PL. 144. - CASSE-NOIX VULGAIRE
Nucifraga caryocatactes (Tcram., ex Linn.).
Mâle adulte : en dessus, brun de suie foncé sans taches au sommet de la tête et derrière le cou, couvert de petites taches blanches, en forme de larmes, sur le manteau jusqu’au bas du dos; croupion comme la tête; ailes et queue d un noir à reflets verdâtres, les premières avec les petites couvertures variées de gouttelettes blanches, la dernière avec ses pennes largement terminées de blanc, excepté les rectrices médianes qui n’en portent qu’un simple filet ; en dessous, tour de l’œil et joues d’un gris brunâtre ou blanc sale ; devant du cou strié de blanc; poitrine et ventre comme le dos, mais'avec les taches plus larges; région anale blanche. Bec noir , plus pâle à la base; iris blanc fauve; pieds noirs. Taille: trente-cinq centimètres.
Habite l’Europe et l’Asie.
Niche dans les fortes enfourchures des branches des pins et des sapins ou au milieu des touffes de gui qui poussent sur ces
Des Murs, Les Oiseaux des Champs et des Bois.
PI. 144. CASSE-NOIX VULGAIR E — Nucifmga caryocatactes. Tcmminck, ex Liunæus. — nat.
DEODACTYLES CON1ROSTRES
derniers ; jamais dans des trous d’arbres; pond de cinq à six œufs d’un blanc de lait plus ou moins grisâtre, parsemés de taches en forme de gouttes, les unes gris violacé, les autres d’un brun de rouille ; ils mesurent trente-quatre millimètres sur vingt-trois.
Le nid est fait, en dehors, avec de très petites branches de hêtre et de sapin, recouvertes en dedans de lichens, de la longue mousse des vieux pins et sapins et d’herbes fines ; ces branches sont parfois réunies entre elles par une espèce de ciment formé avec la poussière des arbres vermoulus, gâchée avec de la terre boueuse ; dans ce cas, le double contour du nid se trouve également garni de mousse, de foin et même de duvet de fleurs, surtout de tussillages et d’aigrettes de chardons. Tels sont les nids observés par M. Bailly, en Savoie.
Un autre nid, envoyé, en 1862, par le pasteur Théobald, de Copenhague, à M. Alfred Newton, se trouve ainsi décrit par lui :
« Ce nid est de grande dimension, et de quelques six pouces d’épaisseur, d’un diamètre extérieur d’environ un pied, avec un léger affaissement d’environ six pouces en travers ; mais la coupe était probablement beaucoup plus profonde , avant d’avoir été soumise au poids des jeunes oiseaux. Il est formé, à l’extérieur, de petits rameaux, parmi lesquels on reconnaît du mélèze , du sapin et du bouleau ; ces derniers indiquent l’époque à laquelle le nid doit avoir été construit, puisque les boutons, quoique grossis, n’étaient pas encore ouverts ; il a une épaisse garniture d’herbe, qui semble avoir été arrachée pendant sa pousse ; les très petits morceaux de mousse et de lichen ne paraissent pas y avoir été ajoutés avec intention , mais avoir adhéré à quelques-uns des autres matériaux. Le nid n’est pas difficile à trouver : il n’est pas construit sur le faîte d’un arbre, mais près du tronc, à environ vingt-cinq ou trente pieds de hauteur. »
Ainsi, encore, dans celui-ci, absence complète de mortier.
Le Casse-Noix se plaît dans les pays de montagnes couvertes de forêts de sapins; il est commun en Auvergne, en Savoie, en Suisse, en Autriche ; on le retrouve j usqu’en Suède et en Norwége ? mais seulement dans la partie méridionale de ces pays, et rare-
LES OISEAUX DES CHAMPS ET DES BOIS
ment au delà. Il va, en Asie, jusque sur 1 Himalaya qu habitent deux espèces étrangères à la nôtre.
Partout, il recherche avec avidité les semences des noyers, des noisetiers, des chênes et des hêtres, les fruits et les haies, et accessoirement les insectes, les vers et les larves. Mais, ce qui est plus grave, il aurait, au dire de M. de Tschudi, une préférence marquée pour les œufs et les petits oiseaux, qu il retient de la patte, pendant qu’à l’aide de son bec il leur picote la cervelle.
Comme la plupart des oiseaux de la famille, le Casse-Noix a le singulier instinct de faire des provisions, qu'il cache dans les anfractuosités des rochers ou dans des trous d’arbres. Mais ce que l’on ne connaissait pas encore avant 1833, c est la manière dont cet oiseau fait sa récolte, et, surtout, 1 organe qui lui seit a cet usage et dont on doit la connaissance à M. Bailly. Il avale des noisettes tout entières, pour les loger dans une espèce de poche, à parois très minces, qu’il porte dans la partie supérieure de l’œsophage et du cou.
Quoi qu’il en soit de l’appétit du Casse-Noix pour les noisettes et autres 'graines semblables, il paraîtrait, comme l'indique son goût pour les petits et les œufs des oiseaux, manger de préférence de la chair animale, s’il faut en croire Beclislein. En cage ou en domesticité, dit-il, le Casse-Noix doit être nourri comme le Geai. Il est si friand de chair, que, si on jetait dans sa cage un Geai vivant, il le tuerait et le dévorerait en un quart d’heure; il mange même sans répugnance des écureuils entiers tués au fusil, que d’autres petits oiseaux de proie fuient avec dégoût.
Du reste, comme contraste , ses manières sont aussi amusantes que celles d’une Pie-Grièche; il imite la voix de certains animaux, et babille autant qu’un Geai ; mais il s’accoutume mieux que lui à prononcer différents mots , et s’apprivoise aussi plus
facilement.
Des Murs, Les Oiseaux des Champs et des Bois.
J. Rothschild, Éditeur Paris.
C H O C A R D DES ALPE S — Pyrrhocoraæ alpinus. Vieillot. -J nat.
CHOCARD ORDINAIR E — Pyrrhocoraæ graculus. Temminck, ex Linnæus. — i uat.
DÉODACT YLES CONIROSTRES , 295
4e GROUPE GÉNÉRIQUE CHOCARD, PYRBHOCORAX (Vieil!.).
Bec plus court ou plus long que la tête, à sommet arrondi, ou infléchi, ou courbé jusqua la pointe de la mandibule supérieure, qui est ou lisse sur ses bords, ou échancrée, et qui égale ou dépasse l’inférieure; narines basales, plus ou moins arrondies, cachées sous des plumes sétacées; ailes plus ou moins longues, subobtuses, tantôt la quatrième, tantôt la cinquième rémige dépassant les autres ; queue assez longue, ou carrée, ou arrondie; tarses forts, scutellés, un peu plus longs que le doigt médian; ongle du pouce ou médiocre ou très robuste.
A l’exemple de Temminck, nous réunissons en un seul groupe les deux espèces que l’on a séparées pour faire de chacune d’elles un type générique.