PL. 105. — ÉTOURNEAU VULGAIRE
Sturnus vulgaris (Linn.).
Mâle adulte : en dessus, noirâtre, avec des reflets éclatants de pourpre et de vert doré, chaque plume marquée de très petits points triangulaires d’un blanc roussâtre ; rémiges et rectrices d’un brun noirâtre, lisérées extérieurement de roussâtre , en dessous, comme le dos, les taches triangulaires blanchâtres. Bec jaune; iris brun; pieds d’un brun couleur de chair. Taille '. vingttrois centimètres.
Habite l’Europe, l’Asie et l’Afrique septentrionale ; très commun partout, et nulle part, en été, plus commun qu’en Hollande.
Niche dans les trous d’arbres et des vieilles murailles, dans les clochers et sous les toitures des habitations ; pond de cinq à sept œufs d’un bleu pâle ou un peu verdâtre, uniforme et sans taches ; ils mesurent deux centimètres et demi sur deux.
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LES OISEAUX DES CHAMPS ET DES BOIS
La construction du nid consiste, pour toute façon, en un amas de feuilles sèches, de quelques brins de paille, de foin et de mousse, que recouvrent à l’intérieur des plumes, des poils et des herbes très déliées. Les nids sont le plus souvent réunis à côté les uns des autres ; les oiseaux y reviennent chaque année.
Les Étourneaux préfèrent les prairies aux champs cultivés, et surtout les prairies les plus marécageuses. Les services qu’ils rendent à l’agriculture, en leur qualité de destructeurs de vermines, sont immenses. Dans les pâturages et les marais, ils pâturent souvent en compagnie des Corneilles et des Choucas, des Bergeronnettes et des Vanneaux, ainsi qu’au milieu des bestiaux, avec lesquels ils se familiarisent au point de leur monter sur le dos pour y chercher leurs parasites.
Un exemple démontrera leur utilité. Dans les années de 1852 à 1857, un inspecteur général des forêts, M. Dietrich, à Grünheim (Saxe), rapporte que deux espèces de coléoptères, le charançon du sapin et le charançon noir, avaient exercé de grands ravages dans les forêts de sapins de son district. On employa, dans ce laps de temps, une somme de plus de quatre mille francs pour détruire ces insectes ; et, malgré tous les efforts, le mal subsista. Alors on y rémédia au moyen des Étourneaux. L’inspecteur fit placer cent vingt et un nids artificiels dans le voisinage des plantations d’épicéas ; le succès fut complet. A la fin de mai, on examina des Étourneaux à peine ailés, et l’on trouva leur estomac rempli de charançons, dont la trompe avait été soigneusement brisée par le père et la mère.
Ils sont encore les ennemis redoutables des sauterelles, dont ils font des déconfitures immenses , et à la suite desquelles ils entreprennent de longs voyages, à la manière des Glaréoles. Levaillant en a rencontrés à plus de trois cents kilomètres de toutes côtes; il en a même abaltus qui, durant ce long trajet, s’étaient reposés sur les vergues de son navire.
Quant aux olives, dont il fait une énorme consommation, l’homme a trouvé moyen d’y obvier , grâce à l’industrie de l’oiseau , en vidant les provisions considérables que les Élour-
DËODACTYLES CONIROSTfVES
neaux vont cacher et accumulent, dans les rochers et les montagnes qui environnent les plantations, d’oliviers.
En Algérie, les Étourneaux exercent les mêmes dépradations, que l’on évaluait, à Tlemcen, dans les derniers mois de 1874 et les premiers de 1875, à deux cent mille francs.
Toutefois, comme l’observe Toussenel, de même que tous les Passereaux plus ou moins granivores ou frugivores, les Étourneaux rendent plus de services qu’ils ne font de mal.
L’Étourneau est un des oiseaux faciles à domestiquer. Avec un habit qui rappelle celui des Perroquets, il se familiarise à un point extraordinaire et recherche le voisinage de l’homme et des animaux domestiques ; aussi fait-il grand vacarme dans les villages et dans les prairies. Ce singulier farceur imite le cri de presque tous les animaux ; il miaule comme un chat et apprend à parler distinctement sans qu’on ait besoin de lui couper le fil de la langue.
PL. i05. — ÉTOURNEAU UNICOLORE.
Sturnus unicolor (de la Marm.).
Mâle adulte : en dessus, d’un noir lustré avec des reflets pourpres très brillants; plumes des épaules et du vertex longues et effilées; ailes et queue d’un noir de suie foncé, les rémiges et les rectrices bordées de brunâtre ; en dessous , les plumes du jabot et de la poitrine comme celles du dos, mais avec les reflets pourpres moins brillants. Bec jaune; iris brun; pieds d’un brun jaunâtre. Taille : vingt-trois à vingt-quatre centimètres.
Habite l’Europe méridionale, l’Asie occidentale et l’Afrique septentrionale; assez rare en France, se trouve en Sicile et en Sardaigne.
Niche dans les fentes des rochers, dans les trous des clochers et des vieux édifices; pond de cinq à six œufs assez semblables à ceux de l’espèce précédente, mais un peu plus pâles; ils mesurent vingt-sept millimètres sur vingt.
LES OISEAUX DES CHAMPS ET DES BOIS
Cette espèce habite les localités montueuses de l’intérieur de la Sicile, et elle est commune à Lentini, à Castiglione, à Troïna, etc. Elle ne quitte jamais les lieux qui Font vue naître et se trouve aussi dans les mêmes cantons, en compagnie de l’Etourneau vulgaire.
L'espèce est aussi commune en Algérie que l’espèce ordinaire d’Europe , avec laquelle elle forme des troupes considérables.
Des Murs, Les Oisc-anx ries Champs et des Bois.
J. Rot'nsohild, Éditeur, Paris.
PI. 106. — MARTIN ROSELIN — l’astor roseus. Tcmminck, «r Liun : eus. * nat.
DÉODACTYLES CONIROSTRES
3a GROUPE GÉNÉRIQUE MARTIN, PASTOR (Temm.).
Bec moitié seulement de longueur de la tête, aussi haut que large, bombé et incliné à la mandibule supérieure dont la pointe recouvre l'intérieure et est sans échancrure apparente; narines basales, closes par une membrane, et presque entièrement cachées par les plumes du front; ailes assez longues, aiguës , les deuxième et troisième rémiges excédant les autres; queue moyenne et carrée; tarses robustes, recouverts de squamelles, de la longueur du doigt médian qui est soudé à Y externe ; ongles très courbés et très aigus, celui du pouce le plus fort et du double de longueur de celui du médian.
Ne comprend que deux espèces, dont une seule d Euiope.
PL. 106. — MARTIN ROSELIN..
Pastor roseus (Temm., ex Linn.).
Mcîle adulte : en dessus, tête en entier d’un noir à reflets violets , ornée de longues plumes effilées formant une épaisse huppe qui retombe sur la nuque ; ailes noires à reflets verts sur les rémiges secondaires; queue noire, avec les mêmes reflets sur les deux rectrices médianes ; dos et épaules d un beau rose tendre ; en dessous, côtés et devant du cou, depuis le menton jusqu’à la poitrine, où il finit en pointe, du même noir que la tête ; poitrine, flancs et abdomen roses ; bas ventre, région anale et cuisses noirs. Bec noir dans sa première moitié, jaune rosé à la pointe ; iris brun ; pieds d’un jaune carné. Taille : vingt-deux centimètres et demi.
Habite l’Europe orientale, l’Asie septentrionale et une grande
LES OISEAUX DES CHAMPS ET DES BOIS
partie de l’Afrique; se trouve en Arménie, où l’a remarqué Th. Deyrolle, en 1869, et dans la Russie méridionale, ainsi qu’en Hongrie, où il se reproduit ; de passage irrégulier dans le midi de la France.
Niche dans les crevasses des rochers après lesquels la force de ses ongles lui permet de monter et de se suspendre ; pond de cinq à sept œufs d’un bleu verdâtre très pâle, sans taches, qui mesurent trois centimètres sur deux.
L’Étourneau vulgaire, s’il se livre à la poursuite des sauterelles, ne le fait qu’accessoirement, tandis que pour le Roselin, c’est un besoin irrésistible de les chasser et de leur faire une guerre incessante ; aussi, ne le voit-on généralement que dans les contrées que fréquentent soit périodiquement, soit à demeure fixe, ces insectes destructeurs.
Quand cette chasse des Roselins est terminée, ces oiseaux, d’ailleurs paisibles, de bonne humeur, gais et d’une grande agilité, dit M. Nordmann, se plaisent à se rassembler sur un arbre, où ils se mettent à babiller tous ensemble, célébrant sans doute la mission profitable qu’ils viennent d’accomplir. Ils s’apprivoisent aisément.
PLOCÉPASSÉRIDÉS ou MOINEAUX. — Plocepasseridæ.
Cette famille, que nous avons créée en 1 860, aux dépens de la grande division des Tisserands, ces oiseaux d’Amérique à nids suspendus, se compose de deux démembrements de ceux-ci, les Tisserins proprement dits, de l'Asie et de l’Afrique, ou Plocéidés, et des Moineaux ou Passéridés, et a eu le haut assentiment de •Gerbe, qui l’a adoptée. Nous n’avons donc à nous occuper ici que de ces derniers qui, seuls, ont des représentants en Europe, et n’appartiennent qu’à l’ancien monde.
Ils sont granivores , contruisent leur nid à couvert ou en forme de boule, et, partout où ils s’établissent, vivent en société,
DÉODACTYLES CONIROSTRES
quand ce n’est pas par colonies. Enfin, parmi tous les Passereaux, les Moineaux sont essentiellement pulvéraleurs ; de petits parasites les tourmentent au point qu’ils éprouvent sans cesse le besoin de s’ébattre et de se rouler, pour ainsi dire, dans la poussière.
Ils ne constituent qu’un seul groupe générique.
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