‹ Musée ornithologique illustré (volume 3)Chapitre 10 sur 71 · PL. 6. — AIGLE IMPÉRIAL · texte numérisé non relu

PL. 6. — AIGLE IMPÉRIAL

Aquila imperialis (Key.s. et Blas., eæ Bechst.).

Mâle et femelle très vieux : sommet de la tête, occiput et derrière du cou d’un blanc jaunâtre sale, lavé de roussâtre sur le bord des plumes ; sourcils de même couleur, tout le dessus du corps d’un brun noir lustré; scapulaires, signe distinctif, d’un blanc pur formant épaulettes ; parties inférieures du même brun noirâtre que le dos, mais mat et non lustré ; rémiges noires, ainsi que les rectrices ; mais celles-ci fasciées de trois ou quatre bandes d’un gris fauve. Bec couleur de corne bleuâtre ; iris d’un jaune clair ; cire et doigts d’un beau jaune. Taille variant de quatre-vingts centimètres à un mètre.

.Appartient à l’Europe méridionale et orientale, à l’Asie et à l’Afrique. Habite le Tyrol, la Hongrie, la Dalmatie, la Russie méridionale, la Turquie; nulle part, dans l’Afrique, aussi répandu qu’en Egypte et en Barbarie, quoique rare en Algérie. Se voit accidentellement sur les Pyrénées et sur les Hautes- Alpes ; en Suisse, les chasseurs de l’Oberland affirment l’avoir déjà tué. Cette assertion, observe M. de Tschudi, peut être exacte ; néanmoins, l’Aigle impérial n’a jamais été remarqué en Suisse d’un manière positive, quoiqu’il niche dans le Tyrol, qui n’est pas fort éloigné, et dans l’Allemagne centrale où, chaque année, on le tire dans les montagnes de la Bavière et de la Silésie. Suivant Tyzenhauz, on le trouverait en Lithuanie, mais il y serait très rare; cependant, à sa connaissance, il y aurait niché une fois.

Niche presque toujours dans les forêts en montagnes ou sur

LES OISEAUX DE PROIE OU RAPACES

des rochers très élevés, très rarement dans les forêts en plaine ; dans tous les cas, il préfère les arbres aux montagnes ; il n’y a d’exception (pie dans les pays privés de toute végétation forestière, tels (pie les steppes de la Puissie méridionale, on M. Nordmann l’a trouvé nichant à terre.

Ce savant observateur a même eu l’occasion, en mars 1830, d’assister à l’accouplement de cet oiseau.

L’Aigle impérial pond jus(pi’à trois œufs, dont un ou deux sont souvent clairs. Ils sont blanchâtres ou d’un blanc sale bleuâtre, avec des taches petites et grandes, d’un brun rougeâtre, d’un brun vineux ou rousses, tantôt fortement colorés, (juelquefois presque sans taches. Ils mesurent sept cenlimètreset demi de grand diamètre sur cinq de petit.

M. Alléon, à qui l’on doit la restitution de l'iiistoire naturelle de l’Aigle impérial, restée jusqu’à cejour dans le vague des généralités, dit que, comme les autres Aigles, il paraît plus attaché à son aire lors(pi’il couve, que lorsqu’il a des petits. S’il est dérangé dans le premier cas, il est peu de temps sans revenir ; dans le second cas, au contraire, il ne se remontre généralement pas de la journée. Peut-être n’ignore-t-il pas que ses petits meurent dans l’œuf refroidi, tandis qu’ils supportent assez longtemps la faim lorsqu’ils sont éclos.

Cet Aigle se fait rarement remarquer dans les passages périodiques du Bosphore, sauf en 1870, où il s’est montré dès la fin de février par bandes nombreuses; mais il est sédentaire, en toutes les saisons, dans les environs de Constantinople, et notamment dans la forêt de Belgrade.

Cet Aigle a un cri particulier, notamment dans les instants d’inquiétude : il le fait entendre fréupiemment en planant lorsqu’on approche de son aire; mais M. Alléon ne l’a jamais vu attaquer le dénicheur. 11 est très sauvage, excepté l'hiver, lorsque la terre est couverte de neige'; il approche alors des villes, comme à Constantinople, où il plane même au-dessus des maisons, et reste (]uelquefois perché longtemps sur les conduits qui mènent 1 eau douce à la ville. On ne le rencontre que fort rarement sur les

PI. 7. — AIGLE CRIARD — Aquila nœvia. Brisaon. — Aquüa clmiga. PaUas — i nat.

fJU

if

Page 1