PL. 18. — BONDRÉE DES GUÊPES
Pernis apivorus (Ch. Bonap., eæ Linn.).
Mâle adulte : tête, y compris les lorums emplumés , d’un gris cendré ou bleuâtre très pur ; dessus du corps d’un brun plus ou moins nuancé de cendré et de fuligineux sur le manteau; gorge d’un blanc jaunâtre, tachetée longitudinalement de brun ; reste des parties inférieures blanches ou blanchâtres, marquées de taches allongées, triangulaires et brunes; queue grisâtre portant trois bandes d’nn brun noirâtre, également distancées. Bec noir , jaune seulement aux angles et à l’intérieur ; cire d’un cendré foncé ; iris et pieds jaunes. Taille ; cinquante-cinq centimètres.
Habite l’Europe, l’Asie et l’Afrique; se trouve, suivant Pallas, quoiqu’un petit nombre, dans toute la Sibérie, et selon Schlegel, au Japon ; assez commune dans le département des
LES OISEAUX UE PROIE OU RAPACES
Hautes-Alpes et, lors de son passage en automne, dans notre département d’Eure-et-Loir, où elle niche cependant quelquefois ; plus rare dans le Jura que dans les Alpes; là, dit M. de Tschudi, elle habite les avant-monts de la vallée du Rhin et de l’Appenzell, les forêts de sapins de l’Emmenthal , les bords du lac de Brienz, la vallée de Frutigen, le pays des. glacis et les vallées moyennes des Grisons ; très rare en Hollande ; enfin en grand nombre dans les passages du Bosphore.
Bien que Belon dise : « qu’il n’y a petit berger, dans la Limagne, qui ne sache connaître la Bondrée et la prendre par engin avec des grenouilles, quelquefois aussi aux gluaux, et souvent au lacet, » il n’en est pas moins vrai qu’elle est encore, aujourd’hui comme au temps de Buffon, plus rare en France que la Buse ordinaire.
L’aire de la Bondrée, partout ailleurs où elle niche, comme dans les Alpes ou en Savoie, est construite sur des sapins ou autres arbres élevés, ou sur un épais buisson situé entre les fentes des rochers. Cette aire est construite avec des petites branches, et garnie en dedans avec des racines, des feuilles sèches et de la laine ; elle s’établit même quelquefois dans des nids étrangers : on en a trouvé dans un vieux nid de Milan. L’oiseau y pond rarement plus de deux œufs, parfois trois, à fond jaune ou jaunâtre, avec des taches d’un brun roussâtre ou rougeâtre, et le plus souvent si nombreuses qu’elles semblent n’en faire qu’une et recouvrent entièrement la coquille. Ces œufs mesurent cinq centimètres sur quatre et demi ; mais généralement ce sont les plus petits de ceux que pondent les Buses.
Sa nourriture est aussi multiple que celle de ses congénères. Un nid contenant deux œufs couvés, que Gerbe a eu occasion de voir, était garni, sur ses bords, entre autres animaux, d’un petit canard et d’un poisson, encore entiers, mais en voie de décomposition. Elle y joint de grosses chenilles rases ou velues, des chrysalides, des scarabées, des souris, des lézards, des limaces. Si même, comme le dit M. de Tschudi, elle avale des fruits et de jeunes épis, et dévaste les nids des petits oiseaux,
dont elle mange les œufs ; si enfin elle poursuit les volailles et, dans les pays bas des Alpes, elle fait de grands ravages parmi les Bécassines et les Vanneaux, elle aime par-dessus tout les guêpes dont on voit toujours des débris et des tronçons autour des petits encore au nid. M. Alléon a presque toujours trouvé, dans l’estomac des Bondrées qu’il a tuées au mois de septembre, en Turquie, deux ou trois décilitres de guêpes, sans mélange, dans ce cas particulier, d’aucune autre nourriture , ce qui prouve que ces insectes forment leur alimentation de prédilection; elles n’ont pas même le défaut d’attaquer les abeilles, car dans les litres de guêpes qui sont passées sous ses yeux, il n’en a- jamais découvert une seule.
MILVINÉS ou MILANS. — Milvinæ.
Caractères généraux presque les mêmes que pour la famille précédente. Ils ne s’en distinguent particulièrement que par les formes du corps plus élégantes, plus sveltes et plus élancées ; par des ailes plus longues et plus pointues, la quatrième rémige dépassant les autres ; par une queue très fourchue ; par des tarses réticulés en arrière et écussonnés en devant sur toute leur surface, ainsi que les doigts en entier à partir de leur base.
Ce sont les plus voraces et les plus hardis de tous les oiseaux de proie.
La famille a été divisée, dans l’ordre de la série, en quatre groupes génériques : Milan, Milviisj Naucler, Naucleriis Elanus ; et Ictinie, Ictinia ; formant ensemble une quinzaine d’espèces réparties sur tout le globe ; le premier groupe seul est représenté en Europe.
GROUPE GÉNÉRIQUE UNIQUE MILAN, MILVUS (G. Cuvier).
Bec de la longueur de la tète, festonné au bord de la mandibule supérieure, courbé presque dès la base, la pointe retombant perpendiculairement; ailes atteignant l’extrémité de la queue, qui est très longue et plus ou moins fourchue; caractère spécial : doigts recouverts de larges plaques ou écussons dans toute leur longueur, à partir de leur insertion au tarse.
Les Milans sont les véritables grands voiliers des oiseaux de proie. Sur six espèces, deux se trouvent en Europe.