‹ Musée ornithologique illustré (volume 3)Chapitre 20 sur 71 · PL. 19. — MILAN ROYAL · texte numérisé non relu

PL. 19. — MILAN ROYAL

Milvus rcgalis (Brisson).

3Iule adulte : plumes de la tête, des joues et du haut du- cou, effdées, d’un gris blanchâtre, rayées de brun le long du rachis ; dessus brun roux, chaque plume bordée d’un roux plus clair ; poitrine d’un blanchâtre lavé de roux, cette dernière plus intense, et presque rutilant sur les culottes fémorales ; rémiges noires, rectrices d’un brun roux bordé de grisâtre , excepté les deux médianes. Bec brun de corne ; iris, cire, tarses et doigts jaunes ; ongles noirs. Taille : soixante-cinq centimètres.

Habite l’Europe et l’Asie ; assez commun et sédentaire dans beaucoup de départements en France; assez fréquent en Allemagne, en Suisse, en Savoie et en Italie; rare en Hollande.

Niche sur les sapins, les hêtres, les chênes, rarement sur les rochers. Son nid, que M. Bailly a cependant le plus souvent découvert sur d’épais buissons fixés entre les fentes des rochers, est construit avec de petites branches réunies grossièrement.

Des Murs, Les Oiseaux de Proie.

J. Bothschild, Éditeur, Paris.

PI. 19. — MILAN ROYAL — Milvus regalis. Brisson. — \ nat.

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LES FALCONIDÉS OU FAUCONS

que recouvrent d’autres branches plus petites entremêlées de racines, d’herbes sèches et de mousse. Les œufs qu’il contient, presque toujours au nombre de trois et même quatre, sont d’un blanc très légèrement bleuâtre parsemé de quelques taches plus ou moins rares, d’un brun de sienne tendre, répandues assez uniformément, mais un peu plus nombreuses et plus larges vers le sommet de l’œuf, dont la forme est presque toujours d’un ovale parfait. Ils mesurent six centimètres sur quatre ou quatre et demi.

Dans les environs de Constantinople , ils nichent sur les arbres des mosquées, des places et des cimetières, dans la société des Tourterelles à collier.

Les individus de cette espèce s’éloignent peu des cantons qu’ils se sont choisis pour séjour ; ils y vivent en bonne intelligence entre eux et avec les Milans noirs, leurs congénères ; ce qui s’explique facilement, chaque contrée qu’ils habitentleur procurant en abondance de petits mammifères, des reptiles ou des poissons. Malgré leur peu de hardiesse naturelle, ils ne craignent pas d’approcher des lieux habités, et ils enlèvent beaucoup de jeunes Poulets ; mais la résistance de la Poule suffit pour les prévenir s’ils n’ont pas enlevé leur proie avant d’être découverts.

Les Milans, écrivait, à propos de cette espèce, un de ses amis à Buffon, sont des animaux tout à fait lâches : je les ai vus poursuivre à deux un oiseau de proie pour lui dérober ce qu’il tenait, plutôt que de fondre sur lui, et encore ne purent-ils y réussir. Les Corbeaux les insultent et les chassent. Ils sont aussi voraces, aussi gourmands que lâches : je les ai vus prendre, à la surface de l’eau, de petits poissons morts et à demi corrompus ; j’en ai vu emporter une longue couleuvre dans leurs serres, d’autres se poser sur des cadavres de chevaux et de bœufs : j’en ai vu fondre sur des tripailles que des femmes lavaient le long d’un petit ruis" seau, et les enlever presque à côté d’elles. Je m’avisai, une fois, de présenter à un jeune Milan que des enfants nourrissaient dans la maison que j’habitais un assez gros Pigeonneau ; il l’avala tout entier avec les plumes. »

LES OISEAUX DE PROIE OU RAPACES

C’est cette lâcheté qui donnait tant d’attraits autrefois à la chasse au vol de ce Milan, appelé roijal, comme réservé aux seuls exercices des princes. On voit en effet avec plaisir, ainsi que le dit Buffon, cet oiseau lâche, quoique doué de toutes les facultés qui devraient lui donner du courage, ne manquant ni d’armes, ni de force, ni de légèreté, refuser de combattre et fuir devant l’Épervier, beaucoup plus petit que lui, toujours en tournoyant et s’élevant, comme pour se cacher dans les nues, jusqu’cà ce que celui-ci l’atteigne, le rabatte à coups d’ailes, de serres et de bec, et le ramène à terre moins blessé que battu, et plus vaincu par la peur que par la force de son ennemi.

Avec tous ses défauts positifs et ses qualités négatives, le Milan^ royal s’accommode assez de l’état domestique. Comme il est sans malice, quand on l’a élevé jeune, il y plairait, s’il ne poussait pas fréquemment des cris plaintifs qui fatiguent les personnes ’à portée de les entendre. Il se tait quand on l’enferme avec d’autres Rapaces plus dangereux que lui et, fidèle à son système de prudence, sait se tenir à l’abri de leurs attaques, en se postant au-dessus d’eux et sur le juchoir le plus élevé.

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