a petite femme d'un ton raeilié sérieux, moitié plaisant.

Elle jeta un chSl^e sur les épaules de Susannah, la coiffa «He-mème en un tour de main, et l'entraîna vers la grille où Katiennait le brillant équipage aux armes de Dunois. Elles } montèrent tontes deux. Les nobles chevaux prirent le galop et ne s'arrêtèrent que dans Casile-Streel , devant Dudley- House, demeure de Franck Perceval.

Madame la duchesse de Gêvres mit la tête à la portière.

— Tournez les chevaux du côté de Regeni's-Sireet, dit-elle au cocher.

Celui-ci obéit.

— Ma chrre belle, reprit la petite femme en s'adressant à Susannah et après avoir cousulié sa montre,— nous avons vingt minutes d'avance... Ce n'est pas trop, car les gens que nous attendons ne peuvent être envoyés ù heure îixe... Ils

vont \ej\t> dans dix minutes, peut-être... peut-être dansdeu> heures... Mais ils vont venu.

Il s'était passé bien des choses durant cette matinée.

Le marquis de Rio-Santo, depuis le matin, n'-ivait pas quitté Trevor-Hoiise. Il y avait eu grand conseil entre lui et lady Campbell. Cette fpirituelle femme, laissant à diverses reprises le marquis seul dans son boudoir, avait fait diverses excursions, soit dans l'appartement de miss Mary, sa nièce, soit dans celui de lord James Trevor, son frère.

Evidemment, c'éiait un moment de crise. L'heure de l'assaut avait sonné. On voulait emporter la place de vive force.

Le marquis avait, d'autorité, imposé silence à sa poésie, à ses velléités chevaleresques, comme on rc voie, en bonne stratégie, toutes les bouches inutiles à l'instant du combat.

Il était cuirassé, armé de toutes pièces, incapable de faiblir, prêt à tout.— Sa volonté avait marqué ce jour pour ses fiançailles officielles avec miss Miry Trevor. Il fallait que cela fût, n'importe par quels moyens et malgré tous obsiacles.

Nous ne parlons pas de la pauvre Mary qui, mala'le de corps et faible de cœur, et indécise et trompée, répondit à la demande formelle de sa tante par des larmes auxquelle lady Campbell ne put manquer de donner une heureuse signification.

Nous parlons de lord James Trevor.

Cet excellent et loyal seigneur avait reçu dans la mntinie une lettre qu'il n'avait coramuniiiuée à personne et après lecture de laquelle il était tombé en détestable humeur.

— Pauvre Mary ! murmurait-il en parcourant les allées de son petit parc;- je n'aurais jamais cru cela de ce coquin de Frank!... Mais au fait, pourquoi le croire?,., que signifie une lettre anonyme?... Rien du tout, pardieu ! moins que rien!

En conséquence de cette proposition que nul de nos lecteurs ne songera sans doute à contredire, lord Trevor reprenait la lettre et la relisait fort attentivement.

Pé( hé contre la logique auquel n'échappent point les gens les i)lus sages I

Et, lorsqu'il avait lu, il froissait la lettre avec colère et reprenait son monologue.

— Lef.iitest, disait il, que Frank avait hier un air préoccupé, distrait... Il avait cet air-là, je m'en souviens fort bien... Oh! c'est une chose positive, il avait l'air... Pauvre Mary!... Mais, après tout, qu'importe! une lettre anonyme!.. Et pourquoi Frank n'aurait il pas le droit, pardieu ! d'avoir l'air qu'il lui plaît?

Et lord Trevor pestait d'autant mieux qu'il se croyait obligé de chercher des raisons de ne pester point.

Lady Cimpbell l'aborda dans un de ces momens et ne tarda pas à prononcer le mot nwrîjje qui, dans son esprit, éiait alors le mot important.

— Ne me parlez pas de ce misérable Franck, milady ! s'ècria lord Trevor, qui pensait que mariage et Franck ne pouvaient aller l'un sans l'autre, lorsqu'il s'agissait de sa fille; — je veux mourir si sa conduite n'est pas une chose choquante au dernier point... Choquante et inexcusable, milady !

— Comment cela, mon frère?

-Comment cela?... Oui, très bien! comment cela!... Vous allez 1,- défendre, n'est-ce pas!... Je ne veux rien entendre, milady... Je suis outré, outré positivement.

— Mais, milord...

— Non !... je suis outré, madame.

— Mais enfin, mon frère...

— C'est une chose qui pa«se toute croyance, milady, qu» vous veuillez vous oisiiner à défendre Franck Perceval...

— Mais je ne le défends pas, milord.

— Ahl... A la bonne heure!... Et que voulez-vous me parler de mariage, alors, milady?

Lady Camjibell hésita un instant. Certes, elle n'avait pu espérer un si heureux début. Son frère faisait la moitié du chemin, mais la trandtion était brû'ante, et lady Campbell

PAUL FEVAL

connaissait trop la bonté de son frè'e pour se (1er à celte rancune du momenl, quelle qu'en pût être d'ailleurs la cause.

— Milord, répondit-eîle d'un air mystérieux, c'est un grand secret.

— Je n'aime pas beaucoup les secrets, milady,

— Vous aimerez celui-là... Je vous le donne en mille.

— Je n'en veux pas, madame... A loat prendre, ce pauvre Framk...

— Fi! milord ! vous dites le pour et le contre au même insiant... J'aime Franck Perceval, je l'estime...

— Madame, vous ne savez pas ce que je sais, pardieu!

— Cest possible, répliqua lady Campbell en souriant, mais je sais ce que vous ne savez pas... Le marquis de Rio- Santo demande la main de voire tille, milord.

— C'esi fort bien, milady... Je reluse la main de ma fille au marquis deRio-Santo.

— Vous n'y pensez pas, mon frère...

— SI fait I

— Prenez au moins le teups...

— Ce serai! en perdre, milady.

— Le temps de consulter votre fille, poursuivit lady Campbell.

— A quoi bon? demanda le vieillard dont les sourcils blaiics se froncèrent.

— Les Convenances l'exigent , mon frère, reprit lady Campbell; — il pourrait, en vérité, se faire...

— Je ne vous comprends pas, madame.

• — Enfin, milord, s'écria lady Campbell, que diriez-vous si ma nièce aimait le marquis de Rio-Santo?

Lord James Trevor recula d'un pas. Les veines de son front se goudèrent. Ce n'était plus son petit courroux d« tout-à-l'heure contre Franck Perceval, c'était une belle et bonne colère anglaise, grosse d'apoplexie, de goddem et de coups de poing, — quand les circonstances sont favorables i ce dernier exercice.

— Vcire nièce , madame! répéta til en bégayant; — ma fille!... miss Mary Trevor... c'est impossible!

— Cela est pourtant, milord.

— Cela est, de par Dieu!... Alors... j'appellerai ce Rio- Santo sur le terrain, madame I... Voilà ce que je ferai I

C'était une de ces bonnes et loyales natures, un de ces caractères " taillés dans le plein Moc» de la foi antique, qui brillent encore çà et là dans les ran^s dégradés de notre aristocratie. Se dédire était pour lui la chose impo-sible, et eomme il ne lisait pas f^rt a'^sidùment les romans traflscendans de nos basbleus modernes, il n'attribuait point à l'amour le droit de fausser une parole donnée. — Une chose eût pu seulement le déterminer à oublier Franck, — c'aurait été l'oubli de Franck lui même.

Mais il n'accusait plus Franck depuis que Franck était atta(|ué.

En un mot, il ne croyait pas un mot de cet amour subit de Mary pour un étranger. Les femmes spirituelles sont sujettes à passer pour folles; lord Trevor gratifia généreusement sa sœur de cette épiihète et détruisit plusieurs platesbandes à coups de pieds en souvenir de l'entretien qu'il venait de subir.

Lady Campbell, cependant, était revenue vers Rio-Santo pour lui rendre compte du mauvais résultat de son ambassade.

Rio-Santo parut éprouver à cette nouvelle un fort grand découra^fDiant.

— Il ne me reste plus qu'à me retirer, madame, dit-il; j'ai fait tout ce qu'un galant homme pouvait faire.

— Mais, marquis, s'écria lady Campbell, rien n'est désespéré... avec du temps..

— Attendre encore ! dit le marquis avec amertume; —je ne le puis, madame... J'avais oITertà miss Trevor mon amour et ma main... Un amour sérieux et une main sans tache, Bilady I Je suis repoussé...

— Mon frère reconnaîtra son erreur... et si ce n'est pour moi, milord, un peu de patience pour Mary qui vous aime!

— Ah si J'en étais sûr, soupira Rio-Santo.

I — Que feriez-vous donc, milord?

— Ce que je ferais, madame! s'écria le marquis en s'animant soudain, — je passerais par-dessus toute considération: je foulerais aux pieds un vain scrupule... Je vous dirais... Mais j'y songe! je ne suis pas s- eu 1 en cause. Avant tout, il faut que miss Trevor soit heureuse... Il faut que l'éponx qu'on lui donn ra soii digne d'elle...

Lady Campbell approcha son fauteuil.

— Pour elle, pourelle seulement. Dieu m'en est témoin. et non pas pour moi, je [larlcrai, reprit le n)arquis. —Ne pensez-vous pas , madame , qu'il serait affreux pour mis» Trevor de partager avec une rivale le cœur de son époux?

— Vous me le demand>z, milord !...

— C'est ^ue le Très Honorable Franck Perceval a une maîtresse, madame, unebelle maîtresse, — qu'il aime, — une femme qui n'est point de celles qu'on prend un malin, qu'on abandonne le soir et qu'on oublie le lendemain... La maîtresse du Très Honorable Franck Perceval est la plus belle créature que j'aie vue de ma vie, madame.

— Certes, marquis, balbutia lady Campbell avecemoarras, — ceci est grave... Mais...

—Pardon si je vous divine... Que! homme n'a eu des maltresses en sa vie, n'est-ce pas?... Moi-même...

Rio-SfUto s'inlerromi>it et fixa sur lady Campbell son regard grave et triste.

— Madame, rcprit-il d'une voix basse, mais fermement accentuée, — j'ai eu des maîtresses avant d'aimer miss Trevor. Depuis que je l'aime, je n'en ai plus... Et monsieur Perceval!... C'est après avoir aimé Mary, c'est au moment oii il revient tout exprès pour réclamer une parole donnée...

— C'est vrai I interrompit lady Campbell qui ne demandait pas mieux que d'être persuadée.

— Pour épouser Mary, madame! c'est à ce momeniuiéme qu'il am^ne de France une autre femme aimée aussi...

— Il l'a amenée de France, marquis !

— Vous l'avez vue, madame.— Monsieur Perceval est arrivé avant-hier; la princesse de Longueville s'est montrée à nous hier pour la première fois.

— C'est vrai ! dit encore lady Campbell ; — et c'est cette femme si jeune , si admirablement belle que vous m'avez fait voir hier?

— C'est elle, madame.

— Ohl Franck! Franck!... je n'aurais jamais cru cela de lui... Mais il ne s'agit pas de se plaindre; il faut agir.. Au nom de ma nièce, milord, je vous remercie .. Oh ! rien n'est perdu maintenant I Je vais aller... je vais dire .. attendezmoi, je vous supplie; celle fois, nous n'aurons pas un refus.

Lord James Trevor se promenait encore dans les allées de son petit parc, lorsqu'un groom ac -ourutà lui tout esscufllé, disant que miss Mai y, malade, désirait parier à son père.

Lord Tievor se hûiavers la maison.

Il trouva sa fille reftversée sur un fauteuil, le visage couvert de ses mains. Elle sanglotaU; des larmes fliiraientk travers SCS doigts pâles et coulaient sur ses vêlemens. Lady Campbell, inquiète, repentante peut-être, s'empressait autour d'elle.

— Voyez, milord, voyez, dit-elle; voici l'ouvrage ae ce malheureux Franck... ce qu'il a fait est indigne, mon frère... Il a une maîtresse ..

— Je lésais, madame, répondit froidement lord James Trevor en froissant le dernier débris de la leitre anonyme reçue le malin.

— La pauvre enfant ne l'aime plus... reprit lady CampbelL

— Qui dit cela? s'écria Mary en découvrant toul-a-coup son visage i|ui était d'une effrayante pâleur.

Elle ne pleurait pins. Ses yeux rougis, encore par les larmes récentes, étalent fixes et Lrûlans,

— Mon père, dit-elle d'une voix étrange parce qu'elle contrastait avec la douce et faible vuix (|u'uu lui connaissait,— je l'aime... j'ai été folle pendant bien des jours., je ue oe savais plus moi-même... folle et bien malheureuse, mon père!...

— Pauvre enfant! murmura lady Campbell de la meilleure foi du monde,— elle a le délire.

LES MYSTÈRES DE LONDRES

Lord Tiévor lui imposa silence d'un peste.

— M-tinieiiant , on le calotnMiel reprit Mary; — on dit qu'il 1-11 aime une autre... Ah! c'est affreux, mon père, de CaloiMiiier un birgsé, un mourant peut-être!...

— Un mourant! répéta lurd Tievor ,— que signifie cela,

— Franrk Perceval s'est battu, milord, répondit lady Campb II avec embarras.

— J»' veux le voir, mon père, reprit encore Mary ; — condiii^pzmoi vers lui... INous saurons bien vite ce (|iie valent CCS accusations menteuses... Franck ! mon noble Franck 1... Âli <|ue j ai soutien I...

Lord Trevor sonna.

Lord Trevor sonna.

— Faites atteler, dit-il, sur le-cbampl... Calmez-votis. Mary, poursuivit-il... j'igtiorais toutcela... Je vais me rendre clîez l'erceval...

— Ht moi, mon père?

— VOJS?

Lord Trevor jota un rej^ard snr sa sœur.

— Tout <eci me semble fort ohsiur, miirmura-l-il entre ses dents... Eh bien! miss, et vous aussi... préparez vous.

Mary baisa avec, etfusion la main de son père.

Lady Campbell haussa les épaules et sortit en murmurant le mni !■! oeki»g, blâme suprême des persotmes qui ne savent point employer de plus énergique-; exclamations.

Elle s'eji alla, "lécouragée, raconter ee nouvel échec à Rio- Santo, Riais le marquis ne parut point partager, cette fois, sa peine.

— J'attendrai le retour de lord Trevor, dit il d'un air dégagé .. je veux connaître définitivement jusqu'uo va mon malheur.

Oo entendit en ce moment le bruit des roues delà voiture sur le pavé de la rue.

RioSanto consulta sa mon.'re à la dérobée, et un triomphant iOurlre releva les coins de sa lèvre.

— La partie s'engage comme il faut, murmura-t-il ; — la gagnerai-je?...

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