PL. 134. — PIE-GRIÈCHE GRISE
Lanius excubitor (Linn.).
Mule adulte : en dessus, d’un beau cendré clair; large bande
Des Murs, Les Oiseaux des Champs et des Bois.
J. Rothschild, Éditeur, Paris.
PI. 134. — PIE-GRIÈCHE GRISE — Lanius excubitor. Linnæus. — £ nat.
DÉODACTYLES CON1ROSTRES
noire traversant les yeux, à partir du bec jusqu’à l’orifice des oreilles; ailes et queue noires, les premières blanches dans le tiers de la longueur des grandes rémiges, toutes terminées de blanc; les secondes blanches dans leur dernière moitié , à l’exception des deux médianes entièrement noires; en dessous, d’un blanc pur. Bec et pieds noirs. Taille : vingt-trois à vingt-quatre centimètres.
Habite toute l’Europe.
Niche sur les arbres, parfois dans les buissons ; pond de cinq à sept œufs d’un blanc plus ou moins verdâtre, avec des taches grises et brunes; ils mesurent vingt-cinq millimètres sur dixhuit.
Le nid est ordinairement en forme de coupe, construit en dehors avec des lichens, de la mousse, des herbes sèches et des racines fibreuses, garni en dedans de laine, de brins d’herbe et d’autres matières mollettes.
On cite cependant deux exemples de nids de Pie-Grièche grise, qui, au lieu d’être, comme celui-ci, en forme de coupe, étaient surmontés d’une couverture leur donnant la forme globulaire.
La plus forte de toutes, elle est également la plus carnivore; aussi lui faut-il ordinairement des proies vivantes, qu’elle se procure d’ailleurs en tout temps, par la ruse, la force et la guerre, à la manière des oiseaux de proie, selon l’expression de M. Bailly. C’est sur les mulots, les souris, les campagnols, les grenouilles, les lézards, les petits oiseaux, surtout les Fauvettes, les Pipis, les Alouettes, les Bruants et les gros coléoptères, qu’elle exerce le plus fréquemment son industrie. Elle ose encore, dit M. de Tschudi, s’attaquer aux Perdrix, aux Grives, voire même aux Corneilles et aux Geais; sans doute, elle ne leur fait pas grand mal, mais elle réussit pourtant à les éloigner de son territoire, ainsi que les Faucons.
Son cri d’appel ressemble à celui de l’Alouette. Elle imite assez bien, dit Bechstein, plusieurs tons de voix, mais fort mal le chant des oiseaux. Quant au sien, rien n’est plus agréable que le
LES OISEAUX DES CHAMPS ET DES DOIS
mité de son gosier, qui s'enfle comme la gorge de la grenouille verte, et qui a beaucoup de rapports avec le sifflement du Perroquet gris. C’est dommage qu’elle ne chante que dans la saison des amours, de mars en mai , et quelle gâte souvent sa belle mélodie par des sons aigus et criards. La femelle chante aussi. Comme cette Pie-Grièche fait entendre quelques sons qui approchent de la voix humaine, elle serait peut-être susceptible, pense Bechstein , d’être instruite à parler. Il est probable que c est celle espèce, dressée au vol, que possédait François Ier.