‹ Musée ornithologique illustré (volume 3)Chapitre 7 sur 71 · M CI · texte numérisé non relu

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LES VAUTOURS

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très gros , variant de l’ovale à l’ovoïde légèrement allongé , et à surface rugueuse , sont généralement unicolores et d'un blanc sale plus ou moins grisâtre ; il n’est pas rare, cependant, d’en rencontrer qui portent quelques taches brun rougeâtre. MM. Sclater et Taylor ont rapporté- de l’Altas, en 1859, un œuf richement coloré, sur toute sa surface, d’éclaboussures et de mouchetures d’un beau brun ; nous en avons reçu nous-même, de Grèce, où ils sont aussi nombreux et nichent autant en commun qu’en Bulgarie, des deux variétés, mais le plus ordinairement blancs, surtout ceux attribués au prétendu Vautour occidental.

Nous l’avons déjà dit, de la sociabilité à la domestication, la transition est forcée. Pris jeune dans le nid, le Griffon s’apprivoise facilement et finit par ne plus chercher à fuir la captivité.

C’est le type du groupe générique Gyps de M. G. -R. Gray, qui n’a pas d’équivalent dans notre langue , et que nous confondons dans notre groupe Vultur,^ dont le type est le suivant.

C’est aussi le Percnoptère et le Griffon de Buffon.

PL. 3. — VAUTOUR ARRIAN, ou MOINE.

Vultur mono, chus (Linn.).

Mâle adulte ; partie postérieure de la tête et nuque dégarnies de plumes remplacées par une peau de couleur bleuâtre livide ; base postérieure entourée de plumes contournées en dehors , allant rejoindre une autre touffe semblable leur faisant suite, occupant l’insertion des ailes , l’ensemble figurant un col de gilet rabattu venant se croiser sur la poitrine ; tout le plumage d’un brillant brun foncé tournant au noirâtre dans le centre de chaque plume qui sont frangées de brun plus clair ou rougeâtre ; queue arrondie , dépassant les ailes. Bec brun bleuâtre dans sa partie cornée , avec la cire basale de couleur de chair bleuâtre ; iris brun foncé ; tarse à moitié emplumé, le reste, ainsi que les doigts, d’un blanc blafard; membrane interdigitale occupant la moitié de la longueur des doigts. Taille : un mètre vingt à un mètre vingt-cinq centimètres.

LES OISEAUX DE PROIE OU RAPACES

Habile le sud et le sud-csl de l’Europe, l’Asie centrale et l’Afrique orientale ; se trouve dans les hautes montagnes de la Hongrie , du Tyrol , de la Suisse, des Pyrénées, du midi de l’Espagne et de l’Italie; commun et sédentaire en Sardaigne, en Sicile, en Bessarabie, en Épire et en Thessalie; plus rare en Turquie, où il participe cependant aux deux émigrations du Bosphore , ainsi qu’en Palestine ; de passage seulement en Algérie ; très commun en Abyssinie.

Il niche sur les rochers escarpés, dans les lieux les plus inaccessibles ; son aire, de peu de volume consiste , principalement , d’après M. Tristram qui l’a observée en Palestine, en larges touffes d’herbes avec leur chevelu de racines , placées sur le sol de la caverne où il se retire. Les œufs , au noiribre de un ou deux , sont très gros, généralement obtus, à surface rude , d un blanc ou d’un gris pâle, et plus ou moins marqués, surtout au gros bout, de brun rouge plus ou moins foncé ; ils mesurent neuf centimètres et demi de grand diamètre sur sept de petit.

Le Vautour Arrian est d’un tout autre caractère que le Griffon ; plus prudent que celui-ci, quoique non moins vorace, il semble flairer les pièges. Il n’est pas rare, dit M. Nordmann, de le voir laisser écouler quelquefois une demi-journée et au delà avant de s’approcher d’une pâture jetée près d’une embuscade ; encore attend-il que plusieurs autres oiseaux de proie ou des Corbeaux se soient posés sur l’ appât.

Mais, adieu prudence , quand la voracité l’emporte ; il lui en arrive comme au Griffon.

En captivité, l’Arrian se familiarise avec les personnes qui prennent soin de lui.

GYPAËTINÉS. — Gypaetinæ (Ch. Bonap.).

Cette sous-famillô ne repose que sur un seul type de groupe, dans lequel nous ne reconnaissons qu’une espèce, dont nous

LES VAUTOURS

allons donner les caractères distinctifs principaux, qui feront voir le lien qu’établissent ces derniers des Vautours avec les premiers des Aigles et Faucons qui vont suivre.

Vivant plus solitaires qu’en troupes, les oiseaux de cette sousfamille sont plus carnivores que ceux qui précèdent, et se nourrissent tout autant de chair vive que morte. Voleurs de grands chemins, n’ayant pour retraites que les rochers et les montagnes, ce sont de véritables ravisseurs qui enlèvent plus souvent leur proie à la force du bec, de l’aile et du poignet, qn’à l’aide de leurs serres peu puissantes quoique très aiguës.

Exclusivement de l’ancien monde, ils conservent les mêmes habitudes dans tous les pays qu’ils fréquentent.

LES OISEAUX DE PROIE OU RAPACES

TYPE GÉNÉRIQUE UNIQUE GYPAÈTE, GYPAETVS (Storr.).

Bec de la longueur de la tête, qui est aplatie au sommet et élargie en arrière, vigoureux, légèrement concave au milieu, renflé à sa dernière partie, qui se termine en avant par un grand crochet en forme d arc 5 narines ovales, obliques, cachées ainsi que la cire par les poils des mandibules ; absence de toute nudité à la face, à la tête et au cou ; plumage duveté en dessous ; ailes grandes, pointues ; queue longue, étagée, acuminée; tarses robustes, trapus; griffes relativement courtes, à bords tranchants, à pointe acérée.

C’est le type le plus élégant des Vautours, on pourrait presque dire des oiseaux de proie, sous des formes générales de corps rendues élancées par le développement des ailes et de la queue, tout en étant extrêmement bas sur pattes. Avec sa face si remarquablement ornée d’un long pinceau de poils noirs s’étendant de l’angle interne de l’œil, de chaque côté, jusqu’aux deux tiersde la longueur, et d’un autre pinceau semblable également allongé et aplati sous la mandibule inférieure, on dirait un masque d’oiseau portant moustache et wipériale.

A cette élégance de formes, il joint la force musculaire pour le vol et le combat ; et sa structure, comme le dit M. de Tscliudi, offre des particularités intéressantes.

Les muscles pectoraux sont extraordinairement volumineux et forts; les os longs, qui sont creux comme chez tous les oiseaux, se remplissent, par l’acte respiratoire, d’un air plus chaud et, par suite, plus léger que l’air ambiant, ce qui permet à l’oiseau de s’élever, sans grands efforts, à des niveaux exceptionnels. Les organes digestifs sont constitués de manière à

1*1. 4. GrYPAËTE BAKBU — Gypaetus harhatus, Temminck,

ex Lîiinæus; Vultur barbatus. Linnoeus — ^ nat.

LES VAUTOURS

agir très énergiquement, L’avaloir, le gésier qui, lorsqu’il est distendu, pend disgracieusement au devant du cou, l’estomac tubuleux, sont plus grands que d’habitude et ne sont séparés les uns des autres que par de courts rétrécissements. Les parois de l’estomac sont richement fournies de petites glandes qui secrétent en abondance un suc gastrique corrosif, d’odeur désagréable, qui dissout en peu de temps les os les plus volumineux. Tout porte donc en lui tous les caractères organiques de la carnivorie la plus accusée, sans que son aspect en ait rien de redoutable.

Ce type a servi de prétexte à la création de deux autres prétendues espèces, sous les noms à' Occidentalisé occidental, et de Nudipes, ou à tarses nus, que nous n’admettons pas, n’étant que des variétés locales de la seule et unique espèce qui suit.

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