‹ Musée ornithologique illustré (volume 2)Chapitre 44 sur 61 · PL. 133. — GOBE-MOUCHE A POITRINE ROUGE · texte numérisé non relu

PL. 133. — GOBE-MOUCHE A POITRINE ROUGE

Muscicapa parva (Bechst.).

Mâle adulte : en dessus, cendré brunâtre; joues grisâtres; croupion roussâtre; ailes et queue d’un brun noirâtre, lisérées de gris, les trois rectrices latérales blanches dans les deux premiers tiers de leur longueur; en dessous, depuis le menton jusqu’au bas de la poitrine, d’un jaune roussâtre vif; abdomen et souscaudales d’un blanc argentin. Bec et pieds bruns; iris brun foncé; bord des paupières blanc. Taille : de douze à treize centimètres. C’est le plus petit de nos Gobe-Mouches.

Type du groupe Erythrosterna de Ch. Bonaparte, renfermant, outre l’espèce que nous venons de décrire , six autres espèces propres à l’Asie.

Habite l’Europe occidentale et l'Asie; commun en Autriche cl en Hongrie; de passage accidentel en t rance.

Niche sur les arbres, à l’appui des grands troncs; pond de quatre «à cinq œufs se rapprochant beaucoup de ceux du Gobe- Mouclie gris, à fond blanc ou café au lait, avec des taches d'un cendré roussâtre ou rougeâtre; ils mesurent dix-liuit millimètres sur treize.

Cet oiseau qui, en petit, rappelle le Bouge -Gorge, en a toutes

DÉODACT Y LES GONIROSTRES

les allures, d’après Temminck. Selon M. Nordmann, la vivacité de ses mouvements , ainsi que le balancement de sa queue, 1 appellent les petites espèces de Traquets; il ferait entendre un petit cri continuel, baisserait la queue lentement et à plusieurs reprises , la déploierait et la relèverait subitement au-dessus de ses ailes.

7e FAMILLE

LANIIDÉS ou PIES-GRIÈCHES. — Laniidæ.

Les Pies-Grièches sont des oiseaux sur la classification desquels on ne saurait trop reprocher l'entrainement de bon nombie d’ornithologistes à les ranger auprès des oiseaux de proie : un certain appétit pour la chair, joint à la présence d’un crochet apical du bec rappelant la forme des Faucons, suffirait à les justifier , si elles ne manquaient de deux caractères organiques et physiques qui sont l’apanage exclusif des seuls Rapaces , la rétractibilité si remarquable des doigts et la présence d une peau membraneuse, appelée cire , à la base du bec. Ce sont de simples Passereaux à mœurs plus ou moins excentriques, variant leui alimentation entre les gros insectes, les petits oiseaux et mammifères. .

Elles ont, en outre, presque toutes cet instinct particulier ou

cette manie de ne jamais achever ce qu’elles ont pris ou commencé à dévorer , et d’en fixer, comme réserve ou provision, les restes à une forte épine ou à l’extrémité pointue d’une branche, et l’on peut à la rigueur les considérer comme les oiseaux de proie des Passereaux; et cependant, ce que l’on ne sait pas assez, c’est que ce sont non seulement d’habiles imitateurs, mais de véritables chanteurs.

La famille ne compose qu’un seul groupe générique.

LES OISEAUX DES CHAMPS ET DES BOIS

GROUPE GÉNÉRIQUE UNIQUE PIE-GRIÈCHE, LAN I US (Linn.).

Bec robuste, convexe, aussi haut que large, plus court que la tête, garni de longs poils raides à la base, qui entame quelque peu les plumes du front; mandibule supérieure fortement dentée et échancrée à la pointe, qui se termine et retombe en croc sur celle de la mandibule inférieure quelle emboîte ; narines basales, arrondies, recouvertes d’une membrane voûtée, et entièrement cachées par les poils; ailes subobtuses, la quatrième rémige la plus longue; queue généralement allongée, ample et arrondie sur les côtés; tarses plus longs que le doigt médian, scutellés ainsi que les doigts, qui sont entièrement divisés; ongles médiocres, aigus.

Très nombreux en espèces réparties sur tous les points du globe , le groupe n’en fournit que six à l’Europe.

En présence de ces caractères physiques et moraux de Rapace de quelques-unes de nos Pies-Grièches, il n’est pas à s’étonner que jadis on en ait su tirer parti en les dressant à la Fauconnerie. Turnus dit que François Ier avait coutume de chasser avec notre Pie-Grièche privée, qui partait et revenait sur le poing. On s’en servait encore sous Louis XIII pour la chasse au Moineau franc, et la légende rapporte que le connétable de Luynes ne dut sa faveur qu’au latent qu’il avait déployé dans sa jeunesse à dresser la Pie-Grièche àce genre de vol.

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