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SOLITUDE

Cétait une semaine environ après les événemens que nons avons racontés aux précédens chapitres.

Susannah se trouvait seule dans le petit salon où noizs l'a« vens vue déjà s'entretenant avec Brian de Lancester. Ell« tenait un livre à la main, et ses yeux liumides erraient vaguement sur les pl.iques de givre, dont les scintillantes cristallisations recouvraient à l'extérieur les carreaux des croisées.

Il y avait dans sa pose plus de calme et dans son regard plus de réflexions que naguère. Son beau front n'était pas plus intelligent, mais on découvrait quelque chose en elle de moins indécis et de plus humain, pour ainsi dire. Elle était moins en dehors des conditions communes. On la pouvait comprendre mieux, et chacun de ses mouveraens ne ressemblait plus autant à un problème.

C'est que, depuis huit jours, Susannah avait fait bien des pas dans la vie. Sa muette existence de malheur avait pris fin brusquement. Deux âmes s'étaient trouvées pour accueillir et provoquer les naïfs élans de son âme. L'atmosphère d'ignorance et de morne douleur qui l'avait si longtemps oppressée, venait de laisser passer un rayon du soleil.

Depuis une semaine, elle voyait presque chaque jour lady Opbelia, comtesse de Derby et Brian de Lancester.

Lady Ophelia lui enseignait doucement la vie. Elle n'avait point essayé de surprendre le secret de Susannah, bien que, douée de cette magique baguette qui est aux blanches mains de toute femme du monde, elle eùl deviné du premier coup d'œil qu'il y avait un mystère étrange sous ce titre de princesse, porté par une enfant, hautaine il est vrai, et noble, ;i. superbe, et sachant soutenir comme il faut l'aigrette de diamant qui pesait sur sa noire chevelure, mais étrangère à ces mille façons convenues, à ces toutes petites règles qui sont la syntaxe de la grammaire mondaine; un mystère aussi sous ce veuvage d'une vierge : car Susannrh était vierge d'âme et vierge de corps; lady Ophelia ne pouvait l'ignorer, elles avaient si souvent et si longuement parlé d'amour I

Et, tout en respectant le secret de Susannah , lady Ophelia s'en était fait une idée assez voisine delà réalité, pour entrer de plain saut dans la conscience de la belle fille, pour la comprendre, pour expliquer les extraordinaires écarts de son caractère, jugé au point de vue exclusif du monde, peur admirer même ce qu'il y avait de suave et de grand sous celte écorce sauvage que des regards moins amis n'auraient pas su percer.

Entre lady Ophelia et Susannah, il y avait une sorte de prédestination de tendresse mutuelle. Elle s'étaient aim^e^

LES MYSTERES DE LONDRES

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