PL. 104. - JASEUR DE BOHÊME
Ampelis garrulus (Linn.).
Mâle adulte : en dessus, tête ornée de plumes allongées dépassant la nuque, formant une épaisse huppe d’un brun rouge,
LES OISEAUX DES CHAMPS ET DES BOIS
ayant son point de départ à la base des narines; bande d’un noir de velours traversant les yeux du bec à la nuque ; joues marron ; dos d’un cendré rougeâtre ; côtés du cou et croupion d’un gris de perle ; ailes noires, les petites couvertures terminées de blanc pur formant miroir simple, les rémiges primaires avec une tache jaune à l’extrémité de leur page, dont la pointe est noire, les secondaires également terminées de blanc sur leur page externe, et leur rachis agrémenté au bas de la plume de petits appendices cartilagineux, en forme de petites palettes de l’écarlate le plus vif, simulant à s’y méprendre, selon la pittoresque expression de Toussenel , des filaments de cire à cacheter; queue noire, largement bordée de jaune ; en dessous, menton et gorge d’un noir de velours; ventre et abdomen d’un cendré rougeâtre clair. Bec brun roussâtre, noir à la pointe ; iris d’un jaune brun ; pieds d’un brun noirâtre. Taille : vingt et un centimètres.
Type des groupes génériques Bombycilla de Vieillot , Bombycivora de Temminck, et Boinbycipliorà de Meyer.
Habite les régions du cercle arctique de l’Europe et de l’Asie, où il se reproduit, et se répand dans ses nombreuses migrations jusque dans le midi ; n’est pas rare en France, à cette époque.
Niche sur les branches des arbres , à quelque distance du tronc, comme la Litorne ; pond quatre ou cinq œufs d’un blanc azuré, verdâtre ou bleuâtre, parsemé irrégulièrement de taches brun noirâtre assez fortes.
Le Jaseur est un des oiseaux, et peut-être le seul, quoiqu'il ait été connu de tous temps, sur les mœurs et les habitudes duquel on possède le moins de renseignements précis, tant sont froides et reculées les régions qu’il habite à notre pôle boréal, tant sont rares et accidentelles les apparitions qu’il fait au centre de l’Europe, et par lesquelles seules on a appris son existence.
Toujours est-il que, si l’oiseau est assez connu , son œuf est assez rare pour avoir valu encore, en 1870, de trente à quarante francs ; et nous apprécions au delà de cette valeur vénale chacun des quatre œufs, provenant des voyages de l’intrépide John Volley, que nous devons à la généreuse obligeance de M. le pro-
DÉOD ACTYLES CONIROSTRES
fesseur Newton. Il est vrai qu’il faut les aller chercher jusqu’auprès du cercle arctique, comme l’a fait le savant voyageur à qui l’on doit la découverte et de l’œuf et du mode de nidification du Jaseur.
Le Jaseur, dans la Laponie, ainsi que l’a observé Volley, fait un nid solide et d’une bonne grosseur, mais sans beaucoup d’indice d’un art avancé. Il est assez profond et régulièrement formé , quoique construit avec des matériaux un peu difficiles à façonner, tels que le lichen appelé Poil d'arbre. Ces matériaux sont renforcés en dessous par une plate-forme de petites branches mortes et, un peu plus haut, vers l’intérieur, par une plus ou moins grande quantité de pédoncules d’herbes fleuries ; ils sont entremêlés d’un peu de lichen de rennes , et même d’un ou deux brins de mousse verte et de quelques fragments de coton de saule.
Nous sommes bien loin, comme on le voit, de cette erreur propagée par Frichs, sur la foi de Strahlunberg, et qui a persisté jusqu’au moment où nous écrivons , que les Jaseurs nichaient dans les crevasses et les trous des rochers, ce qui a été répété encore par Temminck.
La nourriture qui plaît le plus au Jaseur, lorsqu’il se trouve dans un pays de vignes, ce sont les raisins ; d’où Aldrovande a pris occasion de lui donner le nom latin d 'Ampelis, qu’on peut traduire en français par celui de Vinette. Après les raisins, il préfère, diton, les baies de troène, ensuite celles du rosier sauvage, de genièvre, de laurier, les pignons, les amandes, les pommes, les sorbes, les groseilles sauvages, les figues, et, en général, tous les fruits fondants et qui abondent en suc.
Il n’y a que sa beauté et sa rareté, dit Bechstein, qui puissent en faire désirer la possession ; c’est d’ailleurs un oiseau niais et paresseux. Pendant les dix ou douze années qu’il peut vivre en chambre, avec une nourriture même très chétive, il ne fait que manger et se reposer pour digérer.
LES OISEAUX DES CHAMPS ET DES BOIS
STURNIDÉS ou ÉTOURNEAUX. — Sturnidæ (Vigors).
Les Sturnidés font partie d’une grande division d’oiseaux appartenant aux deux mondes, Quiscales, Carouges et Troupiales d’Amérique, Stournes d’Afrique, tous essentiellement grégaires, c’est-à-dire vivant par troupes ou par bandes ; et de tous les Passereaux , ce sont ceux dont les individus d une même espèce se réunissent en plus grand nombre, puisque bien souvent il est incalculable. Ils s’abattent et marchent fréquemment à terre, e^ se posent sur le dos des bestiaux pour y chercher leurs parasites.
Leur vol et les manœuvres qu’ils emploient pour se mouvoir ensemble est, à part leur voracité, des plus remarquables, et n a cessé, depuis Pline, de fixer l’attention des naturalistes.
Les Sturnidés forment deux groupes génériques qui, tout en ayant les mêmes mœurs et presque les mêmes habitudes, présentent cependant, suivant nous, quoi qu’on en dise, des différences, trop frappantes dans leurs caractères organiques , pour ne pas être distingués l’un de l’autre. Ce sont les Étourneaux et les Martins.
Des Murs, Les Oiseaux des Champs et des Bois. J. Rothschild, Éditeur Parie.
M. TOURNEAU V U L G- A I R E — Sturnus vuïf/ans. Liunæus. — S nat.
(ÉTOURNEAU UNICOLOR E — Bturnus unicolor. De lu, Marmora. — £ nat.
DÉODACTYLES CON1ROSTRES
Ier GROUPE GÉNÉRIQUE ÉTOURNEAU, STURNUS (Linn.).
Bec de la longueur de la tête, aussi haut que large, droit, conique, légèrement déprimé à la base, qui est lisse et unie, la base entamant les plumes du front par son arête , narines basales, latérales , à demi fermées par une membrane voûtée; ailes pointues, à première rémige presque nulle, la deuxième la plus longue ; queue courte, ample et légère ment échancrée; tarses élancés, scutellés, de la longueur du doigt médian, qui est soudé au doigt externe par sa base; ongles faibles.
Deux espèces sur quatre appartiennent à l’Europe.