‹ Musée ornithologique illustré (volume 2)Chapitre 50 sur 61 · PL. UO. - GEAI ORDINAIRE · texte numérisé non relu

PL. UO. - GEAI ORDINAIRE

Garrulus glandarius (Vieillot, ex Linn.).

Mâle adulte : en dessus, plumes de la huppe à la base du front d’un blanc grisâtre, et dans le reste d un cendré vineux, toutes finement striées d’un trait noir dans leur milieu; derrière du cou et manteau couleur café au lait ; croupion d un blanc pur , ailes et queue noires, poignet de l'aile quadrillé finement de blanc, de bleu et de noir, deux ou trois des grandes scapulaires d’un beau marron foncé; rémiges secondaires d’un blanc pur dans leur milieu, formant miroir; rémiges primaires blanches dans loule leur page externe, les reclrices cendrées h leur base ;

Des Murs, Les Oiseaux .des Champs et des Bois.

1 1. 140. — O E A I ORDINAIRE — Garrulus glandaiïus. Vieillot, ex Linnæus.

J. Rothschild, Éditeur Paris.

A uat.

DÉODACTYLES CON1ROSTRES

en dessous, large moustache noire, partant de la mandibule inférieure et s’étendant jusqu’au bas des joues; gorge et devant du cou blanc, tout le surplus, jusqu’à la région anale qui est blanche, de la même couleur que le manteau, mais beaucoup plus claire. Bec noir; iris bleu ; pieds d’un brun livide. Taille : trente-cinq centimètres environ.

Habite toute l’Europe au nord et au midi, depuis l’Espagne jusqu’en Grèce et en Turquie ; commun et sédentaire en France.

Niche à l’insertion des plus grosses branches des arbres, donne à son nid une forme sphérique peu profonde, et le construit assez négligemment presque à claire-voie, avec de très petites branches en dehors et des racines fibreuses en dedans. Nous en avons cependant trouvé un construit avec plus de soin sur l’embranchement d’un gros marronnier, à trois ou quatre mètres du sol, ayant un fond très mince de terre gâchée. Cet oiseau pond de six à sept œufs d’un gris olivâtre pâle, ponctués ou pointillés d’un grand nombre de petites taches brunes, ou verdâtres, ouroussâtres, souvent confluentes au gros bout où se remarquent presque toujours un ou deux traits sinueux très fins, d’un brun noir; le fond est quelquefois d’un blanc plus ou moins azuré et, dans ce cas, les taches sont grises et nuageuses ; ils mesurent de trentedeux à trente-trois millimètres sur vingt et un à vingt-trois.

Les Geais , dit Montbeillard , sont fort pétulants de leur nature ; ils ont les sensations vives, les mouvements brusques.

Mais si turbulents et si criards qu’ils soient, observe Gerbe, ce sont les plus silencieux et les plus prudents des oiseaux, lorsqu’ils vont à ce qu’on appelle leur Glandée.

Indépendamment des cerises et des glands, ils se nourrissent de faînes et de graines céréales ; et aux quelques insectes qu’ils attrapent, ils joignent l’amour des œufs et des petits des oiseaux sans excepter ceux des Faisans.

Leur cri ordinaire est très désagréable et ils le font entendre souvent ; ils ont aussi de la disposition à contrefaire celui de plusieurs oiseaux qui ne chantent pas mieux, tels que la Cresserelle, la Hulotte, la Chevêche, etc., et même le miaulement du chat.

LES OISEAUX DES CHAMPS ET DES BOIS

S’ils aperçoivent dans le Lois un renard ou quelque autre animal de rapine, ils jettent un certain cri perçant, comme pour s’appeler les uns les autres, et on les voit en peu de temps rassemblés en force et se croyant en étal d’en imposer par le nombre ou du moins par le bruit. Cet instinct qu’ils ont de se rappeler, de se réunir à la voix de l’un d’eux, et leur violente antipathie contre la Chouette, offrent plus de moyens pour les attirer dans les pièges, et il ne se passe guère de pipées sans qu’on en prenne plus ieurs.

Notre Geai, comme on le sait , tout en étant sédentaire en beaucoup de pays, éprouve aussi, à certaines époques, le besoin de voyager. Mais on ignorait les détails de cette émigration, qui ont été donnés par Gerbe dans le journal Y Acclimatation de 1875.

Le Geai ordinaire, d’après ce qu’écrivait à Toussenel, en 1855, M. Achille Crouzet, qui en a conservé un pendant dix ans, possède de brillantes facultés intellectuelles qui peuvent se développer par l’étude, et il est susceptible d’attachement. 11 reconnaît au bout de quelques jours la voix de celui qui le soigne et caresse volontiers la main qui lui offre des friandises.

Quanta ses qualités musicales, Bechsfein dit que malgré sa grande facilité à parler, il ne répète en général que de simples mots ; mais qu’il rend assez bien de petits airs de trompette et d’autres mélodies courtes.

Ajoutons qu’il est voleur au point de compromettre les domestiques de la maison dans laquelle on le laisse en liberté.

Toutefois, il rendrait encore quelques services par la destruction qu’il fait de certains insectes pendant l’éducation des petits. Il aurait aussi le mérite spécial de détruire cette agglomération d’œufs du bombyx Neustrie ou Livrée , dont la chenille fait d'énormes ravages dans les bois, les vergers et les jardins ; ce sont ces petits œufs collés en spirale autour des branches dont ils ont la couleur et si difficiles à découvrir. M. Millet , à qui l’on en doit l’observation , a mis en effet, au commencement de l’année 1870 , sous les yeux de la Société zoologique d’acclimatation de Paris, les débris trouvés dans l’estomac de geais tués au cours

ÆmM^:

B)es Murs, Les Oiseaux des Champs et des Bois.

AI A T î, T E NOIRE, OL DE K R Y N I C II — Oarrulus Krynidci. Kaleinimnko. — J nat.

DÉODACTYLES CONIROSTRES

de l’hiver de J 869 à 1870 ; et parmi ces débris se trouvaient des groupes de ces œufs ou plutôt des bracelets dont ils étaient formés.

PL. 141.— GEAI A TÊTE NOIRE, ou DE KRYNIGK.

Garrulus Krynicki (Kaléniczenko).

Mule adulte : en dessus , huppe noire très touffue ; sourcils et joues d’un cendré roussâtre ; derrière du cou et manteau roux vif ; ailes et queue noir intense , les premières ayant les mêmes distributions de couleur que chez le Geai ordinaire ; en dessous, large moustache partant de la base de la mandibule inférieure et garnissant le bas de la joue ; gorge cendré roussâtre ; poitrine et abdomen du même roux que le menton, mais plus pâle. Bec noir ; iris bleu ; pieds brunâtres. Taille : trente-trois à trente-quatre centimètres.

Habite l’Europe orientale , la Crimée, la Turquie, l’Asie occidentale.

Niche comme le précédent ; pond cinq ou six œufs couleur vert d’eau, finement pointillés d’olivâtre, mais sans aucun trait ; ils mesurent trente et un à trente-deux millimètres sur vingttrois.

Ce Geai, que nous maintenons comme espèce, malgré les doutes de M. Nordmann et de Gerbe, a en grande partie les habitudes du Geai ordinaire en compagnie duquel il vit en Turquie. Mais on lui doit rendre justice au point de vue des services qu’il rend à l’homme dans ce pays, par le choix de ses aliments en été. Dans cette saison, M. Alléon a trouvé généralement dans son estomac des débris de petits reptiles. Aussi a-t-il toujours été disposé à le protéger contre les Autours de la forêt de Belgrade, qui font une consommation considérable de Geais des deux types pour alimenter leurs petits. Cet observateur en a trouvé jusqu’à trois à la fois sur un nid ; et cependant les poussins de

LES OISEAUX DES CHAMPS ET DES BOIS

l’Autour ne restent pas longtemps en contemplation devant les aliments.

geai imitateur.

Garrulus infavstus (Vieill., ex Linn.).

Mâle adulte : en dessus, plumes de la tête, qui sont subulées et forment de petites huppes, derrière du cou et naissance des épaules d’un brun noirâtre; dos nuancé de grisâtre et de roussâtre; croupion roux; épaules gris cendré; scapulaires xousses, rémiges rousses dans leur première moitié, gris cendré dans le surplus; rectrices rousses, les deux médianes grises ; en dessous, gorge grise, poitrine d’un gris lavé de roussâtre tournant au roux sur le bas ventre et les cuisses. Bec brun noirâtre ; iris et pieds bruns. Taille : trente centimètres.

Type des groupes génériques Périsoreus de Cli. Bonaparte,

Mésangeais de Gerbe.

Habite l’Europe boréale et l’Asie septentrionale ; se trouve en Norwége , en Suède , en Laponie et en Sibéiie.

Niche sur les pins et les sapins ; pond de cinq a six œufs d un fond gris bleuâtre parsemé de petites et larges taches d un brun foncé ou olivâtres, les plus grosses réunies cà 1 un des bouts ; ils mesurent trois centimètres sur deux.

Le Geai imitateur se nourrit d’insectes, de baies de genévrier, de ronce, etc.; ne dédaigne pas plus que les autres les petite oiseaux; il est comme eux vorace, et vient, dit-on, quelquefois enlever les viandes jusque sur la table.

Quant à son talent d’imitation, qui lui a valu le nom qu'il porte , il n’est ni plus ni moins remarquable que celui des autres espèces.

J. Rothschild, Éditeur, Paris.

Des Murs, Les Oiseaux des Champs et des Bois.

PI. 142. — P IE ORDINAIRE - Pica caudata. Linnæus. — £ nat.

DÉODACTYLES GONIROSTRES

T GROUPE GÉNÉRIQUE PIE, PI CA (Briss.).

Bec légèrement incliné, échancré à la pointe delà mandibule supérieure qui dépasse l’inférieure, toutes les deux à bords tranchants ; narines basales, oblongues, cachées par les plumes piliformes et qui y sont appliquées jusqu’au milieu de la longueur du bec; ailes courtes, subobtuses, la quatrième rémige dépassant lés autres; queue de la longueur du corps; tarses plus longs que le doigt médian, forts, scutellés ainsi que les doigts; ongles épais, courbés, celui du pouce le plus fort et le plus long.

Deux espèces. Oiseaux criards et voleurs, c’est tout ce qu’on en peut dire ; ils font aussi dans des cachettes leurs provisions d’hiver.

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