PL. 107. — MOINEAU DOMESTIQUE
Passer domesticus (Briss.).
Mâle adulte : en dessus, base du bec et lorum noirs ; calotte d’un cendré bleuâtre ; derrière des yeux et du cou d’un marron pur; dos cendré brunâtre, flamméché de marron; croupion grisâtre; ailes et queue brun roux, les rémiges et les rectrices lisérées de plus clair, les premières noires à leur bout, les scapulaires largement bordées de blanc pur formant simple miroir ; en dessous, gorge, devant du cou et haut de la poitrine d un noir profond n’occupant que le milieu de ces parties , le reste d’un gris blanchâtre. Bec noir; iris noisette; pieds brun rougeâtre. Taille : quinze centimètres.
Habite l’Europe septentrionale et occidentale, où il est très répandu ; sédentaire, commun et presque parasite en France.
Niche partout et dans toutes les conditions; au milieu des villes, sous les toits, dans les ruines et sur les arbres; pond de cinq à six œufs, généralement à fond blanc, parsemés ou entièrement recouverts de taches grises et brunes, parfois sans aucune tache. Ils mesurent deux centimètres sur un et demi.
Mars. Les Oiseim «les Champs et des Bois.
J. Rothschild, Éditeur Paris.
PI. 107. — MOINEAU DOMESTIQUE — Passer ilomesticus. Brisson. — 4 uat.
DÉOD AGTYLES CONIUOSTRES
Le mâle et la femelle travaillent de concert à leur énorme nid et le construisent de deux manières : sur les arbres , ils lui donnent la forme d’une grosse boule munie d’une cavité intérieure, mise en communication avec l’extérieur au moyen d une petite ouverture arrondie servant au passage de l’oiseau; en telle sorte que, pour former cette boule, ils y ajoutent une espèce de calotte par-dessus, qui empêche la pluie d’y pénétrer. Dans les fentes des murs, dans les pots et les cavités des arbres et partout ailleurs, pourvu que ce soit dans des lieux couverts, ils les font en forme demi-sphérique et creuse dans le milieu. L’instinct se manifeste donc ici, comme l’exprime de Montbeillard, par un sentiment presque raisonné, et qui suppose au moins la comparaison de deux petites idées.
Dans tous les cas, lorsque les lieux le permettent, ils prennent plaisir, à l’instar des Tisserins, à grouper et réunir leurs nids les uns auprès des autres.
Partout où ils nichent, c’est principalement la paille, le foin, les feuilles sèches, celles du platane notamment, pour composer le dehors de leur gîte ; ils réservent les plumes, la bourre, les morceaux de linge, le fil, etc., pour en tapisser le dedans; on y trouve parfois de petits pelotons de laine, de soie ou de coton, que le couple enlève autour des maisons où on lui donne l’hospitalité; mais on peut dire qu’en général, il n’y a pas de nid d’oiseau qui renferme une plus grande quantité de plumes.
Ainsi, sans sortir de notre Europe, M . de Tscliudi rappelle que l’Angleterre , la Prusse, la Hongrie et le pays de Bade avaient fait une guerre d’extermination à cet auxiliaire d’autant plus précieux, selon lui, qu’il se multiplie de préférence près des habitations et dans les lieux où le sol est le plus divisé : au bout de peu d’années, ces pays de proscription pour le Moineau ont dû lé réintroduire à grands frais , parce qu’aucune culture n’était plus à l’abri des insectes.
Ajoutons qu’il y a mieux : l’Amérique, qui ne l’a jamais possédé, a eu recours à son aide, et sa faune est venue le réclamer à la nôtre.
LES OISEAUX DES CIIAMDS ET DES DOIS
A Cuba des Antilles, où son importation s’est faileen quelque sorte d’une manière accidentelle, en 1830, sa propagation y prospérait encore en 1803 , au rapport de M. P. Graells.
Le même essai, fait à New- York, en 1860, par M. Eugène Sehicffelin , a donné les mêmes résultats que l’on constatait après 1866, malgré le froid de l’hiver de celte année, froid qui descendit jusqu’à douze degrés.
On a de tout temps beaucoup exagéré les dégâts causés aux récoltes par le Moineau; il a eu des détracteurs et d’éloquents défenseurs : le nombre en est grand depuis de Monlbeillard , <m passant par Thiébault de Berneaud et Lesson, jusqu’à Toussenel. Qu’on sache seulement que, s’il est avide de grains en hiver, il détruit au printemps une immense quantité de hannetons et d’insectes, et qu 'enfin , il fait jusqu’à trois couvées par an, quand il n’y en a pas une quatrième, ce qui représente deux mois de travail comme auxiliaire.
Un fait qui vient victorieusement à l’appui de sa défense, et qui défie toute controverse, c’est que, sur presque tous les points, semblable essai a été fait presque en même temps (1867) au Canada, par le colonel Rhodes, qui en constatait la réussite trois années après.
dl en a été de même à Boston, d’après le rapport de la Commission d’ Agriculture de cette ville, pour 1869.
Il n’est pas enfin jusqu’aux colons de l’Australie qui n'aient invoqué son secours. Les Anglais, comprenant l’importance des services qu’ils pouvaient attendre du Moineau, dans celles de leurs colonies où il n’en existait pas, en avaient également encouragé le transport et l’acclimatation à la Nouvelle-Hollande, et le succès a si bien favorisé l’entreprise, que M. Th. Black, président de la Société d'acclimatation de Vittoria , écrivait en octobre 1868 : « On peut voir le Moineau par centaines aux environs de Melbourne. »
Nous pensons, quoi qu'il arrive, que ces citations valent la meilleure des réhabilitations.
Sociable et effronté comme l’est notre Moineau, compagnon
wm
Des Murs, Les Oiseaux des Champs et des Bois.
1 MOISBAU CISALPI N — Passer Italien. Degl,, ex Vieillot. — f nat. (MOINEAU ESPAGNOL — Passer hUpaniolensis. Degl., ex Temminck. — Æ nat.
déodactyles conirostres
assidu de la moindre ouvrière et la joie de l’humble mansarde, sa légende anecdotique nous prendrait trop de développements ; tout le monde connaît, d’ailleurs, celle du Moineau de Jenny Colon, si spirituellement racontée parM. Brasseur-Witgen. Nous n’en parlons donc que pour mémoire.
Nous terminerons cette courte biographie du Moineau en constatant qu’un mâle s'est accouplé ce printemps (1883), a Nogent-le-Rotrou, avec une serine jaune, dont il a pris le chant et le langage. Ils ont produit trois petits vivant encore au mois
de juin.