‹ Musée ornithologique illustré (volume 2)Chapitre 54 sur 61 · PL. 145. — CHOCARD DES ALPES · texte numérisé non relu

PL. 145. — CHOCARD DES ALPES

Pyrrhocorax alpinus (Vieill.).

Mule adulte : en dessus, comme en dessous, plumage entièrement noir à reflets verdâtres. Bec jaune citron; iris brun; pieds rouge vermillon. Taille : quarante centimètres.

Type du groupe.

Habite les régions montueuses de l’Europe et de l’Asie.

Niche entre les fentes , dans les anfractuosités des rochers, dans des cavernes, dans des précipices, dans des glaciers très profonds, ainsi que dans des cavités de tours et de châteaux en ruines; pond quatre ou cinq œufs d’un blanc sale moucheté entièrement de taches brunâtres et olivâtres ; ils mesurent trenlecinq millimètres sur vingt-cinq.

LES OISEAUX DES CHAMPS ET DES BOIS

Un amas de bûchettes, d’herbages et de racines, mastiqués ensemble avec de la terre ou de la boue et recouverts de mousses et de lichens, forment le nid à l’extérieur, d’après M. Bailly; le dedans est matelassé avec de la paille, des feuilles de plantes, des poils’et des racines très flexibles. Selon M. de Tschudi, ce nid est grand, plat et formé de tiges de longues herbes.

Omnivore, il fait main basse sur tout ce qui se mange; en été, il recherche surtout les cerises sauvages des hautes montagnes ; avale les mollusques terrestres et les mollusques d eau, avec la coquille (dans le gésier de l’un d’eux on a trouvé treize mollusques terrestres, des liélixs pour la plupart, auxquels il ne manquait rien) ; et dans la saison la plus stérile , il se contente des boutons des arbres et des aiguilles des sapins. 11 est avide de chair putréfiée, et il poursuit parfois les animaux vivants comme un vrai carnassier.

Quoique défiant en liberté, le Chocard est pourtant susceptible de devenir familier à l’état domestique; il s y montre même capable d’attachement envers la personne qui a pris soin de son éducation ; il Ta jusqu’à sortir de la maison de son maître, où il revient à volonté, en s’annonçant chaque fois par des cris. Mais on ne parviendra jamais, dit M. Bailly, à obtenir avec plus de succès ce résultat satisfaisant que lorsqu’on aura pu en élever d'eux ensemble et de la même nichée.

Mais cette domesticité des Chocards n’est, pas sans quelque inconvénient, tel que leur penchant singulier pour le feu, qui a souvent occasionné des incendies; il leur arrive de profiter d’un moment d’inattention, pour traîner au milieu d’une cuisine les bûches allumées du foyer.

PL. 145. — CHOCARD ORDINAIRE.

Pyrrhocorax Graculus (Temm., ex Linn.).

Mâle adulte : en dessus et en dessous, d’un noir à reflets verts brillants sur les ailes et la queue , à refiels bleus, violets et pour-

DÉODACTYLES CONIROSTRES

prés sur les autres parties. Bec et pieds rouge vermillon ; iris brun ; ongles noirs. Taille : quarante-deux à quarante-trois centimètres.

Type du groupe générique Fregilus de G. Cuvier.

Habite les montagnes les plus élevées et les rochers les plus inaccessibles de l’Europe, de l’Àsie et de l’Afrique ; se voit dans la Chine septentrionale, dans le Sahara, en Abyssinie.

' Niche dans les mêmes lieux et de la même manière que le Chocard des Alpes, dont il a les habitudes; pond trois ou quatre œufs d’un blanc verdâtre, avec de larges taches espacées d’un brun rouge et d’autres nuageuses et violacées ; ils mesurent quarante millimètres sur trente-cinq.

Le Chocard a été reconnu de tout temps, depuis Aldrovande et Belon, jusqu’à M. de Tschudi, des plus faciles à apprivoiser. Ce dernier dit qu’il s’attache beaucoup à son maître et se contente des débris de sa table; mais il est dangereux de l’associer à d’autres oiseaux, dont il se plaît à détruire les couvées ; il se lie volontiers, au contraire, avec les grands animaux. Ce savant ajoute avoir entendu parler d’un de ces oiseaux devenu si familier, qu’il avait la permission d’entrer dans la maison de son maître et d’en sortir en toute liberté ; cependant , on dut s’en défaire, parce que, comme celui cité par Aldrovande, il enfonçait les vitres avec son bec, quand il trouvait la fenêtre fermée au retour de ses excursions.

C’est, pour les Anglais, le Corbeau du pays de Cornouailles , dans les montagnes duquel il était autrefois très commun.

LES OISEAUX DES CHAMPS ET DES BOIS

5“ GROUPE GÉNÉRIQUE CORBEAU, CORVUS (Linn.).

Bec épais, vigoureux, plus haut que large, de la longueur de la tête, à mandibule supérieure inclinée jusqu à la pointe, qui est à bords lisses ou échancrés, et dépasse 1 in férieure ; narines basales, arrondies, recouvertes et cachées par des plumes sétacées s’avançant jusqu a la moitié du bec ; ailes allongées, subobtuses, tantôt la quatrième rémige, tantôt les troisième et quatrième dépassant les autres et atteignant le bout de la queue qui est égale ou arrondie, tarses forts, largement scutellés ou squammeux; ongles épais et acérés.

Sur vingt-trois espèces que renferme ce groupe, six seules appartiennent à l’Europe.

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