PL. 34. — AUTOUR ORDINAIRE
Aslur palumharius (Bechst., ex Linn.).
3/dle adulte : dessus de la tête, du corps et de la queue d’un cendré bleuâtre foncé, plus clair sur lelorum, où il est surmonté d’une ligne blanche sourcilière descendant jusqu’au bas de la nuque ; en dessous, d’un blanc argenté agréablement dessiné de taches noirâtres formant fer de lance, et qui, plus marquées, joueraient l’hermine ; chez les jeunes, ces taches sont remplacées par un système régulier de barres transversales ; dessous de la queue également blanc, avec quatre larges bandes grises. Bec couleur de corne bleuâtre; iris jaune d’or; cire et pieds jaunes, ongles noirs. Taille : de cinquante à cinquante et un centimètres.
Habite presque toute l’Europe, l’Asie et l’Afrique ; en assez grand nombre aux deux passages annuels du Bosphore; M. Alléon pense même que des sujets, en quantité, sont sédentaires dans
LES FALCONIDÉS OU FAUCONS
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la forêt de Belgrade, en ayant rencontré dans toutes les saisons.
' Niche dans les vastes forêts de sapins en montagne, mais préfère les vieux hêtres et les chênes; y établit son aire dans l’enfourchure de trois ou quatre branches, la construit en dehors avec le menu de ces branches et en dedans avec des brindilles et des racines; réunis sans art, ces matériaux n’en forment pas moins un plancher assez solide. Il contient ordinairement de quatre à sept œufs, un peu plus petits que ceux du Milan noir, d’un blanc bleuâtre, le plus généralement sans taches, quelquefois simplement marbrés ou ponctués de brun rougeâtre clair; ils mesurent cinq centimètres sur quatre.
On peut dire que presque partout où se voit l’Autour, en France comme ailleurs, il y niche. Il vit, en été, dans les pays de montagne les plus boisés, ou dans les bois de haute futaie souvent rapprochés des habitations, au-dessus desquelles on le voit, surtout le matin,'planer pour guetter les Poules, les Pigeons qui s’éloignent trop des basses-cours ; il fond sur eux chaque fois qu’il en trouve l’occasion. M. Hardy en a vu tuer un sur une Poule qu’il venait de saisir dans la cour d’une ferme. Mais c’est habituellement dans les grands bois ou sur leur lisière qu’il se tient pour chasser. A cet effet, dit M. Bailly, il s’embusque sur un tronc caché par les branches, et attend au passage les Grives, les Perdrix, les Tétras, les levrauts qu’il enlève sans peine dans ses serres. Il fait aussi la guerre aux Écureuils, en les poursuivant tout autour des arbres, où ceux-ci grimpent en spirale, et en dévalisant leurs bauges quand elles renferment des petits. Il avale les campagnols, les souris, les taupes tout entières ; mais il rend habituellement par le bec, quelques moments après, leurs peaux, leurs os en forme de petites pelotes ; il rend de même les os des oiseaux qu’il a avalés et qu’il ne peut digérer.
Avec tant de facilités pour des chasses fructueuses , on se demande d’où lui peut venir cet instinct sanguinaire et sauvage , qui s’accuse presque dès sa naissance.
C’est Buffon, sans remonter plus haut, qui nous fournit le premier exemple.
LES OISEAUX DE PROIE OU RAPACES
Il a fait nourrir longtemps un mâle et une femelle. On a remarqué que , malgré que le premier fut beaucoup plus petit que celle-ci, il était plus féroce et plus méchant. Ils étaient tous deux très difficiles à priver; ils se battaient souvent, mais plus des griffes que du bec, dont ils ne se servaient guère que pour dépecer les oiseaux ou autres petits animaux, ou pour blesser ou mordre ceux qui les voulaient saisir. Ils commençaient par se défendre de la griffe , se renversant sur le dos en ouvrant le bec, et cherchaient plus à déchirer avec les serres qu’à mordre avec le bec. Jamais on ne s’est aperçu que ces oiseaux, quoique seuls dans la même volière, aient pris, de l’affection l’un pour l’autre; ils y avaient cependant passé la saison entière de l’été , depuis le commencement de mai jusqu’à la fin de novembre , où la femelle, dans un accès de fureur, tua le mâle dans le silence de la nuit, à neuf ou dix heures du soir , tandis que tous les autres oiseaux
dormaient. ,
Leur naturel est , du reste , si sanguinaire que , lorsqu on
laisse un Autour en liberté avec plusieurs Faucons, il les égorge
tous les uns après les autres. ^
Meyer, longtemps après, avait raison d’assurer que 1 Autour
fait sa proie de jeunes oiseaux de son espèce. M. Alléon nous en fournit des exemples :
«Les Autours, se demande-t-il en 1869, ont-ilsplusde courage que les Aigles ou leurs petits? Du reste, plus nombreux, supportent-ils plus difficilement la faim que les Aiglons? L’excessive voracité des jeunes Autours nous fait incliner vers celte dernière
hypothèse.
» Nous avons placé quatorze poussins d’Aulour, encore en duvet, dans une volière où la nourriture ne leur a jamais fait défaut, et nous avons trouvé en eux les plus sanguinaires des oiseaux de proie que nous ayons eu occasion d’étudier. Ils ont d’abord tué et mangé promptement deux poussins d’une Buse des déserts. Dès les premiers jours, ils se sont déchirés les uns les autres, et les survivants ont enterré les morts dans leur estomac, sans même nous en laisser les débris. Quant au dernier des qua-
LES FALCONIDÉS OU FAUCONS
torze, il nous a fallu panser ses blessures jusqu’à l’époque où ses dernières plumes ont atteint leur crue. »
Avec ces instincts, cet oiseau de basse valeur est très bon chasseur. En fauconnerie, on lui donne le nom de cuisinier j soit parce qu’il profite à la cuisine, soit parce qu’on le garde généralement à la cuisine, dont il mange les déchets, et où il voit continuellement du monde. Sa docilité le rend d’un affaitage très facile ; il est employé avec succès pour le vol de la Perdrix, du Faisan et pour le vol des oiseaux de rivière. Méchant, comme on vient de le voir, pour les autres oiseaux de vol, il convient de l’en tenir éloigné, si l’on veut éviter des combats le plus souvent meurtriers.
h' aiitourserie^ dans laquelle l’ancienne fauconnerie comprenait l’Autour et l’Épervier, a repris, il y a quelques années, un nouvel essor en Europe, notamment en France et en Angleterre. Tel a même été l’engouement de cette chasse, que les sujets ont fini par devenir rares.
LES OISEAUX DE PROIE OU RAPACES
2“ GROUPE GÉNÉRIQUE ÉPERVIER, ACCIPITER (Briss.).
Bec très court, conformé comme celui de l’Autour, saut le feston mandibulaire moins prononcé ; ailes n’atteignant que le tiers de la queue, les quatrième et cinquième rémiges les plus longues; tarses scutellés, grêles-j haut montés, et cependant égaux à la longueur du doigt médian, qui dépasse l’interne au moins de ses deux dernières phalanges; doigts minces, déliés, très articulés, préhenseurs; ongles fins et acérés.
Ce groupe, répandu dans toutes les parties du monde, se compose d’une vingtaine d’espèces, dont deux connues de Buffon, Linné et Gmelin, et une seule , la plus commune et la mieux connue, appartenant à l’Europe.
Les Éperviers ne sont pas moins bons chasseurs que les Autours, auxquels ils ressemblent beaucoup, à part leur taille moitié plus petite; et leur rôle, dans la nature, est bien moins considérable. Leur hardiesse, leurs ruses et le^ir rapacité en font de vrais petits Autours. Ils nichent dans les fourrés des grands arbres, traversent comme des flèches les vergers et les bois fréquentés par les petits oiseaux, et vont même, dit-on, jusqu a attaquer les Hérons.
Ils sont remarquables pour la grande différence qui existe entre le mâle et la femelle, différence qui est quelquefois de plus de cinq centimètres au profit de cette dernière.
Ce groupe fait la transition des Autours aux Busards, qui viendront après.
Des Murs I.es Oiseaux de Proie.
J. Rothschild, Éditeur, Paris.
Pi. 35.-ÉPERVTEB ORDINAI R E — Accipi<er nisus. Palias, ex Linnæus. — J nat.
vt
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