PL. 35. - EPERVIER ORDINAIRE
Accipîter nisus (Pall., ex Linn.).
Mâle adulte : dessus du corps d’un cendré ardoisé uniforme, à part un quart de cercle blanc à la nuque; joues et côtés du cou d’un roux vif; en dessous, gorge blanche ; tout le surplus d’un fond blanc fauve, zébré transversalement de raies moitié rousses, moitié brunâtres.; queue comme le dos, avec quatre larges bandes noirâtres et la portion apicale blanche. Bec couleur de corne bleuâtre à la base, noir à la pointe; cire d’un jaune verdâtre ; iris et pieds jaune pur; ongles noirs. Taille : trente-deux centimètres.
Habite l'Europe, l’Asie et l’Afrique, où il est commun partout, notamment en France où il est généralement sédentaire ; commun dans plusieurs parties du Royaume-Uni, où il fréquente de préférence les terrains bas et les enclos boisés; semble, au contraire, très rare dans la partie supérieure delà Suisse.
Niche invariablement sur les grands arbres , tels que les chênes, les hêtres et les sapins. Pond de quatre à six œufs obtus, où le fond blanc de la coquille domine toujours au milieu de taches irrégulières brunes qui disparaissent même quelquefois; ils mesurent trois centimètres et demi sur trois.
Nous ne reviendrons pas ici sur la page que nous avons précédemment citée de Belon, de laquelle il résulte qu’il est le premier naturaliste qui, en démontrant la présence de l’Épervier ordinaire en compagnie des autres oiseaux de proie dans leurs deux passages du Bosphore, ait constaté ce phénomène.
Cet oiseau, en effet, d’après les observations faites en 1869 par MM. Alléon et G. Vian, exécute ce passage aux deux saisons, toujours en société des Busards, mais en plus grand nombre à l’automne; ce qu’il y a de remarquable, c’est que ces bandes d’Épervierset de Busards se réduiraient à quelques sujets dans les années où les Faucons passent en abondance, et seraient au con-
traire nombreuses et multipliées lorsc^ue les Faucons sont rares.
L’Épervier ordinaire ressemble beaucoup à l’Autour pour sa manière de vivre c’est un des plus liardis Rapaces, la femelle surtout, à cause de la supériorité de sa taille, se montre un ennemi fatal pour les Perdrix et les autres oiseaux de vénerie. Il vole bas, effleurant le sol avec une grande rapidité, et fond sur sa proie les ailes ouvertes ; la force de son coup de bec est telle qu’il tue généralement et fait quelquefois sortir les entrailles de sa victime. Il fait une chasse continuelle aux petits oiseaux, aux petits mammifères et aux insectes.
A l’état sauvage, l’Épervier, comme tous les oiseux de sa race, est l’ennemi né des Pigeons ; aussi gare aux hôtes ailés des colombiers dont il a découvert le voisinage ; c est alors que, pour cette chasse, il déploie toutes ses ressources et use d’un procédé tout autre que son procédé habituel.
A l’état privé, il en est tout autrement, et 1 antipathie de race cesse de subsister.
Comme oiseau de basse volerie , l’Épervier reçoit la même éducation que l’Autour; il vole avec succès le Perdreau, la Caille, le Râle, etc. Le mâle est plus faible et généralement moins courageux que la femelle. On dit qu’il n’est pas très fidèle; ajoutons que ce n’est pas sans peine qu’on arrive à le dresser pour la chasse.