‹ Musée ornithologique illustré (volume 2)Chapitre 20 sur 61 · PL. 108.— MOINEAU CISALPIN · texte numérisé non relu

PL. 108.— MOINEAU CISALPIN

Passer Ilaliæ (Degl., ex Vieill.).

Mâle adulte : en dessus, tête et haut du cou marron vif; sourcils blanc pur; joues d’un blanc grisâtre; dos brun roussatre flamméché de noir; bas du cou et croupion cendré brunâtre; grandes rémiges et rectrices d’un brun noirâtre ; petites couvertures alaires roux marron vif, largement terminées de blanc pur, formant un premier miroir , les moyennes de même couleur avec le blanc un peu jaunâtre, formant second miroir, les rémiges secondaires bordées de blanc jaunâtre; en dessous, menton, gorge, devant du cou et haut de la poitrine d’un noir profond; ventre et abdomen d’un blanc légèrement ocracé. Bec noir de corne en dessus, jaunâtre en dessous; iris brun; pieds d’un brun rougeâtre. Taille : quinze centimètres.

Habite l’Europe méridionale, l’Asie occidentale et T Afrique septentrionale; se rencontre dans toute l’Italie et la Sicile, ou il remplace notre Moineau domestique.

Niche comme ce dernier et vit en grandes colonnes; pond de cinq à six œufs à fond blanc assez clair, parsemé de taches grises et brunes assez larges. Ils mesurent près de deux centimètres sur un et demi.

Très voyageur, le Cisalpin se laisse même entraîner dans ses

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migrations jusque vers nos départements de l’ouest, tels que celui d’Eure-et-Loir, où il se révéla par de singulières allures.

Un individu de passage, de cette espèce, venait d’être découvert et pris, à Nogent-le-Rotrou, vers le 15 octobre 1878, dans la riche serre d’un de nos amis, M. Durand, ancien procureur général, qui, le considérant avec raison comme tout autre que l’espèce ordinaire du Moineau, nous fit prévenir de sa découverte. Nous reconnûmes de suite un charmant type de notre Cisalpin, dans une fraîcheur remarquable de plumage. On s’empressa de le mettre en volière; mais la cage renfermait déjà depuis longtemps le plus inoffensif des Serins. Quelle ne fut pas la surprise de notre ami, le lendemain, en trouvant les plumes éparses et les restes du Serin déchiquetés ou dévorés, et son compagnon de rencontre l’œil vif, bien portant, mais à l’air mutin. Un meurtre avait été commis et le coupable était le nouveau prisonnier. On lui fit grâce en faveur de sa bonne mine, et surtout de la bizarrerie d’une de ses habitudes que nous allons décrire , et on se le tint pour dit.

Essentiellement farouche, plus peut-être par situation que par nature, ce n’est pas par des brusqueries, des gestes, des cris ou des menaces qu’il témoignait sa sauvagerie. Aussitôt qu’on s’en approchait, il s’élançait dans un des coins de sa cage, et la, se suspendant soit aux barreaux, soit à son perchoir de toute la longueur de son corps, il demeurait immobile, la tête en bas, comme certaines Perruches, et non en tournant le dos pour se cacher, mais faisant face à l’ennemi, le bec fermé et l’œil étincelant, prêt à recevoir ou à repousser une attaque, sans témoigner le moindre mouvement d’impatience, les plumes, même celles de la tête, aussi lisses et unies qu’au repos.

Ses habitudes en liberté ne sont autres que celles du Moineau domestique; il en est de même de ses peccadilles de pillage.

DÉODAGTYLES CONIROSTRES

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